‹ Les Problèmes d'Aristote; (volume 2)Chapitre 56 sur 82 · partie supérieure, et elle s'y convertit en sperme · texte numérisé non relu

partie supérieure, et elle s'y convertit en sperme

Pourquoi l’homme n’a-t-il pas de crinière ?

N'est-ce pas parce qu'il a de la barbe, et que la

nourriture de cette excrétion, se retirant du cou, s’en va vers les mâchoires ?

Pourquoi tous les animaux ont-ils des pieds en nombre pair ?

N'est-ce pas parce qu'il est impossible de se mouvoir, s’il n’y a pas quelque point fixe et droit, à moins qu'on ne saute ? Mais, comme il faut de toute nécessité pour la marche que le mouvement ait lieu par deux points, c’est-à-dire, mouvement et station, cela

La même assertion se retrouve déjà plus haut, loc. cit. ; et la raison qu'on en a donnée diffère de celle qui est donnée dans le présentS ; mais elle n'en est pas meilleure.

8 25. N'a-t-il pas de crinière.

La question a quelque chose de bizarre, et on pourrait la faire pour tous les animaux qui, comme la race humaine, n’ont pas de crinière. La réponse est d’ailleurs assez ingénieuse, sans être très justifiée. La barbe ne joue pas le rôle de crinière.

S 26. Des pieds en nombre pair. Voir plus loin la même

question, 8 80. Voir aussi le Traité spécial de la Marche des animaux, ch. 1, 8 3. Le fait d’ailleurs est constant; et les pieds, dans les espèces qui en sont pourvues, sont toujours en nombre pair. — fixe et droit.

Il n’y ἃ qu'un seul mot dans le grec. Ici Droit peut se confondre avec Perpendiculaire. Le point fixe est le point d'appui. — À moins qu'on ne saute. Mais si l'on saute avec l'appui d'un seul membre, on saute moins bien.

— Que le mouvement ait lieu par deux points. Cette condition est indispensable; et la dé-

SECTION X, FAITS NATURELS, 8 27 25 fait bien deux choses, c’est-à-dire déja un nombre pair. Les animaux quadrupèdes ont plus de deux points d'appui. Mais ils en meuvent deux, tandis que deux autres membres restent en place. D’autres animaux ont six pieds. Mais, au fond, il n’y a toujours que deux points : l’un qui se meut et l’autre qui reste tout

droit.

AE

Pourquoi, chez les chevaux et les ânes, les cicatrices se recouvrent-elles de poils, tandis qu’elles ne s'en recouvrent pas chez l’homme ἢ

N'est-ce pas parce que, chez les autres animaux, la peau fait partie de la chair, tandis que chez l'homme c'est comme une affection de la peau ? Chez les ani-

monstration en a été faite complètement dans le Traité de la Marche des animaux, passim.— Les animaux quadrupèdes. On pourrait tirer des quadrupèdes une objection à la théorie qui vient d'être exposée ; mais l'auteur remarque très justement que les quadrupèdes meuvent leurs quatre membres deux par deux, et qu'ainsi chez eux le principe reste absolument 16 même. — D’autres animaux ont six pieds. Ces animaux ne font pas plus exception que les quadrupèdes ; des six pieds, trois restent en place tandis que les trois autres se meuvent. Le principe général ne change pas.

— Tout droit. On pourrait tra-

duire aussi: Immobile, au lieu de Droit.

8 27. Les cicatrices se recou:

vrent-elles de poils. Voir la même question un peu plus bas 8 29, et plus haut, section IX, ὃ 15. La différence entre l'espèce chevaline et l'espèce humaine n'est peut-être pas aussi marquée que l’auteur le suppose ; mais cette observation n’en est pas moins la preuve d’une grande et atientive curiosité d'esprit. — Fait partie de la chair... une affection de la peau.

Cette opposition ne semble pas tres réelle : et la seule différence c'est que, chez les animaux que l'auteur désigne ici, le cuir est beaucoup plus épais qu'il ne pourrait l'être chez l'homme. On peut traduire aussi: « une modification », au lieu de « une affection ». Septali

maux, la surface en se refroidissant devient plus solide, comme, sur les bouillies qu'on fait cuire, se forment ces croûtes appelées graillons. De même que ces croûtes ne sont que de la farine cuite, de même ce qu’on appelle la peau de l’homme pourrait bien n'être que de la chair. Sous une blessure ou sous une forte pression, la chair de l’homme tend à se durcir. La chair qui est à la surface venant à changer, les blessures n’y sont plus de la même nature que si la peau restait telle qu’elle est au moment de la naissance. Comme la peau vient à changer, il n’y a pas à s'étonner que ce qu'elle produit change également, ainsi qu'il arrive dans les affections qu’on appelle des alopécies, qui ne sont au fond que des maladies et des altérations de la surface de la chair. Chez les bêtes de somme, qu'on fatigue outre mesure et qu'on guérit ensuite, les parties du corps qui avaient souffert se remplissent de nouveau et se réparent. Ce sont bien les mêmes; mais elles sont plus faibles

propose, d’après la traduction l’homme tend à se durcir. Le

de Gaza, de lire « partie du corps », au lieu de « partie de la chair ». Cette variante parait préférable. — Devient plus solide.

C'est-à-dire qu'elle passe à l’état de cuir. — Sur les bouillies. Le texte dit simplement.

« Sur les farines ». -- Graillons.

Je ne sais pas si ce terme est bien exact, dans notre langue.

— Que de la chair. Ceci n'est n'est pas exact; l'épiderme et le derme ne peuvent pas être confondus avec la chair propremont dite. — La chair de

fait est exact; et les cors ne sont pas autre chose qu'un durcissement de la peau, sous une pression et un frottement réitérés. — Au moment de la naissance. Ou, d'une manière plus générale : « à l'origine ».

— Qu'on appelle des alopécies.

L'alopécie est uné maladie qui fait tomber les cheveux. D’après ce qui est dit ici, l'alopécie ne tient qu'à une maladie de la peau de la tête. — δὲ qu'on guérit ensuite. En les laissant reposer, ou en soignant leurs plaies. —

qu'au début, Comme la peau en fait partie, les poils peuvent se reproduire et pousser, puisque c'est de la peau qu'ils poussent. Mais ils repoussent blancs, parce que la peau est plus faible que celle du début, et que le poil blanc est le plus faible des poils.

Pourquoi, chez les autres animaux, les jumeaux, mâle et femelle, peuvent-ils vivre, et pourquoi ne le

peuvent-ils pas chez l’homme ἢ

N'est-ce pas parce que les jumeaux sont extrèmement faibles? Car l’homme est unipare; et dans les jumeaux, c’est chose contre nature qu'il y ait un

mâle et une femelle.

Pourquoi, chez les chevaux οἱ [65 ànes, les poils repoussent-ils sur les cicatrices, tandis que chez les hommes ils ne repoussent pas ?

Se remplissent de nouveau et se réparent. Il n'y a qu'un seul mot dans le grec. — Ils repoussent blancs. Cette observation n'est peut-être pas très exacte. — Le plus faible. L'expression est bien vague.

8 28. Les jumeaux mâle et femelle... Aristote dit encore la même chose, Traité de la Génération des animaux, livre IV, ch. 6, 8 9. — Ne le peuventils pas chez l'homme. Le fait n'est pas absolument exact, et

l'on pourrait citer bien des cas où les jumeaux, garcon et fille, ont vécu. — Les jumeaux. Ceux de l'homme, en particulier. — Unipare. Dans la pluralité des cas ; les jumeaux humains sont uue exception. — C’est chose contre nature. C'est trop dire ; mais il est vrai que le cas des jumeaux, deux ou plus, est extraordinaire, sans être contre nalure.

S 29. Les poils repoussent-ils.

Voir plus haut, $ 27 ; et aussi,

N'est-ce pas l'épaisseur de la cicatrice qui empêche qu'ils ne repoussent? Ou bien n'est-ce pas parce qu'elle nuit à la nutrition ? Chez les hommes, l’empêchement est complet, à cause de la faiblesse de leur poil; chez les chevaux, elle n'empêche pas la nutrition ; mais elle la vicie.

Pourquoi les pieds des animaux sont-ils en nombre pair ?

N'est-ce pas parce que, dans tout corps qui se meut, il faut qu'il y ait un point en repos? Ce ne serait pas possible si les pieds étaient en nombre impair ; car le mouvement ne se fait qu’à la condition que les pieds soient opposés.

ΠῚ ΝΕ Pourquoi les animaux donnent-ils moins de temps au sommeil qu'à la veille, sans que d’ailleurs ce soit continu ?

N'est-ce pas parce que la superfluité tout entière

section IX, ὃ 13. — L’epaisseur Voir plus haut, ὃ 26, la même de la cicatrice. Cette cause question, résolue de même. Il

peut être très réelle ; et la peau devient toujours plus épaisse autour de la cicatrice, à cause de la congestion sanguine que

la plaie a déterminée. — Elle nuit à la nutrition. Sous-entendu « des poils ». — Elle la

vicie. En faisant que les poils qui repoussent sont blancs, comme il est dit plus haut, $ 27.

δ 30. Sont-ils en nombre pair.

faut deux points nécessairemeut pour la locomotion; un de ces points est en mouvement, et l'autre est immobile, en tant que point d'appui.

δ 31. Moins de temp: au sommeil qu'à la veille. Le fait est exact, et l'on peut dire qu'en général le sommeil est d'un tiers et la veille de deux liers ; huit heures d'un côté sur vingt-

SECTION X, FAITS NATURELS, ὃ 32 219 ne subit pas la coction en même temps? Lorsque la coction est faite, l'animal, qui est allégé, s’éveille ; et l'animal s’éveille, à plusieurs reprises, dans toutes les espèces où le lieu dans lequel serait le résidu est froid. L'animal s'arrête vite de dormir et souvent ; or la cessation, c’est le réveil. Le sommeilest naturellement un plaisir, parce que ce semble être un repos. . Mais même alors, la cessation des fonctions naturelles ne peut être de longue durée ; et par exemple, bien que manger soit plus agréable que de ne pas manger, on ne mange pas pendant plus de temps qu'on ne reste sans manger.

Pourquoi y a-t-1l des animaux qui suivent sur-lechamp leurs parents, et que d’autres ne les suivent

quatre, et seize heures, de répond pas à la réalité des l'autre côté. — La coction. choses. — Des fonctions natu- D'une manière générale, la coc- relles. C’est la veille, et l’activité tion exprime la digestion arrivée qui la remplit. — Manger...

à son terme, et fournissant les éléments nécessaires aux fonctions des organes. La superfluité doit s'entendre du résidu qui n'est pas absorbé par ces fonctions, et de la partie du bol alimentaire qui doit être rejetée. — S'éveille. 11] semble que le réveil a lieu quand la réparation nerveuse est accomplie tout entière, dans l'état de santé. — Le lieu... est froid.

Ou Refroidi, après la coction qui suppose une sorte de combustion antérieure. — S’arréle vile…. et souvent. Ce détail ne

ne pas manger. L'exemple est bien choisi et fort clair ; seulement le temps de l'alimentation est beaucoup plus court que celui du sommeil. Voir le traité spécial d’Aristote sur le Sommeil et la Veille, dans les Parva naturalia ; voir surtout le chapitre 3, sur les conditions physiologiques du sommeil.

δ 32. Qui suivent sur-le-champ leurs parents. L'expression n'est peut-être pas assez claire ; elle se comprend cependant ; et le contexte prouve qu'il s'agit ici du mouvement matériel qui est

qu'assez lard, comme l’homme, tandis que d’autres ne les suivent qu'à peine, ou même pas du tout ἢ

N'est-ce pas parce que les uns perdent très vite la connaissance de leurs parents, que d’autres ne l’acquièrent que tard, que d’autres encore ne sentent pas ce qui leur est bon, tandis que d’autres le sentent ? Ainsi donc, tous les animaux qui remplissent cette double condition, je veux dire qui ont le sentiment de ce qui leur est bon et qui ont acquis tout le développement de leur corps, suivent leurs parents. Ceux qui ne remplissent pas ces deux conditions ne les suivent pas ; Car il faut à la fois pouvoir se suffire et ne rien sentir.

Pourquoi la lèpre blanche ne se produit-elle pas chez les autres animaux ?

accordé à quelques animaux dès l'instant de leur naissance, et qui est refusé à d’autres, tels que l’homme. — Ou même pas du tout. Comme le poussin, qui au sortir de la coquille est en état de trouver sur-le-champ sa nourriture, et qui peut se passer de la conduite de la poule qui l'a produit. — La connaissance de leurs parents. C'est la première condition pour les suivre.

— De ce qui leur est bon. L’'expression du texte grec n’est pas plus précise ; on pourrait traduire aussi: « De ce qui leur sert », — Et qui ont acquis tout le développement de leur corps.

C'est la seconde condition. Si le petit qui vient de naître est en état de se mouvoir complètement, il cherche lui seul sa nourriture, sans la demander à sa mère, comme il arrive dans l'espèce humaine. — Pouvoir se suffire el ne rien sentir. Ce passage est exprimé avec trop de concision ; mais le contexte le fait bien comprendre.

S 33. La lèpre blanche. Noir plus haut la même question, ὃ 5.

Plus haut, la solution est donnée à peu près dans les mêmes termes qu'ici. Peut-être, par la Leucé ou lèpre blanche faut-il entendre simplement les dar-

N'est-ce pas parce que, pour les autres animaux, c'est une maladie, tandis que, chez les hommes, la peau et les poils ne deviennent pas blancs ? Mais on peut néanmoins se demander pourquoi la variation de couleur ne vient pas plus tard, mais se produit aussitôt après la naissance. N'est-ce pas aussi parce que la peau des autres animaux est dure, tandis que la peau de l’homme est la plus mince de toutes? La lèpre blanche est une excrétion de l'air intérieur, qui, dans les autres animaux, ne peut sortir à cause de l'épaisseur de la peau.

Pourquoi, dans la lèpre blanche, les poils devien-

tres, ainsi que je l'ai déjà fait, ou l'affection qui produit les albinos. — Pour les autres animaux. C'est la lecon de tous les manuscrits et des éditions ordinaires. Septali remarque que Gaza semble avoir eu sous les yeux un texte différent et meilleur. Alors 1l faudrait traduire :

« Pour les hommes, c’est une maladie, tandis que chez les animaux la peau et les poils ne deviennent pas blancs. » Je n'ai pas fait ce changement dans ma traduction, tout en reconnaissant que le texte ainsi rédigé est beaucoup plus satisfaisant.

— Ne vient pas plus tard. I] faut évidemment sous-entendre:

« chez les hommes », pour que les pensées concordent. — Aussitôt après la naissance. En effet, on ne devient pas albinos ;

mais on l'est en naissant : et cette affection subsiste durant la vie utérine. — La peau de l’homme est la plus mince. Le fait n'est pas exact d'une manière générale, mais seulement en comparaison avec certains animaux. — Jntlérieur. J'ai ajouté ce mot, pour rendre la pensée plus claire. — Ne peut sortir. J'ai admis ici la variante, d'ailleurs peu importante, que donnent plusieurs éditions, et que signale déja Septali.

δ 34. Dans la lèpre blanche.

Ou, «dans l'affection dartreuse ».

Voir, plus haut, le $ précédent et ὃ 5. Peut-être s'agit-il toujours des albinos. Quand on nait avec cette affection particulière, les cheveux sont blancs:

et cependant plus tard, on ne devient pas albinos par cela

nent-ils blancs? Et pourquoi, les poils devenant blancs, n’a-t-on pas toujours cette lépre ?

N'est-ce pas parce que les poils naissent de la peau, et que la blancheur est comme une pourriture des poils ? Lors donc que la peau est malade, il faut aussi que le poil qui en sort soit malade comme elle; et au contraire, quand le poil est malade, il n’y ἃ pas nécessité que la peau soit comme lui.

Pourquoi tels animaux sont-ils méchants après la parturition, comme la chienne et la truie, tandis que d’autres n'en donnent aucun signe apparent, comme la femme et la brebis ?

N'est-ce pas parce que les animaux qui ont beaucoup de résidus excrétoires, deviennent doux en laissant sortir, avec la parturition, les matières qui les gènent ? Au contraire, les animaux auxquels est enlevé ce qui leur donne la santé s’exaspèrent et deviennent méchants. Ainsi, pour les poules, ce n’est pas quand elles pondent, mais quand elles couvent, qu’elles

seul que lescheveux blanchissent.

11 semble qu'ainsi entendu, ce passage est bien plus compréhensible. — [65 poils naissent de la peau. Les poils sont plutôt sous la peau ; mais ils ont une origine à part, dans le bulbe qui les nourrit. — Une pourriture des poils. Le mot grec n’est pas moins fort que ma traduction.

ὃ 39. — Après la parturition.

Le fait est exact tel que l’auteur

le présente ; mais l'explication n'est pas aussi acceptable ; et les différences entre les animaux tiennent à d’autres causes encore que celles que l'auteur signale. — Comme la femme et la brebis. 1] est évident que la comparaison est fausse ; et la situation de la femme n’a aucun rapport à celle de la brebis. — Beaucoup de résidus excrétotres. La physiologie moderne

sont méchantes. C’est donc la sécheresse du corps qui excite la colère des animaux, à cause de l'état où elle les met. Les poules mêmes qui pondent et couvent deviennent méchantes, parce qu'elles cessent alors de manger.

Pourquoi les eunuques se rapprochent-ils en tout

le reste du sexe féminin ? Ainsi, leur voix devient

celle de la femme, et ils en prennent le son aigu etles fausses articulations. Ils changent d'état aussi complètement que, dans les autres espèces, les animaux que l’on coupe. Ainsi, les taureaux et les béliers poussent les cornes en sens contraire de celles qu'ont leurs femelles, dans un sens opposé. D'ailleurs, ces animaux, coupés, ont les uns les cornes plus grandes, tandis que d’autres les ont plus petites que les femelles. Il n’y a que par la grandeur du corps

ne saurait accepter cette théorie.

— La sécheresse du corps. Ou peut-être encore: « la maigreur ».

Peut-être aussi l’auteur veut-il rappeler ce qu'il vient de dire, sur les animaux qui perdent les éléments de leur santé. — Ælles cessent alors de manger. Cette raison est bien peu probable.

S 36. Les eunuques... Voir l'Histoire des animaux, livre IX, ch. 37, et le Traité de la Génération des animaux, livre V, che SH tetrch:(6/2SM'Liet passim. Aristote a observé très exactement les effets de Ja mulilation sur l’homme, bien

que de son temps les eunuques dussent être fort rares en Grèce.

— En tout le reste. Sauf les organes du sexe. — Le son aigu et les fausses articulations. Je fais rapporter ces détails à la voix seule; mais il y a des traducteurs qui ont cru qu'il s'agissait des articulations du corps entier, — En sens contraire. Cette expression est bien vague; et je n’ai pas dû la préciser davantage. — La grandeur du corps, Le mot grec n'est pas plus déterminé; et dans Ja suite du contexte, le mot de Grandeur semble s’'a-

que les eunuques se rapprochent du sexe mâle en passant au sexe féminin; car ils deviennent plus grands. Cette qualité est propre au mäle, puisqu’en général les femelles sont plus petites que les mâles. Mais ce développement mème de l’eunuque n’estil pas encore étranger au sexe male et n'est-il pas plutôt du sexe femelle? Car ce n’est pas une grandeur en tous sens qu'acquiert leunuque, mais c’est seulement en largeur. Le màle, au contraire, grandit en largeur et en hauteur ; et c’est à ces deux conditions que son organisation est complète. De plus, le rapport de la femelle au mâle est aussi, dans le sexe féminin lui-même, le rapport de la jeune vierge à la femme; car l’une est alors complètement formée, tandis que l’autre ne l’est pas encore. L’eunuque change donc pour prendre la forme des femmes mariées; Car c'est en largeur que se fait leur accroissement. Aussi, Homère a-t-il eu bien raison de dire:

dresser, tantôt à la hauteur du corps, et tantôt à sa largeur. — Plus grands. 1] paraît que ceci concerne la taille en hauteur,

réellement une assez grande différence de formes entre la jeune vierge et la femme mariée ; mais cette différence n’est pas

puisqu'en effet les mäles sont généralement plus grands que les femelles. — De l’eunuque.

J'ai ajouté ces mots pour plus de clarté, — En largeur. en hauteur. L'opposition est ici plus marquée ; et selon ce texte, l'eunuque grossirait sans grandir. Le mâle complètement formé se développe dans les deux sens, quand il n'a pas été mutilé. — Le rapport de la jeune vierge à la femme. W ya

comparable à celle que présente l'eunuque avec le mâle qui n'a pas subi de mutilation. Ce qui esl vrai, c'est que l’acte sexuel a toujours une influence considérable sur les formes du corps, et que là où cette fonction est troublée, l'aspect total du corps doit s'en ressentir. — Complètement formée. L'expression grecque est moins précise. — La forme des femmes mariées.

Même remarque. — ombre.

« La chaste Diane lui donna la largeur », comme pouvant lui donner à cause de sa virginité ce qu'ellemême possédait. L’eunuque ne se rapproche donc pas du mâle en hauteur ; car il ne peut pas, en changeant, atteindre une forme complète ; aussi, les eunuques ne font-ils qu'augmenter leur largeur pour toute croissance.

Pourquoi les eunuques n’ont-1ils jamais de varices, ou pourquoi en ont-ils moins ?

N'est-ce pas parce que, par la castration, ils changent leur nature en celle des êtres qui sont sans semence ? Or tels sont l'enfant et la femme, qui ni l’un ni l’autre n’ont de varices; ou, du moins, la femme n’en a-t-elle que bien rarement.

Pourquoi est-ce l’homme qui a le plus de variétés

Septali se plaint de n'avoir pas trouvé cet hémistiche dans Homère. La citalion cependant est exacte; eton peutlire ce passage dans l'Odyssée, chant XX, v.71.— Augmenter leur largeur.

Ce sens n'est pas très sûr, à cause de l'indécision même du texte.

$ 37. Les eunuques n’ont-ils jamais de varices. La physiologie moderne ne paraît pas s'être occupée de ce détail, qui cependant est assez curieux. — Des étres qui sont sans semence.

Ce rapprochement ne doit pas

être poussé trop loin, puisque d'une part c'est un état tout naturel, et d'autre part un état contre nature. — La femme n'en a-t-elle que bien rarement. Cette réserve est indispensable ; car les femmes ont aussi des varices.

L'école Hippocratique avait remarqué également que les varices ne se produisent pas avant la puberté ; voir Hippocrate, Littré, tome V, p. 701. Voir aussi Aristote, Histoire des animaux.

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