‹ Les Problèmes d'Aristote; (volume 2)Chapitre 25 sur 82 · BE · texte numérisé non relu

BE

Pourquoi ne sue-t-on pas davantage, ni quand le

même manière. — ferme les 404, 407 et 408, $$ 9, 24 et 33. pores. La raison paraît bonne ; La même question est posée et et l'action du soleil est bien résolue plus complètement ὃ 97 celle que l’auteur indique. Mais de cette seconde section. Elle il est encore plus certain que se retrouve encore section la chaleur du soleil dessèche la XXXVI, $ 2. — Qui sont per-

sueur à mesure qu'elle se pro- méables. Voir plus haut la note duit. Les habits produisent un surle$ 8. — Une source d'hueffet contraire ; et ils concen- midité. Cette observation est

trent la sueur en l'empéehant contestable; et les pores du de s’évaporer, au contact de visage ne semblent pas être plus l'air. ouverts que d’autres.

$ 10. Le visage qui sue le plus. 8 11. La même question est Voir Théophraste, loc. cit., pp. traitée plus loin, $ 32, et dans

feu agit tout à coup, ni quand il est toujours de moins en moins ardent; et pourquoi sue-t-on plus quand on augmente le feu petit à petit ? En effet, on sue plus dans les étuves que si la chaleur était sur-lechamp portée au même degré.

N'est-ce pas parce que c’est la juste proportion qui agit en toutes choses ? Si donc une chose avec telle mesure produit le plus d’eflet, elle ne le produira plus si elle est trop forte ; ou plutôt, elle produira le contraire, parce qu'elle n’agit que par cela même qu'elle est en proportion convenable. C’est bien là ce qui fait qu'on ne sue pas davantage par une chaleur plus forte. Mais comme, dans chaque cas, la proportion est autre, ce qu'on y ajoute en plus empêche que ce qui ἃ d’abord agi puisse continuer à agir encore. Car ce n’est pas dans tous les cas également qu'un précédent identique dispose les choses d’une manière convenable; ce n’est pas le même précédent qui agit, c'en est un autre. C’est donc une

des termes analogues ; la solu- moyen d'hygiène. — Za juste tion est toute pareille. — Agit proportion. Le texte n'est pas tout à coup. On pourrait ajou- tout à fait aussi précis. — Elle

ter : « Et en masse », pour rendre toute la force du mot grec.

— Dans les étuves. Les Anciens distinguaient les étuves selon que la chaleur y venait de la vapeur d’eau, ou selon que la chaleur y était sèche et venait simplement du feu. La médecine bippocratique paraît avoir fait peu d'usage des éluves ; ce n’est que plus tard qu'elles ont été fréquemment employées, soit comme remèdes, soit comme

ne le produira plus. C'est ce qui arrive pour certains médicaments, qui, pris à trop forte dose, n'agissent pas, bien qu'ils agissent à dose moins forte. — Qui dispose les choses d’une manière convenable. Cette généralité, qui estexacte, s'applique spécialement au corps humain, plongé dans la chaleur humide ou sèche de l’étuve. Cette chaleur, venant peu à peu, ouvre les pores et prédispose le baigneur

SECTION II, QUESTIONS SUR LA SUEUR, ὃ 13 63

quantité faible plutôt qu'une forte quantité qui ἃ prédisposé le corps, et qui l’a préparé à pouvoir suer, Il faut alors une autre proportion et une proportion plus forte pour agir. La cause qui a déjà produit son effet ne peut le reproduire ; après elle, il en faut une autre, qui se trouve dans la proportion indispensable.

- Pourquoi la sueur est-elle plus abondante quand on l'éponge que quand on la laisse séjourner librement telle qu'elle est ἢ

Est-ce parce que l'on est refroidi par l'air extérieur ? Ou n'est-ce pas que la sueur, quand elle est au dehors, fait comme un couvercle sur les pores, et qu’elle empêche ainsi la sueur intérieure de sortir ἢ

Pourquoi la rue donne-t-elle une mauvaise odeur

à la sueur, ainsi que le font certains parfums ?

à mieux profiter de l'action qui s'exerce sur lui. — La cause qui a déjà produit son effet... L'explication peut paraître bien vague, et l'expression pourrait en être plus précise.

ὃ 12. Pourquoi la sueur estelle plus abondante ? L'observation est exacte; et chacun peut s'en convaincre par sa propre expérience. — Quand on l'éponge. Le mot grec semble indiquer qu'il s’agit des espèces d’étrilles dont on se servait dans les gymnases. — Est-ce parce que l’on est refroidi. La

pensée n'est pas très nette; je n'ai pas pu la rendre plus claire.

Le sens général est que, si l'on n'éponge pas la sueur, elle se refroidit plus vite par l'action de l'air ambiant, qui est froid relativement au corps. — Fait comme un couvercle. Quand on ne l’essuie pas, elle bouche les pores et répercute la chaleur au dedans. Voir plus haut, $ 8.

8 13. La rue. Voir la même question en termes identiques, plus loin, section XX, 8 53. Les rutacées, qui viennent surtout dans les climats tempérés de

N'est-ce pas parce que les substances qui ont déjà une forte odeur par elles-mêmes, rendent l'odeur encore plus mauvaise, en se mêlant aux humeurs excrémentitielles du corps ?

Pourquoi la sueur est-elle plus forte dans le dos que dans les parties antérieures du corps ?

N'est-ce pas parce que c'est dans la partie antérieure que se trouve le lieu où se déverse l'humide ? Celieu n'existe pas dans la partie postérieure ; et dès lors, il faut de toute nécessité que l’excrétion se produise au dehors. C’est là encore ce qui fait qu'on sue moins au ventre qu'à la poitrine. La même cause fait aussi que le dos et les parties postérieures conservent davantage la sueur, tandis que les parties antérieures la conservent moins. C’est que les parties antérieures se refroidissent plus que celles de derrière. Si les aisselles suent le plus tôt et le plus abondamment,

l’ancien continent, renferment un principe résineux et une huile volatile, qui passent pour avoir des propriétés sudorifiques ; voir le Traité général de Botanique par MM. Lemaout et Decaisne, p. 362. La médecine hippocratique en faisait un assez grand usage. — Aux humeurs.

On pourrait traduire aussi :

« Aux liquides ».

$ 14. Plus forte dans le dos.

La sueur est plus forte dans le dos que sur la poitrine; mais elle l’est surtout sur le visage,

qui est cependant sur la partie antérieure du corps. — Le lieu où se déverse l’humide. C’est le ventre que l'auteur veut désigner par cette périphrase. — Dès lors. J'ai ajouté ces mots pour plus de clarté. — Moins au ventre qu'à la poitrine. L'observation est très délicate ; et elle n'est peut-être ‘pas fausse, bien que la raison dont on l’appuie soit moins acceptable. — La méme cause. 11 semble au contraire que les causes des deux phénomènes soient diffé-

SECTION Il, QUESTIONS SUR LA SUEUR, $ 15 65

cela tient encore à ce qu’elles se refroidissent moins. Ajoutez que la région du dos est plus charnue que la région antérieure, et que, par conséquent, elle est plus humide. Ainsi, il y a plus d'humidité dans les parties postérieures ; et voilà comment la moelle, qui est dans le rachis, présente une humidité très forte.

* Pourquoi la partie du corps sur laquelle on est couché ne sue-t-elle pas ἢ

N'est-ce pas parce que le point de contact empêche par sa chaleur que la sueur ne sorte par là, et qu’alors elle se dessèche? De plus, la partie qui touche le lit est comprimée ; le sang comprimé se disperse; et quand cet effet se produit, le corps se refroidit davantage. Ce qui le prouve bien, c'est l’engourdissement ; car cette

rentes, puisque le devant du corps est bien plus exposé à l'air et se refroidit plus aisément. — Ælles se refroidissent moins. Comme étant à peu près soustraites à l'action de l'air extérieur. — Plus charnue.….

plus humide. Ces deux conditions ne sont pas connexes. — La moelle... présente une humidité très forte. Cette singulière propriété, prêtée à la moelle, tient sans doute à la théorie qui fait du cerveau un lieu essentiellement humide: la moelle épinière était regardée aussi comme essentiellement unie au cerveau.

La moelle épinière n'a pas d’ailleurs une humidité ou une liquidité si grande.

UOTE

δ 15. Ne sue-t-elle pas. Quoique le fait semble très facile à vérifier, je ne sais pas si l’observation est exacte ; la question est certainement curieuse, — Empéche... que la sueur ne sorte. L'explication est tout au moins spécieuse. — Est comprimée.C'’est incontestable, et l'effet se produit surtout si le coucher est dur. — Se disperse. Et s’éloigne de la partie comprimée.

— δὲ refroidit davantage. On peut observer souvent cet effet, quand le sang se retire, par exemple, des doigts par une cause quelconque. — L’engourdissement. Dans l'école Hippocratique, on rend comple de l'engourdissement par l'inter-

affection n’est qu’un refroidissement venu, soit d’une

pression, soit d’un coup.

Pourquoi sue-t-on davantage dans le sommeil ? N'est-ce pas à cause de la répercussion, qui fait que la chaleur intérieure, qui s’accumule, chasse l’humide

au dehors ?

Pourquoi le visage sue-t-il plus que toute autre partie du corps, bien qu'il en soit la partie la moins

charnue ?

N'est-ce pas parce que les parties qui sont un peu humides en dedans, et poreuses, transpirent aisément ? Or c’est là précisément l’organisation de la tête, qui

ruption du souffle dans les veines ; voir Hippocrate, Littré, tome VI, p. 369, $ 4. — N'est qu'un refroidissement. On un défaut de circulation du sang.

— Soit d'une pression, soit d'un coup. Parfois on a un membre engourdi, sans qu'il y ait eu ni compression ni contusion.

8. 16. Pourquoi sue-t-on davantage dans le sommeil? La même question est reproduite plus bas, $ 28; et elle est expliquée plus complètement qu'ici — A cause de la répercussion.

L'expression grecque n’esl pas plus précise ; le sens d’ailleurs n’est pas douteux. Ce n’est peutêtre pas le sommeil lui-même

qui fait suer davantage ; mais ce sont les couvertures du lit, qui concentrent la chaleur qui émane du corps. Dans le jour, l'influence de l’air ambiant fait que cette chaleur se dissipe.

817. — Pourquoi le visage sue-t-il plus. Noir la même question plus haut, dans cette section, $ 10 ; et plus loin, section XXXVI, $ 2. Les explications sont les mêmes dans les trois cas ; seulement elles sont plus ou moins développées. Le fait d’ailleurs est certain, si l'explication ne l'est pas. — Poreuses. Le sens du mot grec n'est pas très déterminé; mais le contexte autorise la traduction

a une humidité particulière très forte. On peut en trouver la preuve dans les veines qui en partent, dans les catarrhes qui s’y produisent, dans l'humidité de l'encéphale, et dans le grand nombre de ses pores. Les cheveux, en poussant au dehors, démontrent bien que ces pores sont nombreux. On voit donc que la sueur ne vient pas de lieux inférieurs, mais de la tête elle-même. Voilà comment la sueur se produit d'abord au visage et s’y produit en quantité plus considérable. Le visage, c'est la première partie qui est sous la tête; et l’humide coule en bas et ne peut remonter.

Pourquoi, si, pendant qu’on sue, on vient à se refroidir, soit par de l’eau, soit par l'effet de l'air, a-t-on

des nausées ?

Est-ce que le liquide, en se refroidissant, s’arrête et

que j'en donne, — Qui a une humidité particulière. Sans doute à cause du cerveau, qu'on regarde comme une source d'humidité. — Dans les veines qui en partent. Ceci atteste des dissections anatomiques assez attentives. — Dans l'humidité de l’encéphale. Dans la doctrine Hippocratique,l'encéphale passe aussi pour être humide et froid ; voir Hippocrate, Littré, tome VI, pp. 279 et 281. — Le grand nombre de ses pores. L'anatomie de nos jours ne ratifierait pas cette description. — Les cheveux... Cet argument est déjà

donné plus haut, ὃ 10, et il est répété section XXXVI, $ 2. — Les pores sont nombreux. Les cheveux ne sortent pas de pores proprement dits; ils ont une racine et un bulbe qui les nourrit, indépendamment des pores de la peau. — Voilà comment...

La conclusion peut sembler très insufsante ; et elle ne résulte pas de ce qui précède. — La première partie... Et par conséquent, la partie qui recoit le plus directement l'humidité prétendue qui viendrait de l'encéphale.

$ 18. Des nausées. Notre mot de Nausée est pris étymologi-

s’accumule, tandis qu'auparavant il ne s’arrêtait pas parce qu’il coulait ? Ou bien n'est-ce pas aussi que le souffle, qui venait à sortir, se changeant en sueur par le refroidissement, se refroidit en dedans avant de sortir, et, se liquéfiant, produit la nausée ?

Pourquoi la sueur sort-elle si abondamment aux pieds ou à la tête, quand on a chaud dans ces parties ?

N'est-ce pas parce que la partie échauffée attire à elle l'humidité ? Alors l'humidité, qui n’a pas de place où elle soit absorbée, ces lieux étant osseux, est bien forcée de sortir.

Pourquoi, lorsqu'on travaille, sue-t-on davantage au moment où l’on cesse de travailler ? Si c'était le tra-

quement du mot grec; et l'on peut croire que le fait indiqué ici est certain, bien que l'expression de Nausée soit peutêtre un peu trop forte pour le bien rendre. — Le liquide... qui doit former la sueur. — Se refroidit en dedans, Ce serait alors un frisson plutôt qu'une nausée. L'étymologie du mot grec se rapporte au mal de mer, qui cause moins des nausées que des vomissements. — Æt se liquéfiant. Notre physiologie n’accepterait pas cette explication.

8 19. La partie échauffée attire à elle l'humidité. Comme

l'humidité est intérieure, c’est de l'intérieur que les pieds et la tête tirent l'humidité qui constitue la sueur. — Qui n'a pas de place... Si les pieds et la tête étaient moins osseux, la sueur serait absorbée par la chair ; mais, la chair manquant à ces parties, la sueur ne peut pas être absorbée, et elle doit sortir au dehors. L'école Hippocratique ne parait pas s'être occupée de la sueur aux pieds ou à la tête.

S 20. Sue-t-on davantage.

Voir la même question ὃ 23, plus bas. Le fait énoncé dans ce 8 est certain ; et l’on sue immé-

vail qui causàt la sueur, il faudrait au contraire qu’elle fût plus abondante pendant le travail même. Est-ce parce que, durant le travail, les veines gonflées par le souffle font que les pores se bouchent, et qu'ils s'ouvrent quand on cesse de travailler, de telle façon que, les pores étant devenus plus larges, le liquide y circule plus aisément ? Ou bien n'est-ce pas que, pendant qu'on travaille, le mouvement sépare le souffle de l'humidité naturelle, et que, par la chaleur que le mouvement développe, lhumide devient souffle à sa superficie ? Quand on cesse de travailler, la chaleur cesse aussi du même coup; et du souffle condensé, naît l'humidité, qui se nomme la sueur.

Est-ce en été ou en hiver qu'il faut provoquer da-

vantage la sueur ?

diatement après la cessation du travail plus que pendant le travail lui-même. — δὲ c'était le travail. Leraisonnement paraît assez juste ; el c'est cependant le travail qui provoque la sueur; mais elle ne sort pas aussitôt.

— Les veines gonflées par le souffle. 1] s'agit sans doute ici de la trachée-artère, qui en effet semble bien se gonfler pendant l'effort que le travail exige. — Le liquide y circule plus aisément L'explication est ingénieuse ; mais la physiologie contemporaine ne l'admettrait peut-être pas. — Le mouvement sépare le souffle de l'humidité.

Il est difficile de voir à quoi

cette explication peut répondre dans le phénomène réel.— L'humide devient souffle. L'humidité, étant modifiée, ne sort plus du corps sous forme de sueur. — Du souffle condensé nait l'humidité. Cette théorie est toute hypothétique; maislogiquement, elle est la conséquence nécessaire de celle qui précède. Outre le 8 23, le 8 24 offre à peu près la même explication, pour un cas qui est analogue, sice n'est identique.

8 21. En été ou en hiver... La même question se reproduit un peu plus loin, $ 33; et elle recoit une solution pareille, où l'auteur se prononce plus nette-

N'est-ce pas à l'époque où les corps sont les plus humides et ont le plus de peine à suer, si l'on ne provoque pas la sueur par un moyen particulier ? Il semblerait que c’est surtout en hiver qu'il faudrait la provoquer ; mais n'est-ce pas alors que se produit un changement considérable de température, et que les sécrétions du corps ne sont pas suffisamment cuites et expulsées, le froid devenant encore plus rigoureux que dans le cours ordinaire de la nature ? Il est donc évident que c’est surtout en été qu'il faut provoquer la sueur. Toutes les humeurs se corrompant davantage en été, c’est alors qu'il faut les expulser; et c’est là l’opinion à laquelle se sont arrêtés tous les anciens médecins.

de

Pourquoi, lors même que le corps reste toujours fluide et que l'expulsion des excrétions ἃ lieu facilement, le corps n'éprouve-t-il de réel soulagement que si la sueur se produit ?

ment pour conseiller de provoquer la sueur en été. — Les plus humides. La question peut à peine être posée, tant la réponse est claire. — Jlest donc évident. Il semble qu'ici l’argumentation n’est pas très régulièce, du moins dans la forme.

Je n'ai pas pu la corriger ; et j'ai dû suivre le mouvement du texte. Dans le 8 33, l'opinion de l'auteur est exprimée plus nettement. — Les anciens médecins.

C'est à l’école Hippocratique

que ceci doit faire allusion. Au temps d'Aristote, Hippocrate était mort depuis plus de cent ans.

ὃ 22. Le corps reste toujours fluide. C'est la traduction exacte du texte. La pensée est assez obscure ; et je n'ai pas cru devoir l’éclaircir davantage. Il paraît assez probable qu’il s'agit ici des évacuations alvines, qui ne suffisent pas, selon l'auteur, à remettre la santé en parfait état, tant qu'il n y a pas eu de

ed none

Anis χρθθνν

SECTION II, QUESTIONS SUR LA SUEUR, ὃ 22 71

N'est-ce pas parce que l’excrétion est insuffisante ? En effet, lorsque l'humidité se change en air, de plus petite qu’elle était elle devient plus grande, puisque l'humide, en se divisant, augmente de volume; et, par conséquent, l'expulsion est plus longue à se faire. Voilà une première cause. Mais c’est aussi parce que la division s'opère par des pores plus petits. De plus, le visqueux et le gluant sont expulsés avec l'humide, parce qu'ils y sont mêlés; mais ils ne peuvent pas l'être avec l'air ; et c’est là ce qui fait alors le plus de mal. Aussi, les vomitifs soulagent-ils plus que les sueurs ; Car ils entrainent avec eux ces matières nuisibles, parce qu'ils sont plus épais et plus corporels. C’est aussi parce que le lieu où agit le vomitif est plus éloigné dans la chair, et que c’est dans ce lieu que se forment le visqueux et le gluant. Par conséquent, il est difficile d'y causer le moindre changement ; mais

sueur. — δὲ insuffisante. Le texte dit simplement « est plus petite ».— L'humidité se change en air. Cette expression est trop concise ; et l'on ne voit pas assez nettement à quel phénomène physiologique ceci se rapporte. Il est certain d'ailleurs que le liquide tient plus de place en se vaporisant, sous forme de gaz. — S'opère par des pores plus petits. Ici encore, la pensée n'est pas assez développée.— Ze visqueux et le gluant. Les mots grecs ne sont pas plus précis.

-- Avec l'humide. Ou « le liquide ». — Ils ne peuvent pas

l'être avec l'air. Parce qu'ils son( trop lourds. — Les vomitifs soulagent-ils plus. 1] semble bien que l’action des vomitifs est très réellement ce qu’on la fait ici; mais la suite du contexte semble prouver aussi qu'il s'agit des purgatifs, en même temps que des vomitifs. Le mot grec n'a cependant que ce dernier sens. — Corporels. C'est la reproduction exacte de l'expression du texte. On pourrait traduire aussi : « Matériels. » — Plus éloigné dans la chair. Tandis que la sueur est à la surface.

— Dans ce lieu. I] paraît bien

ce lieu est près du ventre ; c’est là, ou tout près de là, qu'est le mal ; et il serait difficile de le faire partir autrement que par un vomitif.

Pourquoi sue-t-on moins au moment même où l’on travaille qu'après avoir cessé de travailler ?

N'est-ce pas parce que pendant qu'on travaille on produit la sueur, tandis qu’on l’a produite après qu'on a travaillé? Il est tout simple qu’alors la transsudation soit plus abondante ; ici elle se fait et devient, et là elle est toute faite. Ou bien n'est-ce pas parce que durant le travail les pores sont bouchés par la rétention du souffle, et qu'ils s'ouvrent quand on cesse de travailler ? C’est là aussi ce qui fait qu’en retenant son souffle on sue moins.

Pourquoi, quand on court et que le corps est en mouvement, sue-t-on moins ; et pourquoi sue-t-on davantage après qu'on s’est arrêté ?

que ce lieu est l'estomac, ou le ventre. — Près du ventre. Ceci se rapporte plus spécialement à l'estomac. — On doit voir que tout ce ὃ est fort obscur ; et le résultat définitif de ces explications à demi pathologiques, c'est que le vomitifest plus puissant que la sueur pour soulager le malade. Voir plus loin section XXX VII, 85 1 et 2, la même question, reproduite mot à mot.

ὃ 23. Après avoir cessé de travailler. C'est la même question qui a été déjà traitée plus haut, $ 20. Les explications données ici confirment les précédentes, sans y ajouter beaucoup. — Du souffle. Ou, « de la respiration. »

ὃ 24. Quand on court. Comme la course est bien aussi une sorte de travail et de fatigue, la question ressemble beaucoup à la précédente, et à celle du ἃ 20.

CT

© se

SECTION II, QUESTIONS SUR LA SUEUR, ὃ 25 7:

N'est-ce pas parce que, de même qu'avec la main, ou de toute autre manière, on peut arrêter le cours de l’eau arrivant de toutes parts et l’accumuler de cette façon, et qu'en laissant ensuite aller l’eau, elle s'écoule plus abondamment, de même le souffle peut tout aussi bien que la main arrêter le cours du liquide, comme on l’arrête dans la clepsydre, ou comme on l’arrête dans la vessie en retenant l'urine à l'intérieur ? C’est ainsi que, quand le mouvement est considérable, le souffle se trouve renfermé ; et les veines se distendent, parce que le souffle ne peut sortir. Le liquide, qui a été ainsi renfermé en masse, sort en masse également, quand le souffle vient à se relâcher.

Pourquoi sue-t-on moins quand on mange après avoir bu ?

— Avec la main ou de toute autre manière. La suite du contexte peut bien faire croire qu'il s’agit ici de la clepsydre, où l'on peut empêcher l’eau de sortir en fermant avec la main l'orifice supérieur. — Le souffle peut tout aussi bien que la main. Τὶ y a du vrai dans cette observation, bien que l'action que l'on cause en retenant sa respiration, ne soit Jamais aussi puissante que l'action de la main. — Za clepsydre. Voir plus haut, $ 1, la note relative à la construction de la clepsydre. — Retenant l'urine. C'est un fait bien connu ;

mais il y a dans ce phénomène autre chose que l’action de la respiration qu'on retient. La volonté agit ici sur les ligaments du col de la vessie. — Quand le mouvement est considérable.

Par exemple, comme il l'est toujours dans une course rapide.

— Les veines se distendent. Ou semblent se distendre. — Le liquide. Sans doute l'urine qui s’est accumulée dans la vessie.

ὃ 25. Pourquoi sue-t-on moins... ? L’observation est exacte ; et les aliments qu'on ingère, après avoir bu, empêchent le liquide qu'on ἃ absorbé de

N'est-ce pas parce que les aliments pompent le liquide, comme le ferait une éponge qu'on y appliquerait ? On peut empêcher le flux de l'humidité en une proportion assez forte, parce qu'en ingérant de la nourriture on bouche les pores, comme on arrête le cours des liquides.

Pourquoi, quand il y ἃ lutte et qu'on est dans l'anxiété, sue-t-on des pieds, et ne sue-t-on pas du visage ?

Il semblerait plus naturel que c’est quand tout le corps esten nage, que les pieds aussi transsudassent davantage. En effet, cette région du corps est la plus froide, et c’est pour cela que les pieds suent moins que tout le reste. Aussi, dans toutes les maladies, les médecins recommandent-ils de bien envelopper les pieds, parce qu'ils se refroidissent aisément; et que c’est par eux que commence le froid, qui gagne ensuite le corps entier. Ou bien n'est-ce pas encore que

provoquer une sueur plus abondante. — Comme on arréte le

qu’un seul mot dans le texte; mais le mot peut avoir ce double

cours des liquides. L'expression grecque est un peu vague ; et le sens n’est pas très sûr. Le mot du texte signifie aussi le rhume ; et il est possible que l'auteur ait voulu dire que, dans les rhumes, on soulage le malade en bouchant les pores de la peau, et que la nourriture ingérée produit le même effet sur les parois des organes intérieurs.

Page 1