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LES PRÉVENUE

ont par dessus leur robe le tablier à manches des enfants. Elles vont et viennent, l'air gai, le visage coloré et souriant, comme à la pension. Aux heures d'étude et même au moment de la récréation, si elles ont fait quelques progrès, si elles paraissent disposées à se corriger, il leur est permis de se mêler aux autres enfants qui viennent du dehors à Fouvroir ou à Técole.

On n'a jamais l'assurance de combattre avec succès un vice, une mauvaise disposition naturelle. Mais il est certain que si une transformation est possible^ c'est là, bien mieux que dans la prison, qu'elle pourra s'accomplir.

Quant aux jeunes détenues proprement dites, c'est-à-dire aux jeunes filles arrêtées pour mendicité, Tagabondage, légers délits, ou même pour crime ou délit grave, presque toutes les observations précédemment faites s'appliquent à elles aussi bien qu'aux garçons*. Les causes de leurs fautes, les entraînements, sont les mêmes. Leur situation inspire un égal intérêt', et leur relèvement exige les mêmes réformes.

Seulement, celles qui ont le vice inné, s'abandonnent à leurs mauvais instincts avec moins de retenue encore et de secrète honte que les jeunes gens. Elles mentent avec plus de suite et d'au-

i. Chapitre ii, première partie, la Petite- Roqueéte.

124 DÉTENTION PRÉVENTIVE — III. saint-lazark

dace. Il y a plus d'art et de finesse dans Tinventioa des contes qu'elles vous débitent.

Elles les surpassent en hypocrisie surtout. En effet, elles sont hypocrites avec plus d'intelligence et de succès.

L'une d'elles, âgée de douze ans, avait reçu presque aussitôt après son entrée dans la maison, la visite d'une personne qui venait tout exprès pour parler aux jeunes détenues et leur donner de bons conseils. Non seulement il était honteux de s'exposer à une arrestation, mais encore on réduisait un père, une mère, toute une famille au désespoir. Elle avait le cœur dur, sans doute, puisque rien n'avait pu l'émouvoir et l'empêcher de commettre une mauvaise action.

L'enfant écoutait en silence^ frottant ses yeux où ne brillait aucune larme, [des yeux ternes, sans regard, noyés, qui s'abritaient d'instinct, pour qu'on n'y pût rien lire, sous les paupières à demi fermées.

On se sépare. On met un terme à la visite, sans résultat apparent.

Mais elle a fait son profit de l'entretieiu Le . ton, les mots, l'attitude de la personne qui s'en va, fidèlement retenus, induiront en erreur celles qui peuvent venir encore et feront croire à un sincère repentir.

Quelqu'un vient, en effet,

— J'avais tort, dit l'enfant ; je le sens bien.

— Pourquoi donc avoir mal agi ?

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