COURBE PRINCIPALE EN NOIR
1® La courbe principale de la figure de statistique placée à la fin de }a brochure, courbe imprimée en noir, a été dressée de l'année lt200 à l'année 1890 (série à laquelle il ne manque qne quelques années dans les premiers siècles). Conformément aux tableaux du prix moyen annuel du froment en France que le vicomte d'Avenel a joint à ses deux mémoires et qu'il a résumés par périodes de vingt-cinq ans (voir première partie de l'appendice, tableau n° VI).
Pouir certaines années, M. d'Avenel n'a pu recueillir qu'un trop petit nombre d'éléments pour que les prix moyens annuels puissent être considérés comme définitifs. Voici
quelques exemples de cette insuffisance tirés de la période 1355-1361:
paix MOYEN DE l' HECTOLITRE DE BLÉ EN FRANCE
1355. . 4fr. 85 formé de deux prix (Strasbourg et Béthan-
court [Aisne]).
1367. . 3 fr. 12 un prix (Orléans).
1358. . 44 fr. 09 formé de deux prix (La Loye [Franche-
Comté], Orléans).
1359. . 21 fr. 45 formé de six prix (Alby, Dourdan [Seine-
et-Oise], 2 de Paris, Strasbourg et Orléans).
1360. . 4fr. 78 formé de trois prix (Paris, Rouen, Alby).
1361 . . 17 fr. 57 formé de deux prix (Orléans, Alby).
Cette insuffisance est sensible surtout dans les années où il y a eu des disettes locales et, par suite, de très grandes différences de prix d'une province à l'autre. On peut en juger par les prix suivants à Taide desquels le vicomte d'Avenel a calculé les moyennes de quelques années de la première nioitié du xv® siècle :
1428. . Troyes, 3 fr. 62 c. — Orléans, 10 fr. 92 c. —
Alby, 58 fr. 35 c.
1429. . Strasbourg, 6 fr. 40 c. — Orléans, 19 fr. 37. —
Alby, 9 fr. 72. — Caen, 2 fr. 51.
1431 . .. Paris, 7 fr. 29 c. — Alby, 9 fr. 72 c. — Limoges,
14 fr. 60. — Saint-Léonard (Corrèze), 1 fr. 32 c. — Strasbourg, 5 fr. 21 c. - Rouen, 5 fr. 83. — Orléans, 5 fr. 92.
[Les deux prix extrêmes, Limoges et Saint-Léonard, les plus voisins topographiquement, sont tirés de la même source : Bull, de la Soc. archéol, de la Corrèze^ VII, p. 161 et 162.]
[En Angleterre le prix moyen de 1431 à 1440 a été de 5 fr. 34 c.]
1432. . Alby, 10 fr. 48 c. — Limoges, 19 fr. 10 c. — Saint-
Léonard (Corrèze), 6 fr. 67.
1433. . Alby, 8 fr. 76. - Saint-Léonard (Corrèze), 16 fr.
Le défaut de communications a rendu les grandes différences de prix très fréquentes au moyen âge et jusqu'en
Néanmoins, la série dressée par le vicomte d'Avenel est, non seulement la plus complète que nous possédions, mais
la seule qui soit établie conformément aux principes de rérudition historique. Le comte Garniér et M. Pommier, qui ont publié des tables de prix du blé depuis le moyen âge (tables dont nous reproduisons les moyennes décennales), n'indiquent nulle part les sources où ils ont puisé. Le vicomte d'Avenél, au contraire, ne donne que des chiffrés dont il fait connaître exactement l'origine. Aussi doivent-ils être acceptés par les historiens et les économistes sinon comme des moyennes toujours appuyées sur une base suffisamment large, du moins comme des prix exacts à une époque de l'année et en un lieu déterminés. De nouvelles recherches pourront, en multipliant les données et en élargissant ainsi les bases, consolider ou modifier les moyennes du vicomte d'Avenel.
Sans doute de pareils essais de moyennes ne répondent pas aux conditions requises par la statistique pour établir dés « index numbers ». Sa méthode rigoureuse n'est pas applicable à l'étude historique des siècles passés. Toutefois, les courbes complémentaires par lesquelles j'ai essayé de compléter et de contrôler la courbe principale concordent en général avec celle-ci d'une manière suffisante pour inspirer la confiance dans le plus grand nombre des cas.
2** J'ai continué la série des prix de 1797 à 1891 avec les publications du Ministère de l'Agriculture.
Les prix enregistrés dans ces publications sont de véritables moyennes pour la France entière. Ils ont été calculés par mois et par département d'après les mercuriales des principaux marchés. Ils ont un caractère officiel et, sous le régime de l'échelle mobile, ils ont eu un caractère légal. Quelque critique de détail que certains prix aient pu soulever au moment où ils ont été établis, — je n'ai d'ailleurs connaissance d'aucune de ces critiques,^ — la moyenne générale repose sur une base de faits assez large et assez solide pour être considérée comme incontestable. Il serait oiseux de faire des recherches dans des publications particulières en vue de confirmer ou d'infirmer ces. moyennes.
Les publications d'où sont tirés ces prix sont les Archives statistiques (1837), les Récoltes des céréales et pommes de