‹ Les prisons de ParisChapitre 98 sur 118 · Décret du a septembre 186S · texte numérisé non relu

Décret du a septembre 186S

de recueillir sur ce point les aveux des condamnés eux-mêmes ?

C'est déjà très grave. Mais, si les partisans de la transportation voulaient Favouer, ils reconnaîtraient que ce n est pas là réellement une peine. Elle ne punit pas. Elle ne corrige pas davantage; on peut consulter Texpérience. A-t-on le droit de l'appliquer aux criminels? Non, puisque la société leur doit l'avertissement salutaire, en même temps que la punition. On ne sait que faire des criminels les plus dangereux, des récidivistes, et, pour se débarrasser d'eux, on les dépose à des milliers de lieues, dans une île dont ils ne pourront plus sortir.

On veut peupler la colonie ? Il n'y a pas de femmes. On en compte quelques centaines seulement. Bien plus, il sera toujours impossible d'en avoir un nombre suffisant, tant que, la transportation restant facultative, on leur laissera le choix de partir ou de rester. Lors même qu'elles partiraient, elles ont passé pour la plupart l'âge de la fécondité.

Le personnel, du directeur aux derniers surveillants, est très difficile à choisir. Bienveillants, ils sont accusés de faiblesse ; énergiques, de brutalité. Depuis le retour des amnistiés de la Commune, une commission a été nommée pour faire une enquête . sur les châtiments corporels et les supplices infligés ^

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