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prendre une direction qui est contre nature. Au contraire, les coups venant de corps très durs, qui ont tout à la fois du poids et de la force, causent de la compression et de la contusion. La partie comprimée s'abaisse et se creuse ; et contuse, elle se vide. La contusion est en quelque sorte une coupure et une division adoucies. Le milieu devenant creux et vide, le sang superficiel y est porté de toutes les parties environnantes. Naturellement, il se dirige en bas; et dans les parties vides, parce qu'elles cèdent. Le sang, en y affluant, fait tout naturellement que cette partie rougit; et les parties où il manque deviennent blanches.
Pourquoi, lorsqu'on est malade de la rate, les cica-
trices sont-elles noires ?
la chair le coup de la férule. — La partie comprimée. Par le coup violent qu'a porté le bout du bois.—S’abaisse el se creuse.
Il n'y ἃ qu'un mot dans le texte.
— Elle se vide. Le texte dil:
« elle est rare ».— Une coupure et une division. L'expression est peut-être bien forte, quoique ce ne soit qu'une comparaison. — Creux et vide. Le texte dit encore Rare au lieu de Vide. Le mot que j'ai adopté me semble plus clair. — Le sang superficiel. C'est-à-dire le sang qui est à la surface de la peau, et qui est le plus proche de la partie contuse. — Les parties vides. Ou, Rares.— Le sang... C'est la con-
clusion de tout ce qui précède,
ὃ 5. Lorsqu'on est malade de la rate... L'observation présentée dans ce $ paraît être assez exacte. La rate décompose le sang qu’elle recoit d’une manière toute spéciale ; et ce qu'on appelle Boue splénique donne au sang une couleur violacée, qui aura été remarquée par les Anciens. Ils se sont d'ailleurs occupés plus que les Modernes peut-être des fonctions de la rate et des maladies qu’elle peut développer ; l'école Hippocratique y attache une extrême importance; voir Littré, Hippocrale, tome V, p. 83 ; et l'on avait signalé déjà la couleur noire
SECTION IX, MEURTRISSURES, ETC., 8 6 243 N'est-ce pas parce que ces malades ont le sang corrompu, le sang devenant morbide et aqueux en se mêlant à la sécrétion de la rate? La cicatrice n’a qu'une peau légère et superficielle, tandis que le sang, qui est noir parce qu'il est aqueux et chaud, rend la cicatrice de cette couleur en s’y montrant; et alors il arrive bien souvent que la cicatrice à cet endroit semble plus noire. Le phénomène se produit par la même cause. Le sang se refroidit par la faiblesse de la peau ; et la chaleur s’échappant, il devient plus noir. C’est encore de la même façon que chez les vieillards la peau est plus noire que chez les jeunes gens, ainsi que, chez eux, des cicatrices qui sont pareilles sont plus noires aussi. Leur corps tout entier parait comme meurlri, non pas à cause de la ténuité de la peau, mais parce que la chaleur s’en est retirée.
Est-ce qu'il se peut que des causes qui produisent
que la maladie de la rate fait souvent prédominer, par la corruplion du sang. Voir sur la rate le traité élémentaire de physiologie humaine par M. Béclard, 6e édition, pp. 568 et suiv.
— Ont le sang corrompu. L'observation est exacte. — À cet endroit. L'expression du texte est équivoque ; et elle pourrait tout aussi bien s'adresser au malade lui-même qu'à la partie de son corps qui est souffrante.
— Le sang se refroidit. Sans doute parce qu'à cause de la minceur de la peau, il est plus
directement en contact avec l’air extérieur. — Qui sont pareilles.
Le texte signifierait peut-être plus exactement: « qui sont de naissance ». Ce dernier sens m'a semblé moins naturel, bien que l'autre soit grammaticalement moins régulier. — Comme meurtri. L'image est assez juste.
— La chaleur s’ên est retirée. 1] est certain que, d'une manière générale, la vieillesse peut sembler un refroidissement de l'organisation entière.
8 6. Est-ce qu'il se peut. Sep-
tali remarque avec raison que
un même effet aient la même puissance de faire, ou de ne pas faire? Voici ce que je veux dire; par exemple les meurtrissures disparaissent également sous l’action de l’airaim, du raifort, de la fève concassée, du poumon, de l'argile et de tant d’autres malières qui ont la même action.
Est-ce, quant à l’airain, parce qu'il a de la rouille, et que la rouille peut servir de médicament ? Quant à l’action de la fève concassée, du poumon et de l'argile, est-ce qu'ils attirent le mal au dehors, à cause de leur légèreté spongieuse, de même que d’autres substances agissent par d’autres causes ? N'est-ce pas simplement aussi que le dernier résultat est le même pour toutes ces substances, parce qu'il y a beaucoup de causes contraires les unes aux autres qui agissent de même, le chaud et le froid par exemple ; mais
dans cette question la forme est différente de celle qu'ont ordinairement tous ces problèmes.
L'auteur ne recherche pas le pourquoi selon son habitude; il veut simplement constater un fait : c'est que les substancesles plus diverses peuvent produire un même effet dans certaines conditions. — Egalement. J'ai ajouté ce mot pour compléter la pensée. — Du poumon. Il est probable qu'il s'agitici du poumon d'un animal récemment tué, qu'on applique sur une plaie.
Peut-être aussi s'agit-il du poumon marin, espèce d'éponge dont l'action pourrait contribuer
à la guérison des plaies et des
contusions. — De l'airain, ou d'un métal quelconque appliqué sur le mal, — L'argile. Au con-
traire l'argile comprime et n'absorbe pas. — Leur légèreté spongieuse. Le texte dit précisément Rareté, à cause des pores nombreux que présentent ces matières. — Le dernier résultat. Qui est l’action curative qu'exercent toutes ces substances différentes.
— Le chaud et le froid. Dans certains cas bien connus, l’extrême chaleur et l'extrême froid produisent des effets analogues, en désorganisant également les tissus organiques. — Les quali-
SECTION IX, MEURTRISSURES, ETC., ὃ 8
rien n'empêche que les qualités qu'ont ces substances avant ce résultat commun, ne soient tout autres,
le
Pourquoi les cicatrices deviennent-elles noires dans les autres parties du corps, et deviennent-elles blanches dans l’œil ?
N'est-ce pas parce que les cicatrices changent de couleurs selon [6 lieu où elles se produisent ? Quand elles se produisent dans l'œil qui est noir, elles doivent nécessairement devenir blanches.
Pourquoi un coup de férule, ou de baguette, est-il plus douloureux que le coup venant de matières plus dures, si l’on mesure proportionnellement l'effet du coup qu'on ἃ frappé? Il semblerait en effet tout simple que le coup d'une matière plus dure füt plus douloureux, puisque ce coup est plus fort.
N'est-ce pas parce que la chair est endolorie, non
tés... tout autres. J'ai un peu déve'oppé ce passage, pour qu'il füt plus clair.
ὃ 7. Les cicatrices...Voir plus haut, ὃ 2, la même question résolue de même, bien qu’en termes moins concis. Le fait d'ailleurs peut être révoqué en doute; il est en outre bien peu fréquent.
$ 8. Un coup de férule, ou de baguette. Voir plus haut, $ 4, la même question résolue un peu différemment. -- δὲ l’on mesure
proportionnellement. ei la mesure proportionnelle concerne le poids de l'instrument dont on se sert dans les deux cas, et la violence du coup. Toute proportion gardée, l’auteur prétend que la douleur causée par la férule est plus vive. Il est assez difficile de se prononcer dans un sens ou dans l’autre. — 7/ semblerait en effet tout simple.
Il est bien possible que ce soit là le cas réel qui se produit, malgré l'explication contraire
pas seulement parce qu’elle est frappée, mais aussi parce qu’elle frappe à son tour ? Elle est donc uniquement frappée par les substances dures, et elle leur cède précisément à cause de leur dureté. Mais la baguette produit sur la chair les deux effets ; la chair est frappée; et par la légèreté du poids de la baguette, elle frappe aussi sans céder; de eette manière, il se trouve que le coup est double.
Pourquoi la thapsie et le verre (cyathe) calment-ils les meurtrissures, l’une au début, l’autre un peu plus tard, bien que ce soient des contraires ? En effet le verre (cyathe) est froid, autant que Pairain dont parle
que l’auteur essaie de donner.
— Elle frappe à son tour. ΤΊ est bien difficile de comprendre comment la chair frappée frappe à son tour. C'est sans doute de sa réaction qu'il s’agit ; la chair alors serait frappée par la baguette ; et elle réagirait en quelque sorte, en rendant à la baguette le coup qu'elle en aurait recu. — Elle frappe aussi sans céder. C'est-à-dire qu'elle repousse la baguette qui vient de la toucher. — Le coup est double. Celui de la baguette sur la chair, et la répercussion de la chair contre la baguette.
Peut-être peut-on plus simplement penser que le coup de baguette cingle la chair, tandis que le coup d’une matière plus
dure et plus large porte un coup qui se fait moins sentir.
8. 9. La thapsie. Théophraste parle plusieurs fois de cette plante et de ses vertus curatives, Histoire des Plantes, livre IX, 69. $4,6;2h220/ 5 0 ΘΕ passim. La thapsie est de la famille des Ombellifères ; voir le Traité général de Botanique de Lemaout et Decaisne, p. 251.
— Le verre (cyathe). Le mot grec de Cyathe ne signifie que coupe, verre à boire. J'ai adopté le mot Verre, d’après le contexte, qui représente la matière dont l’ustensile est fait: il est possible que le froid de l'airain agisse surlescontusions, comme le froid du verre. — Le poète.
C'est Homère, qui a employé
le poète, quand il dit d’un guerrier: « Il mord le froid airain », tandis que la thapsie est chaude et caustique.
N'est-ce pas parce que le verre produit sur la contusion le même effet que l’eau produit sur les personnes qui s'évanouissent ἢ Le refroidissement, en survenant immédiatement, empêche que la chaleur, produite par le sang qui est à la surface, ne puisse sortir. C’est le coup qui a fait affluer le sang, et il se fige quand la chaleur est expulsée. De même que le sang se coagule quand il est dehors, de même le sang qui est tout près de sortir, bien que sous la peau, se fige par le froid de l'airain, quand la chaleur ne peut plus circuler; mais il se liquéfie de nouveau et revient à l'endroit d’où il avait fui. La thapsie, qui est chaude, produit le même effet ; et par sa chaleur, elle empêche la coagulation du sang.
Pourquoi les meurtrissures se calment-elles au con-
plus d’une fois cette expression.
— Quand il dit d'un guerrier.
Ici encore, j'ai du développer un peu le texte. — Chaude et caustique. Noir Théophraste, Histoire des Plantes, livre IX, ch. 8, ὃ 3, et ch. 20, $ ὃ. — Sur la contusion. J'ai mots. — Sur les personnes qui s’évanouissent.Quelques gouttes
ajouté ces
d’eau jetées sur la figure suflisent pour leur rendre la connaissance. — Par le froid de l'airain. ΤΊ semble d’après ceci
qu'il s'agit bien d’une coupe en airain et non en verre. L'effet d'ailleurs est le même, puisque les deux matières agissent par le refroidissement, — La thapsie qui est chaude. Par opposition au froid de l’airain. Voir le $ suivant sur la même question, résolue de même.
$ 10. Les meurtrissures...Cette question est à peu près la même que celle qui précède; on ne voit pas quelle est l'utilité de cette répétition. — Tels autres
tact de l’airain, comme lorsqu'on y applique un corps ou tels autres objets analogues ?
N'est-ce pas parce que l’airain est froid, et qu'il empêche la chaleur de sortir du sang, que le coup ἃ fait accumuler ? Le sang venant à sortir de la surface, la meurtrissure se forme. C'est pour cela qu'il faut au plus vite faire l'application avant que le sang ne se fige. C’est par le même motif que la thapsie mèlée avec du miel est fort utile dans ce cas. Comme elle est chaude, elle empêche que le sang ne se refroidisse.
D le
Pourquoi la cicatrice devient-elle noire assez souvent quand une plaie s’est répétée plusieurs fois sur le même point ?
N'est-ce pas parce que toutes les fois qu'une plaie se produit, c’est preuve de faiblesse, et que plus elle se renouvelle, plus la faiblesse augmente ? Or la partie faible se refroidit et est pleine de liquide. Ce qui fait qu’elle parait noire, c’est que les plaies considérables et chroniques forment des cicatrices noires. Or, contracter des plaies fréquentes, n’est pas autre chose que d’avoir une plaie qui dure longtemps.
objets analogues. C'est-à-dire, qui agissent également par le froid qui est en eux, — La meurtrissure. En d’autres termes :
l’extravasion du sang. — Ve se ge. En s’extravasant à la surface. — La thapsie mélée avec du miel. Voir le ὃ précédent.
ὃ 11. Devient-elle noire. Voir
plus haut, $$ 2 et 7. La peau noircil en effetquand elle souffre de fréquentes cicatrices ; mais quand la cicatrice est unique et peu large, elle est plutôt blanche sur des natures saines. — Les plaies considérables et chroniques. 11 faut en effet ces deux conditions réunies. — N'est pas
Pourquoi applique-t-on des coupes de métal sur les contusions ?
N'est-ce pas parce que, sous l'impression du coup qui nous ἃ frappés, le lieu qui le recoit se refroidit, et que la chaleur s’en retire et se dissipe ? Or, en appli- . quant la coupe de métal, comme l'airain est froid, il empêche la chaleur de sortir en se dispersant.
Pourquoi les poils ne poussent-ils plus sur les ci-
catrices ?
N'est-ce pas parce que les canaux d’où sortent les poils sont aveuglés, et qu'ils ne fonctionnent plus ?
Pourquoi les contusions produisent-elles des gonflements et des taches livides ?
autre chose. Ce n'est pas tout à fait exact, puisqu'il y a d'un côté des intermittences qui ne sont pas de l’autre côté.
8 12. Des coupes de métal. Le texte dit simplement : «des cyathes ». Voir plus haut, K& 9 et 10. — Se refroidit. Il semble plutôt que la partie qui ἃ été frappée s'échauffe et s'enflamme.
— Comme l'airain est froid.
L'action du froid est réelle: mais l'action de la compression ne l'est pas moins. — /! empéche la chaleur de sortir. Le froid dis-
sipe la chaleur directement, enla remplaçant.
δ 13. Les poils ne poussent-ils plus. Voir plus loin, section X, $S 27 et 29, une question analogue, résolue d'une manière plus complète. Voir aussi plus haut, section IV,S4.—Aveuglés.
C’est la traduction fidèle du mot grec, qui est étymologiquement formé de même.
δ 1%. Les contusions..… des gonflements et des taches livides. Le fait est bien observé, et l'expli-
cation est assez plausible. —
N'est-ce pas parce que les humeurs répandues dans tout le lieu qui ἃ été frappé, se répercutent en s’'avançant dans les régions voisines, et coagulent tout le liquide en se coagulant? EL si quelques petites veines sont alors rompues, le concours des humeurs devient sanguinolent.
En se coagulant. Le texte dit rompues. C'est un cas très fréprécisément : «en se collant ». quent, — Des humeurs. J'ai — Quelques petites veines sont ajouté ces mots.