‹ Les prisons de ParisChapitre 85 sur 118 · LA,Y/IE EN CELLULE · texte numérisé non relu

LA,Y/IE EN CELLULE

de compléter son instruction, lui sont directement inspirés par les calculs, les méditations de la cellule. Seul, loin des mauvais conseillers, à Tabri des tentations du dehors, il renaît, il se régénère.

Voici, pour finir sur ce sujet, un progrès, une bonne action qu'il serait tout à fait impossible d'obtenir dans un quartier commun.

Votre prisonnier n'était pas seul, avant sa condamnation. Il vivait, en faux ménage, avec une femme qu'il a rendue mère. Elle s'occupe de lui, au dehors. Elle lui prouve son attachement en lui envoyant quelques fleurs, quelques provisions, de l'argent. Il pense à l'épouser. S'il parlait de son projet à d'autres détenus, dans la cour, ils se moqueraient de lui. Mais seul, il s'arrête à cette idée. Il fait part de son désir à l'aumônier. Que devient-il, quand il apprend qu'une bonne pensée devant au plus tôt être mise à exécution, le cas est prévu? Non seulement il aura la satisfaction de se mettre en règle, mais encore, il sera rendu à ces enfants, à cette femme, un jour, tout un jour.

Il accepte.

Mais il faut, avant tout, recevoir de la Préfecture de police une autorisation qui est rarement refusée. On pourrait l'avoir le jour même. En effet, rien n'est aisé, dans toutes les -prisons, comme d'adresser une demande à la Préfecture. Un fil télégraphique met tous les grefiesen communication avec le cabi-

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net du Préfet de police. Bien plus, si les employés au greffe en expriment le désir, grâce à ce même cabinet, ils sont mis en rapport entre eux sur tous les points de Paris.

Ici, Taumônier se. charge dans une aifaire qui n'intéresse pas T Administration, d'obtenir lui-même une réponse favorable.

Le jour venu, le détenu cesse d'être un irrégulier. Il va réparer un trop long oubli à la mairie, à l'église. Sa conduite, peut-être, ne mérite pas, au fond, beaucoup d'éloges. Flétri déjà par la justice, décidé souvent par le seul espoir d'une sortie de faveur, il a fallu le pousser encore à cet acte de réparation. Mais la femme, qui a des enfants dont il est le père, ne peut refuser de partager jusqu'au bout sa destinée. D est trop tard. Elle doit être heureuse encore de devenir épouse à ce prix.

La police n'a l'ordre de refermer sur le prisonnier la porte de la cellule que le soir. Y... racontait qu'il avait pu, de cette manière, rester dehors tout un jour, annoncer lui-même son mariage à deux ou trois amis, se promener avec sa femme à ia foire aux pains d'épice, escorté seulement à distance par des agents qui marchaient derrière lui, et ne rentrer qu'à la nuit, content de sa journée, pour attendre la fin de sa peine.

§ IV

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