LE DEPOT OESXONDAMiSÉS — cranbe-roquett
Il veut que chacun soit fouillé àvaut de sortir. Mais les autres détenus présents déclarent que c'est inutile. Avec leur esprit vif et leur pénétration habituelle, ils ont vite instruit Taifaire. L'un d'eux avait les mains derrière le dos. Il a changé déplace comme s'il craignait d'être soupçonné. C'est lui ! On l'oblige à retourner ses poches. Il laisse tomber les objets volés.
On n*a que des camarades d'un .moment, a Ici, il ' n'y a pas d'amis » vous diront-ils tous. A moins d'avoir fait partie de la même bande, ils se résoudront aisément à livrer celui dont ils ont reçu les confidences. Non, la véritable affection lie fut jamais connue des malfaiteurs ! Pour l'éprouver il faut être honnête. N'est-ce pas le plus complet et le plus juste éloge qu'on puisse faire de l'amitié ?
Ceux mêmes qui prétendent avoir été accusés à tort ne croient guère à l'innocence des autres. Lorsque le pharmacien D.., après sa condamnation aux travaux forcés pour empoisonnement, parut à l'atelier et dans la cour, il essaya de soutenir qu'il était victime d'une erreur. Il fit rire tout le monde.
Pourquoi faut-il que cet égoïsme soit aveugle et ne s'élève jamais jusqu'à l'amour de soi bien entendu qui les ramènerait au respect d'autrui, sinon à la pratique du devoir ?
Le ressentiment joint au défaut de toute éduca-
tion, exaspère au contraire cet égoïsme. De là les féroces vengeances.
Un jeune homme de vingt ans a,vâit fait partie d'une association de malfaiteurs. Presque tous furent condamnés aux travaux forcés pour huit, dix, quinze ou vingt ans. Lui seul semblait avoir été épargné : quatre ans de prison.
Mais ce n'est pas leur compte .
On ti^availlait ensemble, c'estensemble aussi qu'on doit s'embarquer. Peuvent-ils d'ailleurs laisser vivre en paix ce révélateur, ?
Au tribunal, ils lui ont déjà glissé dans la main un billot.
Tu nous as donnés * , et c'est à cause de toi que nous avons été nettoyés par les rousses^. Si tu ne viens pas avec nous prendre un bain de pieds dans le grand lac ', il en reste pour t*estourbir *. Ça t'apprendra à jaspiner ^ Mort aux vaches et aux bourriques ®/
Il avouait avoir le taff, c'est-à-dire être très effrayé et ne pensait qu'avec les plus vives appréhensions au moment où il se retrouverait au milieu de ses anciens complices. En effet, ils se ruèrent sur lui et