GS LES PROBLÈMES
N'est-ce pas parce que la voix, en devenant plus faible, devient plus aiguë par cela même? La preuve c’est que, pour imiter ceux qui parleraient de loin, on prend une voix plus aiguë. Mais n'est-ce pas aussi parce qu’alors les volumes de la voix sont moindres ?
Pourquoi, chez les gens 4] [οηΐ de la gymnastique, est-ce le ventre seul qui diminue ?
N'est-ce pas parce que c’est le ventre qui a le plus de graisse ?
Pourquoi, lorsqu'on se fatigue, est-ce surtout la graisse qui est affectée ?
N'est-ce pas parce que la graisse se dessèche et se fond en s’échauffant ? Or le mouvement échauffe ; mais la chair ne se fond pas.
évident qu'il s’agit de la voix dont le volume est altéré, aussi bien que le timbre. — Plus aiguë. La voix est surtout plus faible. — La preuve... L'argument est juste ; et on rend sa voix plus aiguë quand on essaie de se faire entendre au loin.
Ceci est surtout remarquable dans les commandements militaires. Voir plus loin, section XI, 8 6.
8 3. C’est le ventre seul qui diminue. Le ventre n’est pas la seule partie du corps où les effets de la gymnastique se font sentir ; mais c'est là qu'il est le
plus facile de les remarquer.
Comme la gymnastique était très cultivée par les Anciens, ces observations leur étaient d'autant plus faciles. Voir plus loin, S14, la même question résolue à peu près de même.
8 4. La graisse qui est affectée. L'observation est exacte, et on peut la faire aisément sur le corps des athlètes, que l'exercice modifie violemment. — 86 dessèche et se fond. Il n'y ἃ qu'un seul mot dans le grec. — Le mouvement échauffe. C'est incontestable. — La chair. Par la chair, il faut entendre [65
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Pourquoi est-ce la région du ventre qui est la plus grasse ?
N'est-ce pas parce qu'elle est la plus voisine de la nourriture ? Et comme c’est au ventre que puisent toutes les autres parties du corps, c’est lui aussi qui en prend le plus. Ou bien n'est-ce pas parce que cette région fatigue moins que toute autre, attendu qu’elle n'a aucune flexion ?
Pourquoi la fatigue disparait-elle davantage quand on se frotte avec de l'huile mélangée d’eau ἢ N'est-ce pas parce que l'huile pénètre mieux quand
elle est mélangée d’eau, et que, quand elle est réduite à elle seule, elle entre moins dans la peau, parce
muscles.Voir Hippocrate, Littré, tome VII, p. 221.
8 5. Quiest la plus grasse. Ce n'est peut-être pas très exact.
Le ventre se développe et grossit plutôt qu'il ne s'engraisse ; c’est une dilatation de l'estomac et des intestins. Voir plus haut, δ 3.— Le plus voisin de la nourrilure. À cause de l'estomac, chargé de la digestion. — Qui en prend le plus. C'est une simple hypothèse. — Fatigue moins que toute autre. Il est vrai qu'il n’y a pas de flexions dans cette partie du corps ; mais le diaphragme, qui y est contenu, est le siège d'efforts presqe continuels.
8 6. La fatigue. Au lieu du terme général de Fatigue, on pourrait entendre aussi la Courbature, qui est un excès de la fatigue, à la suite d'un exercice prolongé. Le mot grec se prête à ces deux interprétations. — Avec de l'huile mélangée d’eau. Les Anciens se servaient de l'huile beaucoup plus que nous dans leurs exercices. Le moyen curalif dont il est parlé ici nous est à peu près inconnu. On ne peut guère douter de son efficacité dans les habitudes des athlètes grecs. Il est d’ailleurs assez difhcile de bien mélanger l’huile avec l'eau. — Pénèlre mieux... elle entre moins. Il est
qu'elle reste à la surface ? Le corps s’amollit beaucoup plus quand l'huile y pénètre, parce que l'huile est de nature chaude. La chaleur ἃ pour effet tout à la fois de dessécher et de durcir. Mais la sécheresse et la dureté ne contribuent pas à atténuer la fatigue; or l’huile, mêlée et battue avec l’eau, dessèche beaucoup moins. |
Pourquoi, pour combattre la fatigue, ordonne-t-on des vomitifs, puisque le vomissement est une fatigue nouvelle ?
N'est-ce pas parce que la fatigue est produite par la meurtrissure des os, par la pression qu’ils éprouvent et par leur courbature ? Cette impression est produite par quelque cause extérieure, ou par l’action des viscères du dedans du corps. Cet effet a lieu sous deux
probable que ces faits sont exacts ; et l’on peut les vérifier assez aisément. — L'huileest de nature chaude. Nous prendrions aujourd'hui une autre formule ; mais cette qualité prêtée à l'huile n'est pas tout à fait fausse. — Mélée et battue. I n'y ἃ qu'un seul mot dans le grec. L'école hippocratique recommandait les frictions d'huile contre les courbatures ; mais elle ne mélait pas l'huile à l'eau ; voir Hippocrate, Littré, tome VI, p. 585 et p- 587.
8 7. Ordonne-t-on des vomitifs. Le fait paraît bien singulier ; et le vomissement ne peut avoir qu'une action tout à fait in-
directe sur la fatigue. Seulement, en débarrassant le corps de certaines matières qui le gênent, il peut faire disparaître aussi la fatigue, qui tenait à d'autres causes. La médecine actuelle n’a plus recours à ces procédés. — La meurtrissure des os. C'est la traduction fidèle du texte ; mais physiologiquement l'explication ne vaut rien. Ce sont les muscles et non les os qui sont courbaturés. — Par quelque cause extérieure. Comme un poids considérable qui comprimerait le corps, el le lasserait en le génant. — Par l'action des viscères. C’est surtout au diaphragme que l'on sent l'impression de
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formes : ou ce sont les chairs qui tendent excessivement leur force, ou bien c’est un corps compact qui se mêle au reste du corps et qui n'est pas à la place convenable, comme sont des excrétions surabondantes. En effet, tous les poids extérieurs qui viennent se rattacher à nous, nous causent plus de fatigue qu'aucune des parties du corps, bien que leur poids, constaté à la balance, soit plus léger que celui de nos membres. Voici bien la preuve de ce que nous disons. Quand on a mangé et bu outre mesure, on se fatigue plus, tout en faisant moins que quand l’on était à jeun, parce que les aliments non digérés ne sont pas à leur place naturelle. Comme la fatigue amène la décomposition, et que la décomposition est une sécrétion surabondante, c'est là ce qui cause la fatigue en nous, en se répandant irrégulièrement dans le corps, et en se jetant sur les os et sur les nerfs, et dans les parties intérieures de la chair, qui sont sèches et ou-
la fatigue intérieure. —Les chairs.
Par Chairs, il faut entendre les Museles, où se passe l'effort qui amène la fatigue et la courbature. — Surabondantes. J'ai ajouté ce mot, qui m'a semblé ressortir du contexte. — Tous les poids extérieurs... Le fait est exact ; et bien que le poids de l'objet que nous portons soit moindre que le poids de nos membres, il nous gêne beaucoup, tandis que nos membres plus lourds ne nous gênent en rien.
— Constalé à la balance. Le texte n'est pas tout à fait aussi précis. — Vouct bien la preuve.
Cette preuve n'est pas décisive autant que l'auteur parait le croire. Il est bien vrai que, quand l'estomac est chargé, on supporte beaucoup moins la fatigue; mais ce n'est pas le poids même des aliments qui nous gêne; c'est
la disproportion de leur volume
avec le lieu dans lequelils sont recus et renfermés. — Ve sont pas à leur place naturelle. Les aliments sont bien à leur place; mais ils y sont en trop forte quantité, — La décomposition.
Le sens du mot grec est un peu vague ;: et notre langue ne m'a pas offert d'équivalent tout à fait
vertes. Ainsi done, le vomissement, en chassant cette cause de la fatigue, fait sans doute qu’on ne la sent plus. Il remet le corps là où il en était avant d’être fatigué. Le vomissement peut fatiguer aussi, non pas par l'excès du mouvement qu'il provoque, mais parce qu'il ne s’accomplit pas aussi bien qu'il le faudrait. Quand il reste encore beaucoup d'aliments dans le corps, comme ils contiennent beaucoup d’excrétions, le vomitif cause, en ce cas, de la fatigue, comme nous venons de le dire, pour les estomacs trop pleins. Si donc ce n’est pas le travail auquel on s’est livré qui est cause de la fatigue, mais si elle vient seulement de ce qu’on ἃ travaillé en étant en fâcheux état, le vomissement ne peut pas être davantage une cause de fatigue pour ceux qui ne se sont pas débarrassés de leurs aliments ; car il faudrait alors que la fatigue atteignit tous ceux qui se font vomir. Or, tout au contraire, presque toujours on est moins fatigué quand on a vomi.
satisfaisant. — Ainsi donc, le son effet. — Qui ne se sont pas vomissement. Cette explication débarrassés de leurs aliments.
de l'influence du vomissement n'est pas acceptable. — En chassant cette cause de la fatigue.
Le vomissement accroitrait plutôt la fatigue, loin de la diminuer. L'auteur semble, dans ce qui suit, reconnaître également cette action du vomitif, du moins en partie; mais il paraît croire toujours que, si le vomitif n'a pas cette action salutaire, c'est qu'il n'a pas pu produire tout
C'est la traduction exacte de l'expression grecque ; mais la pensée reste assez obscure. Il s'agit sans doute, ici comme plus haut, des aliments pris en grande quantité.— On est moins fatigué.
Le fait est exact ; et quand le vomitif est administré en temps convenable, il peut causer un soulagement très réel, aussi bien que le purgatif; mais il n'ôte pas la fatigue.
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Pourquoi le bras se fatigue-t-il plus à lancer à vide que quand il lance une pierre ?
N'est-ce pas parce que lancer à vide essouffle davantage ? On ne s'appuie alors sur rien, tandis qu'on s'appuie sur le javelot qu'on lance de la main, ou que le pentathle s'appuie sur les haltères, et que lon s'appuie sur les bras qu'on agite en courant. On saute beaucoup plus loin en ayant des haltères qu'en n'en ayant pas; on court également beaucoup plus vite en agitant les bras qu’en ne les agitant point da tout.
Pourquoi une course rapide, soit chez l’homme, soit chez tout autre animal, cause-t-elle des maux de tête ?
à la main. — On s'appuie sur les bras. On courrait fort mal si on tenait les bras appliqués le long du corps ; au contraire, en les agitant, on rend la course plus rapide et plus facile. On peut en dire autant dela marche, au lieu de la course. La même question et presque dans les
8 8. Lancer à vide. Le fait est parfaitement exact, et l'explication qu'en donne l'auteur est fort plausible. L’effort s'appuie en quelque sorte sur le poids de la pierre qu'on lance, tandis que le bras seul ne sent que son propre poids, que rien ne contrebalance. — Le pent-
athle.. L'athlète rompu aux cinq exercices, la lutte, la course, le saut, le disque et le javelot.
— Sur les haltères. L'étymologie indique que les haltères sont des poids plus ou moins lourds, qui aident à sauter plus vigoureusement, quand on les tient
mêmes termes se trouve dans Théophraste, fragment sur la fatigue, édit. Firmin Didot, p.
S 9. Cause-t-elle des maux de tête. Ce n’est pas un mal de tête ordinaire; mais le sang, se portant violemment au cerveau,
Cependant en général la course semble faite pour attirer en bas toutes les excrétions, comme le fait également la promenade. Aussi, les jambes grossissentelles quand on se promène beaucoup, parce que la nourriture et les excrétions descendent du haut en bas. Le mouvement produit le même effet; mais un mouvement rapide échauffe la tête par suite de l’effort et par l’essoufflement qu'il cause. Il gonfle les veines qui sont dans la tête, et 11 fait que les veines y attirent les influences du dehors, par exemple celles du froid et du chaud, ainsi que les influences venues du thorax. Elles montent dans la tête ; et nécessairement le lieu devient malade.
Pourquoi se fatigue-t-on plus sur un sol tout uni que sur un sol qui ne l’est pas, bien qu'on marche plus vite sur un sol bien uni que sur un sol raboteux ?
N'est-ce pas parce qu'il est moins fatigant de ne
y cause un vrai malaise, qui d'ailleurs ne persiste pas. — La promenade... les jambes grossissent. Ces faits sont exacts. — Descendent de haut en bas.
Cette explication n'est pas aussi exacte que le fait lui-même; ce sont les muscles qui se développent par leur action propre.
— De l'effort. Ou de la Tension.
— Venues du thorax, c’est-à-dire de l'intérieur du corps, et non plus du dehors. — Ælles montent dans la tête. Le texte n'est pas aussi précis.
8 10. Se fatigue-t-on plus.
La même question a été exposée et résolue plus haut, $ 1 ; elle le sera de nouveau, et en termes presque identiques, plus loin, δὲ 23 et 40. Ces répétitions indiquent évidemment de Ja négligence de la part du rédacteur, quel qu'il soit. Dans Théophraste, Fragment sur la fatigue, édit. Firmin Didot, page 400, 88 13 et suivants, le phénomène est décrit plus au long, et expliqué plus clairement. Il est de toute évidence que Îles
SECTION V, LA FATIGUE, S$ 11 175 pas toujours faire, sous une forme identique, le même et uniforme mouvement, et que l’on a moins cette uniformité sur un sol inégal? La marche est plus rapide, quand le mouvement est moins contre nature. Sur un sol uni, l'élévation du membre et son abaissement sont peu de chose ; mais le mouvement est fréquent; sur un sol non uni, c’est tout le contraire. Soulever est contre nature et exige toujours un effort violent. Orce qui serait peu de chose pour un seul pas devient considérable pour un grand nombre de pas.