‹ Les Problèmes d'Aristote; (volume 2)Chapitre 54 sur 82 · EXPLICATION SOMMAIRE DE QUELQUES FAITS NATURELS · texte numérisé non relu

EXPLICATION SOMMAIRE DE QUELQUES FAITS NATURELS

De la toux chez l'homme et les autres animaux; saignements de nez; la graisse; la lèpre blanche ; le lait produit plus ou moins abondamment selon les espèces ; la boisson change la couleur des animaux ; les mäles sont plus grands que les femelles; gestation longue ou courte ; ressemblance des jeunes à leurs parents ; les yeux bleus ; les nains ; multiparité ; distance des yeux ; pollutions nocturnes ; mouvements de la tête ; éternuement ; épaisseur de la langue ; urination des femelles ; chute des poils ; laine des moutons; lascivité des gens velus ; nombre des pieds toujours pair ; les cicatrices; les jumeaux ; le sommeil ; relations des jeunes et des parents ; méchanceté des animaux après la parturition ; les eunuques ; la voix dans l'homme et dans les animaux ; la pierre chez l'homme ; le rot ; animaux domestiques et sauvages ; ombilic de l’homme ; saillies des animaux; écartement des dents; raies de la main ; difformités de l'espèce humaine ; effets de la fumée ; sociabilité des animaux ; parties du corps plus ou moins velues; explication de l'éternuement ; grosseur des animaux marins ; nourriture sèche et liquide ; la calvitie n'atteint pas les eunuques ; déjections des animaux ; complexion plus ou moins dure des animaux en rapport avec leur courage; des monstruosités ; cheveux de l'homme seuls à blanchir; naissance spontanée; dents, ongles et peau des Ellispiens; animaux vivant sans tête.

Pourquoi y a-t-il des animaux qui toussent, tandis

8 1. Les sujets traités dans les questions les plus différentes cette section sont très divers, se succèdent sans aucun lien landis que dans les autres sec- entre elles. Du reste, elles n'en lions le sujet avait toujours une sont pas moins intéressan!es.— unité régulière. Ici, au contraire, Des animaux qui toussent.…

que d’autres ne toussent pas, et qu'ainsi l’homme tousse tandis que le bœuf ne tousse pas ?

N'est-ce pas parce que, chez la plupart des animaux, lexcrétion se dirige en toute autre partie du corps, tandis que c'est à la gorge qu'elle se dirige chez

l’homme ἢ

N'est-ce pas parce que l’homme a le cerveau le plus considérable et le plus humide, et que la toux n'est qu'un écoulement du phlegme 9

Pourquoi l’homme est-il le seul animal qui rende

du sang par le nez ?

N'est-ce pas encore parce qu'il a le cerveau le plus considérable et le plus humide, et que c’est du cerveau que les veines, pleines de la sécrétion, font sortir

l'homme. le bœuf... La question est curieuse ; mais l'explication n’est pas satisfaisante ; peut-être la science contemporaine ne répondrait-elle pas mieux. Voir la description de la toux chez l'homme dans le Traité élémentaire de physiologie humaine de M. Béclard, 6° édition, Ρ-. 9395.

— L'excrélion. Ou «le superflu».

Le mot grec est aussi vague que le mot francais ; et il est difficile d'entendre ce que l'auteur ἃ voulu désigner précisément.

C'est sans doute une sécrétion irrégulière, qui, selon lui, doit provoquer la toux. — Se dirige en toule autre parlie du corps.

C'est une pure hypothèse. — 4

le cerveau le plus considérable et le plus humide. C’est la théorie ordinaire d'Aristote : voir le Traité des Parties des animaux, livre II, ch. 7, $$ 10 et 13; et passim. — La toux n'est qu'un écoulement du phlegme. Cette description de la toux est trop vague; et l'on ne comprend pas bien quelle est ici l'action du phlegme.

δ 2. Le seul animal... L’observation parait exacte ;.mais peutêtre aussi n'a-t-on pas assez étudié les autres animaux, — C'est du cerveau... La science de nos jours n’a pas porté son altention sur ce point; mais le sang vient des fosses nasales

SECTION X, FAITS NATURELS, ὃ 3

le flux par les conduits? Car la partie morbide du

r . 5 ‘ sang est plus légère que le sang pur; or c’est là ce qu'est le sang qui se mêle aux secrétions de l’encéphale ; et c’en est comme la suppuration.

Pourquoi y a-t-il des animaux qui ont de la graisse sous la chair, tandis que la graisse se mêle à la chair dans d’autres animaux, et que certains animaux présentent à la fois ces deux organisations ?

N'est-ce pas parce que, chez ceux qui ont beaucoup de chair sous la peau, l'humeur s’accumule entre la peau et la chair ? Car c’est à que naturellement la peau se détache et se soulève; et cette humeur, soumise à la coction, devient de la graisse. Mais les animaux qui ont la chair moins épaisse et la peau prédominante, deviennent gras dans leur char. Ceux qui ont les deux dispositions engraissent aussi dans les deux sens.

plutôt que du cerveau.— La par- liquide ». — Se détache ou se tie morbide... la suppuration. soulève. Il n'y a qu’un mot dans Tous ces détails physiologiques le texte. — Soumise à la coc-

sont de pure théorie. Le sang qui sort par le nez n'est pas plus corrompu que le reste.

8 3. De la graisse sous la chair... se mêle à la chair. ces deux organisations. La question est certainement curieuse ; ilne semble pas que la science moderne l'ait discutée de nouveau.

Quant à l'explication donnée ici, on ne doit pas se montrer trop exigeant. — L'humeur. Ou « le

tion. La Coction ne signifie pas autre chose ici que complète élaboration. — Prédominante.

Le sens de l'expression grecque est équivoque ; et les traductions varient beaucoup, sans qu'aucune puisse sembler définitive. — Dans les deux sens.

Sous la chair et dans la chair.

Voir M. Béclard, Traité élémentaire de physiologie humaine,

pp. 603 et 626.

Pourquoi les enfants et les femmes sont-ils moins exposés que les hommes à avoir des dartres (lèpre blanche), et parmi les femmes pourquoi sont-ce les vieilles qui y sont le plus sujettes ?

N'est-ce pas parce que la dartre est la sortie du souffle ? Or les corps des enfants ne sont pas très perméables au souffle, et ils sont épais. Les corps des femmes le sont moins que ceux des hommes, parce que, chez elles, la sécrétion se tourne en menstrues; leur peau lisse atteste bien l'épaisseur de leur chair. Au contraire, les corps des vieillards et des femmes âgées est aisément perméable au souffle ; car ainsi que de vieilles constructions, l’ensemble de toutes leurs parties est disloqué.

8 4. Des dartres. C’est sans doute de dartres que l'auteur veut parler, et de dartres farineuses. Le mot grec, que souvent les traducteurs ont conservé, est Leucé. Est-ce la lèpre blanche ? Rien ne l'indique précisément. Est-ce l'éléphantiasis ? C'est peu probable. En tout cas, c’est une maladie de la peau ; et c’est là ce qui fait que peut-être le mot de Dartres est encore le plus convenable.

L'école Hippocratique semble avoir regardé Ja leucé comme une maladie très grave; et les dartres attestent toujours quelque vice du sang. — Æst la

sortie du souffle. Ceci ne se comprend pas bien, ni pour le fait, ni pour l'expression. Le mot grec rendu ici par Souffle

peut signifier également Je vent, l'air, l'esprit, Que les maladies de Ja peau soient

causées par l'exsudation ou la sortie de cet élément, c'est ce que la science actuelle ne saurait admettre. — Leur peau lisse. C'est le sens le plus probable du mot grec. — Ainsi que de vieilles constructions. La comparaison, sans être absolument fausse, a du moins quelque chose de bizarre. — Disloqué.

Ou, « lézardé ».

Pourquoi l’homme est-il le seul entre les animaux à avoir des dartres (lèpre blanche) ?

N'est-ce pas parce que c’est l’homme qui, entre tous les animaux, a la peau la plus mince et la plus perméable à l'air ? La preuve, c'est que la lèpre blanche se manifeste, surtout et d’abord, dans les parties du ‘corps qui ont la peau la plus légère. N'est-ce pas aussi, outre cette cause, parce que l'homme est le seul animal qui blanchisse ? Dans la lèpre blanche, les cheveux deviennent blancs ; et, par conséquent, il est impossible que les animaux qui ne blanchissent pas aient cette lèpre.

Pourquoi les chèvres et les brebis produisent-elles le plus de lait, sans avoir cependant le corps très

animaux, livre V, ch. 3, Δ οἱ 5.

— Dans la lèpre blanche, les

8 5. Est-il le seul. 1] ne paraît pas que a science mo-

derne ait étudié l'homme sous ce rapport, comparativement aux animaux, — Perméable à l'air. Même remarque qu'au ὃ précédent, sur le sens très variable du mot grec. — La lèpre blanche. Où, « la dartre ».

— Dans les parties du corps. Il eût été bon d'indiquer ces parties plus précisément. — Le seul animal qui blanchisse.., Ce sont les mêmes doctrines que dans l'Histoire des animaux, livre III, ch. 10; et dans le traité de la Génération des

cheveux deviennent blancs. Cette indication se rapporterait à l'éléphantiasis plutôt qu'aux dartres, ou à toute autre maladie de la peau. Voir plus loin, $ 34, une question qui se rapproche de celle-ci.

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