‹ Les prisons politiques: Sainte-PélagieChapitre 23 sur 63 · LE CHAPITRE DES CONDAMNATIONS · texte numérisé non relu

LE CHAPITRE DES CONDAMNATIONS

Dans ce nouveau chapitre des constatations, nous distinguerons deux sortes d'incarcérations : les incarcérations préventives , dont nous n'avons pas compté les victimes, et que nous persistons à considérer comme des illégalités , et les détentions après condamnation, sur lesquelles nous avons déjà dit notre façon de penser dans le courant de ce volume. Cette deuxième série d'incarcérations fait donc presque exclusivement le sujet de ce chapitre. Et il ne faut pas oublier que nous avons refusé ce titre dedélits aussi bien que le caractère de flagrance, même après jugement, à toutes ces causes d'incarcération basées sur des opinions dissidentes de certains citoyens avec le pouvoir politique établi.

Il nous a paru opportun, dans un double but, un but de morale et un but de logique, de terminer cet ouvrage par une liste, aussi fidèle qu'il nous a été possible, des nombreux prisonniers qu'on a pourvus d'un billet de logement dans la maison de la rue de la Clef.

Cela est logique, parce que cest le corollaire de noire ouvrage; cela est moral, parce que Sainte- Pélagie prison est l'asile forcé de tous les coupables de délits d'opinions, et il importe, en les citant, de les dégager de la tourbe immonde au sein de laquelle il plaît aux tribunaux correctionnels de les plonger.

D'autre part, il est quelques renseignements, quelques anecdotes, quelques notes, curieux à connaître, et qui eussent encombré, sans les éclairer, les diverses considérations émises dans les chapitres de cette étude.

Dès le mois de janvier 1867, l'auteur de ce livre a fait appel, par l'organe des journaux libéraux, à toutes les personnes qui seraient en état de lui fournir des renseignements sur Sainte-Pélagie et ses habitants à diverses époques.

C'est ainsi qu'il a pu arriver à reconstituer —laborieusement, il est vrai, — - la liste qui va suivre, forcément incomplète, car il a été impossible de consulter les registres d'écrous, livres secrets par excellence et qu'on ne peut feuilleter, à moins d'en être, de près ou de loin, le collaborateur.

Or nous devons avouer que, n'ayant aucun des titres qui nous permettent de les lire et n'en désirant aucun, nous avons eu recours soit à notre propre mémoire, soit à celle de nos amis et des amis de nos amis.

C'est assez dire que nous laissons la porte ouverte à toutes les réclamations qui pourront se produire, pour y faire droit dans la deuxième édition de ce volume» si toutefois deuxième édition il y a*

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