I. Gttt mage a diaparu
Barbier, sait arrondir de ses mains et façonner à son usage un corset avec du fil de fer. L'autre, privée de linge, découpe adroitement, pour se parer, dans une grande feuille de papier blanc, iiue paire de manchettes. La Parisienne cherche et trouve la nouveauté, rimprévu, dans la manière de porter son bonnet et d'en disposer les plis. Une femme de théâtre réussit à se procurer du fard, en le fabriquant elle-même.
La vanité qui perce dans les plus petites choses; de fréquentes querelles à la fin desquelles il y aurait, si les personnes chargées de la surveillance n'intervenaient pas, plus de cheveux arrachés que de sang versé ; une jalousie qu'excite la moipdre laveur accordée à l'une des détenues et qui dure autant que la détention ; voilà ce qui donne son caractère à part, sa physionomie propre à la femme en prison, et voilà ses préoccupations, les faits, la vie, l'intérieur de la prison des femmes.
Ces condamnées passent les jours de leur captivité dans l'un des quatre ateliers qui leur sont réservés. Elles font de la couture, les unes à la main, les autres à la machine. Si leur peine doit avoir une longue durée, dix mois, onze mois, un an^ les plus habiles pourront trouver à la ma«9e, à leur sortie, une somme ^sez importante. Elles peuvent gagner jusqu'à 2 fr. 50 c. par jour.
Le travail les réunit dans les mêmes ateliers. Elles
132 DÉTENTION PRÉVENTIVE — III. saint-lazarb
entrent à la fin de la journée dans les mêmes dortoirs. C'est la vie en commun à toute heure, avec des inconvénients, des dangers dont la pensée est facile à concevoir. Il n'est peut-être pas impossible de surveiller l'atelier. Mais, le dortoir? En ce lieu, les moins perverties ne peuvent recevoir et avoir sous les yeux, que des leçons et des exemples d'immoralité.
On s'étonne, on dit : les femmes tombent en récidive plus rarement que les hommes. C'est qu'elles ont, peut-être, fait leur profit de ces tristes leçons. Elles ont une malheureuse ressource qui manque aux hommes : la prostitution *.
On ne pourra jamais soumettre les femmes à des règles invariables. Le rôle qu elles ont, dans la famille, dans la société, ne le permettrait pas. La femme enceinte condamnée à* mort est sauvée par son enfant. La loi veut qu'on la laisse vivre deux ans. Mais la pitié, l'humanité, font accorder à celle qui se trouve dans cet état, des lettres de grâce.
Condamnée pour adultère sur la dénonciation de son mari, une détenue de Saint-Lazare peut être réclamée par lui avant l'expiration de sa peine, et même à un moment quelconque pendant la durée de l'emprisonnement. Elle lui sera rendue.
Une salle de la première section, l'une des plus