‹ Les Prix de Vertu, fondésChapitre 9 sur 43 · Ceiilliain · texte numérisé non relu

Ceiilliain

Enfin, quelle sorte de loyer donner à la vertu? — Ne faut-il pas tenir pour maxime, avec l'auteur du livre de la Sagesse, « que le fruit des belles actions est de les avoir faites, et que la vertu ne saurait trouver hors de sov récompense digne d'elle *. »

Lors donc que l'Académie française distribue, comme elle va le faire aujourd'hui, les prix fondés par M. de Montvon, elle n'a pas la prétention d'exercer cette haute iu^tice rémunératoire à laquelle les institutions humaine^ ne sauraient atteindre. Pour quelques traits qm lui sont signalés, si éclatants et si méritoires qu'ils soient, combien qui restent ignorés !

Elle n'a pas non plus la prétention de payer les auteur^ des actes qui ont mérité son suffrage. Ces hommes de courage providentiel, ces pauvres femmes de dévouement angélique, ont mis leur récompense ailleurs.

Simple exécuteur testamentaire, l'Académie française ne fait que leur délivrer un legs pieux qui leur a été destiné. Elle proclame en même temps, à haute voix, leurs actions; elle se plaît à en répandre la connaissance au dehors, non pour leur procurer une vaine satisfaction d'amour-propre, mais pour servir d'instruction aux autres hommes, pour émouvoir ceux qui en hront le simple récit et faire naître dans tous les cœurs 1 amour du bien et le désir de les imiter.

Les philosophes, souvent, se sont montrés embarrassés pour définir la vertu, [ our assigner ses caractères et la diviser en plusieurs classes. L'Académie n'y met pas tant de subtilité. Elle prend de préférence entre les vertus, quand il s'agit de déterminer ses choix, celle qui les contient, qui les inspire toutes ; celle où nous voyons l'homme, faisant abnégation de soi, employer tour a

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