‹ Les Problèmes d'Aristote; (volume 2)Chapitre 30 sur 82 · À se chauffer au soleil · texte numérisé non relu

À se chauffer au soleil

Cette observation n’est peutêtre pas fausse ; mais dans nos climats, on ne remarque pas que les ivrognes aient spécialement cette habitude. Voir plus loin, ὃ 32, la même question, résolue de

même. — Ce qu'ils ont pris. J'ai ajouté ces mots pour plus de clarté. — Jls ont froid. Voir

plus haut, ἃ 26, ce qui a été dit sur le tremblement des ivrognes.

Ce ὃ ci n’en est que la conséquence. — Les apoplexies et les engourdissements. Dans le ὃ 32, les mêmes conséquences de l'ivresse sont rappelées ; mais

l’auteur y ajoute un détail particulier, sur le plaisir qu'on ressent de la chaleur du soleil quand on est sur mer.

δ 90. — Plusieurs objets. un seul. Voir plus haut, ὃ 10, la même question déjà traitée, mais résolue un peu différemment. — Les organes de la vision. Il est certain que la vue se ressent très vivement de l’action du vin, pris jusqu'à l'ivresse, et même quand 1] est pris très modérément. Le aussi affecté non moins vivement ; et de là, toutes les aberrations des ivrognes. — Les

cerveau est

de l'objet vu. Alors il parait double ; et c’est aussi le phénomène qu'on produit en pressant en bas le globe de l’œil. On met en mouvement le principe de la vision, de telle sorte que l’un des deux actes ne concourt plus au même point. Mais ce mouvement vient du dehors, tandis que celui du vin provient du dedans. D'ailleurs la différence est nulle, parce que de quelque façon que la vision soit mise en mouvement, il se produira toujours le même effet.

sa

Pourquoi dans l'ivresse la langue tourne-t-elle ἢ

N'est-ce pas parce que, de même que tout le corps chancelle dans l'ivresse, de même la langue vient à faillir et ne peut plus articuler les mots? Ou n'est-ce pas aussi parce que la chair de la langue est spongieuse, et que, tout humectée, elle ne se soulève plus et se gonfle. Alors l'épaisseur, qui vient de son volume, la rend moins mobile, et elle ne peut plus pré-

regards. Nous dirions: « Les nuance dans la traduction. Tourayons visuels ».— En pressant tes les explications données

en bas le globe de l'œil. Voir plus haut, $ 20, l'indication de ce même phénomène, qui est très réel, — Vient du dehors.

C'est-à-dire, du doigt qui comprime le globe de l'œil. — De quelque facon. Pour l'une ou l’autre des deux causes qui viennent d'être indiquées.

8 31. Tourne-t-elle ? On pourrait traduire aussi: Bégaie-telle ; mais le mot grec est moins précis ; et j'ai conservé cette

dans ce $ sont très justes. Aristote a fait une assez longue étude des fonctions de la langue, chez les animaux, dans son Histoire naturelle ; et notamment, dans l'Histoire des animaux, livreIV,ch.9; mais surtout dans le Traité des Parties des animaux, livre IT, chapp. 16 et 17.— Spongieuse. La chair de la langue a en effet cette nature et cette apparence. — 86 gonfle...

l'épaisseur. Tous ces détails

ciser les sons. Ou bien n'est-ce pas aussi parce qu'on ne peut pas parler dans l’eau par manque d’air, ni lorsqu'on ἃ de l’eau dans la bouche? Comme dans l'ivresse la langue est plongée dans un liquide abondant, nous ne parlons pas nettement; et ne pas parler nettement, c'est balbutier et bégayer. Mais n’estce pas encore que l’âäme même, partageant l'effet de l'ivresse qu’elle ressent, vient à défaillir ? Et l'âme étant ainsi troublée, n'est-il pas tout naturel que la langue le soit également, puisque c’est dans l’âmequ'est le principe du langage ? Aussi, même en dehors de l'ivresse, lorsque l’âme subit une impression, la langue y succombe comme elle, ainsi qu'on le voit

dans les phénomènes de la peur.

Pourquoi quand on est ivre, ou quand on est sur mer, aime-t-on particulièrement le soleil ?

N'est-ce pas parce que les ivrognes ont besoin de

sont exacts. — NM parler dans l’eau. Ceci est également vrai ; mais cest peut-être assez loin de la question. — Plongée dans un liquide abondant. Ce n'est pas faux; mais le vin a aussi une autre action ; car l'absorption d'eau pure ne causerait pas ie même effet, quelque abondant que fût ce liquide. — Balbutier et bégayer. 1] n'y a qu'un seul mot dans le texte, le même qui a été employé plus haut. — L'âme même. Ou, « la raison », ou, « l’intelligence ».— Vient à

défaillir. Le texte répète le mot qu'il vient d'employer pour la langue. — Le principe du langage. Et voilà pourquoi l’homme

est le seul être animé qui parle,

parce qu'il est le seul à être doué de raison et de pensée. — Méme en dehors de l'ivresse.

Observation très juste, qui complète bien tout ce qui vient d'être dit. — De la peur, qui coupe la parole. Ce $ 31 a été rappelé plus loin, section VIT, 8. 14, par l’auteur lui-même.

Page 1