‹ Les prisons de ParisChapitre 66 sur 118 · CASIER JUDICIAIRE ET SURVEILLANCE · texte numérisé non relu

CASIER JUDICIAIRE ET SURVEILLANCE

blier lui<-méme. Un jour cependant, le facteur dépose un papier chez le concierge de sa maison. C'est une pièce officielle relative au service militaiire, adressée par le ministre de la guerre aux hommes taisant partie d'une certaine classe. Or, sur ce papier, les renseignements empruntés au casier judiciaire ont été transcrits. La pièce est restée quelques heures chez le concierge. On Ta lue, on sait ce quelle contient; et le malheureux N..., réduit au désespoir, doit consentir à une séparation que son associé juge nécessaire, et se résigner à quitter le pays *. f Faut-il donc toujours que le passé, le souvenir abhorré de la chute, s'attache à celui qui s est acquitté, même après qu'il a subi l'expiation ?

C'est un fait malheureusement certain : les libérés dénoncent comme anciens détenus ceux qu'ils ont connus en prison. Faut-il, au danger de ces odieuses révélations, ajouter encore la dénonciation par l'extrait du casier judiciaire?

La surveillance de la haute police prononcée, crée à celui qui doit la subir une situation plus difficile encore *. Il ne peut pas même espérer qu'on ignorera sa vie passée. Il est connu. L'autorité du lieu de sa résidence a le devoir de constater sa présence à de courts intervalles.

1. M. Jules Simon a rapporté ce fait, et plusieurs autres, dans sa conférence de mai 1880, sur le patronage des libérés repentants.

Page 1