ET
Pourquoi est-il plus fatigant de se coucher et de reposer sur des surfaces planes que sur des surfaces creuses ?
N'est-ce pas par la même raison que les surfaces convexes vous fatiguent plus que les surfaces planes ?
deux rédactions ont été calquées contre nature. On n’a qu'à
l’une sur l'autre. Si la nôtre est bien d'Aristote, son disciple n'aura fait que le copier. Si, au contraire, la rédaction de Théophraste est la première en date, ce serait une preuve que les Problèmes, ou du moins celuici, ne sont pas authentiques.
La solution de Théophraste est d'ailleurs la même que celle qui est donnée dans ce problème 10.
La différence la plus importante entre les deux textes, c'est que Théophraste parle des Marches régulières, tandis que notre texte parle des Lieux à surface régulière et unie. — Est moins
avancer la jambe naturellement, tandis que, sur un sol qui n'est pas uni et plan, il faut faire fréquemment un effort pour soulever la jambe et le pied. — Exige toujours un effort violent.
L'observation est exacte. — Devient considérable, à mesure que le mouvement se prolonge.
8 11. De se coucher et de reposer. Il n'y ἃ qu'un seul mot dans le texte. Le sens ne peut être douteux; et l'expérience de tous les jours le prouve à chacun de nous; il y a toujours un creux dans le lit où l’on repose, et le corps y est tou-
Si l’on est assis, ou couché, la pression que cause le poids, en s’accumulant sur un seul point, vous cause de la souffrance. Le convexe gène plus que le droit ; et le convexe est plus droit que le creux, parce que notre corps est plutôt périphérique que tout droit. Les creux s'appliquent à ses sinuosités plus aisément que les surfaces planes. C'est là aussi ce qui fait que les matières qui cèdent sont moins faligantes que celles qui ne cèdent pas, soit pour être couché, soit pour être sur son séant.
Pourquoi les petits pas sont-ils fatigants ?
N'est-ce pas parce qu'ils sont irréguliers ? Ils nous forcent de nous redresser bien souvent. Or le changement du contraire en son contraire fatigue beaucoup, quand ilse répète fréquemment. Il ne nous habitue ni à l’un ni à l’autre des contraires, ce qui nous
jours plus ou moins ployé. — La pression que cause le poids.
L'explication peut sembler assez plausible. Le poids réparti sur plusieurs points semble moins lourd. — Ze convexe... le droit. L'opposition des deux formes est évidente ; et en effet 1] serait encore plus pénible de reposer sur une surface convexe que sur une surface plane. — Périphérique. J'ai reproduit étymologiquement le mot grec, bien qu'il ne soit pas tout à fait exact.— Sont moins faligantes.
De là, la mollesse des coussins
et de tous les meubles pouvant servir au repos. Chacun de nous peut s'en convaincre.
812. Les petits pas. 1] semble que, d'après le contexte, c'est là le sens véritable de ce passage.
Des commentateurs ont compris qu'il s'agissait de promenades dans un espace resserré. Les deux interprétations reviennent à peu près au même; mais celle que jai adoptée me semble préférable. Les petits pas sont plus fatigants, parce qu'ils ne répondent pas à notre allure habituelle. — Jrréguliers. Par
᾿ SECTION V, LA FATIGUE, $ 14 il ôterait toute fatigue ; car nous ne saurions nous habituer aux deux contraires à la fois.
Pourquoi, lorsqu'on est à cheval, et que le cheval court plus vite, a-t-on de plus en plus les yeux larmoyants ?
N'est-ce pas parce que l'air qui alors frappe les ‘yeux constamment, devient d'autant plus froid qu'il ne touche le corps que pendant très peu d’'instants, ainsi qu'on le voit sur ceux qui courent tout nus? Or le froid provoque les pleurs. Ou n'est-ce pas plutôt par le contraire ? Ainsi, la chaleur, par exemple celle du soleil, fait pleurer; et le mouvement produit la chaleur. Ou bien n'est-ce pas aussi par le coup que l'air frappe sur l'œil? Le vent qui vient à l'encontre des yeux les trouble ; et de mème, le vent qui frappe l'œil fait que le coup est d'autant plus sensible que le cheval va plus vite.
Pourquoi les autres parties du corps grossissent-
opposition, sans doute, à notre pas ordinaire. — Ce qui nous Ôterait toute fatigue. Ou qui, du moins, la diminuerait beaucoup, — Aux deux contraires à la fois.
Ce qui est de toute évidence.
δ 13. Lorsqu'on est à cheval.
Voir plus loin, $ 37, le même problème résolu par les mêmes arguments. [011] y a trois arguments distincts. D'abord, le
Ts) I:
froid de l'air ; puis la chaleur que l'air peut avoir également ; en troisième lieu, la percussion de l'air sur le globe de l'œil.
Septali croit que l'auteur offre un quelconque de ces arguments à choisir par le lecteur. Chacun de ces motifs a sa valeur, qu'aucun soit décisif.
ὃ 14. Les autres parties du corps. le ventre. L'observation,
sans
elles par les frictions, tandis qu'au contraire le ventre s’allège et diminue ἢ
Est-ce parce que le ventre ne se forme pas de portions diverses, mais qu'il est plus compact? La chair ne l’est pas aussi complètement; et c’est là ce qui justifie notre question. En général, les exercices et les fatigues font disparaitre le ventre. Cela tent à ce que les parties grasses, en s’échauffant, se dessèchent ; et que celles qui ont naturellement de la tension se dessèchent encore davantage. Or la peau du ventre est naturellement tendue ; et comme elle s’engraisse très rapidement, elle ἃ toujours une certaine portion de graisse, à moins qu'elle ne soit malade d’une facon ou d’une autre. Cela tient à ce qu’elle est tout près de la nourriture. Comme la graisse n’est pas absolument naturelle mais acquise, et qu'elle n’est pas nécessaire autant que la chair, le mouvement des exercices gymnastiques, et celui des frictions qui développent de la chaleur, la dessèchent, et font passer dans
déjà exposée plus haut dans les mentaire. — Ce qui justifie $$ 3 et 5, est exacte. — S'allège notre question. Le texte n'est el diminue. Il n'y ἃ qu'un seul pas aussi précis; mais le sens
seul mot dans le texte. L’obser- ne peut être douteux. — Font vation est juste; les athlètes disparaitre le ventre. L'obsern'ont pas de ventre. — Me se vation est très exacte. — De la forme pas de portions diverses... tension. Ceci fait sans doute
Le grec est fort obscur ; et je ne réponds pas de l'exactitude de l'interprétation; j'ai donné la plus probable. La vieille traduction a omis cette phrase ; et Gaza ne l'a pas bien traduite, Septali le lui reproche; mais lui-même ne réussit pas mieux, malgré la prolixité de son com-
allusion à la peau du ventre, comme on [6 voit par ce qui suit — Ælle est tout près de la nourriture. Ou plutôt, de l'estomac ; mais cette proximité ne fait pas que le ventre soit plus
nourri que le reste. — La graisse. Sous-entendu probablement: Du ventre. — C’est là
. RS de D à
SECTION V, LA FATIGUE, ὃ 15 179 les autres parties du corps la nourriture surabondante, qu'elles leur répartissent. C’est là encore ce qui fait que d’être assis habituellement grossit et engraisse le ventre, tandis que cette inaction fait maigrir tout le reste du corps. Les mouvements au contraire et les exercices diminuent le ventre, et font grossir le reste du corps entier.
LE
Pourquoi, à la suite de courses rapides et longues ou de simples marches, si l'on vient à se tenir sur l'extrémité des orteils, les talons des pieds sont-ils tout agités, et est-on attiré précipitamment en bas ?
N'est-ce pas parce qu'à cause de la continuité et de la violence du mouvement, le tremblement n'a pas cessé dans les nerfs de l’homme ? Parfois, l'âme domine l’ensemble du corps et ne domine pas ses parlies, qui peuvent alors avoir un mouvement indépendant, comme le cœur et le membre honteux. La cause en est qu'il y a beaucoup d'air qui se brüle dans les
encore ce qui fait. La conséquence n’est pas évidente ; mais il est certain, comme le dit le texte, que la vie sédentaire et assise développe le ventre. Cette observation est fort juste, ainsi que la suivante.
ὃ 15. Sur l'extrémité des orteils, les talons... La question doit paraître assez singulière, etil semble qu'iln'yavait paslieu de la discuter sérieusement. — Tout agités. C'est la suite nécessaire du mouvement violent de
la course ou de la marche prolongée. Le système nerveux tout entier est ébranlé par la fatigue des muscles, comme le dit l’auteur, — Parfois ἰ᾿ πιο...
Il semble que le rôle de l'âme n'est pas très marqué dans ces circonstances, — Comme le cœur.
Le mouvement du cœur est tout à fait indépendant de la volonté de l’homme ; les mouvements du sexe peuvent y être soumis davantage, bien qu'ils soient spontanés. — Beaucoup d'air
nerfs, οἱ qui ne se refroidit pas sur-le-champ, quand on reste en repos. Cet air, faisant trembler le corps, comme s’il agissait encore après que le mouvement a eu lieu, se dirige en bas, et fait que l’âme peut d’autant moins dominer la partie qui est la plus éloignée. Les talons souffrent alors quelque chose d’analogue à ce que souffre la lèvre inférieure dans les accès de colère.
Pourquoi, lorsque l’on ne court pas très fort ni très longtemps, respire-t-on régulièrement et en rhythme ?
N'est-ce pas parce que tout rhythme régulier se mesure par un mouvement défini, et parce qu’alors le mouvement, qui a lieu en des temps égaux, est préctsément celui qu’on fait quand on court ? En commencant à courir, on respire de telle sorte que la respiration, devenue égale parce qu'elle se mesure par un égal mouvement, produit un rhythme. Ou bien n'est-
C'est la condition
quise brûle. Physiologiquement, ceci ne s'explique pas. — faisant trembler le corps. . Tout ce passage est fort obscur ; et je ne suis pas certain de l'avoir bien rendu. — L'äme peut d'autant moins. L'âme domine toutes les parties du corps, et les membres lui obéissent, dans
quelque région qu'ils soient placés. — La lèvre inférieure.
Ce rapprochement semble bizarre, et n’a rien de réel.
δ 16. Lorsque l’on necourt pas
très fort.
essentielle du phénomène ; car si la course devient violente, la respiration est très irrégulière, parce qu'elle est très gênée. — Se mesure par un mouvement défini. C'est la définition même du rhythme. — Quand on court.
Le mot grec ἃ une nuance quiindique que la courseest continue; je n'ai pu rendre cette nuance dans notre langue. — ÆEn commencant à courir. C'est-à-dire, à un moment où elle n'est pas
ce pas qu'absolument parlant, la respiration ἃ lieu dans des temps égaux, toutes les fois qu’elle est naturelle et qu'on ne la retient pas? Assis ou marchant, on ne s'aperçoit pas de ce rhythme, parce que le mouvement du corps est modéré. Quand on court violemment, la sensation ne se produit pas après le mouvement; et nous ne pouvons nous apercevoir du rhythme de la respiration. Mais au contraire, quand “on court modérément vite, le mouvement, permettant de sentir la mesure de la respiration, nous pouvons nous apercevoir du rhythme.
Pourquoi, lorsqu'on court, nous semble-t-il que l'air devient du vent ἢ
N'est-ce pas que, par le mouvement de notre course, nous mettons en mouvement l'air répandu autour de notre corps, ce qui produit précisément l'effet du vent ? Ce n’est pas là une simple apparence; mais c'est bien en toute vérité que l’air devient réellement du vent. Ou bien encore, n'est-ce pas qu’en courant nous heurtons l'air, et que, dans ce cas, nous
encore très vive et ne précipite pas la respiration. — Ou bien n'est-ce pas. Cette seconde explication complète la première. — La respiration a lieu dans des temps égaux. C'est le rhythme habituel de la respiration, que les pulsations du pouls indiquent très nettement. — Nous pouvons nous apercevoir. Le phénomène est très exactement analyse.
8 17. Devient du vent. C’est là le sens vrai du mot grec, comme le prouve toute la suite du contexte. — Vous mettons en mouvement. Le fait est exact, bien que le mouvement de la course ne puisse jamais produire qu'un vent assez léger, malgré ce qu'en dit l'auteur. — Nous heurtons l'air. Ce second fait est également exact ; mais nous mettons l'air en mouvement,
sentons l'air davantage, à cause du mouvement que nous lui imprimons ἢ C’est donc fort justement qu'il nous semble devenir un vent véritable ; et c’est le déplacement de l’air qui produit ce phénomène.
Pourquoi tombe-t-on plus souvent quand on court que quand on marche ?
N'est-ce pas parce qu'on doit s'élever plus haut avant de se mouvoir ? Car c’est par là que la course diffère de la sinple marche.
Pourquoi. dans les montées. avons-nous les £enoux
plus fatigués, et pourquoi, dans les descentes, sont-ce
les cuisses qui éprouvent le plus de fatigue 9 N'est-ce pas parce qu’en montant nous sommes
| Ι obligés de 1οον le corps en haut, et que la tension du Ὁ J 9
plus que nous ne le heurtons. — C’est le déplacement de l'air.
Dans l’un et l’autre cas, l’air est nécessairement déplacé ; et l’on peut regarder la question ici posée comme très curieuse et tres délicate.
8. 18. Tombe-t-on plus souvent. Le fait est certain, et la raison qu'en donne l'auteur est vraie ; mais c'est peut-être encore plus la rapidité du mouvement que l'élévation du corps qui provoque les chutes. On est moins maitre de ses mouvements, quand on court si vite.— La course diffère. C'est aussi
par un mouvement plus fort.
8 19. Zes genoux... les cuisses. Peut-être les faits ne sontils pas aussi exactement observés que l’auteur le suppose ; dans les descentes, les genoux sont fort endoloris par la pesée des fémurs sur l'articulation de la jambe ; dans les montées, les genoux souffrent peut-être moins, à cause de la facilité de la flexion. Le phénomène le plus marqué dans l'ascension, c'est la gène de la respiration ; on est moins étouffé dans les descentes. — La tension du corps devient énorme. X1 faut faire un
corps devient énorme, ainsi que celle des genoux ? De là vient que les genoux fatiguent beaucoup. Au contraire, dans les descentes, comme les cuisses s’abaissent sur les jambes, nous les fatiguons en nous appuyant dessus. Ajoutons que tout ce qui est contre nature provoque la peine et la douleur. Ce qui est naturel, c'est que les genoux fléchissent en avant, tandis que les cuisses fléchissent en arrière. Dans les ‘montées, les genoux fléchissent en arrière parce qu’on veut s'appuyer dessus ; dans les descentes, les cuisses fléchissent en avant, parce que notre corps est obligé de se retenir de peur de tomber.
Pourquoi, quand on marche, est-ce surtout au milieu des cuisses que l’on sent la fatigue ?
N'est-ce pas parce que, dans tout objet qui a de la
effort violent pour élever le poids du corps à chaque pas.— Les cuisses s’abaissent. C'est surtout le poids du corps, qui tend à se précipiter, et qu’il faut toujours retenir. — Tout ce qui est contre nature provoque la peine. C’est une des théories les plus ordinaires d’Aristote et une des plus vraies. — Les cuisses fléchissent en arrière. En roulant sur la tête du fémur dans la hanche. — Les genoux fléchissent en arrière, dans les montées, parce qu'on est forcé de tendre le jarret. — Les cuisses fléchissent en avant. L'expression est exagérée, sans être fausse. Du reste, cette question
est fort curieuse, comme la précédente, et comme celle qui va suivre. Voir plus loin, ἃ 24.