Dans de grandes coupes
Cette observation n'est peutêtre pas exacte; mais pour les buveurs, la forme du verre qui contient la liqueur n'est pas
indifférente; le bouquet du vin est plus sensible dans un vase plus étroit, à ce qu’on dit. Je ne suis pas sûr d’ailleurs d'avoir bien compris le texte qui pourrait signifier aussi : « boire à grands coups ». ΠΕ y a évidemment du désordre dans ce début du $, aussi bien que dans la suite.— Le refoulement à la surface... Il est évident que le texte est ici tout à fait insuflsant ; voir plus haut $ 12 et 13. -- Pour que le sommeil. Septali fait à cet endroit un nouveau problème; et il pose cette question:
« Pourquoi les gens ivres ne peuvent-ils pas dormir?» L'édition Firmin-Didot adopte aussi ce titre, en le mettant entre crochets. Ce changement peut être justifié, puisqu'en effet c'est un nouveau sujet qui commence.— Pour que le sommeil se produise. La cause réelle du sommeil est toujours inconnue de nos jours; à plus forte raison devait-elle l'être des Anciens.
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de l'humidité chaude ? Elle peut en effet être aisément digérée. S'il nv a pas un peu d'humidité, ou si elle est difficile à digérer, le sommeil ne peut pas se produire. Aussi, est-on plus porté au sommeil après les fatigues, après les repas et après boire, uniquement à cause de la chaleur. Les gens tourmentés par la bile, ou ceux qui sont pris d'une fièvre ardente, ne peuvent s'endormir, les uns parce qu'ils sont refroidis, les autres parce qu'ils ont plus d’humide qu'il ne faut, ou qu’ils en ont trop peu. Il est évident que, quand on doit soigner lune ou l’autre de ces affections, c'est à ces causes qu'il faut regarder.
Pourquoi les ivrognes tremblent-ils et tremblentils d'autant plus qu'ils boivent plus de vin pur ? Le vin par lui-même produit de la chaleur, tandis
que le tremblement ne vient le plus souvent que du
— De l'humidité chaude. La physiologie moderne n'accpterait pas cette théorie de l'humidité intérieure du corps, produisant le sommeil, dont elle serait la condition. — Après boire. Ce détail se rapporte au sujet général de ce ὃ; les autres détails pourraient y être étrangers, ainsi que la fin, qui est plutôt médicale. — Tourmentés par la bile. Ou, mélancoliques.— D'une fièvre ardente. L'expression grecque pourrait signifier aussi :
«quiont pris un bain très chaud.»
Le premier sens me semble préférable. — Qu'ils ont plus d'humide qu'il ne faut. C'était
la la physiologie et la médecine du temps d'Aristote; on expliquait tout par l'intervention des quatre qualités. — Quand on doit soigner. C'est le rôle du médecin. — À ces causes. On ne voit pas assez clairement à quelles causes il est fait allusion. Mais tout ce ὃ 25 est en grand désordre, et les manuscrits n'offrent aucun moyen de le corriger.
S 26. Tremblent-ils...Voir plus haut, $ 5, la même question discutée dans des termes presque identiques,quoique un peu moins développée. — Le plus souvent.
Avec cette restriction, le fait est
froid ; et c’est là ce qui fait que quand on ἃ froid, on tremble. On a vu bien des fois déjà des gens qui ne prenaient que du vin pur pour tout aliment, être atteints de tremblements si violents qu'ils échappaient aux mains qui voulaient les calmer, et qui, aspergés d’eau chaude, y restaient insensibles. D’autres livrés au même régime, mais mangeant de la viande et emplovant les frictions, étaient exposés aux maladies apoplectiques. Ceux-là avaient moins de tremblement, parce qu'ils restaient immobiles; mais ils souffraient beaucoup ete pouvaient trouver un instant de repos. Répétons que la cause du tremblement, c’est le froid. Ainsi que l’on vient de le dire, ce sont les gens qui ont froid qui éprouvent celte affection, ou ce sont les gens fort âgés. Pour les uns et les autres, c’est ici le froid, et là c’est la vieillesse. Or le vin est tout ce qu'il y a de plus échauffant, de telle sorte qu’il y ἃ dans ceci quelque chose d’un peu contradictoire
deux cas. — Et employant les frictions. Ce détail semble ici assez mal placé.— Les gens fort âgés. Le tremblement est assez
exact; mais le tremblement peut venir aussi d'un dérangement du système nerveux, sans quil y ait trace de froid. — Qui ne pre-
naient que du vin pour tout aliment. En général, les ivrognes mangent fort peu, et finissent par se soutenir exclusivement avec le liquide. — Qu'ils échappaient aux mains. C'est peutêtre exagéré ; et c'était alors de l'épilepsie plutôt que le tremblement de l'ivresse.— Aspergés d'eau chaude. Ou: « Mis dans un bain chaud ». L'expérience d’ailleurs est la même ; sensibilité est prouvée dans les
et l’in-
fréquent chez les vieillards ; mais l’âge n’en est pas exclusivement la cause, puisque bien des vieillards ne tremblent pas. — C'est la vieillesse. C'est exagéré ; il y a encore d'autres causes, qui résultent surtout du tempérament et de la santé des individus. — D'un peu contradictoire.
En effet, si l'on attribue le tremblement surtout au froid, comprend plus bien que le vin, qui est chaud de sa nature,
on ne
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Ou bien n'est-il pas possible que des contraires produisent un même effet, mais en agissant d’une manière différente ? Par exemple, en sortant du froid, on est brülé par la chaleur, quand le froid fait que la chaleur se réunit en une seule masse. Il est donc possible que la même affection soit produite par des contraires, ou qu'elle soit produite par une même cause. Le tremblement ne vient que d’un défaut de chaleur, ‘non pas de toute espèce de chaleur, mais de la chaleur propre. La chaleur est détruite, soit parce qu’elle s'éteint d'elle-même, soit parce que quelque chose d'étranger l’éteint ; elle peut être également éteinte par des contraires, le froid et l’humide. Elle s'éteint d'elle-même faute d’aliment, comme les lampes qui n'ont plus de mèche, ou qui n’ont plus d'huile; ou bien elle s'éteint par l'effet d’une chaleur extérieure. Ainsi, le feu s'éteint par l'effet du soleil, et les lampes s'éteignent par l'effet du feu. Donc, ceux qui tremblent parce qu'ils gèlent, tremblent parce que la chaleur s'éteint en eux. C'est là aussi d’où vient que le frisson vous prend, quand on se verse de l’eau chaude sur le
chaleur succède au froid sans aucune transition, — Que d'un défaut de chaleur. C'est la même exagération que plus haut; et le tremblement n'est pas uniquement l'effet du froid. — De la chaleur propre. C'est à dire, de
puisse causer le tremblement.
— Des contraires produisent un méme effet. Il est certain, par exemple, qu'un objet excessivement froid nous cause au toucher la même impression qu'un objet excessivement chaud.— Za
chaleur se réunit en une seule masse. L'expression du textene peut avoir un autre sens ; mais elle peut paraître obscure. L'auteur veut dire sans doute que la
la chaleur nécessaire pour l'entretien de la vie. — Par l'effet du soleil... par l'effet du feu. Ces faits sont exactement observés.
— Quand on se verse de l’eau
corps. Le froid emprisonné au dedans, et s’y répereutant, fait dresser les cheveux et les poils. C'est par la même cause que le frisson vous saisit quand on commence à avoir la fièvre. Dans la vieillesse, la chaleur s’épuise, parce que la nutrition s’affaiblit. L’humidité est l’aliment de la chaleur, et la vieillesse est froide. Les ivrognes en viennent à trembler, parce que leur chaleur propre est épuisée, bien que le vin produise aussi cet effet sur quelques personnes qui ne sont pas livrées à l'ivrognerie. Le tremblement dans la vieillesse ne se produit pas de la même facon ; et c’est là une troisième forme pour la déperdition de la chaleur. En effet, quand on se chauffe trop, la chaleur déjà considérable qu'on met dans le corps, ou éteint tout à fait la chaleur propre, qui fait notre force, ou la diminue. Mais parfois aussi le moteur n’est pas maitre du mobile; et, par exemple, quand on n’est pas assez fort pour tenir vigoureusement un morceau de bois long et pesant, le bout du bois est tout tremblant.
chaude sur le corps. Mème re- exprimée dans l'original —
marque. — Le frisson vous saisit. la fièvre. Voir Hippocrate, Littré, passim, et surtout tome V, pp. 137 et suiv. — La nutrition s’affaiblit. C'est là un fait dont les vieillards ne tiennent pas compte ; et en se nourrissant trop, ils s'affaiblissent d'autant plus, parce que la nutrition ne se fait plus aussi complètement. —Sur quelques personnes.
Le cas est en effet exceptionnel.
— Une troisième forme. La pensée n'est pas plus nettement
Quand on se chauffe trop. 1] est certain qu'en se chauffant par trop devant un grand feu, on se cause un malaise très sensible, en substituant une chaleur factice à la chaleur naturelle. — Le moteur... du mobile. Ces considérations nouvelles s’éloignent trop de celles qui précèdent. — Le bout du bois est tout tremblant. Le fait est vrai; mais il ne semble pas que ce soit précisément ce qui arrive dans le tremblement que cause l'ivro-
ae à ont ne En
Cet effet se produit, soit parce que l'objet qu'on tient est trop grand, soit parce que le moteur est trop faible. Or il arrive, quand la chaleur s'éteint, et c’est elle qui semble être le principe du mouvement dans les êtres animés, que la nature n’a plus l'énergie nécessaire. Mais ce qui prouve bien que cette affection est causée par le froid chez les ivrognes et les vieillards, c’est que le tremblement peut se produire sans l'intermédiaire de la gelée.
al à
Pourquoi, quand on est entre deux vins, fait-on plus de sottises que quand on est tout à fait ivre, où qu’on est à jeun ἢ
N'est-ce pas parce que, quand on est à jeün, on juge sainement des choses, tandis que, tout à fait ivre, on ne juge plus derien, et que les sens sont tellement bouleversés qu'on ne peut plus supporter le poids du vin ? Or celui qui ne Juge plus ne peut plus dire de sottises. Au contraire, entre deux vins, on juge encore ; mais par l'effet du vin, on juge mal; et l’on ne fait que des extravagances. C’est comme le cas de Satyrus, de Clazomène ; il était très porté à in-
gnerie. —- Le principe du mouvement dans les êtres animés.
C'est une théorie qu'accepte toujours la physiologie moderne.
— Sans l'intermédiaire de la gelée. L'auteur reconnaît donc implicitement que le froid n'est pas la seule cause du tremblement.
S 27. Entre deux vins. Le con-
texte prouve que ce doit être là le vrai sens du mot grec, qui signifie également: Ivre.— Tout à fait ivre. Le texte n’est pas aussi précis. — Du vin. J'ai ajouté ces mots, pour compléter et éclaircir la pensée. — On juge mal. L'explication 65:
nieuse. — Satyrus, de Clazomène. I y avait au temps d'Aris-
ingé-
jurier les gens ; et dans un procès qu'il avait à soutenir, on lui boucha les oreilles pour qu'il ne parlàt que de l’objet du litige, et qu'il ne se laissät pas entrainer à proférer des insultes contre l'adversaire qu'il n’entendait pas. Une fois que l'adversaire eut fini de répondre, on découvrit les oreilles de Satyrus; mais bien qu'il n’eût entendu que quelques-unes des dernières paroles de son antagoniste, il ne put se retenir ; et 1l parla mal, parce que, tout en percevant les choses, il ne les jugeait pas bien.
Pourquoi ne s'enivre-t-on pas avec du vin doux, bien que ce vin soit plus agréable ?
N'est-ce pas parce que le vin doux n’a pas un goût qui lui soit propre, mais qu'il a un goût étranger ? Ainsi, quand on s’enivre de vin doux, c’est qu’on
aime le doux plutôt que le vin.
tote un acteur comique de ce nom, qui passait pour avoir donné à Démosthène des lecons de gestes oratoires. C’est peutêtre de celui-là qu'il est question ici. Le caractère que l’auteur lui prête ne semble pas incompatible avec cette tradition ; mais on ne connait pas autrement ce Satyrus. Le ra pprochement d’ailleurs est un peu forcé ; et ce cas n'est pas celui d'un ivrogne, si ce n'est que, de part et d'autre, il y a grande intempérance de langue.
8. 28. Du vin doux. Voir plus haut, $$ 12 et 13. On ne sait pas précisément ce qu'il faut en-
tendre ici par vin doux. Ce n'est pas le vin de première cuvée, tel que nous le connaissons aujourd'hui. Est-ce du vin édulcoré avec du miel? C'est possible, puisque les Anciens corrigeaient leur vin de cette facon. Mais je ne sais pas si le vin, sucré ainsi, avaitl'effet dont parle le texte. — Ce vin soit plus agréable.Cetteobservation semblerait autoriser l'hypothèse que
je viens de risquer. — Un goût
étranger. Même remarque. — Le doux. Dans le cas supposé, ce serait le goût du miel qu'on aimerait de préférence.
Pourquoi les ivrognes se plaisent-ils à se chauffer au soleil ?
N'est-ce pas parce qu'ils ont besoin de digérer ce qu'ils ont pris, et peut-être aussi parce qu'ils ont froid ? Aussi, est-ce après boire que se déclarent le plus rapidement les apoplexies et les engourdissements.
Pourquoi dans l'ivresse voit-on quelquefois plusieurs objets, quoiqu'il n’y en ait qu’un seul ?
N'est-ce pas parce que les organes de la vision à l'intérieur sont mis en mouvement par le vin, comme tout le reste de la tête? Les causes de la vision une fois mises en mouvement, les regards ne concourent plus pour amener le même effet; mais ils ne tombent en quelque sorte que sur une des parties