Plus sujets au froid
Voir la même question plus haut $ 1; elle est résolue ici de la même manière, quoique avec un peu plus de développements.
— Cause en se refroidissant un froid non moins grand. L'hypothèse est de toute évidence ; mais il semble que le vin, ayant de la chaleur par lui-même, ne peut pas refroidir le corps. —
ce qui est plus liquide est aussi naturellement plus chaud. La preuve, c'est que les choses du dehors peuvent échauffer, mais elles n’humectent pas; car si elles sont moins chaudes, la chaleur les abandonne évidemment plus vite que l'humidité. Il en résulte que les liquides froids restant seuls dans le corps, les ivrognes doivent nécessairement avoir plus froid, et qu'ils doivent souffrir tous les accidents que le froid peut produire.
Pourquoi les enfants n’aiment-ils point le vin, bien qu'ils aient beaucoup de chaleur, tandis que [65
Tout ce qui est plus liquide...
Ceci ne se comprend pas; mais il n'y a pas de variante. Je me suis borné à traduire fidèlement le texte; mais il devrait être corrigé; car il dit le contraire de ce qu'il devrait dire, à moins que ceci ne se rapporte au vin, qui est d'autant plus chaud qu'il est en plus grande abondance.
Mais le texte ne se prêle pas à cetteinterprétation.— La preuve, c'est que les choses du dehors...
Tout ceci est fort obscur; mais en l'absence de toute variante, il serait imprudent de rien changer. — Îl en résulte. Ceci ne paraît pas du tout la conclusion de ce qui précède. — Les liquides froids... On ne comprend pas comment le vin a pu se refroidir dans le corps de l’ivrogne. — Tous les accidents, morbides
dont 1] vient d'être question.
Tout ce paragraphe aurait besoin d'être remanié ; mais le changement serait tout arbitraire ; et je n'ai pas dû me le permettre.
Louis Septali s'est abstenu de commenter ce $, sans doute parce qu'il le jugeait comme nous le jugeons nous-même.
87. Les enfants n'aiment-ils point le vin. L'explication donnée ici est peut-être moins simple qu'il ne faudrait Si les enfants n'aiment point le vin, c'est que chez eux l’organe du goût, ainsi que Lous les autres, est excessivement sensible, et que l'âpreté ordinaire du vin leur répugne. L'humidité de leur nature n’a rien à faire, ce semble, dans leur sensation ; et la preuve, c'est que, tout humides qu’on les fait, ils boivent
Scythes, et les hommes vraiment courageux, et qui n'ont pas moins de chaleur que les enfants, aiment passionnément le vin ?
N'est-ce pas parce que les uns sont chauds et secs, tempérament habituel de l’homme adulte, tandis que celui des enfants est humide et chaud ? Aimer boire, c'est désirer quelque chose de liquide. L’humidité des enfants empêche qu’ils n’aient soif; car tout désir atteste un besoin dont on est tourmenté.
Pourquoi les gens pleins de vin sentent-ils plus vivement la salure des eaux et leur mauvaise qualité, et pourquoi les sent-on moins quand on est à jeün ἢ
N'est-ce pas parce que le même est moins affecté par le même, qui est dans une disposition pareille, et parce que les contraires sentent davantage leurs contraires ? L'homme qui vient de boire ἃ en lui des sucs qui sont doux et agréables ; c’est du moins l'effet
de l’eau avec grand plaisir. — Les Scythes. Hippocrate remarque au contraire que les Scythes, qu'il parait avoir bien observés, ont le corps fort humide ; Traité des airs, des eaux et des lieux, Littré, tome 11, p. 75. Hippocrate ne semble pas non plus faire tant de cas du courage des Scythes.— Chauds et secs. Cette assertion est trop générale ; et bien des adultes ne sont ni secs ni chauds. — ZL’humidité des enfants. Cette prétendue humidité n'empêche pas du tout que
les enfants n'aient habituellement une soif ardente, à cause de leur perpétuelle agitation.
ὃ 8. La salure des eaux et leur mauvaise qualité. Voir plus loin la même question, ἃ 19, où l'explication est différente. Le fait qui est allégué dans ces deux & n'est peut-être pas exact; et il semble que, contrairement à ce qui est dit ici, le goût est bien plus vivement affecté quand on est à jeûn que quand on vient de boire du vin. Septali paraît être de cet avis; et dans son
que le vin lui cause, et il perçoit plus vivement les sucs désagréables ; au contraire, l’homme à jeûn a en lui des sucs amers et salés. Quand la nourriture ἃ été digérée, les sucs excrémentitiels surnagent ; ils ne sont pas affectés par leurs semblables, et ils font que celui qui a ces sucs ne sent plus les autres.
Pourquoi quand on est ivre croit-on voir tourner tout ce dont on est entouré, et pourquoi, quand l'ivresse est complète, ne peut-on rien voir de ce qui est un peu loin ?
C'est même là ce qu'on regarde comme le vrai signe de l'ivresse.
N'est-ce pas parce que la vue est profondément remuée par la chaleur du vin ? Il n’y a ἃ donc pas de différence à ce que ce soit la vue qui se meuve, ou que ce soit l’objet vu par elle. Les phénomènes dont on parle se produisent absolument de la même façon.
bien vrai que, dans l'ivresse, on voit tourner autour de soi tous
commentaire, il joint le $ 19 au 8. 8. — Et il percoit plus vive-
ment. Ceci peut être douteux.
— À en lui des sucs amers et salés. Ce goût amer qu'on peut avoir à jeûn ne serait que le résultat d'une mauvaise digestion, ou d'une maladie. — Les sucs excrémentitiels surnagent.
C’est une simple hypothèse, qu'il serait bien difficile de justifier.
8 9. Tourner tout... Voir plus loin, 820, la même question posée avec quelques variantes. Le fait d’ailleurs est exact, si l'explication ne l'est pas; et il est
les objets environnants. C'est l'effet du vin sur l'organe de la vision. — Le vrai signe de l’ivresse. C’est le signe qui annonce qu'elle est complète. — Za vue profondément remuée... L'explication est très juste. — 7| n'y a donc pas de différence... C'est peut-être trop dire ; mais il est certain que les choses nous font presque le même effet si elles sont elles-mêmes en mouvement, ou si le mouvement est en nous. C’est à peu près la
Si donc les ivrognes se trompent à voir les objets qui sont tout proches, à plus forte raison semble-t-il qu'ils doivent voir mal ceux qui sont éloignés. Ils ne voient pas du tout les choses qui sont un peu loin; et quant aux choses qui sont tout près, ils ne les voient pas telles qu'elles sont, ni où elles sont. Mais que les choses qui ne sont pas proches et qui sont éloignées leur paraissent tourner, cela tient à ce que la vue est encore plus incapable de porter sur les objets lointains, à cause même de ce tournoïiement général. Il n’est pas facile de faire à la fois des actes contraires. La vue qui porte au loin est parfaitement en ligne droite ; celle qui fait tourner les choses circulairement n'a que la forme que son nom même indique. Ainsi, par les motifs qu'on vient de dire, la vue ne porte pas loin; et elle aurait beau porter sur les objets proches et sur les objets éloignés, l’ivrogne ne verrait pas davantage les objets ; car, dans l’un et l’autre de ces moments, l’objet cesserait d’être dans la même place, et l'objet cessant d’être à sa place, l'ivrogne ne le verrait plus. L'objet semble tourner à cause de la disposition même de la vue; car la vision
conclusion même de ce $.— Les ivrognes se trompent... Tous ces détails sont exacts. — À
prête à l'acte de la vue un violent désir, n'a pas de sens, quoique Septali l’ait commenté
cause mème de ce tournotement général. Τὶ semble qu'il y a dans ce raisonnement un cercle vicieux, et que le tournoiement est expliqué par le tournoiement même. — Parfaitement en ligne droite. J'ai adopté ici la variante proposée par l'édition Firmin- Didot. Le texte ordinaire, qui
comme le reste. — Que son nom méme indique. Ce nom c'est l'épithète de Circulaire.— Dans l’un ou l’autre de ces moments.
Soit de proximité, soit d'éloignement. — D'étre à sa place.
Précisément parce qu'il tourne.
—- À cause de la disposition méme de la vue, influencée par
est un cône, dont la base est un cercle ; et quand la vue s’y meut, elle voit l’objet parce que l’objet ne lui manque pas un seul instant. Or, si l’ivrogne se trompe sur la place de l’objet, c'est qu'il ne jette pas le même regard sur l’objet ; car ce serait la même chose, ou que l'objet füt en mouvement relativement à la vue, ou que la vue füt en mouvement relativement à l’objet.
Pourquoi arrive-t-il parfois aux gens ivres de voir plusieurs objets là où cependant il n’y en ἃ qu'un seul ?
N'est-ce pas, ainsi qu'on vient de le dire, parce que, la vue étant mise en mouvement, le même regard ne se fixe jamais un seul moment sur le même point ? Ce qu'on voit, dans le même temps, sous un autre aspect ne semble être vu que plus tard. L'objet vu est vu par le toucher de la vue; et il est impossible de toucher en même temps sur plusieurs points un
même objet. Comme le temps intermédiaire n’est pas
l'action du vin sur la tête et le mauvaise. La même question se
cerveau. — La vision est un retrouve plus loin, $ 30, et cône. Ce détail physiologique l'explication y est un peu difféest exact; et c’est là une notion rente. — κα vue étant mise en qui peut paraître bien avancée mouvement. Par l'action du vin
pour le temps d’Aristote.
8 10. Plusieurs objets... C'est là une des illusions d'optique que cause l'ivresse; mais même sans être ivre, on a parfois de ces illusions quand la vue est
sur le système nerveux. — Sous un autre aspect. C'est là en effet ce qui semble multiplier les objets. — Par le toucher de la vue. C’est l’expression même du texte, que j'ai dû conserver,
senti, c'est-à-dire le temps qui s'écoule entre le toucher de la vue et le changement de l'objet vu, il semble qu’il n’y ἃ qu'un seul et unique moment où l'objet a été touché et où il change, de telle sorte que, plusieurs vues touchant le même objet dans le même moment, il semble que les objets vus sont plusieurs, parce qu'il est impossible que la vision les touche dans le mème temps.
Pourquoi quand on est ivre est-on impuissant à l'acte sexuel ?
N'est-ce pas parce qu'il faut alors qu'un lieu du corps soit plus échauffé que tout le reste ? Ce qui les empèche d'accomplir l'acte, c’est la quantité de chaleur répandue dans leur corps entier. La chaleur qui résulte du mouvement est plutôt éteinte par le milieu où elle va, parce que dans les ivrognes, il y a beaucoup d'humidité, dont la coction n’est pas faite. De plus, la liqueur séminale vient de la nourriture; et il
bien qu'elle ne soit pas très exacte. — C'est-à-dire. J'ai ajouté ces mots, pour plus de clarté. — Touchant Le méme objet. la vision les touche. J'ai conservé le mot de Toucher, qu'emploie le texte, pour y être complètement fidèle; mais il n’y a pas de toucher réel dans l'acte de la vision.
S 11. /mpuissant à l'acte sexuel. — L'école Hippocratique fait la même observation ; voir
Littré, tome VIII, p. 501, $ 30.
— La chaleur répandue dans le corps. Et alors, on peut supposer qu'il ny en ἃ plus un surcroît nécessaire dans les organes génitaux. La théorie peut être ingénieuse ; mais il n'est pas probable que la physiologie moderne l'approuve.
Le fait est certain: et l’on doit sans doute se borner à le constater. — Du mouvement, que cause l'influence du vin. — De plus. Seconde raison, qui n'est peut-être pas plus décisive que
faut toujours qu’il y ait digestion de la nourriture qui, remplissant le corps, le rend propre et le pousse à l’acte vénérien. C’est pour cela qu'en vue de l’accomplissement de l'acte, il y a des médecins qui recommandent de déjeuner fortement et de souper légèrement, afin que les matières non digérées soient moins abondantes que les matières bien digérées.
Pourquoi le vin doux et le vin pur, et le breuvage de Cycéon qu'on alterne en buvant, empèchent-ils l'ivresse, et pourquoi l’ivresse est-elle moins forte quand on boit dans de grandes coupes ?
N'est-ce pas que tout ceci n’a qu'une seule et même cause, l'élimination de la chaleur superficielle ἢ
la première. — /l y a des médecins. Il est à croire que, de nos jours aussi, bien des médecins donnent encore des conseils analogues.
8 12. Le vin doux. On ne sait pas au juste ce que les Anciens entendaient par du vin doux.
Etait-ce une espèce de vin liquoreux ? Ou était-ce simplement du vin trempé d'eau par opposition au vin pur? Je serais porté à croire que ce dernier sens est préférable; mais 1] serait hasardeux de l’affirmer.
Il est possible aussi que le vin doux des Anciens ne fût que du vin blanc, ou le vin qui n'a pas encore fermenté. — Le breuvage de Cycéon. Ce breuvage semble avoir été un mélange de décoction d'orge, de fromage de
chèvre, et de gros vin. Homère parle déja de ce breuvage; et il en indique en partie la composition, Iliade, chant XI, vers 624, 639 et suiv.; et Odyssée, chant X, vers 234, 235 et 290.
— De la chaleur superficielle.
C'est la traduction exacte du texte; mais la pensée reste obscure. Il me semble qu'il ne s’agit ici que de la chaleur naturelle, qui est en quelque sorte à la surface de tous les organes intérieurs. Quant aux faits admis dans ce $, il serait difficile de se prononcer ; et il faudrait précisément savoir ce qu'était le Cycéon pour juger de son action. Il est question plusieurs fois de l'emploi du Cycéon, regardé comme remède, dans Hippocrate, Littré, tomelIl,
SECTION III, LE VIN ET L’IVRESSE, ὶ 13 103
Car l'ivresse consiste précisément en ce que la chaleur monte dans la région de la tête.
Pourquoi, lorsqu'on est déjà ivre, si l'on vient à boire du vin doux, qui tend à surnager à la surface des organes, le vin qu'on ἃ déjà pris est-il digéré et enivre-t-1l: moins ?
N'est-ce pas parce que le vin doux est adoucissant et liquoreux, et qu'il bouche les pores, tandis que le vin pur est plus àpre ? Le vin pur rend le déplacement de la chaleur plus aisé, tandis que le vin doux encombre les vaisseaux et emprisonne la chaleur. On vient de voir que l'ivresse consiste dans l’échauffement des parties supérieures. On peut ajouter que le vin doux est sans odeur, tandis que le vin pur en a
une; or toute odeur alourdit la tête.
p. 305, et tome VIII, p. 245.
Ce qui parait le plus probable, L'estonques, de. Jtoubwtemps, d'Homère à Hippocrate et à Aristote, ie Cycéon passait pour un calmant. Voir plus loin, ἃ 28, sur l'action spéciale du vin doux.
δ 13. Des organes. J'ai ajouté ces mots. Le grec dit simplement: À la surface. On peut entendre par là que le vin doux vient se placer à la surface du vin pur, quon a déjà bu. — Adoucissant et liquoreux. Ce
détail explique un peu mieux ce quon doit entendre par le Vin doux. Il se peut, outre les hypothèses indiquées plus haut, que le vin doux fût simplement du vin adouci par du miel. — On vient de voir. Au $ précédent.
— Le vin doux est sans odeur.
Ce nouveau détail s'ajoute aux autres détails donnés plus haut; mais il est diffcile de discerner à quelle sorte de vin il peut se rapporter. Les vins ont en généraltrès peu d'odeur; leur bouquet n'est que pour les gourmets.
Pourquoi, si l'on boit du vin trempé d’eau, mais encore assez fort, a-t-on le matin plus mal à la tête que si l'on avait bu du vin tout à fait pur ἢ
N'est-ce pas parce que le vin pur ayant des particules épaisses, ne peut pénétrer lui-même dans les vaisseaux de la tête, qui sont fort étroits, et que sa force seule y pénètre avec l'odeur et la chaleur qu'il a? Le vin mélangé avec de l’eau, qui est légère, peut s’y introduire lui-même; mais comme il ἃ un corps, il devient bien plus difficile à digérer que la force qui provient du vin pur. Ce qu'il y a de plus indigeste, ce sont les liquides, ainsi que le corps des forces qui s’y trouvent.
Pourquoi, quand on ne fait pas d'exercices gymnastiques, peut-on, avant d'arriver à s’enivrer, boire plus que ceux qui s’exercent, et pourquoi dans ce cas se débarrasse-t-on plus aisément de son ivresse ?
δ 14. Trempé d’eau. Le texte n'est pas tout à fait aussi précis ; mais le sens n'est pas douteux.
— Assez fort. Même remarque.
Ceci veut dire sans doute que, dans le mélange, on met plus de vin que d'eau. Le fait est-il exact? Il n'y ἃ guère que les buveurs, observateurs et très expérimentés, qui pourraient le savoir. — Comme il a un corps.
Le vin pur ἃ aussi du corps ; et l’on pourrait croire qu'il en a
plus que l’eau rougie ; mais 1] ne semble pas que ce soit l'avis
de l’auteur. — La force. C'est la traduction exacte du mot grec. — Le corps des forces.
Même remarque. Ces expressions peuvent paraître n'être pas très correctes, ni très claires. Mais je n'ai pas cru pouvoir les modifier.
ὃ 15. — Quand on ne fait pas d'exercices gymnastiques. L'observation est curieuse ; et l'expli-
SECTION ΠῚ, LE VIN ET L'IVRESSE, ὃ 16 105
N'est-ce pas, parce que, quand on ἃ en soi des sécrétions abondantes et de l’humidité, on urine davantage ? Ce qui permet de pouvoir boire, et de n’en être pas moins léger ensuite, parce que le liquide apporté par le vin n'est pas resté en grande quantité dans le corps. Or ceux qui n’ont pas fait d'exercices sont humides et pleins de sécrétions; mais au contraire ceux qui se sont exercés sont secs, de telle sorte que l'humidité que cause le vin se répand dans leur corps. Ce mouvement même du liquide s'oppose aussitôt à l’urination; et le liquide, restant dans le corps, l’alourdit.
Pourquoi le vin rend-il les uns stupides, les autres furieux ? Ce sont là pourtant des dispositions bien contraires ; d'une part, il y a plus de mouvement; et
d'autre part, il y en a moins.
N'est-ce pas, comme le dit Chérémon, parce que
cation peut sembler juste. Les Anciens en savaient plus que les Modernes sur les effets physiologiques de la gymnastique, parce qu'ils la pratiquaient plus régulièrement. -- Quand on a en soi des sécrétions abondantes. ΤΊ] est certain que les grands efforts musculaires dessèchent le corps et en chassent une quantité d'humeurs malsaines ; le repos, au contraire, les accumule et les multiplie.
— On urine davantage. Cela tient à ce qu'une partie des liquides du corps s'échappe par
la sueur, quand on agit violem-
ment. — Se répand. L'expression grecque nest peut-être pas aussi précise. — S’oppose
aussitôt à l’urination. Au lieu de S'oppose, on pourrait traduire : Fait compensation. — L'alourdit, et y cause une plus longue ivresse.
δ 16. Stupides.. furieux. J'ai pris ces deux mots, parce qu'ils expriment bien les effets différents du vin. Les mots du texte pourraient signifier aussi la Vanité, ou la Folie, de quelques ivrognes. —- Chérémon. Poète
« les choses sont tempérées par la nature de ceux qui les emploient ? » En ce cas, les effets du vin sont contraires, non pas sur des choses qui sont identiques, mais sur des choses qui ne sont pas dans le même état. C’est absolument comme l'effet du feu qui dessèche certaines choses, qui en liquéfie certaines autres; par exemple quand il fait fondre la glace, et qu'il solidifie le sel. Le vin, avec sa nature liquide, excite les personnes lentes et les rend plus vives; et il abat au contraire les personnes vives. Aussi, les hommes les plus atrabilaires par tempérament se livrent dans la débauche au plus complet abandon ; car de même que le bain détend les gens dont le corps est raide et gêné, et les rend tout à fait alertes, tandis qu’il énerve les tempéraments souples
tragique un peu postérieur à Euripide. 1] n’en reste que de très courts fragments. Athénée le cite au second livre des Deipnosophistes. Plutarque, dans ses (Œuvres morales, tome 1, p. 495, ligne 20, édit.
Firmin-Didot, cite aussi le passage reproduit dans ce ὃ. — Les choses sont tempérées... J'ai pris une expression {rès générale, parce que celle du texte l'est également ; mais la pensée s'applique surtout au vin et à la diversité de son action, suivantle tempérament des buveurs, — Qui sont identiques. Si les choses ou les tempéraments étaient les mêmes, les effets ne seraient pas différents. — Qui solidifie le sel. La chaleur fait
évaporer la partie aqueuse de l’eau de mer: et ce qui reste est solide: c'est le sel marin.— Les personnes lentes... plus vives... Tous ces faits sont réels; et ce sont bien là les effets ordinaires sur les divers tempéraments. — Les gens les plus atrabilaires. Où Mélancoliques ; voir sur le tempérament mélancolique la section XXX, 81. — Au plus complet abandon.
Par opposition à j'état habituel des gens qui ont ce tempérament, comme les personnages cités dans la section XXX. — Le bain détend. Cette observation est très exacte, comme l'expérience de chaque jour peut nous en convaincre. L'école Hippocratique avait fait aussi
et humides, de même le vin produit un effet analogue, comme s’il relächait les organes internes.
Pourquoi le chou apaise-t-il les effets de l'ivresse ?
N'est-ce pas parce qu'il a un suc doux et détergent; ce qui fait que les médecins l’emploient en clystères pour relâcher le ventre ? Par lui-même, le chou est froid ; et ce qui le prouve, c’est que, dans les violents dérangements d’entrailles, les médecins le recommandent, en le faisant bien cuire, en lui ôtant les parties ligneuses et en l’administrant à froid. Lorsqu'on est ivre, le suc du chou, pénétrant dans le ventre, en détache toutes les parties du vin qui s’y trouvent imparfaitement digérées et mal cuites, et
de nombreuses observations sur l'influence des bains, dans l'état de santé ou daus l’état morbide.
— De même le vin... I y aen effet dans l’action du vin, pris jusqu'à l'ivresse, quelque chose de l'effet que cause le bain.
$ 17. Le chou... Le mot grec peut signifier à la fois le chou ordinaire et le chou-rave. Dans la médication hippocratique, le chou en tant que remède tient une assez grande place ; on le regarde aussi comme laxatif; voir Hippocrate, Littré, tome VT, pp. 267 et 563. On ne parle pas de son effet sur l'ivresse. Théophraste n'a pas non plus parlé du chou; cet oubli peut paraitre assez singulier. Cependant Septali, dans son commentaire, cite l'opinion de Théophraste, mais
sans indication précise. Pline, dans son Histoire naturelle, s'élend longuement sur les propriétés médicinales du chou; et il s'appuie sur l'opinion de Caton, dans son traité d'agriculture : voir Pline, édition et traduction de Littré, livre XX, ch. 33, pages 12 et suivantes.
— En clystères. C'est la force du mot grec, dont nous avons pris le nôtre. — Pour relächer le ventre. C'est la propriété qu'en général les Anciens accordaient au chou. — Le chou est froid. La médecine actuelle n'est peut-être pas de cet avis.
Les botanistes modernes n'attribuent pas au chou de vertus médicinales; voir Je traité de Botanique de Lemaout et Decaisne, p. 43 ; le chou est de
restant lui-même dans le ventre supérieur, il refroidit le corps. Le corps se refroidissant, tous les liquides légers se rendent à la vessie. Il en résulte que, les liquides circulant ainsi dans le corps de partet d'autre, et le corps se refroidissant encore davantage, les ivrognes se sentent soulagés de leur indisposition, parce que le vin est liquide et chaud. ΠΕ faut ajouter que les humeurs étant attirées et filtrées en bas, l'air est entrainé avec elles; et l’on sait que l'air est la seule partie du vin qui, portée à la tête, y cause le sommeil et l'ivresse. Si, au contraire, l’air se dirige en bas, le corps se refroidissant par les causes qu'on vient de dire, le mal que fait l'ivresse disparait ; car l'ivresse n’est qu'une sorte d’ébullition et d’inflammation tirant à sa fin. Mais cette indisposition fait encore plus de mal que l'ivresse, parce qu'elle met les gens hors d'eux, et que l'ivresse laisse encore les gens dans leur assiette, malgré le mal qu'elle cause. De même donc que, dans les fièvres, il arrive que les
la famille des crucifères. — d'Aristote. On pourrait com-
Tous les liquides légers se rendent à la vessie. Ce passage prouve que la fonction des reins n'était pas connue de l’auteur de ce problème. — Il en résulte.
Cette action thérapeutique du chou n'est rien moins que prouvée. — L'air. Ou «l'esprit».
Le mot grec peut avoir les deux sens. Le mot Esprit serait peutêtre mieux placé ici; mais il implique des notions que la science n'avait pas au temps
prendre qu'il s'agit de ce que nous appelons «la fumée du vin ». L'idée d’'ébullition, exprimée un peu plus bas, s'y rapporte. — Cetle indisposition, c'est-à-dire la surexcitation qui fait perdre toute raison aux gens pris de vin." Jaisse encore les gens dans leur assiette.
Il semble que l’auteur distingue ici deux degrés dans l'ivresse :
l'un, où l'ivrogne a perdu tout empire sur lui-même; et l’autre,
sont τ mt ins à -:
SECTION III, LE VIN ET L'IVRESSE, ὃ 18 109
patients délirent plutôt encore qu'ils ne souffrent, de même les malades, revenus à eux, souffrent davantage, quoiqu'ils soient débarrassés de leur affection. C'est précisément la même chose qui se passe dans l’orgie et dans l'ivresse.
Pourquoi le vin trempé d’eau provoque-t-il le vomissement plus que l’eau toute seule, ou le vin pur?
N'est-ce pas parce que ce sont les matières qui surnagent et celles qui sont désagréables, qui provoquent surtout à vomir ? Le vin est astringent ; mais l’eau est légère et n’a rien de répugnant. Étant légère et ne répugnant pas, elle pénètre bien vite en bas; et comme elle n’a rien qui répugne, elle ne soulève pas le cœur. Au contraire, le vin trop trempé n’est pas assez léger pour circuler vite ; et comme le mélange contient peu de vin, il est désagréable. Il trouble la
où il a encore un reste de voir Hippocrate, Littré, tomeIV, raison. -— Délirent. C'est, à ce p. 581.
qu'il semble, le sens exact de l'expression grecque. En effet, dans le délire, le malade ne sent plus sa souffrance ; et il y devient plus sensible quand il reprend sa raison. — Dans l’orgie et dans l'ivresse. Je n'ai pu marquer davantage l'opposition des deux états où se met l'ivrogne. Le contexte explique cette différence ; et l'exemple du délire morbide est assez clair. Dans les œuvres d’Hippocrate, il est question du délire causé par un excès de boisson ;
8 18. Le vin trempé d’eau.
Nous dirions : « l'eau rougie ».
Provoque-t-il le vomissement. — Le fait n'est peut-être pas exact.
— Toute seule. J'ai ajouté ces mots pour plus de clarté. — Qui surnagent. En restant à la surface; mais il n'est pas sûr que l'eau rougie reste plus à la surface que le vin pur. — Astringent. C'est encore le mot de notre langue qui semble répondre le mieux au mot grec. — Elle pénètre vite en bas. 1] semble que la légèreté prétendue
sensibilité, parce qu'il y cause plusieurs mouvements, celui du vin et celui de l’eau ; car les deux sensations sont éprouvées à la fois. Le vin bien mélangé efface le goût de l’eau et donne la sensation du vin qui est doux; et c’est ce qui fait qu'on le boit avec plaisir. Mais le vin trop trempé, étant désagréable, flotte à la surface; et c’est là précisément ce qui provoque le vomissement.
Pourquoi, quand on est ivre, sent-on plus vivement les eaux salées et les eaux mauvaises, et pourquoi les sent-on moins quand on est à jeun ἢ
N'est-ce pas parce que les choses désagréables sont plus sensibles à ceux qui n’en ont pas le désir, et que le goût de ces choses échappe à ceux qui en ont un désir violent ? Celui qui est dans un état agréable de satisfaction, est comme l’homme qui ἃ un agréable désir ; c’est la disposition où l’on est quand on est à jeûn, tandis que l’homme ivre est déjà plein.
de l’eau devrait amener un effet contraire. En bas signifie peutêtre seulement les parties inférieures du corps. — Bien mélangé. C'est la traduction exacte du mot grec; mais il serait mieux d'indiquer que le vin l'emporte sur l'eau à laquelle il est mélangé, et que c'est son goût qui prédomine, — Trop trempé, où la proportion d’eau est trop forte.
8 19. Les eaux salées... C'est
la même question que plus haut, ἃ 8, où l'explication est un peu différente et plus longue. L’eau salée désigne peut-être ici l’eau de mer. Il est d'ailleurs assez difficile de savoir si l’observation est exacte. — À ceux qui n'en ont pas le désir. Quand on est plein de vin, on ne désire plus de prendre quoi que ce soit, comme le dit la fin de ces.
L’explication peut d’ailleurs paraître bien insuffisante.
Pourquoi, quand on est complètement ivre, croiton voir tourner tous les objets dont on est entouré, et pourquoi, quand Pivresse est arrivée encore plus loin, ne peut-on plus compter ni discerner les objets qui sont à distance ? Aussi, est-ce là ce que l’on prend parfois pour le signe de l'ivresse qu’on ressent.
: N'est-ce pas parce que la vision est profondément et fréquemment troublée par la chaleur du vin ? De même qu'en pressant l'œil avec le doigt placé dessous, on voit les objets doubles, de même l'illusion se produit chez les ivrognes. Il n’y ἃ en effet aucune différence à presser l'œil du doigt et à mouvoir ainsi la vision, pas plus qu'il nv en ἃ que le mouvement vienne du dehors ou du dedans. Au fond, l'effet est absolument le même sur la vue.
l'objet que l’on voit paraitra ne pas rester en place; et si l’objet est éloigné, il causera bien davantage encore cette sensation, parce que la vue agit moins vivement sur l’objet à mesure qu’il est plus loin ; et ce mouvement même fait que l'intervalle est plus
Par conséquent,
ὃ 20 Tourner tous les objets.
Voir plus haut, $ 9, la même question, résolue déjà aussi complètement qu'ici. — La vision est profondément... troublée.
C'est là, ce semble, l’unique et du tournoiement qu'éprouvent les ivrognes. — En pressant l'œil. Ce petit phénomène est bien connu, parce qu'on peut le répéter sur soi-
vraie raison
même, si l'on veut. — L'effet est absolument le méme. C'est-àdire que, s’il y avait deux objets au dehors, la sensation serait la même. — L'objet que l'on voit. Sans doute quand on presse l'œil avec le doigt. — Ce mouvement méme... On comprend ce que l’auteur veut dire ; mais l'expression n'est pas assez claire. Le sens est probablement
grand à son extrémité que sur une partie plus rapprochée. Si le mouvement est fort, mais uniforme en haut et en bas, la vue saisira moins bien encore l’objet éloigné. Tout ce qui porte loin décrit un cercle en se mouvant, comme les mâts de navires, ou les choses suspendues par un fil. La vue, quand elle ἃ de la faiblesse, subit la même impression que si elle était portée au loin. Or il n’y a pas de différence à mouvoir la vue ou à mouvoir l’objet vu ; car l'apparence
reste la même.
que, si les objets, quand ils sont tout proches, semblent être doubles, à plus forte raison le semblent-ils quand 115. sont à une plus grande distance. — Mais uniforme en haut et en bas.
Ici encore l’explication peut paraître obscure, ainsi que tout ce qui précède. Septali n’a pas commenté ce problème, et il se contente de renvoyer ses lecteurs au problème 9, où 1] ἃ débattu cette même question.
Voici un essai de paraphrase qui rendra peut-être toute cette discussion un peu plus claire.
Il arrive aux ivrognes à peu près ce qui arrive quand on presse du doigt le globe de l'œil, et qu'on voit les objets doubles ; or, que le mouvement vienne de l'œil ou de l’objet qui est vu, l'effet est le même; et 1] n'importe pas que le mouvement soit intérieur ou extérieur. Des deux facons, l’objet parait ne pas rester en place; et cet effet se produira d'autant plus vivement que l'objet sera plus éloigné, parce que l'intervalle est
plus grand à l'extrémité de la ligne que sur un point plus rapproché de l'origine. Si l'on presse l’œil fortement par une oscillation de bas en haut, la vue saisira l’objet d'autant moins bien. Tout ce qui se meut autour d’un centre a un mouvement circulaire, comme les mâts des navires qui se meuvent sur l’eau, ou comme les poids suspendus par un fil.
Quand la vue est faible, elle subit la même sensalion qu'elle éprouve quand son objet est éloigné. L’apparence dans les deux cas reste la même. — Les méls de navires. Le texte grec dit précisément : «les flèches » ; mais cette expression s’appliquait aussi aux grands mâts des vaisseaux, qui se terminent en pointes. Quand le bâtiment oscille, c'est en effet une ligne courbe et à demi-circulaire que décrit l'extrémité du mât. La ligne a également cette forme quand elle est décrite par un pendule.— L'apparence reste la même. Ici, l'on aurait pu attendre
SECTION III, LE VIN ET L'IVRESSE, ὃ 92 [13
PE
Pourquoi, si l'on boit outre mesure, le ventre estil plus resserré et plus sec, bien que la quantité de liquide ingérée, étant plus grande, dût amener plus d'humidité ?
N'est-ce pas parce que l'estomac ne peut pas maitriser ce liquide, qui lui arrive en quantité et tout à coup, et qui se rend à son lieu propre sans subir de modification ? Or le lieu du liquide non digéré, c’est la vessie. Au contraire, l'estomac domine et cuit le liquide qui est en petite quantité; et le liquide l'humectle, en y restant.
Dee
Pourquoi l'ivresse est-elle plus forte quand on boit
du vin trempé que quand on boit du vin pur ?
une conclusion qui aurait ramené cette explication à l'état de la vision chez les ivrognes ; car c'est cet état spécial qui est en question. Pourquoi dans l'ivresse voit-on tourner tous les objets soit proches, soit éloignés ?
S 21. Outre mesure. L'expression grecque peut signifier aussi : Tout d'un coup, et en masse. J'ai préféré le premier sens.— Le ventre plus resserré..….
Cet effet pathologique peut résulter aussi de la qualité du liquide, au moins autant que de sa quantité, en admettant d’ailleurs que cette observation soit
exacte. — En quantité et tout à coup. Le texte emploie ici le même mot qu'il a employé plus haut, et que j'ai rendu par :
Outre mesure Sans subir de modification. Le fait n’est pas absolument ce que dit l’auteur ; et l’urine vient toujours d'une certaine élaboration des reins.
— Non digéré. C'est-à-dire, dans le langage de la médecine ancienne « qui n'a pas subi la coction », comme l'atteste le contexte. — Domine et cuit. Ce sont les expressions même du texte grec.
8 22. Du vin trempé... du vin pur... Voir la même question
N'est-ce pas parce que le vin trempé, étant plus léger, pénètre dans plus d’endroits, ainsi que Île même effet se produit pour les habits mouillés, et qu’alors il est plus difficile que ce vin puisse circuler et sortir ? Les parties de l’eau sont plus légères ; mais elle sort sans peine. N'est-ce pas aussi parce que l’on boit moins de vin pur, attendu qu'on ne peut pas en prendre davantage, et parce qu'on le rejette plus tôt que le vin trempé? On digère alors ce qui reste. D'ailleurs, la question est la même.
Pourquoi le vin pur peut-il causer la mort, si celui qui en boit en grande quantité est déjà fort maigre ? Pourquoi, sans même être amaigris antérieurement, beaucoup de buveurs se dessèchent-ils en buvant du
vin avec excès ἡ
plus haut, ὃ 3, où l'explication est plus nette qu'elle ne l'est ici. — Pour les vélements mouillés. Qui sont pénétrés par l'eau, qui les trempe dans toutes leurs parties. Cette comparaison peut sembler assez bizarre. — Mais elle sort sans peine. La pensée n'est pas suffisamment exprimée. L'auteur veut dire sans doute que l’eau sort des vêtements mouillés plus aisément que le vin trempé ne peut sortir
du corps. — Qu'on le rejette.
Le texte dit précisément qu'on le Vomit. — On digère alors ce
qui reste. Ici encore l’expression est insuffisante pour bien faire
comprendre la pensée de l'auteur.— La question est la même.
Ceci se rapporte au $ 3, où en effet la même question est traitée déjà. ᾿
$ 23. Est déjà fort maigre. Le mot du texte peut signifier également la maigreur et la maladie qui la cause. Il ne semble pas d’ailleurs que l'ivrognerie amène nécessairement la maigreur ; ce qui est vrai, c'est qu'en général les ivrognes mangent peu d'aliments solides. Les boissons excitantes qu'ils absorbent les soutiennent, au moins quelque temps. — Amaigris antérieurement. Ou Exténués
he πὑπἥἐἀἐ
SECTION III, LE VIN ET L'IVRESSE, ὃ 24 115
C'est que le vin est chaud par sa nature, de même que la vie est aussi une chaleur, tandis que la mort est un refroidissement. N'est-ce pas parce que le vin agit à la façon de la ciguë, qui éteint peu à peu dans le corps la chaleur qui lui est propre ? Mais le vin n’agit-il pas aussi d’une autre facon ? La ciguë coagule et congèle le liquide et le chaud par sa froideur, tandis que le vin éteint la chaleur naturelle par la ‘chaleur qu'il possède. De même qu'un petit feu est éteint par un grand feu et par le soleil, de même la chaleur qui est dans nos corps, est éteinte par la chaleur du vin, quand cette chaleur est la plus forte.
au.
Pourquoi les ivrognes sont-ils plus disposés à pleurer »
N'est-ce pas parce qu'ils deviennent chauds et hu-
par leur maladie antérieure. — La vie est aussi une chaleur.
L'école Hippocratique comparait la vie à une flamme: voir Hippocrate, Littré, tome VIIT, p. 656.
Ce rapprochement est très naturel ; et en effet le cadavre est glacial. — À la facon de la ciguë.
L'action de la ciguë est celle d'un poison violent, et l'on ne peut pas dire que le vin agisse de la même manière. La ciguë est une plante très vénéneuse, à suc jaunâtre; elle est de la famille des ombellifères, comme le persil et le cerfeuil; voir le traité général de Botanique de Lemaout et Decaisne, p. 250.— Par sa froideur. C'est-à-dire
que la ciguë décompose le sang, et refroidit ainsi le corps, qui succombe à cette influence mortelle. Le Phédon de Platon décrit l'effet de la ciguë sur Socrate. — Un petit feu... un grand feu. Cette comparaison est familière à Aristote. — Æt par le soleil. L'observation est exacte, — δέ éleinte par la chaleur du vin. C'est du moins le phénomène apparent que cause parfois l'ivresse.
ἢ 24. Disposés à pleurer. Le fait est certain; et les ivrognes de nos jours éprouvent la même sensation. L'explication qui est donnée ici est peu satisfaisante.
Il y a des éditeurs qui, malgré
mides ? Ils ne peuvent être maitres d'eux-mêmes, et les moindres choses les émeuvent.
Pourquoi est-on moins ivre quand on boit dans de
gra ndes cou pes ἣ
A tout cela, il n’y ἃ qu’une cause qui est la même, le refoulement à la surface. L’ivresse ne se produit
que dans la région de la tête. .…... N'est-ce pas parce qu'il faut pour que le sommeil se produise qu'il y ait
les manuscrits, ont réuni en un seul ὃ les 88 24 et 25; il vaut mieux les séparer. Septali croit devoir joindre les deux jusqu'à ces mots seulement : « Dans la région de la tête » du ὃ 25. J'ai suivi l'édition de Firmin-Didot qui est plus conforme aux manuscrits. Du reste la rédaction paraît incomplète dans l'un et dans l’autre ὃ. — 75 ne peuvent étre maitres d'eux-mêmes. C'est vrai; mais cette impuissance à se dominer n’explique pas ce larmoiement habituel des ivrognes. — Les moindres choses les émeuvent. Ceci n’est pas vrai; mais le rire pourrait aussi bien que les larmes naître de cette mobilité du système nerveux, qui se manifeste également dans la vieillesse par la facilité à pleurer.