II
Prix (le rertu.
Dans ce concours angélique d'àmes généreuses et compatissantes adonnées à toutes sortes de bonnes œu\Tes, n'avons-nous pas déjà nommé au fond de nos cœurs celle qui donne à la France l'auguste exemple de toutes les vertus chrétiennes, et qui nous offre le modèle le plus parfait de cette charité noble, active, ingénieuse, infatigable, exercée avec une sollicitude qui peut bien quelquefois, dans l'immensité des dons qu'elle répand, se voir surprise ou trompée, mais qui prend toujours ses inspirations dans l'amour du prochain le plus pur et le plus vrai, comme elle puise sa force dans le sentiment, modeste et sincère, du pieux patronnage que la religion commande aux grands de la terre d'exercer envers les faibles et les malheureux* !
Enfin, ne dirons-nous rien de cet homme de bien dont nous distribuons ici les bienfaits ; lui qui a trouvé le moyen, en soulageant la misère, d'inspirer la vertu et de créer l'émulation au sein de la charité ?
M. de Montyon 2, riche magistrat du dernier siècle, s'était de bonne heure signalé par d'ingénieuses fondations. La révolution en interrompit le cours ; lui-même se vit forcé d'émigrer ; heureusement sa fortune avait pris les devants, il la retrouva en pays étranger. Là, ses premières largesses furent pour ses compagnons d'infortune :1e pain qu'il leur donnait n'était pas amer comme
1. s. M. la reine tient à honneur d'être la première Dame de charité de France. — Elle est Protectrice de la Société de charité maternelle de France, et spécialenient présidente de celle de Paris. Ces Sociétés, partout où elles sont établies, ont pour but de secourir les pauvres femmes en coucbe, de pourvoir à leurs besoins, et de les encourager à allaiter elles-mêmes leurs enfants. — Viennent ensuite les dons à domicile, les secours aux veuves, aux orphelins, les éducations des enfants pauvres et délaissés, surtout dans les familles des marins, des militaires. . (Note de 1843.)