‹ Les Problèmes d'Aristote; (volume 2)Chapitre 37 sur 82 · tome VII, p 9 et 11 ; et p · texte numérisé non relu

tome VII, p 9 et 11 ; et p

— Le phlegme n'est qu'une sécrétion el une superfluité.

L'original n’a qu'un seul mot qui exprime les deux sens.

8 18. Le ventre, ou l'estomac.

Ce dessèchement du ventre ne signifie sans doute que la constipation. Il faut entendre que la fonction génitale ne cause ces désordres que quand on en abuse. — La chaleur s'échappe dans la copulation. Le phénomène est certain, bien que

l'auteur ne le décrive pas ici d'une manière assez explicite.

8 19. Les débauchés. Le mot qu'emploie le texte est le même que celui du $ précédent; et ici c'est l'excès que l'auteur veut signaler, et non pas seulement l'usage régulier de Ja fonction. La chute des cils est très caractéristique. — La calvitie. Voir l'Histoire des animaux, ΠῚ ch. 10,6 11: et.le Traité de la Génération des

animaux, ! livre VENCh su

SECTION 1V, L'ACTE VENÉRIEN, δ 20 151

l'excès des plaisirs; or les cheveux de la tête, les sourcils, les cils des paupières sont des poils congéniaux. Il n’y ἃ que les sourcils qui s’épaississent avec l’âge chez quelques personnes; et nous avons dit ailleurs quelle en est la raison. Mais les deux autres espèces de poils tombent par la même cause, c’est-àdire, parce que la lascivité dessèche les parties supérieures qui ont peu de sang; de telle sorte que le lieu ne cuit plus la nourriture ; et ne recevant pas de nourriture, les poils tombent.

Pourquoi, lorsqu'on a besoin d’uriner, ne peut-on pas se livrer au plaisir vénérien ?

N'est-ce pas parce que les canaux sont pleins, et parce que, pleins d’un certain liquide, ils ne peuvent en recevoir un autre ?

Congéniaux. C'est-à-dire, quon les cils des paupières. — Ne

a dès la naissance, ou dès les premiers temps de la vie. Voir l'Histoire des animaux, III, 10 ; les Parties des animaux, II, 14:

et la Génération des animaux, Il, 8 et IV, 5, et passim.— Qui s'épaississent avec l'âge. Cette observation est déjà faite dans l'Histoire des animaux, III, 10 :

voir aussi les Parties des animaux, 11 45. — Ailleurs.

Il est possible que cette indication se rapporte aux deux ouvrages d’Aristote que nous venons de citer.— Les deux autres espèces de poils. Les cheveux et

cuit plus la nourriture. Qu'il recoit par les vaisseaux qui s’y ramifñient. La coction, ou maturation, est une sorte de digestion et d'élaboration complète des matières.

δ. 20. Lors qu'on a le besoin d'uriner. Ce détail, après tant d'autres prouve, avec quelle attention l’auteur ἃ observé tous ces phénomènes. — Jls ne peuvent en recevoir un autre. L'’explication est très acceptable, puisque le conduit excréteur est le même pour les deux liquides, qui d'ailleurs sont trèsdifférents.

AE

Pourquoi les varices empèchent-elles ceux qui en souffrent de pouvoir engendrer, que ce soient des hommes ou tels autres animaux qui en sont atteints ?

N'est-ce pas parce que la varice se produit par le déplacement du souffle ? Ce qui fait qu’elle est utile dans les affections bilieuses. Or l'acte vénérien est accompagné de la sortie du souffle. Si donc l'érection tend à se produire quand cette sortie a lieu, la varice ne donne pas d’élan au sperme, et elle le refroidit. C'est ce qui empêche que le membre honteux ne puisse se raidir.

Pourquoi l'acte vénérien amène-t-il un abattement, et, le plus souvent, un affaiblissement sensible ?

N'est-ce pas parce que le sperme est une sécrétion qui vient de toutes les parties du corps, de telle

sorte que, semblable à toutes les harmonies d’un

8 21. Les varices. Il est pro- affections bilieuses. Rien ne bable qu'il doit s'agir ici de justifie cette théorie, non plus varices survenant aux testicules, que toute la fin de ce ὃ. — Le

ou dans quelques parties de l'organe génital. Du moins, ia suite de 66 ὃ semble justifier cette supposition. — Par le déplacement du souffle. L'explicalion n'a rien de probable, et la varice tient surtout à la mauvaise organisation des vaisseaux dilatés, qui ne sont pas assez forts, sur une partie de leur trajet. — Ælle est utile dans les

membre honteux... C'est l'exacte reproduction du texte.

8 22. Un abattement... un affaiblissement sensible. L'observation est juste. — Qui vient de toutes les parties du corps.

Cette théorie est tout à fait contraire à celle d’Aristote:

voir plus baut la note du $ 16.

— Les harmonies d'un édifice.

C'est la fidèle traduction du

édifice, l'organisme de tout le corps est ébranlé par la perte qu’il subit. C’est de même qu'on est affaibli quand le sang vient à sortir, ou telle autre partie, quelle qu’elle soit; tant ce qui sort dans ce cas est indispensable au corps. Et cependant cette sécrétion, venue d’une grande quantité de nourriture, est bien peu de chose; mais c'est comme l’amidon extrait de la farine.

Pourquoi le membre honteux se raidit-il et se gonfle-t-1l ?

N'est-ce pas par deux causes ? D'abord, il s'élève parce que le poids descend par derrière les testicules ; alors les testicules font levier, parce qu'en ce moment les canaux sont pleins d'air. N'est-ce pas aussi

texte; mais on peut ne plus reconnaitre en ceci le style ordinaire d’Aristote. — L'organisme de tout le corps. Même remarque.— Quand le sang vient à sortir. La comparaison est juste. — Est bien peu de chose.

Comparativement au volume du corps. — L'amidon. On semble regarder l’amidon comme la partie la plus épurée de la farine ; cependant d'après l'étymologie grecque elle-même, c'est celle qui n’a point passé sous la meule.

ἃ 24. Le membre honteux.

L'explication donnée ici est fort incomplète; mais il n’y ἃ pas à s’en étonner dans l’état où était la physiologie, à ses débuts, chez

les Anciens. Le phénomène est forl compliqué; et la science même de nos jours a grand’ peine à s'en rendre compte.Voir en particulier le traité de physiologie de M. Béclard, 6e édition, pp. 1141 et suiv. — Le poids descend. I aurait fallu dire plus précisément de quel poids on entendait parler ; c’est sans doute le poids de la liqueur séminale dans les testicules, — l'ont levier. Ce n'est pas là le fait exact; mais cette théorie, toute fausse qu'elleest, peutsembler ingénieuse. — Les canaux sont pleins d'air. L'observation n'est pas juste ; et à ce moment, les canaux ont une turgescence qui ne tient pas à la présence

parce que, le liquide s’accumulant et se déplaçant, le volume devient plus grand? Or les choses, quand elles sont trop grandes, s'élèvent moins haut, parce que le poids estalors plus éloigné du point d'appui du levier.

de

Pourquoi, quand on se livre à l'acte vénérien et qu'on peut en prendre l'usage, sent-on mauvais, tandis que les enfants n’ont pas ces odeurs ? Et pourquoi sent-on ce qu'on appelle le bouc ἢ

N'est-ce pas parce que les airs qui sont dans les

enfants cuisent l’humide et les sueurs, ainsi qu'on l’a dit, et qu'au contraire dans les hommes la coction n'a

pas lieu ?

de l'air.— Le liquide. Probablement le liquide séminal. — Se déplacant. ΤΊ n'y a rien dans la réalité qui réponde à cette description. — Or leschoses quand elles sont trop grandes. Cette réflexion générale ne parait pas tenir d'assez près au sujet. — Parce que le poids est alors...

Ceci peut être vrai dans une théorie du levier; mais ce détail semble bien loin de l’objet spécial de ce ὃ; ou si ce détail se rapporte à ce sujet particulier, l'expression est trop vague.

ὃ 25. Sent-on mauvais... Cette même question a déjà été posée et résolue plus haut, ὃ 13. — Les enfants... La raison en est évidente : c'est que les enfants ne sont pas pubères, et que cette

odeur spéciale vient de la présence de la liqueur séminale dans l'organisme. — Ce qu’on appelle le bouc. C'est bien le sens de l’expression grecque ; elle ne se rapporte pas seulement aux aisselles, comme l'ont cru quelques commentateurs.— Ainsi qu'on l'a dit. Plus haut, $ 13.— La coction n'a pas lieu.

Il semble au contraire que c'est chez les hommes que toutes Îles fonctions doivent s'accomplir le plus régulièrement. Mais dans les adultes, il y a une élaboration d'un liquide nouveau, qui ne se trouve pas chez les enfants; de là, l’odeur qu'ont les uns οἱ que les autres ne peuvent avoir, parce que le moment n'est pas encore venu pour eux.

ee

Pourquoi les hommes sont-ils moins portés à l'acte vénérien pendant l'été, et pourquoi les femmes le sont-elles davantage ? Et comme le poète le dit, à propos du scolyme :

« L'homme moins vigoureux, la femme plus lascive. »

N'est-ce pas parce que les testicules sont plus abaissés en été qu’en hiver, tandis qu'il faut nécessairement qu'ils se relèvent pour que l'acte vénérien puisse avoir lieu ? Ou bien, n'est-ce pas aussi qu'en été les natures chaudes s’affaissent par la surabondance de la chaleur, et qu’au contraire les natures froides s’échauffent ? Or l’homme est sec et chaud, tandis que la femme est froide et humide. Ainsi, la puissance de homme se flétrit, tandis que celle de

S 26. Les hommes... pendant l'été. les femmes... davantage.

Le fait auquel il est fait allusion n'est peut-être pas exact. La même question est reproduite plus bas, ὃ 29, et résolue de même, quoique un peu plus concisément. — Le poète le dit. Le poète, c'est Hésiode, dans les Œuvres et les jours, v. 566, édit. Firmin-Didot, p. 42. — A propos du scolyme. Ces mots ont été retranchés par quelques éditeurs. Qu'est-ce que le scolyme ? Il parait, d'après Hésiode, que c'est une plante, puisqu'il

parle de sa floraison, à certaine époque de l'année. Théophraste ne connait pas cette plante, et l'on ne saurait dire exactement ce qu'elle est d'après le seul passage d'Hésiode. En général, les traducteurs ont simplement répété le mot grec, comme je le fais avec la traduction de M. Bussemaker., — Les natures chaudes... les natures froides.

L'homme est sec et chaud; la femme est froide et humide.Toute cette théorie, plus ou moins fondée, est bien celle d'Aristote, Histoire des animaux, livre V,

la femme est en pleine fleur, étant égalisée par le contraire,

Pourquoi y a-t-1l des hommes qui jouissent du plaïsir vénérien au moment même de lacte, et pourquoi d’autres n’en jouissent-ils pas ?

N'est-ce pas parce que chaque excrétion ἃ son lieu spécial, où elle doit naturellement se produire ? et que quand la fonction a lieu, l'air qui sort fait gonfler l'excrétion et la détache? C’est ainsi que l’urine descend dans la vessie, parce que la nourriture liquéfiée descend dans le ventre ; la larme descend dans les yeux ; la morve, dans le nez; le sang, dans les veines. Et de même, la semence se rend dans les testicules

ch. 8. — En pleine fleur. Cette nuance de style est dans l'original.

ὃ 27. Pourquoi y a-t-il des hommes... Ce $ est hérissé de difficultés de tout genre, diverses et nombreuses. D'abord, il contient des détails qu'on peut qualifier d'obscènes; et des commentateurs, tels que Septali, n'ont pas cru devoir les expliquer en aucune facon. Ce sont de louables scrupules; mais au point de vue de la science, ils sont peut-être excessifs. L'auteur grec, quel qu'il soit, parait fort sérieux dans tout ce qu'il dit, et il ne semble pas qu'il soit licencieux d'intention. En second lieu, les détails où 1] entre sont fort obscurs par

eux-mêmes; et l'expression ne l'est pas moins; le texte ne fournit pas de variantes, et on ne le comprend pas toujours très bien. Enfin, la physiologie ancienne est trop peu avancée pour bien traiter ce sujet, qui offre encore tant de diffcultés à la science moderne.

Que ces considérations nous servent d’excuse auprès des lecteurs. — Au moment méme de l'acte. C'est le sens qui semble le plus probable, en ce qu'il s'accorde avec le reste du contexte. — La fonclion. Le mot à mot serait : Le travail. — L'urine descend dans la vessie.

Le phénomène est évident; mais l'auteur ne paraît pas avoir connu l'action des reins dans l'élabo-

th

SECTION IV, L'ACTE VÉNÉRIEN, ὶ 27 157 et dans le membre honteux. Mais quand les canaux ne sont pas ce qu'ils doivent être selon la nature, soit que les canaux qui se rendent au membre ne soient pas débarrassés, ce qui est le fait des eunuques, hommes et femmes, soit par toute autre cause, cette humeur s'écoule dans le siège ; car c’est par là qu’elle doit sortir. Ce qui le prouve bien, dans la cohabitation, c’est la contraction de cette région, et le dépé- -rissement des parties qui environnent le siège.

Lorsque la lascivité est excessive, c’est là surtout que la liqueur s’accumule ; et quand le désir survient, on désire le frottement au lieu même où elle se réunit. Or le désir a lieu par suite de la nutrition, et aussi par l'influence de l'imagination ; et lorsqu'un motif quelconque vient à exciter l'organe, l'air s’y précipite ; et cette sécrétion s'écoule là où naturellement elle doitaller. Si elle est légèreet venteuse, quand l'air sort, on s’apaise, comme il arrive dans les érections des enfants et des tout jeunes gens, quise calment assez souvent sans qu'aucun liquide soit excrété.

ration de l'urine. — Æommes et femmes. L'idée d'Eunuque appliquée aux femmes est au moins singulière, et rien ne prouve que dans l'Antiquité grecque on ait eu recours à ces mutilations spéciales. — Cette humeur s'écoule dans le siège. C’est la traduction exacte; et le siège ne signifie pas sans doute autre chose que les parties postérieures du corps. — Le dépérissement des parties. Ces indications sont fort vagues; mais il est certain que les lé-

sions de la moelle épinière et les paralysies des membres inférieurs tiennent souvent à des excès vénériens. — C’est là surtout que la liqueur s'accumule. Physiologiquement, ceci est plus que douteux. — La nutrition. l'imagination. Ces deux indications sont exactes.

— L'air s'y précipite. Celle-ci l'est beaucoup moins ; et il ne semble pas que l'air ait rien à

faire ici. — Qui se calment.

L'observation peut passer pour assez juste. — Aucun liquide

Quand l'humidité s’est éteinte, s’il n'arrive pas quelque accident particulier, on ressent le désir jusqu'à ce qu'il soit satisfait de façon où d'autre. Chez les gens naturellement efféminés, leur organisation est telle qu'il n’y a chez eux aucune excrétion, ou seulement une excrétion très faible, dans le lieu où, selon l’ordre de la nature, en ont ceux qui sont bien organisés. La cause en est que leur organisation est contre nature. Tout males qu'ils sont, 115 sont constitués de manière que nécessairement cet organe a chez eux quelque infirmité ; et cette infirmité détruit complètement la fonction. Ou bien elle amène tout au moins quelque déviation ; ou cette infirmité n'existe pas ; car alors le malade ne serait qu'une femme. Il y ἃ donc nécessité que la déviation se produise, et que la sécrétion génératrice se produise d’une autre manière. C’est là ce qui les rend insatiables comme des femmes. L’humeur en eux est en petite quantité, et elle n’a pas la force de sortir; elle se refroidit sur-le-

champ. Ceux chez qui ce

On peuten dire autant de celle-ci.

— Leur organisation esl contre nalure. Ces explications sont tout à fait insuffisantes. — /nfirmilé. Il aurait fallu dire de quelle infirmité on entendait précisément parier; mais la physiologie et l’anatomie n'étaient pas assez avancées pour qu'on püût rien spécifier. — Cette cnfirmité n'existe pas. Il faudrait ajouter quelque complément indispensable, pour faire comprendre qu'il s'agirait d'une

liquide se dirige vers le

infirmité absolue qui irait jusqu'à changer le sexe. — Me serait qu'une femme. Ceci aurait besoin d'une explication plus développée. L'infirmité ehez l'homme ne peut jamais aller jusqu'à changer son sexe. — Insatiables comme des femmes.

Comme on le voit, cette opinion, qui a encore des partisans, Loute fausse qu'elle est, est fort an-

cienne. — L'humeur. En d’autres termes : « la liqueur séminale ». — Ce liquide... la plus

siège, désirent subir. Ceux chez qui se produisent les deux directions désirent ou agir ou subir, se décidant pour celle des directions qui est la plus puissante. Il y en ἃ qui contractent l'habitude de ces passions. Quelque parti qu'ils prennent, ils n’en ont pas moins de jouissance, et ils répandent toujours leur semence. Ceux qui sont dans cette disposition désirent agir, et l'habitude leur devient une seconde nature. C'est là -ce qui fait que, quand on ne s’est pas habitué au plaisir de lamour avant la puberté, mais vers cette époque, la mémoire de la jouissance revient ; et avec la mémoire, le plaisir que donne l'habitude, comme si c'était là une chose naturelle. On désire la jouissance ; on la ressent en bonne partie; et, grace à l'habitude, elle se fait sentir comme si elle était conforme à la nature. Si l’on est lascif et amolli, tous ces phénomènes ne manquent pas de se produire encore plus vite.

Pourquoi est-on si honteux d’avouer qu'on désire le plaisir vénérien, tandis qu’on ne l’est pas d’avouer

puissante. La traduction de ces détails repoussants n'a rien de sûr ; et les lecteurs feront bien de ne pas s’y arrêter; il suffit de voir quelle est la pensée générale, sans l'analyser davantage. — Une chose naturelle. 1] y ἃ au moins dans ceci une nuance de réprobation.— Lascif et amolli. Cette dernière réflexion est juste; et l’affaiblissement général de l’organisation

pousse fatalement à ces désordres.

ἢ 28. δὲ honteux. Le phénomène est exact, et la pudeur peut passer pour une disposition providentielle ; c'est un privilège de la race humaine, et elle tient une place considérable dans la société, indépendamment de toute considération individuelle. C'est un préservatif contre bien des excès et une

qu'on a l'envie de boire, de manger, ou de remplir telle autre fonction de ce genre ?

N'est-ce pas que la plupart de ces appétits sont des nécessités, et que parfois, si on ne [65 satisfait pas, on en meurt, tandis que le plaisir de l'amour n'est qu'un superflu ?

Pourquoi les hommes sont-ils plus ardents aux plaisirs de l'amour en hiver, et les femmes en été ?

N'est-ce pas parce que les hommes sont naturellement plus chauds et plus secs, tandis que les femmes sont humides et froides ? Ainsi l'humide et le chaud suffisent aux hommes en hiver pour les disposer à l'acte vénérien; et c’est de ces deux éléments que vient la production du sperme. Chez les femmes au contraire, la chaleur est moindre; et le liquide est gelé, faute de feu; or la chaleur est l'effet de l'été. Les femmes n'ont que ce qu'il faut de chaleur ; les

garantie de santé. — De boire, de manger. L'opposition est réelle.— Sont des nécessités. Ceci est vrai pour l’alimentation ; et une trop longue abstinence de nourriture cause en effet la mort.

— N'est qu'un superflu. Septali trouve avec raison que ceci est une exagération. D'une part, la chasteté absolue n’est pas à un certain âge favorable à la santé; et d'autre part, elle contrarie la propagation de l'espèce. À ces deux points de vue, le rapprochement sexuel n’est pas une superfluité, comme l'auteur l'af-

firme; seulement on peut s’en priver, tandis qu'on ne peut se priver d'aliments.

$ 29. En hiver... en été. La même question a été traitée plus haut, ὃ 26; il suffit de s'y reporter. — De ces deux éléments. 11] y a bien autre chose dans la production de la liqueur séminale que l'humidité et la chaleur. Cette théorie est beaucoup trop générale; et dans son Traité de la Génération des animaux, Aristote est beaucoup plus précis, bien que nécessairement sa science physiologique

SECTION IV, L'ACTE VÉNÉRIEN, $ 30 161 hommes en ont plus qu'il n’en faut. L’excès nous ôte beaucoup de force, et voilà comment les enfants pèsent

moins en été ; car alors c’est du feu sur du feu.

Pourquoi les hommes qui sont chauds, par nature, et qui de plus sont vigoureux et bien nourris, sontils sujets, s'ils ne se livrent pas au plaisir vénérien, à . de fréquents accès de bile ? Tout en eux devient plus âcre ; leur flegme prend un goût salé, et la couleur du teint s’altère.

N'est-ce pas parce que la sortie du sperme est toujours accompagnée de la sortie d’excrétions nombreuses ? Il y ἃ des’individus chez qui la semence prend l'odeur de poissons pleins de laite, qu’on lave.

soit encore peuavancée.— L'excès nous Ôte beaucoup de force.

La maxime est vraie; mais elle pe se rapporte pas directement au sujet, — Pèsent moins en été.

Il semble qu’il s’agit ici du poids des enfants; on pourrait entendre encore qu'il s'agit de la maigreur; du reste les deux se confondent. — Du feu sur le feu. Répétition de ce qui est dit plus haut, ὃ 26.

δ 30. À de fréquents accès de bile. La continence excessive peut produire de fàcheux effets pour la santé ; mais ce n’est pas l'élaboration de la bile qui est plus spécialement atteinte. Toutes les fonctions en général sont troublées, et spécialement la digestion. — Plus äcre. C'est

la traduction fidèle du mot grec; mais physiologiquementle terme n'est peut-être pas exact. — La couleur du teint s’altère. Le fait est réel; et quand les choses sont poussées trop loin, c'est surtout la pàaleur qui domine.— De la sortie d’excrétions nombreuses. L'explication peut paraître ingénieuse ; mais elle n'est pas exacte. — Pleins de laite. J'adoptelalecon qu'avaient Gaza et la vieille traduction du xine siècle : elle me semble bien préférable au texte ordinaire. Je fais rapporter aux poissons l'épithète que certains commentateurs et traducteurs appliquent aux hommes. Le texte dit précisément : Spermatiques. Je traduis ce mot par Pleins de laite

Avec le plaisir vénérien, tout cela sort en même temps que le sperme ; et cette évacuation soulage. Mais si on ne se laisse pas aller à la cohabitation, le superflu sécrélé s'aigrit ou devient salé.

Pourquoi les mélancoliques sont-ils portés à l'acte vénérien ?

N'est-ce pas parce qu'ils sont pleins d’air ? Or le sperme n'est qu’une sortie de l'air. Ceux donc qui ont beaucoup d'air dans leur constitution sont poussés nécessairement à désirer s’en débarrasser le plus possible ; car c’est un soulagement pour eux.

Pourquoi les oiseaux sont-ils lascifs, ainsi que les

hommes très velus ?

pour les poissons. — Tout cela sort en même lemps. C'est une simple hypothèse. Ta semence est faite au sortir des vésicules, au lieu de s'y accumuler. — S'aigrit, ou, Devient plus âcre, comme il est dit plus haut.

8. 31. Les mélancoliques...… I] est plutôt probable que c’est la continence qui donne cette disposition d'esprit. Le mélancolique n'est pas porté davantage au plaisir ; mais c'est la vivacité du besoin qui peut causer la mélancolie. — Sont pleins d'air.

Le texte emploie encore ici le mot que, d'après Gaza, j'ai cru pouvoir changer dans le ὃ précédent. — N'est qu'une sortie de

l'air. C'est une théorie assez étrange. — Qui ont beaucoup d'air dans leur constitution. Ce détail confirmerait la lecon vulgaire, que j'ai cru devoir rejeter au $ précédent. Ces deux $ sont plus d'accord entre eux si l'on garde cette lecon, ainsi que l'ont fait la plupart des éditeurs; mais la variante que j'ai préférée dans le ὃ 30, me semble toujours être plus plausible, malgré cette coïncidence. — C’est un soulagement pour eux. Le fait est certain ; mais il peut tenir à d'autres causes que celles que l'auteur indique ici.

S 32. Les oiseaux... les hommes. Voir la même question

N'est-ce pas parce qu'ils ont en eux beaucoup d'humidité ? Ou bien, n'est-ce pas là la vraie cause ? car la femme est humide et n’est pas velue. N'est-ce pas plutôt parce que les deux natures des oiseaux et des hommes digèrent et cuisentbeaucoup de liquide, grace à leur chaleur, comme le prouvent les poils et les plumes ? N'est-ce pas encore parce que l’humide est abondant et qu'il est dominé par la chaleur? Car s’il - n'y avait pas tant d'humidité, et si elle n’était pas ainsi dominée, les uns n'auraient pas de poils, et les autres n'auraient pas de plumes. Mais, dans ces animaux, le sperme devient surtout abondant selon les lieux, et selon les saisons, par exemple, au printemps ; car la

plus loin, section X, ἃ 24. Le rapprochement est inattendu ; et il ne semble pas que les plumes des oiseaux aient aucun rapport aux poils, dont le corps de l'homme peut être couvert en une certaine mesure. Ces poils sont toujours très rares comparativement aux plumes, dont l'oiseau est revêtu. — Lascifs. Certains oiseaux sont lascifs ; mais (ous sont loin de l'être, quoique tous aient des plumes. Parmi les hommes euxmêmes, ce ne sont pas les plus velus qui sont le plus portés aux plaisirs sexuels. — Beaucoup d'humidité. C'est une explication dont l'auteur lui-même sent toule l'insuffisance ; mais celles qu'il y joint ne valent pas mieux. D'ailleurs, la science moderne serait peut-être non moins embarrassée d’expliquer les différences que présentent les ani-

maux, en ce qui concerne les poils et les plumes. — Digèrent et cuisent. 1 n'y ἃ qu'un seul mot dans le texte ; mais il peut avoir les deux sens. Dans le Traité de la Génération des animaux, livre IV, chap. 5, ἃ 20, l'abondance des poils est regardé encore comme un signe de lascivité ; voir aussi dans l'Histoire des animaux, livre III, ch.

10, l'étude générale sur les poils des animaux. — Les uns n'auratent pas de poils et les autres n'auraient pas de plumes. Ces théories n'ont rien d'acceptable.

— Selon les lieux et selon Les saisons. Ces causes sont plus réelles ; et il est certain que les animaux sont sujels à ces deux influences, qui agissent puissamment. — Au printemps. Le fait est exact; mais au printemps, ce n'est ni l'humidité ni la chaleur qui provoquent les

nature du sperme est liquide et chaude. C’est là ce qui fait que les oiseaux sont lascifs, ainsi que les hommes boiteux. Chez les uns et les autres, la nourriture des parties basses est très faible, à cause de la faiblesse des jambes ; elle se rend dans la partie supérieure, et là elle se convertit en sperme.

SEA Pourquoi, quand on se livre à l'acte vénérien, les yeux s’affaiblissent-ils plus que tout le reste ? N'est-il pas clair que ce phénomène se produit parce que l’humide vient à manquer ? La preuve que

la semence est froide, c’est qu’elle ne devient liquide » q { que si de la chaleur l’échauffe; mais elle n’a pas be-

animaux. — Les hommes boiteux. Le fait peut n'être pas tout à fait faux ; mais dans ce cas, l'ardeur du tempérament peut tenir à de bien autres causes que l'infirmité même. — La nourriture des parties basses.

Les parties inférieures du corps peuvent être difformes et n'en pas prendre moins de nourriture. — Elle se rend dans la partie supérieure. La physiologie moderne ne confirmerait pas cette théorie. La partie supérieure est ici la région du basventre, comparée à la région des pieds et des jambes.

$ 33. Les yeux s'affaiblissentils. L’observatiou est vraie; le fait peut être difficile à expliquer ; mais il est positif. La physionomie tout entière ne change pas moins; mais on

remarque davantage le changement qui se produit dans les yeux et dans la vision. — L’humide vient à manquer. Ceci est conforme aux théories habitueltuelles d'Aristote; mais ces théorics n'ont rien de physiologique. — La preuve... Cette preuve n'est rien moins que décisive. — Elle n’a pas besoin de liquéfaction. Il semble que ceci est une contradiction de ce qui vient d'être dit; mais le texte n'offre pas de variante.

J'ai suivi l'interprétation la plus généralement admise ; mais on pourrait encore traduire tout ce passage ainsi: « La preuve, c'est que les matières ne deviennent liquides que quand elles sont échauffées ; mais la semence n’a pas besoin de liquéfaction... »

Ce sens doit paraître un peu plus

soin de liquéfaction ; car elle circule dans l’homme, comme y circule le sang,

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