‹ Les prisons de ParisChapitre 57 sur 118 · MAGASIN GÉNÉRAL 15T · texte numérisé non relu

MAGASIN GÉNÉRAL 15T

Ds vont jusqu'à parler, jusqu'à se répondre de loin par les conduits de fosses d'aisances. Pour eux, chaque regard a une signification. S'ils ont un bon sentiment et s'ils l'expriment, le coup-d'œil d'un compagnon de captivité, d'un auxiliaire arrivera jusqu'à eux, moqueur, ironique, comme une injure. Enfermés jour et nuit, ils savent néanmoins quels sont leurs voisins, parce que, ennuyés, bâillant à l'intérieur de la cellule, ils sont toujours attentifs à ce qui se dit au dehors, dans la galerie. Us com* mentent chaque parole ; ils sont mis sur la voie par un simple mot. Ils communiquent enfin, sans^ difiiculté, avec des auxiliaires, des surveillants, des commissionnaires, des coiffeurs qui leur coupent les cheveux ou leur font la barbe, des parents qui viennent les voir.

C'est ainsi que ces femmes se sentent. C'est ainsi que les détenus, quels qu'ils soient, ne sont pas sans influence, les uns sur les autres, dans les maisons même cellulaires où ils sont réunis en grand nombre. Ils communiquent entre eux sans qu'on s'en aperçoive, et ils osent penser, parler, agir comme des malfaiteurs, parce qu'ils se sentent là serrés et nombreux.

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