‹ Les Problèmes d'Aristote; (volume 2)Chapitre 46 sur 82 · ES ES · texte numérisé non relu

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des coups répétés, et en touchant d’abord l'origine des poils, poussent ce principe en sens contraire. Ce principe étant repoussé, l'extrémité du poil éprouve nécessairement un retour ; et alors, les poils se dressent, parce que tous avaient été infléchis en bas. Mais la course du vent qui entre par l’ouïe dans le corps, va de haut en bas. Les sons étant durs, comme on vient de le dire, le frisson ἃ lieu par les causes qu'on vient d'expliquer. Mais ces frissons se produisent dans le reste du corps plus qu’à la tête, parce que là les poils sont plus faibles, et que la sensation l'est également. D'autre part, comme l’ouïe est un sens plus vague que la vue, les impressions qu’elle donne sont plus superficielles ; et c’est là précisément ce qu'est le frisson, qui a, par conséquent, plusieurs causes et des causes très diverses. Quant à la vue, comme elle est un sens plus distinct, il est tout simple

concoit la physique moderne.

Au fond, les deux idées sont les mêmes ; et les Anciens étaient sur la voie où la science contemporaine est allée beaucoup plus loin qu'eux. — L'origine des poils. Il aurait fallu plutôt s'occuper de l'ouie ; les poils se dressent dans le frisson ; c’est assez vrai; mais il s'agit ici des sons avant tout ; c'est l'ouie qui est frappée plus spécialement.

— Infléchis en bas. Les poils, selon cette théorie, auraient été d'abord abaissés ; et ils se relèveraient, par l'élasticité qui leur est propre. — La course du vent. Ceci ne se comprend pas bien ; et l'on ne voit pas à quel

phénomène il est fait allusion.

— Les causes qu'on vient d'expliquer. L'explication peut paraitre insuffisante ; mais il ne faut jamais oublier que la science en est à ses débuts. -- Parce que là les poils sont plus faibles.

Sans doute à cause de la longueur naturelle des cheveux, comparée à celle des autres poils. — C'est là précisément ce qu'est le frisson. Cette conclusion ne ressort pas assez de ce qui précède. -- Elle est un sens plus distinct. Et en même temps, c'est le sens qui nous révèle le plus de choses et de détails, comme Aristote l’établit dans les premières phrases de

que les impressions qui en viennent, soient aussi plus distinctes ; et c’est là ce qui fait que c’est de la vue que viennent les impressions qui nous révélent la vérité des choses, bien qne d’ailleurs elles soient plus légères que la réalité même. Les impressions venant de l’ouïe n’agissent pas comme les choses mêmes: mais nous frissonnons par la peur de ce qu'elles nous annoncent; car le frisson est l’appréhension d'un mal qui menace de nous affecter.

Pourquoi, quand des gens bäillent, bâille-t-on aussi? Pourquoi urine-t-on quand on voit uriner ? Et surtout pourquoi ce phénomène se passe-t-il chez les bêtes de somme ?

N'est-ce pas l'effet d’un souvenir? Car lorsqu'on se souvient, c’est l’organe spécial qui est ému, Chez les hommes qui sont plus sensibles, dès qu'ils voient

la Métaphysique. — La vérité des choses. Les autres sens nous révèlent bien aussi la vérité ; mais ils nous en apprennent beaucoup moins que celui-la.— Plus légères que la réalité même.

L'expression est insuffisante ; mais la pensée est juste, puisque la vision ne se compose que d'images. — Par la peur de ce qu’elles nous annoncent. La peur a lieu dans quelques cas ; mais le plus souvent elle n’accompagne pas les sensations de l'ouie.— Le frisson est l'appréhension d'un mal. La définition peut être juste dans quelques cas ; mais elle ne l’est pas géné-

ralement. Voir plus loin, section XXXV, $ 3, une question analogue, discutée plus brièvement.

S 6. Bdille-t-on aussi Voir plus haut la même question, SietS 2. — Chez les bétes de somme. Tels que les chevaux, par exemple. Chacun de nous ἃ pu constater le fait. N'est-ce pas l'effet d'un souvenir. V'explication est tout :au moins ingénieuse ; mais indépendamment du souvenir, qui est un acte intellectuel, il y a en outre une certaine impression physiologique. — Chez les hommes qui sont plus sensibles. L'ob-

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la chose, ils sont émus sur-le-champ et ils se souviennent. Chez les bêtes de somme, il ne leur suffit pas de voir ; il faut encore une autre sensation ; voilà pourquoi elles flairent, parce que chez les animaux privés de raison, c’est le sens de l’odorat qui est mü le plus aisément. C’est pour cela qu'ils viennent tous uriner dans le même lieu où un premier a uriné . auparavant. L'impression la plus vive en eux est quand ils flatrent ; et ils flairent, après s'être approchés de l'endroit.

Le

Pourquoi, en voyant quelqu'un se couper, ou se brüler, ou se contorsionner, ou souffrir quelque horrible douleur, souffrons-nous aussi en pensée ?

N'est-ce pas parce que nous avons tous une nature commune ? On partage la douleur de celui qu’on voit souffrir, à cause de la parenté qu’on ἃ avec lui ? N’estce pas encore que, de même que le nez et l’ouïe re-

servation est fort exacte, et la L'expression grecque est aussi

différence est évidente. — Dès qu'ils voient. Sans avoir besoin du témoignage d'un autre sens.

— C’est le sens de l’odorat...

Le phénomène est vrai; mais chez certains animaux, la vue est encore supérieure à l'odorat.

— Où un premier a uriné. Ceci est surtout vrai des chiens. — Ils flairent. Le phénomène est très bien décrit.

S7. En voyant quelqu'un se couper... Le phénomène est vrai et bien observé. — Souffrons-nous aussi en pensée.

peu déterminée ; mais elle n’en est pas moins juste. C'est précisément ce qu'on appelle la sympathie. Matériellement, on ne souffre pas comme le patient que l'on plaint; mais on est moralement affecté d'une manière vive et douloureuse. — Nous avons lous une nature commune. La réponse est excellente ; et l’on peut voir dans la sympathie ainsi entendue quelque chose de providentiel. — A cause de la parenté... C'est un des liens les plus puissants

coivent des effluves selon leurs fonctions spéciales, de même aussi la vue subit les impressions des choses, soit agréables, soit pénibles ?

Pourquoi, lorsqu'on approche de phthisiques, de ou de galeux, contracte-t-on leur mal, tandis qu'on n’est pas atteint ni

d'hydropisie, ni de fièvre, ni d’apoplexie, ni de tant \ Ι ; ; Ι ,

gens qui ont une ophthalmie,

d’autres maux ?

N'est-ce pas, quant à l’ophthalmie, parce que l'œil est le plus sensible de nos organes, et que plus que tous les autres, il se met à l'unisson de ce qu'il voit, de même que tout autre objet est mis en mouvement par un autre objet, qui lui-même est mu, et que, par conséquent, l'œil, en voyant un certain trouble, est troublé lui-même plus que tout autre organe? L'ac-

des sociétés humaines. — La vue subit les impressions... La comparaison nest pas très juste; la vision proprement dite ne souffre pas ; mais elle transmet à l'âme des signes de douleur, quenotre raison comprend, et qui nous affectent très efficacement.

$ 8. Phthisiques..…. ophthalmie. galeux. Le fait est certain pour la gale, qui se communique par le contact; mais il ne l'est pas autant pour la phthisie et pour l'ophthalmie surtout.

Il n'y ἃ d'exception que si ces maladies sont épidémiques. — L'œil est le plus sensible de nos organes. Ceci n'est pas sûr, οἱ

l'œil peut être affecté par la vue d'une ophthalmie sans la contracter. — En voyant un certain trouble... 1] est certain que certains aspects agissent sur l'œil d'une manière très vive, sans aller cependant jusqu'à le rendre malade. La contagion de l'ophthalmie tient à d'autres causes. — À ce que l'haleine est mauvaise et lourde. L'observation est exacte ; et c'est souvent par l'haleine que la phthisie se communique. Septali remarque avec raison que cette affection redoutable se contracte souvent de l’un des époux à l'autre; mais il n'y a pas besoin de la cohabitation pour que le mal se

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tion de la phthisie tient à ce que l’haleine est mauvaise et lourde. Toutes ces maladies se contractent d'autant plus vite qu'elles viennent de quelque corruption, comme cela se voit dans les cas de peste. En s’approchant du malade, on respire cet air pernicieux. On prend la maladie, parce qu'il y ἃ dans cet air quelque chose de morbide ; et on ne souffre abso- .Jument qu'à cause de l’haleine qui a été expirée.

Les gens ne sont pas atteints lorsqu'ils respirent un autre air. On contracte la même maladie, parce qu'on respire près du malade le même air qu'on expirerait soi-même, si l’on était malade. La gale, ainsi que la lèpre, et les affections analogues, se contracte parce qu'elle est superficielle ; et que la matière qui sort alors de la peau, est visqueuse. Ces espèces de maladies causent des démangeaisons. On les prend par le toucher précisément, parce qu'elles sont à la surface de la peau et qu'elles sont visqueuses. Quant aux autres maladies, tantôt on ne les contracte pas, parce que justement elles ne sont pas superficielles. Tantôt d’autres affections, qui sont aussi à la surface, ne sont pas non plus contagieuses, à cause de la sécheresse qu'elles conservent toujours.

Pourquoi le pourpier et le sel arrêtent-ils le saiognement des gencives ἢ

déclare. — Causent des déman- raient. Hippocrate ne parait geaisons. Ceci est vrai surtout pas s’en être occupé. — À cause de la gale. — Ælles sont vis- de la sécheresse. Par opposi-

queuses. On sait aujourd'hui tion à la prétendue viscosité très précisément ce qu'est la des autres.

gale ; mais les Anciens l'igno- S9. Le pourpier et le sel.

N'est-ce pas parce que le pourpier contient un certain liquide ? Et l’on peut bien voir sortir ce jus pour peu qu'on mäche cette plante, et qu'on la tienne quelques instants dans la bouche. La liqueur en sort; et la viscosité, absorbée dans la gencive, atténue l’acuité du mal. Cette acuité prouve bien que la substance qui la calme est du même genre ; car le jus de la plante ἃ une certaine àcreté. Quant au sel, c’est en faisant fondre la chair qu’il fait sortir l’acuité de l'humeur,

Pourquoi la cendre et le nitre ne produisent-ils pas le même effet ?

N'est-ce pas parce que ce sont des substances astringentes et non fondantes ?

Ce ἃ est la répétition textuelle du $ 38 de la section I, plus haut. Il serait inutile de répéter ici des remarques déjà faites, et auxquelles on peut se reporter.

S 10. La cendre et le nitre….

Voir plus haut section, I, ὃ 38,

la remarque sur la séparation des $ 9 et 10 dans quelques éditions, et sur leur ‘réunion dans quelques autres. Ils sont séparés ici; plus haut ils sont réunis. L'école Hippocratique faisait un assez grand usage du nitre dans sa pharmacopée.

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