Le corps a-t-il de l'odeur
Le fait est certain, et 1] n'est personne qui n’ait pu l’observer.
— N'a-t-elle pas lieu avant la puberté. On peut attribuer cette odeur particulière à l'action de la puberté sur les organes génitaux.— /ommes... femmes. Cette odeur est sensible dans les deux sexes, et elle disparait plus vite chez les débauchés.-- La coction n'étant pas complète. 11] semblerait que c'est plutôt le contraire qu'il faudrait dire. — Les humeurs. Ici, c'est surtout du liquide séminal qu'il faudrait s'occuper ; mais la physiologie ancienne n'était pas aussi avancée. — Moins déplaisantes…
santes, ou même de bonnes odeurs ou des odeurs moins repoussantes. On peut bien observer ces effets sur tous les êtres, plantes et animaux. Si l’on retranche les parties dont la coction est parfaite, ce qui reste n’a qu'une coction insuffisante. C’est comme pour la cendre, où la poussière qui reste est àcre, après que la partie douce ἃ été consumée ; c’est de même que la sueur est salée. La chaleur naturelle cuit le sperme, qui, sous un petit volume, a une force très grande 3 car ce petit volume a été extrait d’un volume beaucoup plus fort; et quand le sperme s'échappe, on est habituellement tout abattu et tout refroidi, de telle sorte que les humeurs du corps sont moins recuites, les bouches des pores s’ouvrant par suite de l'expulsion du sperme. C’est là ce qui fait que chez les enfants les sueurs sont plus salées et qu’elles ont une odeur plus mauvaise, à cause de la coction insuffi-
moins repoussantes. Ces tautologies sont dans l'original, et la traduction n'a pu les éviter. — Plantes et animaux. Le rapprochement n'est peut-être pas très juste, même dans les limites où l’auteur le présente; l'élaboration qui se produit chez les animaux est toute différente de celle qui se passe dans les plantes. — Pour la cendre. Les cendres sont fort diverses selon les matières d’où elles proviennent; il aurait fallu tenir compte de ces différences. — La sueur est salée. Voir plus haut, section 11, $ 3, une longue explication sur la salure de la sueur.
— La chaleur naturelle cuit le
sperme. Voir dans l'Histoire des animaux, et spécialement dans le Traité de la Génération des animaux, tout ce qu'Aristote a dit de la liqueur séminale, Histoire des animaux, livre III, ch. 17, et Traité de la génération, livre ec ΟΣ 195: 15. 5; 45 et 16; livre II, ch. 2, 3, &, 10; livre IV, ch. 1, 3, &, et 8.— Une force très grande. On ne saurait exagérer cette force, qui produit en effet l'être et la vie avec tous
leurs développements. — Tout abattu. Observation très exacte et que chacun peul faire. — Les
bouches des pores. Celle-ci l'est peut-être moins.— Plus salées.
une odeur plus mauvaise. Si le
sante ; et s'ils ont cette nature que la sueur laisse chez eux un résidu d’odeur désagréable, cette odeur se produit davantage en eux, et surtout dans les lieux où elle se manifeste le plus fortement, par exemple aux aisselles et autres lieux analogues.
Pourquoi, lorsque de notre sperme naît un animal, cetanimal est-il notre progéniture, tandis que, si d’une autre partie de nous ou d’une autre secrétion ἢ] sort un être quelconque, cet être n'est pas nôtre ἢ
N'est-ce pas en effet que, quoiqu'il y ait beaucoup d'êtres qui surgissent de matières corrompues comme il en sort du sperme, si l’être qui en sort est pareil à nous, il est nôtre; et que s’il est différent, 1] n’est plus à nous? Il faudrait que tout fût de nous ou que rien n’en fût dans les deux cas. Ou bien n'est-ce pas que, dans un cas, tout provient de nous, tandis que, dans l’autre cas, il vient d’un autre, comme tout ce qui résulte de purification ou d’excrétion ? D'une
fait n'est pas absolument vrai, que l'être ainsi sorti de nous cette remarque n’en atteste pas est bien nôtre. — Pareil à moins une grande attention de nous, il est nôtre. Voilà la réla part de l'observateur.— Aux ponsequiest parfaitement claire. aisselles. Noir le Traité des -- Ou bien n'est-ce pas... Cette
Parties des animaux, III, v, 9.
L'observation est facile à faire.
8. 14. Notre progéniture. n'est pas nôtre. La question ainsi posée semble à peine en être une, et la réponse évidente est faite dans le cours de ce $. La ressemblance des enfants aux parents suflrait pour montrer
seconde solution ne vaut pas la première; elle est à la fois beaucoup moins simple et moins naturelle. En fait de sécrétions, il n’y a que la liqueur séminale qui jouisse de cette puissance. De là viennent sans doute les études qu'Aristote a consacrées à cette sécrétion
SECTION IV, L'ACTE VÉNÉRIEN, 8ὶ 14 145 manière générale, de toutes les parties de l'animal, il n'y ἃ que le sperme qui fasse un animal. Ce qui est nuisible et mauvais à un être ne lui appartient pas en propre, non plus que ce qui lui est étranger ; car ce n’est pas du tout la même chose d'être une partie d’une chose, ou d'y être étranger, ou d’être autre qu'elle, ou de lui être nuisible. Les excrétions et les corruptions ne sont pas de nous; elles sont différentes .de notre nature, et elles y sont étrangères. C'est que, en effet, tout ce qui survient dans le corps ne doit pas être pris pour une partie du corps. Il y a, par exemple, des excroissances, qu'on enlève et qu'on détruit. En un mot, tout ce qui est contre nature est étranger ; et même bien des choses contre nature viennent de qualités congéniales. Si donc l’animal ne vient absolument que du sperme entre tous nos organes, on a raison de considérer uniquement comme nôtre l'être animé qui en sort. Si quelque autre être vient du sperme, par exemple, s’il en vient une larve
particulière, dans ses trois traités d'histoire naturelle des animaux. — /l n'y a que le sperme qui fasse un animal. C'est là l'explication essentielle; il n'en faut pas chercher une autre. — Les sécrétions. La liqueur séminale est une de nos sécrétions, bien qu'elle ait une importance toute spéciale.— Les corruptions ne sont pas de nous. Cette restriction est plus acceptable, sans l'être encore absolument. Les sécrétions corrompues qui se forment dans notre corps, sont
LRU
bien de nous: mais elles sont contre nature, comme le dit l'auteur. — Des excroissances.
Elles viennent de notre corps, par une cause qu'on peut ignorer; mais dans l’ordre naturel et régulier, elles ne devraient pas se produire. — De qualités congéntales. C'est vrai; et à plus forte raison, ces produits anormaux doivent-ils être regardés comme étrangers quand ils vienneut de causes fortuites. — Une larve. I] est difficile de voir à quel fait réel ceci fait allu-
quand il se corrompt, ou s'il est vicié dans la matrice, comme ce qu’on appelle les monstres, on ne peut plus dire que ce soit un rejeton engendré par nous ; car, absolument parlant, ce qui vient de corruption ne vient plus de notre être, mais d’un être étranger, ainsi que naissent les êtres venus d’excréments, comme ceux que produit la fiente. Ce qui prouve bien que tous ces êtres viennent de matières corrompues, c'est que, quand il n’y ἃ pas de corruption, ces êtres ne se produisent pas sous la forme qui les ferait pareils à celui de qui vient le sperme ; si le sperme vient d’un cheval, l'être est un cheval ; si c’est d’un homme, l'être est un homme. Ce n’est pas le sperme en lui-même que nous admirons ici, -n1 tout ce qui se passe dans la génération ; car il ne se produit alors qu'une certaine humidité, plus un-certain volume et de la chair. Mais nous pouvons le considérer avec étonnement, bien qu'il n'ait pas encore toute sa nature, parce qu'il en a déjà assez pour pouvoir produire.quelque être pareil à nous. Or rien de semblable ne peut se
sion. — Les monstres. Aristote a consacré des chapitres particuliers aux monstruosités dans son Traité de la Génération des animaux, livre IV, ch. 8 et 4.— Les étres venus d’excréments. Ce n’est que de notre temps que ce phénomène ἃ été bien connu, et que la théorie de la génération spontanée ἃ été définitivement repoussée. — Pareils à celui de qui vient le sperme.
C'est-à-dire, du parent. — Que nous admirons ici. La pensée
n'est pas exprimée assez précisement, et c’est ce qui excusera la traduction que nous en donnons, pour rester fidèle au texte.
— Et de la chair. 11 semble que ceci est faux, et qu'à ce moment le sperme n'offre rien qui ressemble à de la chair. Ce n'est que plus tard que ces effets de la liqueur séminale peuvent se produire. — Pour pouvoir produire quelque étre pareil à nous.
C'est là en effet le prodige, et c'est là ce qui a porté Aristote
SECTION IV, L'ACTE VÉNÉRIEN, $ 15 147 produire quand la matière est corrompue. C'est là ce qui fait que nous n'avons de progéniture réellement nôtre d'aucune autre partie de notre corps ; nousn’en a vons pas même du sperme, quand il est altéré, ou qu'il n’est pas tout ce qu’il doit être.
Pourquoi les hommes peuvent-ils moins se livrer à l'acte vénérien quand ils sont dans l'eau ?
N'est-ce pas parce que, dans l’eau, rien ne s’amollit de tout ce qui s’amollit par le feu, comme le plomb et la cire ? La semence semble s’amollir aussi par le feu ; car elle ne se liquéfie pas, avant que le frottement ne l’échaufle. Les poissons ne se fécondent pas en se
frottant mutuellement.
à sa grande étude sur la génération.— Quand il est altéré. De là, une des causes de l’infécondité. Tout ce ὃ est fort curieux; et malgré des longueurs et des répétitions, il est en général assez clair pour que Septali ne l'ait commenté que très brièvement.
δ 15. Quand ils sont dans l'eau. X] ne faut pas insister sur un pareil détail; mais la mention qui en est faite atteste du moins l'attention que l'auteur apportait à ce scabreux sujet.
— De ce qui s'amollit par le feu.
L'explication est certainement fausse; le feu peut servir de
point de comparaison; mais il n’a rien à faire dans le phénomène dont il s’agit. — Me l’échauffe. Cette chaleur est intérieure et ne tient qu'au mouvement même de la vie générale du corps. — Les poissons.
Comme le remarque Septali, l'auteur veut aller au devant d'une objection qu'on pouvait tirer de la fécondation des poissons, qui se reproduisent dans l'eau, et il établit que le mode est tout autre. Sur la fécondation des poissons, voir le Traité de la Génération, I, 15, 9, et III, 5,9; et la préface, pages ΧΧΧΙΠ et suiv.
Pourquoi le plaisir de l’acte vénérien est-il si vif? Et cette faculté a-t-elle été donnée aux animaux, comme un besoin nécessaire, ou en vue d’un but déterminé ?
Si ce plaisir est si vif, n'est-ce pas parce que le sperme vient de tout le corps, comme quelques natualistes le prétendent ? Ou bien, s’il ne vient pas de tout le corps, n'est-ce pas qu'il vient de cette partie spéciale où se rencontrent tous les canaux des veines ? C'est aussi un grand plaisir d’éternuer ; et ce plaisir se ressent également dans toutes les parties du corps. Mais ce qui rend l’éternuement si agréable, c’est la sortie de l'humidité pleine de vent qui avait été contre
8 16. Est-ul si vif. 1] est certain que c'est la sensation la plus vive que l’animal puisse éprouver ; mais il ne l'est pas moins que cel attrait irrésistible a un but, que la nature veut atteindre pour la propagation des espèces. — Comme un besoin nécessaire. un but déterminé. Ces deux conditions sont simultanées, et loin de se contrarier, se soutiennent et se complètent. — Quelques naturalistes le prétendent. Aristote a toujours soutenu le contraire, et il a consacré une longue et très régulière étude à démontrer que le sperme ne peut venir de toutes les parties du corps; voir le Traité de la Génération, livre I, chapitres 10 à 15, et passim. — Où se ren-
contrent tous les canaux des veines. L’anatomie moderne n'admet pas cette théorie, qui ne repose que sur des observations insuffisantes. Voir une longue discussion sur l'origine et les ramifications des veines, Traité de la Génération, liv. II, chap. 5, 6 et 8, contre Diogène d'Apoillonie, Syennésis de Chypre et Polybe. — Un grand plaisir. d'éternuer. L'éternuement soulage sans contredit ; mais il y a loin du plaisir qu'il cause à celui dont il s’agit ici.
Le seul point derapprochement, c'est que l’un et l’autre sont un besoin et un soulagement. — La sortie de l'humidité pleine de vent. La physiologie moderne n’admettrait pas sans doute cette explication, sans cepen-
nature renfermée dans le corps. Or la semence est de même une sortie, mais une sortie naturelle. Elle fait plaisir d’abord comme nécessaire, et aussi parce qu'elle tend à une certaine fin. Elle est agréable, parce que tout ce qui ramène à la nature est agréable, du moment que c’est une sensation ; et cette émission a une fin, qui est la génération des animaux ; car c’est le plaisir qui pousse le plus vivement les animaux à ‘s'unir.
dr.
Pourquoi l'acte vénérien contribue-t-il à guérir quelques-unes des maladies qui viennent du flegme ? N'est-ce pas parce que l'émission du sperme est la
dant s'en éloigner beaucoup.
L’éternuement tient surtout à απὸ irritation du voile du palais.
Il est formé tout à la fois d’une inspiration assez forte et d'une expiration plus forte encore, qui produit un bruit bien connu.
En même temps,il y a une expectoralion violente de sucs buccaux et nasaux; voir Béclard, Traité de physiologie humaine, 6° édition, p. 357. — Contre nature. L'éternuement n'est pas précisément contre nature, bien qu'il soit assez rare. Il ÿ a des personnes qui y sont disposées plus que les autres. — Comme nécessaire. C’est un besoin auquel on ne résiste pas plus qu’à tant d'autres. — Ælle tend à une certaine fin. C’est là l'objet essentiel de la fonction, comme l'auteur le remarque. Le plaisir
n'est qu'une condition secondaire, qui fait que le but est plus sûrement atteint. — Α s'unir. Voir le Traité de la Génération des animaux, liv. I, εἰς: 11. 5.2.9.
δ17..4. guérir quelques-unes des maladies. Voir plus haut, section 1, ὃ 50, la même question résolue autrement. — Qui viennent du phlegme. Cette indication est bien vague; et les évacuations spermatiques ne guérissent que les maladies qui proviennent de l'irrégularité des fonctions génitales. Il est assez difficile de préciser ce que les Anciens entendaient par le phlegme. Dans la médecine Hippocratique, le phlegme, avec la bile, est la cause de toutes les maladies ; voir Hippocrate, Bittré, tome::VI,. p. 209,1 et
sortie d’une certaine sécrétion, et que cette sécrétion sort en même temps avec grande abondance ? Or le flegme n’est qu'une sécrétion et une superfluité.
Pourquoi l'acte vénérien refroidit-il et dessèchet-il le ventre ?
N'est-ce pas qu’il refroidit, parce que la chaleur s'échappe dans la copulation, et que la copulation dessèche aussi? Quand la chaleur sort, elle se vaporise ; et le sperme sort en se refroidissant, Et de plus, la chaleur dessèche dans la copulation même.
Pourquoi les débauchés perdent-ils leurs cils, qui tombent ?
N'est-ce pas la même cause qui fait la calvitie? En effet, ces deux phénomènes ont la même source. Et cette cause, la voici. Ceux des poils congéniaux qui ne s’accroissent pas avec l’âge, souffrent également de