‹ Les prisons de ParisChapitre 55 sur 118 · MAGASIN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

MAGASIN GÉNÉRAL

rentrDachatelet raconte qu'en 1830, ayant été mises tout à Coup en liberté, au moment où s'accomplissait la Révolution', elles rentrèrent toutes le soir, ne pouvant trouver au dehors, ni amis, ni ressources, ni travail, ni rien qui les rattachât à la vie.

§VI

LE MAGASIN GÉNÉRAL DE l'aDMINISTRATION

Il en est des prisons comme-4es grandes fermes, comme des communautés isolées, qui n'ont avec un centre de population que des rapports assez rares et assez lointains. Puisque la nécessité oblige à réunir sur un point un grand nombre de personnes, il est sage de chercher sur place l'emploi de leur activité, de se servir autant que possible de tous les bras pour rentrer dans les déboursés, de n'acheter au dehors que ce qu'on ne peut absolument pas obtenir des détenus eux-mêmes.

C'est la règle dans les hospices et dans les grands établissements d'assistance. Toute personne qui n'aaucune infirmité grave est chargée de quelque travail.

Dans les prisons, beaucoup de détenus sont em-

152 DÉTENTION PRÉVIENTIVE — III. saint-lazare

ployés à rintérieur comme auxiliaires. Il y a dies ateliers pour rhabillement, la chaussure, etc. Avant d'appeler les entrepreneurs, d'accepter les commandes de. marchands en gros, de travailler pour revendre au dehors, on travaille pour la maison. Menuisiers, maçons, charpentiers, serruriers, jardiniers, employés aux écritures, relieurs, caissiers, contremaîtres, font, sur Tordre du directeur, tout ce <ju'ils savent faire. Les vieilles prisons de Paris ont besoin de réparations annuelles. Des groupes de plâtriers ou de peintres vont ainsi d'une prison à l'autre.

Les femmes rendent d'autres services. Il était naturel, par exemple, de placer la lingerie générale et les magasins de vêtements dans le lieu où elles se trouvent réunies, à Saint-Lazare.

Mouchoirs, chemises, draps, tout ce qui doitser- ' vir soit aux détenus valides, soit aux malades, est confectionné ou réparé par elles. C'est de leurs mains que l'Administration reçoit les solides camisoles de force qui doivent servir à mettre les révoltés à la raison. Ce linceul de toile grossière que soulèvent aux extrémités et qu'élargissent vers le haut, sur le marbre de l'amphithéâtre, les corps roidis des détenus morts à l'infirmerie, elles l'ont cousu.

Les chaussures mêmes et l'habillement des surveillants, aussi bien que des prisonniers, sont mis

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