LES PRÉVENUES
— C'est que j'avais le cœur dur.
Suit un long mea culpa^ la ^'petite hypocrite comprenant bien qu'on doutera moins de son repentir, si Ton pense qu'elle n'a rien caché, qu'elle a fait même des aveux qu'on n'attendait pas.
Sa ruse va réussir. On se propose sérieusement de la rendre à sa famille. Mais elle-même r^id inutile tout ce qu'elle a dit, par une confidence imprudemment faite à l'une de ses codétenues.
— Pourquoi donc cherchais-tu à nous tromper ? lui demande-t-on. C'était sans doute la peur d'un prochain voyage à la colonie pénitentiaire qui t'inspirait tous ces mensonges?
— Non, répond l'enfant, l'air contrarié. Mais
voici le jour de Noël et, bientôt après, les étrennes. Je voulais, avant de partir, passer au moins les fêtes à la maison.
On siguale chez les garçons l'admiration pour les criminels célèbres. Us en imposent habituellement quand ils veulent faire croire, dans le jeune âge, à leur grande perversité. Les filles aussi ont une apparente admiration pour les femmes vicieuses qu'elles ont pu voir ou dont elles savent l'histoire. Quelqu'un qui visitait Saint-Lazare a été surpris un jour d'y lire une inscription obscène, comparable « au cri d'une Sapho éperdue »*. Mais les enfants