‹ Les Problèmes d'Aristote; (volume 2)Chapitre 32 sur 82 · tome VII, p · texte numérisé non relu

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SERGTION IV:

De l'effet que l'acte vénérien et la mort causent sur les yeux ; des effets sur les jambes ; objet des poils du pubis ; des pollutions nocturnes ; affaiblissement causé par la perte du sperme ; effet de la peur sur l'émission du sperme; effet du jeûne sur l’acte vénérien ; dégoût des jeunes gens pour leurs premières amours; effet de l'équitation sur les plaisirs vénériens ; odeur de la peau à l'époque de la puberté ; l'être sorti de notre semence est le seul qui soit vraiment nôtre ; de l'acte vénérien dans l’eau ; vivacité du plaisir vénérien ; effet morbide et réfrigérant de l'acte vénérien ; chute des cils et des cheveux causée par les excès ; effet du besoin d’uriner ; effet des hernies ; abattement à la suite de l'acte vénérien ; l'érection ; odeur qu'exhalent les gens lascifs ; effet des saisons sur les plaisirs de l'amour ; différences dans la vivacité de la sensation vénérienne ; variétés de constitution ; pudeur qui empêche d’avouer le désir vénérien, tandis qu'on avoue bien d'autres besoins ; les hommes plus ardents en hiver; les femmes, en été ; effets de la continence excessive ; froideur vénérienne des mélancoliques ; lascivité des oiseaux et des hommes ; effets de l’acte vénérien sur l’acuité de la vue.

Pourquoi, dans l'acte vénérien et dans le moment de la mort, élève-t-on les yeux en haut, et pourquoi les baisse-t-on en dormant ?

8 1. Le sujet traité dans cette section IV est assez délicat ; et l'on conçoit qu'il n'est pas sans écueils. L'auteur le considère scientifiquement ; etilnecommet pas le moindre écart d’expression. La médecine et la physiologie ne peuvent éviter ces descriptions scabreuses. Les

commentateurs, Septali en tête, ont fait des réserves. Nous en faisons ainsi qu'eux; mais notre devoir est d’élucider ces questions comme les autres, en nous efforcant de toujours ménager une juste pudeur. — Dans l’acte vénérien.… dans le moment de la mort. Le fait est exact des deux

SECTION IV, L'ACTE VÉNÉRIEN, ὃ 9 131

N'est-ce pas parce que la chaleur, sortant par en haut, tourne les yeux dans le sens où elle tend, tandis que, pendant le sommeil, au contraire, elle s’accumule en bas ? ce qui fait que l'œil se dirige en bas également. Les yeux se ferment parce qu'ils n’ont plus l'humidité nécessaire.

PE

Pourquoi lorsqu'on abuse du plaisir vénérien, les effets se marquent-ils surtout aux yeux et aux lombes, bien que les lombes soient tout proches de l'organe et que les yeux en soient éloignés ?

N'est-ce pas parce que, dans l'acte même du plaisir, ce sont ces parties qui ressentent le plus la fatigue, et qui contribuent surtout à l'effort qu’exige l’éjaculation du sperme ? Les parties où la nourriture

parts ; et bien que la question n'ait pas grande importance, on comprend qu'on ait pu la signaler et la discuter. L'explication d'ailleurs est fort contestable ; et aujourd'hui même, il serait peut-être difficile d’en donner une qui fût satisfaisante.

— La chaleur sortant par en haut. Il est certain que la chaleur se porte à la tête avec une assez grande violence. — Pendant le sommmeil... en bas.

Ceci est peut-être moins exact ; et la chaleur durant le sommeil est dans tout le corps; elle n'est alors pas plus en bas qu'en haut, — Parce qu'ils n'ont plus l'humidité nécessaire.

Septali trouve avec raison que

cette assertion est peu fondée.

Mais on doit avoir beaucoup d'indulgence pour la physiologie de ces temps reculés.

8 2. Aux yeux et aux lombes.

L'observation est parfaitement juste; et on peut toujours la vérifier aisément. Mais l’explication de cet effet n'est pas aujourd'hui moins difheile qu'elle ne l'était jadis. — Qui ressentent le plus la fatigue. 1] faut bien que ce soit là en effet ce qui se passe, puisque les yeux sont cernés, et que les lombes sont douloureux ; mais pourquoi? C'est ce qui reste obscur. — δὲ qui contribuent surtout à l'effort. C'est une simple hypothèse.— Les parties

se liquéfie le plus sont comprimées par la pression que l’organe éprouve. Ou bien n'est-ce pas que l'excès de la chaleur amène une liquéfaction plus forte ? Or l'acte de la cohabitation produit de la chaleur. Les parties les plus échauffées étant celles qui sont surtout mises en mouvement pendant l'acte, les veux et les parties qui avoisinent le siège y sont évidemment le plus intéressés; car il n’est pas possible que l’émission ait lieu si l’on n’y fait pas concourir les parties voisines du siège, et si les veux sont abaissés. Les organes voisins du siège, en se contractant, font sortir le liquide de la vessie, comme on le ferait avec la main ; et d’un autre côté, la contraction des yeux presse tout l’encéphale, qu'ils affectent non moins vivement. Que les yeux et le lieu où ils sont placés aient une grande

où la nourriture se liquéfie. Que l'organe éprouve. J'ai ajouté Physiologiquement, ceci ne se ces mots. — L’excès de la comprend pas bien. La nour- chaleur. Physiologiquement,

riture ne se liquéfie pas plus dans les deux parties indiquées que dans le reste du corps.

Est-ce la nature de la peau de ces deux parties qui les rend plus sensibles à l'action générale ? Ceci pourrait être vrai pour les yeux: Lce ne l’est pas pour les lombes et les parties avoisinantes. Le mot grec qui est rendu ici par Île mot de Lombes, n'a pas un sens très précis ; l'équivalent que j'ai choisi dans notre langue m'a paru encore le meilleur. — Comprimées par la pression.

Observation exacte. Cette tautologie est dans l'original. —

cette explication n’est pas très exacte ; et dans le cas dont il s'agit, la chaleur est beaucoup moins forte que l'ébranlement nerveux. — Les parties qui avoisinent le siège. Ce sont les lombes. — Zes yeux. Voir le ὃ ci-dessus. Mais l’auteur attache une importance exagérée à l'action des yeux. — Les organes voisins du siège. D'après ce qui suit, ces organes ne seraient pas précisément les lombes ; mais l'indication du texte reste trop vague ; et je n'ai pas cru devoir la préciser. — Presse tout l'éncéphale. Ceci n’est guère exact ; les yeux ne pressent pas

SECTION IV, L'ACTE VÉNÉRIEN, $ 2 133 importance dans la génération, c'est ce dont on peut s'assurer par l'expérience qui, à l’aide des liniments, sert à distinguer les femmes qui ne peuvent avoir d'enfants de celles qui peuvent en avoir, comme si c'était par là que la puissance fécondante düt arriver au sperme. Car ces deux parties du siège et des yeux sont les plus grasses de tout le corps. Par leur concours simultané, elles participent de la chaleur; et - cette chaleur rend le sperme plus léger et provoque la sécrétion. S'il n’y avait pas de graisse, la chaleur n'aurait pas la même force; ou s’il y avait de la graisse et qu'elle ne concourüt pas à l'acte, la chaleur serait encore sans force, comme elle l’est dans le ventre.

l'éncéphale ; mais l'effet qu'ils ressentent monte jusqu'au cerveau. — Une grande importance dans la génération. Ceci peut sembler une complète erreur ; et les yeux n'ont rien à faire dans l'acte génital. — L'expérience qui, à l’aide de liniments… Les détails qui sont donnés ici ne suffisent pas pour se rendre compte clairement de ce que pouvait être cette prétendue expérience. Dans les œuvres d'Hippocrate, on peut lire aussi la description d'un procédé pour reconnaître la stérilité de la femme ; Hippocrate, Littré, tome VII, p. 341. — Comme st c'était par là... Même obscurité dans cette explication, qui fait sans doute allusion à quelque manœuvre bien connue des médecins de cetemps.— Fécondante. J'ai ajouté ce mot pour rendre toute la force de l'expression

grecque. — Du siège. Ou plus précisément : du derrière, des fesses. Le mot du texte est fort peu usité dans le sens qu'on y donne ici. — Les plus grasses de.tout le corps. C'est vrai pour les fesses ; ee ne l’est pas pour les yeux, qui n'ont rien de plus gras que d’autres organes. Au lieu du mot qui signifie Gras, Septali admet, dans son texte et dans son commentaire, une variante qui n'est pas acceptable, en ce qu'elle ne s'accorde pas avec ce qui suit.— Par leur concours simultané. Ce concours des yeux ne se comprend pas. — S'il n'y avait pas de graisse. Ceci peut s'appliquer aux fesses ; mais non aux yeux.

— Ou s'ily avait de la graisse.

Le texte n'est pas aussi explicite. — Comme elle l’est dans le ventre. Le sens est fort douteux ; et je l’ai rendu le moins

Mais ce sont les reins qui éprouvent l’action la plus vive, à cause de leur proximité ; et c’est l'écoulement du sperme, passant par ces régions du corps, qui a évidemment le plus de puissance pour l’alléger ; car il enlève quelque chose et n’ajoute rien, quoiqu'il en soit rapproché.

Pourquoi les gens qui se livrent à l'acte vénérien et les eunuques qui ne peuvent pas en user, sont-ils également exposés à ce que la vue, chez les uns et les autres, soit moins perçante ?

N'est-ce pas, chez les uns, parce qu'ils sont incontinents, et chez les autres parce qu'ils sont infirmes, que les parties supérieures du corps deviennent plus sèches qu'il ne faut? Les changements de ces organes sont d'autant plus visibles que leur fonction est plus délicate; et c’est précisément le cas de la vue. Les liquides indispensables étant soutirés, les parties hautes se dessèchent. C’est là évidemment ce que produit l'acte vénérien. Quant aux eunuques, les

mal que j'ai pu. — Les reins. lier de cette fonction, la vue Ceci est exact; mais l’auteur ressent toujours quelque trousemble ici confondre les reins, ble. — Les eunuques... moins les lombes et le derrière. — 1! percante. Je ne sais sile fait enlève quelque chose. Ce détail est exact pour les eunuques ; est encore très exact. — Bien mais il peut paraitre fort pro-

qu'il en soit rapproché. Ce dernier détail reste très obscur, comme l'est ce ἃ tout entier.

8 3. Qui se livrent à l'acte vénérien. 11 faudrait peut-être ajouter: Avec Mais même dans l’usage le plus régu-

excès.

bable. — Plus sèches qu'il ne faut. 1 est bien difficile de savoir précisément ce qui se passe alors dans l'organe de la vue; mais il ne semble pas que ce soit de la sécheresse qui s’y produise. — Se gonflent.

jambes chez eux se gonflent et le ventre se relâche, attendu que le liquide tend toujours à descendre.

Pourquoi l’homme, quand il peut commencer à jouir du plaisir vénérien, est-il le seul des animaux à avoir des poils à l'organe génital, tandis qu'aucun -autre des animaux, tout velus qu'ils sont, n’a de poils en cet endroit ?

N'est-ce pas parce que avec l’âge les animaux changent dans un sens contraire, et qu'ainsi la voix, qui était aiguë, devient grave, et que les parties sans poils s’en garnissent ? Il est donc évident que les animaux qui sont velus dès leur naissance, devraient perdre leurs poils, et ne pas prendre des poils plus épais quand ils acquièrent du sperme. Ce phénomène se produit parce qu'en émettant de la liqueur séminale, les animaux deviennent plus secs, et leur tissu plus rare. Or

Ce ne sont peut-être pas les jambes qui grossissent seulement chez tous les eunuques ; leur corps entier engraisse et épaissit. — Le liquide... Cette explication n'est peut être pas la vraie.

ὃ 4. Le seul des animaux...

à l'organe génital. La question est curieuse; et le fait est exact. Il ne semble pas que la zoologie moderne s'y soit arrêtée. — Changent dans un sens contraire: La remarque est vraie pour certains cas; mais elle ne s'applique pas au cas

spécial dont il s’agit dans ce ὃ.

— La voix... devient grave. Ces changements qu'amène la puberté ont été soigneusement indiqués par Aristote dans l'Histoire des animaux, livre VII, chap. 1, 2 et 3. — Devraient perdre leurs poils. Par l'effet du contraste que l’âge amène, — C'est de là que vient le poil.

Il n'est pas sûr que ce soit là réellement la cause qui fait pousser les poils sur certaines parties du corps. Aristote ἃ fait, sur les poils dans [65 animaux, une admirable et com-

c’est de là que vient le poil; ce qui le prouve bien, c’est que les poils ne repoussent jamais sur les cicatrices, el qu'il n’y en ἃ pas non plus chez les enfants et les femmes, parce que les femmes et les enfants sont humides et ne sont pas secs.

Pourquoi la précaution de se déchausser n’aidet-elle pas à l'acte vénérien ἢ

N'est-ce pas parce que le corps, quand il va se livrer au plaisir de Vénus, doit être à l’intérieur chaud et humide, et que cette disposition à la chaleur ἃ lieu dans le sommeil bien plus que dans la veille ? C’est là ce qui fait que les pollutions se produisent la nuit très vite et sans provocation ; et que, dans la veille, il faut un certain effort. Le corps est alors en cet état ; et les pieds sont plus humides et

plète étude, Histoire des animaux, livre III, ch. 10. — Ce qui le prouve bien. La preuve n'est pas démonstrative, autant que l’auteur le croit. — Me repoussent jamais sur les cicatrices. Parce que la cicatrice désorganise la peau. — 71 n'y en a pas non plus... Ceci se rapporte sans doute aux poils de la barbe, puisqu'il s’agit des enfants et des femmes. — Parce que les femmes... ne sont pas secs. Il ya des manuscrits qui n’ont pas ce membre de phrase ; ilest donné par l'édition Firmin- Didot ; et je m'appuie sur cette autorité pour le reproduire.

S5. La précaution de se dé-

chausser. Cette question doit paraître assez singulière; et elle n'a jamais été traitée ailleurs qu'ici. If n'en cest pas question dans l'école hippocratiqne. — Doit étre à l’intérieur chaud et humide. Ce sont là de simples hypothèses οἱ des généralités qui ne sont pas prouvées. — Dans le sommeil bien plus que dans la veille. L’observation peut étre exacte; mais elle ne se rapporte pas assez directement au sujet. — λα nuit. J'ai ajouté ces mots pour compléter la pensée. — Un certain effort. Ou « une certaine peine ». — En cet élat. C’est-àdire qu'ilest plus chaud pendant

plus chauds. La preuve que les pieds sont chauds pendant le sommeil, c'est qu'en même temps tous les viscères intérieurs le sont. Mais se déchausser produit tout le contraire ; on se dessèche et l’on se refroidit. Il en résulte que, si l’on n’a pas chaud, on est hors d'état de se livrer à l'acte vénérien, ou du moins qu'on y a beaucoup de peine; de telle sorte que la précaution de se déchausser est défavorable à l’em- ‘ploi des fonctions vénériennes.

Pourquoi l'homme est-il de tous les animaux celui qui est le plus accablé par l'acte vénérien ἢ

N'est-ce pas parce que c’est lui qui émet le plus de sperme comparativement à la grandeur de son corps ?

Mais pourquoi émet-il plus de sperme qu'aucun autre animal ?

le sommeil. — Tous les viscères L'explication est frappante.Arisintérieurs le sont. L'observation tote est peut-être le premier à est juste. — Tout le contraire. l'avoir donnée ; et elle n’a rien

C'est-à-dire qu'on a froid quand on se déchausse.—Æors d'état.

beaucoup de peine. La première assertion était fort exagérée ; et la seconde la corrige, en la restreignant. — Est défavorable.

perdu de sa force depuis ce temps reculé.

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