‹ Les Problèmes d'Aristote; (volume 2)Chapitre 47 sur 82 · EFFETS DU FROID ET DU FRISSON · texte numérisé non relu

EFFETS DU FROID ET DU FRISSON

De la päleur causée par le froid ; de l'insommie venant de la même cause ; action du froid sur les maladies, sur les athlètes, sur les

extrémités du corps ;

froid de pieds

; action du froid sur les gens

replets ; frissons après l’éternuement et l'urination ; effet du froid sur l'appétit et après les exercices ; frisson causé par l'eau froide et l’eau chaude ; érection des poils ; balbutiement causé par le froid ; froid plus intense quand on court ; froid du matin; effets du feu sur les gens qui ont froid ; la colère empêche de sentir le froid ; action du froid sur les cheveux, les poils et le

sommeil.

Pourquoi, lorsqu'on est transi de froid, devient-on

livide ?

N'est-ce pas parce que le sang se fige à cause du froid, et que se figeant, il devient noir par défaut de chaleur ? La blancheur, au contraire, tient à l’action

du feu. C’est là aussi ce qui fait que la peau devient livide chez les vieillards surtout, parce que chez eux la chair a de moins en moins de chaleur.

8 1. Devient-on livide, Le fait est exact; et l'explication qui en est donnée, bien que sous forme très générale, est fort acceptable. -- Le sang se fige.

Chacun a pu juger, par expérience, que c'est bien ainsi que les choses se passent. — 7/1 devient noir. C'est exagéré, et c'est tout au plus, quand le froid va jusqu'à être mortel,

que la chair noircit. — La blancheur.… tient à l'action du feu. C'est peut-être dire trop ; et il faut que le feu soit exceptionnellement ardent pour paraître blanc. — Chez les vieillards. C’est peut-être aller trop loin: mais l'influence de la vieillesse sur la couleur de la peau est manifeste; elle pälit le teint tout au moins.

Pourquoi, quand on a froid, ne peut-on pas dormir ? N'est-ce pas parce que, quand on a froid, on retient davantage sa respiration ? Or, pendant le sommeil, on expire plus qu'on n'aspire; et par suite, si l’on ἃ froid, on ἃ peine à dormir; car il est bien impossible de faire en un même temps des actes contraires.

Pourquoi, quand 11 fait froid, la maladie, la tristesse et la colère ont-elles plus d'intensité ? N'est-ce pas parce que, dans le froid, tout le corps

est plus resserre ἢ

S2. Ne peut-on pas dormir.

Septali objecte à cette explication que le froid porte au contraire ceux qui le souffrent à un sommeil, qui parfois peut devenir mortel. Ceci est vrai ; mais on peut répondre que dans ce ὃ il n'est question que d'un froid ordinaire, qui en effet interrompt le sommeil et le rend impossible. Quand le froid est trop violent, il pousse au sommeil, qui devient irrésistible et qui tue. — On retient davantage sa respiration. L'observation n'est peut-être pas très juste. Retenir sa respiration signifie seulement que la respiration devient plus lente.

— On expire plus qu'on aspire. Le pouls se raientit

pendant le sommeil. — En un méme temps des actes contraires.

Les actes contraires sont ici ceux que provoque le sommeil et ceux du froid. On perd déjà de sa chaleur quand on dort, et il faudrait la garder. Le corps ne peut donc pas sentir tout à la fois la chaleur et le froid ; l'un chasse l’autre. Voir plus loin, ὃ 22, le même problème, où la solution est la même, dans des termes peu différents.

8 8. La maladie, la tristesse. C'est une expérience que chacun a pu faire; le fait est exact.

— Tout le corps est plus resserré. Cette explication est bien insuffisante, quoiqu'en réalité le froid resserre les corps, tandis que la chaleur les dilate. Ce

SECTION VIII, FROID ET FRISSON, ὃ 4 223

Pourquoi les athlètes en bonne santé sont-ils plus

accessibles au froid ?

N'est-ce pas parce que toute leur constitution est pure, que leur respiration est facile, et qu'ils n’ont pas de graisse ? Cette disposition est celle qui est la plus facilement exposée à souffrir de l'air ambiant, parce

: ᾽ - LA r ’ ᾽ qu'elle est aisément perméable, et qu'elle n’a pas de chaleur propre. La graisse est chaude, à moins d’être

tout à fait humide.

n'est pas parce que le corps est resserré que la maladie, la tristesse, la colère se sentent davantage; mais c'est sans doute parce qu'au mal qu'on a déjà, vient se joindre Ja souffrance particulière que cause le froid.

δά, Plus accessibles au froid.

Α première vue, il semble que les athlètes, bien constitués comme ils le sont, devraient supporter le froid mieux que les autres hommes, de même qu'ils supportent mieux aussi bien d'autres épreuves. Mais ce n'est pas l'avis de l’auteur; et pour le bien comprendre, il faut se rappeler que les Anciens, cultivant beaucoup plus que nous la gymnastique, pouvaient en savoir beaucoup plus long sur ses effets. — Leur constitution est pure. L'explication est bien vague, quoique au fond elle ne soit pas fausse. La constitution est rendue plus

forte et plus saine par des exercices réguliers et vigoureux.

— Ils n'ont pas de graisse.

Ceci est généralement vrai, bien que parfois des hommes gras soient d'une force extrême.

— La plus facilement exposée.

Il ya des éditions qui ont un texte absolument contraire.

Cette variante ne tient uniquement qua une seule lettre; mais le contexte ne permet pas le doute. — Aisément perméable.

L'expression grecque n’est pas plus précise; on la comprend bien, quoiqu'elle pût être plus nette. — La graisse est chaude.

Et comme les athlètes n'ont pas de graisse, ils sont plus susceptibles au froid. L'école Hippo-

cratique s'est occupée aussi du

tempérament particulier des athlètes, qui n'est pas sans danger pour Ja santé; voir Hippocrate, Littré, tome IV,

p. 459 et suiv.

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