‹ Les prisons de ParisChapitre 84 sur 118 · Bb été · texte numérisé non relu

Bb été

256 PRISONS DÉPARTEMENTALES — IL la santé

tenu reçoit un pain rond qui doit suffire pour toute la journée. A neuf heures, son guichet s'ouvre, et un auxiliaire dépose sur la tablette intérieure la soupe ou le bouillon. A trois heures enfin, on lui donne à la gamelle quelques légumes, remplacés le jeudi et le dimanche par de la viande. Le tout en petites quantités, selon le règlement. Avec un tel ordinaire, il doit être permis, on en conviendra, sans commettre le péché de gourmandise, de se procurer de temps en temps, à la sueur de son front, un dessert et du pain blanc.

La cellule, semblable aux cellules de Mazas, sur la description desquelles il n'est pas utile de revenir, va s'embellir par les soins du détenu qui l'habite. Sur un calendrier préparé par lui et oollé au mur, il se donnera la satisfaction de rayer jusqu'à la fin les jours écoulés. Il encadrera quelques dessins pour les suspendre à l'épaisse cloison. Il fera un recueil des quelques chansons qu'il peut savoir .'invariablement, et sans choix, le chant patriotique ou la chanson obscène, deux sujets, deux notes, et pas plus.

S'il n'est point sans instruction, et si vous pouvez lui procurer une grammaire, un dictionnaire, anglais, allemand, il s'efibrcera d'apprendre une lan— gue. N'a-t-il pas toujours le vague projet d'aller vivre à l'étranger, dans un pays où ses antécédents ne sont pas connus? Cette bonne pensée, ce désir

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