PS
Pourquoi, quand on pleure, a-t-on la voix plus aiguë, et au contraire, l’a-t-on plus grave quand on rit ?
N'est-ce pas parce que, quand on pleure, on ne parle qu'en raidissant et en resserrant la bouche ἢ Par cette contraction, l'air qu'on a à l’intérieur reçoit un mouvement rapide; et comme 1] passe par une bouche resserrée, et étroite, le mouvement qu'il recoit est plus rapide. C’est par ces deux causes que la voix devient plus aiguë. Au contraire, quand on rit, on relàche la tension, et l’on ouvre la bouche. En exhalant de l'air largement et lentement parla bouche ainsi ouverte, on doit naturellement émettre un son plus grave.
logique de tout ce qui précède.
— Tout ce qu'on vient de dire dans ce ὃ, ou dans d'autres.Voir plus loin, ἃ 16, la même question.
δ 15. Quand on pleure. Noir plus haut, $ 13, cette même question, résolue déja de la méme manière, quoique moins nettement. — Æn raidissant… C’est le sens exact du mot grec.
— L'air qu'on a à l'intérieur.
C'est l'air contenu dans les poumons et dans tout l'appareil
respiratoire. — Le mouvement qu'il recoit. L'explication peut sembler ingénieuse, si elle n'est pas d'ailleurs parfaitement exacte ; peut-être celle de la physiologie contemporaine auraitelle quelque difficulté à être plus satisfaisante. — On reläche la tension. C'est bien là en effet l'effet du rire, dans tout l’organisme. Sur les rapports de la voix avec la respiration, voir Béclard,:‘doc. :cit:; pp: 790met suiv.
+ Po es CR on mnt EE ie |
SECTION XI, LA VOIX, ὃ 16 339
Pourquoi ceux qui n'ont pas encore de semence, comme les enfants, les femmes, les vieillards, et les eunuques ont-ils la voix aiguë, tandis que les hommes l'ont grave ?
N'est-ce pas que, de même que la ligne mathématique et les choses minces n’ont qu'une dimension, tandis que les choses épaisses en ont plusieurs, de même la voix légère n’a-t-elle aussi qu'une dimension unique ? Or, le souffle des personnes dont on vient de parler étant faible, il ne meut qu’une faible quanπὸ d'air ; et l'air, qui est le plus mince possible, n’a qu'une seule dimension. Cet air alors sera mince par les raisons que nous avons dites ; la voix qu'il sert à émettre sera aussi mince que lui, et la voix mince est aiguë. Voila comment les êtres sans semence ont une voix aiguë. Au contraire, les adultes, qui ont un souffle énergique, remuent beaucoup d'air. L'air,
ὃ 16. Enfants... femmes... comparaison n’est pas très jus-
vieillards... eunuques. Tous ces détails sont vrais. Voir plus loin des questions analogues, $S 3% et 62. — Mathématique. J'ai ajouté ce mot pour plus de clarté. La ligne n'a que la longueur ; elle n’a ni largeur ni épaisseur. — Les choses minces n'ont qu'une dimension. Les corps ont beau être minces, on y peut distinguer les trois dimensions. — La voix... n’a qu'une dimension unique. La
tifiée ; et l'on ne peut pas dire jamais que la voix ait une dimension, dans le sens où le corps solide a des dimensions.
— La voix mince est aiguë.
Même remarque. — Voilà comment... La démonstration n'est pas aussi décisive que l'auteur le croit. — Qui ont un souffle énergique. La force de la respiration s'accroît comme toutes les autres forces de l'organisme, à mesure qu'il se développe.
étant en grande quantité, se meut lentement, et il fait que la voix devient grave ; car c'était le mouvement léger et rapide qui donnait tant d’acuité à la voix. Mais ni l’une ni l'autre de ces conditions ne se rencontrent dans l’homme adulte.
Pourquoi a-t-on la voix plus grave en hiver ?
N'est-ce pas que, dans cette saison, l'air est plus
épais, tant celui qui est en nous que celui du dehors ? L'air étant plus épais, la voix devient plus grave, parce que le mouvement aussi devient plus lent. En outre, on est plus porté au sommeil en hiver qu’en été; et l’on y dort davantage. Or, en sortant de dormir, on est plus lourd. Aussi, dans la saison où l’on dort plus longtemps que l’on ne veille, et c'est le cas de l'hiver, nous avons la voix plus grave que dans la saison où c’est le contraire. Comme le temps donné à la veille dure peu, la disposition où nous met le sommeil demeure jusqu'au sommeil nouveau.
817. La voix plus grave en la lecon de l'édition Firminhiver. Voir plus loin, 88 ὅ6 οἱ 61, Didot, d'après Gaza. Septali la même question, expliquée adopte la lecon vulgaire: « Plus plus complètement. Cette in- lourd ». Cette lecon est beau-
fluence de la saison froide sur la voix est certaine ; mais il ne paraît pas que la physiologie moderne se soit occupée de ce phénomène, qui d'ailleurs n'a pas grande importance ; une observation attentive ne doit pas le négliger. — L'air est plus épais. C'est la traduction exacte.
— Devient plus lent. J'ai suivi
coup moins logique que l’autre, dont elle ne diffère d’ailleurs que par une seule lettre. — On est plus lourd. T'observation est très juste; et chacun de nous peut en faire tous les jours l'expérience personnelle. — Jusqu'au sommeilnouveau. Le texte grec est un peu moins précis que ma traduction.
Pourquoi, après qu'on a bu où qu'on ἃ vomi, at-on la voix plus grave, ainsi qu'on l’a quand il fait froid ?
N'est-ce pas à cause du resserrement de la gorge causé par le phlegme ? Il y attire le fluide, et le gosier se trouve tout rétréci: pour les uns, par la boisson, ou le vomitif; et pour les autres, par l'influence de la saison et par la réplétion qui se produit. Dans ces conditions, le mouvement de la respiration devient plus lent, et la voix est plus grave.
Pourquoi, lorsqu'on est près, la voix grave se faitelle entendre mieux, tandis que de loin on l'entend moins bien ?
N'est-ce pas parce que la voix plus grave met en mouvement une plus grande quantité d’air, mais non
δ 18. Qu'on a bu ou qu'on a vomi. Voir plus haut, $ 6 et 12, quelques détails qui se rapportent à cette question. — Quand il fait froid. Voir le $ précédent — Par le phlegme. On sait que le phlegme joue un très grand rôle dans la physiologie ancienne ; et l'école Hippocratique s'en est beaucoup occupée. Il n’est pas facile de préciser les idées que les Anciens pouvaient se faire de l'action du phlegme. En consultant j'étymologie, on peut dire que le phlegme suppose une inflammation, suivie d’un
certain écoulement de sérosité.
Le phlegme, ou pituite, est une des quatre humeurs principales dans la médecine de l'Antiquité.
— L'influence de la saison. Le texte n’est pas tout à fait aussi précis. — Devient plus lent. Le fait est exact.
8. 19. Lorsqu'on est près, la voix grave. L'observation est délicate : et elle est vraie. Toutes ces questions sur le son peuvent sembler les premiers matériaux d'une théorie générale de l’acoustique. — Mais non pas en longueur. L'explication est
pas en longueur ? De loin, on entend moins bien, parce que le mouvement s'étend moins ; et de près, on entend mieux, parce qu'une plus grande quantité d’air arrive à notre oreille. Quant à la voix aiguë, elle s'entend de loin, parce qu’elle est plus légère, et que ce qui est plus léger se développe et s’accroit en longueur. Mais, peut-on dire, c’est parce que le mouvement qui produit cet accroissement est plus rapide. Et ce phénomène a bien lieu en effet, si le souffle qui meut l’air est à la fois épais et étroit ; d’abord l'air en petite quantité obéit plus aisément au mouvement, et c’est une petite quantité d'air qui est mue quand le souffle est étroit; puis, le corps épais frappe plusieurs coups, qui alors produisent le son. On peut bien le voir sur les instruments de musique. Quand les cordes sont minces et légères, le son est plus aigu, que pour les autres, qui sont dans les mêmes conditions qu'elles.
Pourquoi, quand on est à une grande distance, la
ingénieuse., — Se développe... en longueur. Le fait n'est pas tout à fait exact, si on le considère dans sa généralité. — Se développe et s'accroit. I n'y aqu'un seul mot dans le grec. — Le souffle. est à la fous épais et étroit. Au lieu d'Epais, qui est la traduction exacte, peut-être faudrait-il dire : « Condensé ».
— lrappe plusieurs coups. Cette expression reste obscure. Septali n'a pas commenté ce$, qu'il
trouvait sans doute suffisamment clair. — Minces et légères. 11 n’y a qu'un seul mot dans le texte.
— Dans les mémes conditions.
Il faut sans doute entendre par ces mots la longueur égale des autres cordes.
820. Quand on est à une grande distance.Voir plus haut, $ 6, une question pareille, où la réponse est beaucoup plus développée qu'elle ne l’est ici, mais où la solution est la même, au
PR
sn.
mé
SECTION XI, LA VOIX, ὃ 21 331
voix qu'on entend paraît-elle plus aiguë, bien que l’aigu consiste dans la rapidité du mouvement, et que ce qui est venu de plus loin doive arriver cependant avec un mouvement plus lent ?
N'est-ce pas parce que l’acuité de la voix ne consiste pas uniquement dans la rapidité du mouvement, mais aussi en ce que le son devient plus léger ? Quand on est à grande distance, la voix devient de plus en plus légère, à cause de la petite quantité d'air qui est mu ; et le mouvement s'éteint peu à peu. Le nombre, en s’affaiblissant, finit par se réduire à l'unité, et le corps se réduit ainsi à une seule dimension ; ce qui, dans le corps, est la minceur et la
dl
légèreté. Il en est de même pour la voix.
Ale
Pourquoi, lorsqu'on vient de faire des exercices, ou lorsqu'on est malade, a-t-on la voix aiguë ?
fond. — L’aigu consiste dans la rapidité du mouvement. C'est un des principes de l'acoustique actuelle. Par le mouvement, 1] faut aujourd'hui entendre les vibrations du corps sonore et les ondes sonores. — Devient plus léger. J'ai conservé le mot de Léger, pour rester plus près du texte, et parce que ce mot est juste et qu'il s'entend aussi dans le sens de Faible. — Le mouvement s'éleint peu à peu. L'observation est exacte ; et l'on peut la faire aisément chaque jour.— A une seule dimension. Le corps proprement dit ne peut jamais DUT
se réduire à une seule dimension ; il en a toujours trois, quelque mince qu'on le suppose; il n'est corps qu'a cette condition. Il n'y ἃ que la ligne qui n'ait qu'une seule dimension.— La minceur et la légèreté. 11 n'y a qu'un mot dans le texte.
8 21. Quand on vient de faire des exercices. Les Anciens, en cultivant si ardemment la gymnastique, avaient plus d'occasions que nous d'observer les effets qu’elle produit, sur la voix et sur toutes les autres fonctions du corps. Il s'agit ici d'un effet mais les exercices
passager ;
N'est-ce pas parce que, quand on est malade, on ne met que peu d'air en mouvement, et qu'une quantité plus petite se meut plus rapidement qu'une quantité plus grande ? Au contraire, quand on vient de s'exercer, on meut l’air énergiquement; l’air mu avec cette force ἃ plus de rapidité, et ce qui est mu avec force devient l’aigu pour la voix.
Pourquoi, quand on essaie de crier après avoir mangé, la voix vous manque-t-elle ? On peut voir que tous ceux qui ont besoin de leur voix, les acteurs et les choristes, ou autres personnes dans ces conditions, ne font leurs études que le matin et à jeun.
N'est-ce pas parce que l’altération de la voix n’est pas autre chose que l’altération du lieu par où sort le souffle ? Aussi a-t-on la voix altérée quand on a mal aux bronches, non pas parce que le souffle qui forme la voix devient moins fort, mais parce que la trachée-artère se durcit. Cette région de l'organe de-
violents des bras fortifient d’une phénomène est certain ; et cha-
manière permanente tout l'appareil respiratoire. — Lorsqu'on est malade. Ainsi, deux conditions contraires produisent un même effet. — On meut l'air énergiquement. On respire avec force. — Mu avec force... l'aigu pour la voix... Toutes ces théories sont exactes.
S22. Après avoir mangé.NVoir des questions analogues plus haut, $ 12, et plus loin, $ 46. — La voix vous manque-t-elle. Le
cun a pu en faire l'expérience personnelle. — Les choristes.
Ou, Les chefs des chœurs chantants.— Leurs études.Ou, Leurs travaux. — Le matin et à jeun.
C'est encore ce qui se fait chez nous. — L'altération du lieu.
C'est-à-dire de l'organe, ou, comme il est dit plus bas, de la trachée-artère. — Se durcit. La physiologie actuelle n'approuverait pas toutes ces théories. Voir sur les organes de la voix, le
vient dure naturellement, surtout sous l’action d’une chaleur extrême ; et de là vient que, quand on a la fièvre, ou qu'on vient de l'avoir excessive, on ne peut pas chanter aussitôt après que la fièvre est tombée. Le pharynx est alors durci par la chaleur. De même, quand on vient de manger, le souffle est naturellement à la fois plus abondant et plus chaud. Il est tout
. Simple qu’en cet état, il tire davantage, tende et dur-
cisse la trachée-artère. Dans ces conditions, la voix doit nécessairement s’altérer.
Pourquoi, si la voix n’est que de l’air recevant une certaine forme et mis en mouvement, cette forme change-t-elle souvent et se perd-elle, tandis que l'écho, qui se produit quand le son vient à frapper un corps solide, ne se dissipe pas, et que nous l’entendons très distinctement ?
N'est-ce pas parce que l’écho est une réflexion et
Traité élémentaire de physiologie humaine de M. Béclard, 6e édit., pp. 755 et suiv. Suivant les dispositions où sont tous ces organes, le timbre de la voix varie d’une manière notable. — Sous l’action d’une chaleur extréme. Qui gonfle et distend toutes les parties de l'organe. — Est alors durci. Ou, Rendu plus rude et moins souple. — Doit nécessairement S’'allérer. C'est bien en effet ce qui se passe.
L'école Hippocratique s'était beaucoup occupée des altéra-
tions de la voix, mais surtout au point de vue pathologique.
S 23. δὲ la voix n'est que de l’air.Noir la même question plus loin, ὃ 51, où elle est exposée et résolue d'une manière plus concise. — L’écho...NVoir sur l'écho les Notions générales de Physique de Pouillet, pp. 410 et suiv., édilion de 1850. — Une réflexion. Ce n'est pas une réfraction à proprement parler ; c’est une réflexion ; mais j'aurais pu conserver le mot de Réfraction, qui répond mieux à l’expression
non pas une rupture du son ἢ Dans ce cas, la totalité du son subsiste, et il se divise en deux parties qui ont la même forme ; car la réflexion se fait sous le même angle ; et alors la voix de l'écho est alors toute pareille
à la voix originale.
Pourquoi, lorsque, dans tous les autres animaux, la voix des jeunes, ainsi que celle des enfants, est-elle plus aiguë que celle des adultes, les veaux ont-ils la voix plus grave que les bœufs âgés ?
N'est-ce pas parceque, dans chaque espèce, le jeune ressemble à la femelle de cette même espèce ἢ Or, dans la race bovine les femelles ont la voix plus grave que les mâles, et les veaux ressemblent plus aux vaches qu'aux taureaux. Dans les autres espèces,
c’est tout le contraire.
Pourquoi, si l’on jette de la paille sur le plancher
grecque et à l'état de la science du temps d'Aristote. — En deux parties. C'est-à-dire le son qui arrive frapper le corps solide, et qui est réfléchi pour former l'écho. — Sous le méme angle.
Ce principe, qui est incontestable, a été conservé par la science moderne. L'angle de réflexion est toujours égal à l'angle d'incidence.
8 24. Les veaux... Aristote ἃ parlé spécialement de la voix des veaux et des vaches, Traité
de la Génération des animaux, livre IV, ch. 6, $ 9. Voir aussi l'Histoire des animaux, livre IV, ch. 11, $ 9, sur la voix de la vache. — Le jeune ressemble à la femelle. Cette théorie est exprimée ici en termes trop genéraux. Le fait est fréquent ; mais souvent aussi, il varie, et le jeune ressemble au père.
— C'est tout le contraire. Ici encore l'expression est peut-être trop générale.
ὃ 25. De la paille sur le plan-
de l'orchestre, entend-on moins bien la voix des chœurs ?
N'est-ce pas parce que la voix, se heurtant à la rudesse des pailles, et non à un plancher uni, a par cela même moins d'unité? Elle devient plus faible, parce qu'elle n’est plus continue. C’est comme la lumière, qui brille davantage sur un corps lisse, parce qu'elle n’est pas arrêtée par des rugosités qui la gênent.
Pourquoi le sel, quand on le jette dans le feu,
fait-il du bruit ?
N'est-ce pas parce que le sel n’a pas beaucoup d'humidité ? Mais l'humide qui est vaporisé par la
cher de l'orchestre. L'orchestre était derrière le théâtre, et c'était là que se tenaient les musiciens, les danseurs, etc.
Le théâtre clait réservé aux acteurs chargés de jouer la pièce ; le parquet en était plus soigné que celui de l'orchestre, où l'on jetait de la paille les jours de pluie. — Entend-on moins bien. L'observation est juste ; et sans doute l'auteur avait eu plus d'une occasion de
la faire. — La voix se heurtant.
Ce n'est pas la voix précisément; c'est le son. — Moins
d'unité. C'est exact, et les ondes sonores se brisent sur les petits obstacles qu'elles rencontrent.
— Elle n'est plus continue, étant rompue en une foule de
petits fragments. — Comme la lumière. La comparaison est juste ; et la lumière se disperse aussi sur les surfaces rugueuses, tandis qu'elle resplendit sur les surfaces lisses.
δα, Le sel. dans le feu.
C'est le pétillement du sel, qu'il est facile de remarquer. — N'a pas beaucoup d'humidité.
Ce n'est pas là évidemment la cause du crépitement du sel dans le feu. Le sel est très hygrométrique ; et s'il n'a pas par lui-même une humidité très forte, il absorbe facilement l'humidité de l'atmosphère. Il est certain que le bruit, sorti du sel, tient aux diverses matières dont le sel est composé, et dont quelques-unes sont
342 LES PROBLÈMES chaleur, et qui sort avec violence, fait éclater le sel;
el tout corps ainsi brisé fait du bruit.
va
Pourquoi y a-t-il quelques enfants qui, avant d’arriver à l’âge où l’on se fait distinctement entendre, et après avoir parlé et clairement articulé, retombent dans leur premier état, jusqu’au temps où d'ordinaire on parle ?
Il y a des gens qui voient là un prodige monstrueux ; et l’on prétend même que certains enfants ont parlé aussitôt après leur naissance.
N'est-ce parce que d'ordinaire la plupart des enfants se développent naturellement ? Il ν a peu d’enfants qui parlent ainsi; et selon l'ordre naturel, les choses se succèdent parallèlement les unes aux autres. Aussi, est-ce tout à la fois que les enfants entendent et parlent, qu'ils comprennent par l’ouïe,
l’évêque qui le baptisait, et 1] avait alors six semaines. Dans les légendes Bouddhiques, le Bouddha parle aussitôt après sa naissance ; et il fait sept pas.
explosibles. -- L’humide qui est vaporisé par la chaleur... Le fait est vrai; mais beaucoup d'autres substances aussi humides que le sel ne produisent
pas le même effet.
8. 27. Quelques enfants... un prodige monstrueux. Rien west moins prouvé que ces phénomènes extraordinaires; c’est la crédulité populaire qui les propage. Septali en rapporte plusieurs exemples, d'après des documents qu'il semble prendre pour authentiques. Ainsi Sigebert, fils de Dagobert, passe
pour avoir répondu Amen à
La science sérieuse n'a jamais rien constaté de pareil. — {y a peu d'enfants qui parlent ainsi. Il serait exact de dire qu'il n'y en a pas et qu'il ne peut pas y en avoir; mais l'auteur garde sans doute encore quelque chose des superstitions vulgaires. — ÆEnlendent et parlent. 11 faut que l'enfant ait entendu quelque temps la langue qu'on parle autour de lui, pour
et finissent par s’énoncer et s’expliquer clairement. [l est vrai que quelquefois toutes ces mêmes facultés ne concordent pas et ne se développent pas également. Il y a des enfants qui compennent avant que l'organe, par lequel ils doivent parler, ne soit tout à fait délié; pour d’autres, c’est tout le contraire. Les uns ne sauraient comprendre ce qu'ils disent, et ils ne font que répéter ce qu'ils entendent ; mais, quand le moment arrive où les deux facultés sont réunies, les enfants ont toute l'organisation que veut la nature. Au contraire, quand le sens de l’ouïe est développé dans l'âme avant la faculté par laquelle on produit la voix et le langage, il arrive quelquefois que les enfants qui comprennent déjà beaucoup de choses, acquièrent, dans cet organe de l’ouïe, une puissance et une liberté complètes. Cet effet se produit surtout après un sommeil. Cela tient à ce que le sommeil rend les corps plus paresseux, en reposant lesorganes. Mais à défaut du sommeil, les organes peuvent éprouver tout autre changement analogue. Bien souvent
pouvoir la parler à son tour. — Il y a des enfants qui comprennent... Ceci est exact; et l’on a pu voir bien souvent les efforts que font les enfants intelligents, quicomprennent les choses avant de pouvoir les exprimer. — Délié. J'ai conservé la nuance du mot grec. — C’est tout le contraire. C’est-àdire, qui parlent avant de bien comprendre ce qu'ils disent, ainsi que l'auteur l'explique.
Ce cas d’ailleurs est assez rare.
— De l’ouie. J'ai ajouté ces mots pour que la pensée füt plus claire. Chez quelques enfants, l'ouie est déja développée que l'intelligence ne l'est pas. — Après un sommeil. Ceci est trop concis; et il aurait fallu développer davantage cette théorie, — ARend les corps plus paresseux. Au lieu des corps, il semble que ce seraient plutôt les esprits. 1] est vrai que Île sommeil alourdit le corps ; mais son effet est encore plus mar-
nous faisons des choses de même genre qui ne durent que de courts instants; et ensuite, on ne se trouve plus du tout dans la même disposition, quoique l'organe se soit tout à fait dégagé. Quand les choses qui ont ému la pensée arrivent à la surface du sens, cette . émotion parvient à l’ouïe, et l'enfant parle. C’est ainsi que bien souvent des chants et des mots nous reviennent sans que nous le voulions ; si d’abord nous les avons prononcés volontairement, plus tard nous les disons, ou nous les chantons, sans un acte de volonté; et ils ne peuvent plus nous sortir de la bouche. 1l en est de même pour les enfants, quand l'impression leur est parvenue, et qu'ensuite l'organe recoit son développement naturel, jusqu’au moment où il acquiert toute sa force et qu'il se dégage en toute liberté.
Pourquoi certains objets rendent-ils un son et sont-ils mus tout à coup, comme par exemple les coffres, sans qu'aucune cause sensible ne semble les
qué sur l'intelligence, et sur peuvent plus nous sortir de la
l'âme.— Tout autre changement analogue.I{ciencore l'expression est insuffisante ; mais le sens n'est guère douteux : outre le sommeil, bien des causes peuvent retarder chez les enfants les progrès de l'intelligence. — Arrivent à la surface du sens.
Cette explication physiologique peut paraître assez singulière. — Nous reviennent... Chacun de nous ἃ pu bien souvent en faire la facile expérience. — Jls ne
bouche. C'est la métaphore du texte lui-même ; peut-être eûtil mieux valu dire: « Nous les avons sans cesse à la bouche ».
— Îl en est de même pour les enfants. L'expression est insuffisante ; et elle aurait pu être plus complète. — Æn toute liberté. J'ai ajouté ces mots, dont le sens est implicitement compris dans le mot grec.
ὃ 28. Comme par exemple les coffres. Ceci ne s'explique pas ;
mettre en mouvement, bien que le moteur qui agit dans ce cas ait dû cependant l'emporter sur le mobile ?
Ceci s’explique comme la destruction des choses et comme la vieillesse. Toutes les choses sans exception s'usent insensiblement et se détériorent avec le temps. N'est-ce pas quelque chose de semblable qui se passe pour les gouttes d’eau qui tombent une à une, et pour les pierres soulevées par les plantes qui y poussent? Ce n’est pas un dernier coup qui à la fin enlève ou meut la chose; mais c’est la continuité de l’action ; et cette action continuelle, tout insensible qu'elle est, finit par déterminer un mouvement sensible. Ainsi, le phénomène qui finit par être circonscrit dans des temps sensibles se meut et se divise en actions insensibles; et c’est par le tout et par le con-
et les développements qui suivent n'aident pas à faire mieux comprendre ce que l'auteur a voulu dire, quoique ces développements soient clairs par eux-mêmes. Peut-être s'agit-il des craquements que l'on entend parfois dans les bois qui travaillent et qui sont par trop verts quand on les emploie. — Qui agit dans ce cas. Le texte est moins précis. Le craquement se produit sans qu'on puisse apercevoir d’où il vient; et cependant il faut que cette cause ait été assez forte pour disjoindre les parois du coffre.
C'est alors une action insensible, comme celles qui sont citées plus loin, et qui agissent
de même à la longue, et sans qu'on puisse en suivre le progrès. — Comme la destruction des choses et comme la vzeillesse. L'une et l’autre cause agissent peu à peu et insensiblement. — Pour les gouttes d'eau qui tombent une à une.
Le texte n’est pas aussi précis; mais le sens n'offre pas de doute. — Ce n'est pas un dernier coup. L'observation est très jusie, bien qu'il suffise d'une goutte pour faire déborder
le vase. — ZLa continuité de l'action. C'est ainsi que la goutte d’eau, tombant sans
cesse, finit par percer la pierre, quelque dure qu'elle soit. — Par le tout. C'est-à-dire, par
linu que se produisent le mouvement et la destruction. Le continu n'existe pas dans l'instant présent ; mais il existe dans un temps que détermine et mesure
cet instant dernier.
Pourquoi, lorsqu'on bille, entend-on moins bien ?
N'est-ce pas parce que, dans le bâillement, il sort beaucoup d'air, et qu'il en vient du dedans jusqu'aux oreilles ? De telle sorte qu’on sent très distinctement le mouvement que cet air produit dans l'organe de l’ouïie. On le sent surtout quand on vient de dormir. Or, le bruitest de l'air, ou plutôtune affection de l'air. L'air intérieur résiste bien; mais le bruit extérieur entre ; et le mouvement est arrêté par le mouvement
et par le bruit qui viennent du dehors.
l'ensemble des actions insensibles qui se sont accumalées avec le temps. — Cet instant dernier. Le texte n'est pas tout à fait aussi précis. Toutes ces théories sont d'accord avec la grande étude d’Aristote sur le temps, dans la Physique, livre IV, cb. 16 et suiv. : el aussi sur l'instant, livre VI, ch. 2. L'’instant est une limite et ne fait pas partie du temps.
829. Lorsqu'on bäille.…... Le fait est exact ; mais l'explication ne l'est pas. Ce n'est pas l'air du dehors qui gène l'ouïe ; ce sont les parties de la bouche voisines de l'appareil auditif qui le pressent de proche en proche, et qui le paralysent momentanément. L'auteur semble
bien avoir eu en partie cette pensée, en parlant de l'air intérieur qui vient jusqu'aux oreilles.
Plus loin, ἃ 44, où cette même question est répétée, 1] indique assez nettement la vraie solution. Voir sur le bâillement le Traité élémentaire de Physiologie humaine de Béclard, 6e édit., p. 354. Les fosses nasales sont pressées par le bord libre du voile du palais, et cette pression se propage jusqu'au
tympan. — Jl sort beaucoup d'air. Sous-entendu : Des poumons et de la poitrine. — On
sent très distinctement. Cette sensation est positive et facile à percevoir, avec un peu d'attention. — Le mouvement est arrété.
L'expression est insuffisante ;
Pourquoi les enfants bégayent-ils plus que les adultes ?
N'est-ce pas que, de même que, dans la première enfance, on est moins maitre de ses mains et de ses pieds, et qu'on est trop faible pour bien marcher, de même, quand on est si jeune, on ne sait pas mieux se servir de la langue ? Quand on est encore tout petit, on ne peut émettre un son que comme les animaux, parce qu'on ne peut pas se dominer. Mais cela est vrai, non pas seulement de l'enfant qui bégaye, mais aussi des bègues et de ceux qui bredouillent. Le bégaiement vient de ce qu'on ne peut pas bien prononcer certaines lettres; et ce ne sont pas indifféremment toutes
el il aurait fallu préciser de quel mouvement 11 s’agit. Il y a d’ailleurs ici dans le texte une confusion facile entre le Dedans et le Dehors, dont parle l'auteur, parce que les deux mots ne différait en grec que par une seule lettre. Je ne suis donc pas sûr d'avoir bien compris cet obscur passage. Voir plus haut, section VII, $ 1, ce qui est dit sur le bâillement imitatif.
$ 30. Les enfants bégayent.….
I] semble que la question est un peu naïve et que la réponse est toute simple: Ja langue des enfants n'est pas plus formée que tout le reste de leur organisation, etils doivent apprendre à bien prononcer les mots, de
même qu'ils apprennent tout le reste. L'auteur donne lui-même cette solution, qui est de toute évidence, — On est moins maitre de ses mains... Cette observation n’est pas moins simple que la précédente ; et la faiblesse de l'enfance est trop certaine pour qu'on ne la remarque pas. — Que comme les animaux. C'est-à-dire, en poussant des cris inarticulés. — δὲ dominer. C'est-à-dire faire un usage régulier de ses organes, rebelles encore à la volonté. — Des bègues et de ceux qui bredouillent. C'est, à ce qui semble, la nuance exacte des mots grecs.
On pourrait traduire encore :
« Ceux qui balbutient », au lieu de « Ceux qui bredouillent ».—
les lettres quelconques. Le bredouillement tient à ce qu’on supprime, ou une lettre, ou une syllabe. Quant au bégaiement des enfants, il vient de ce qu'ils ne savent pas encore joindre assez vite syllabe à syllabe. Tous ces défauts divers tiennent à une commune impuissance. La langue ne répond pas à la pensée et ne la sert pas. C'est là précisément ce qui arrive dans l'ivresse et dans la vieillesse, bien que ces phénomènes y soient moins sensibles.
Pourquoi la voix tremble-t-elle quand on se débat dans l'incertitude, ou qu'on a peur ?
N'est-ce pas parce que le cœur est vivement secoué, quand la chaleur vient à sortir? Dans les deux cas,
Toutes les lettres quelconques.
Cette observation peut se vérifier aisément sur les étrangers, auxquels il est impossible de bien articuler certaines lettres de la langue qu'on parle soimême très correctement. — À ce qu'on supprime Ou une lettre.
Cette observation est très délicate. — Syllabe à syllabe. Ceci est peut-être moins exact. — Commune. J'ai ajouté cette épithète. — Ne répond pas...
ne la sert pas. Τὶ n'y ἃ qu'un seul mot dans le texte. — Dans l'ivresse et dans la vieillesse. La voix change en effet dans ces deux cas; mais la cause est fort différente. Sur la langue de l'homme, voir dans le Traité
des Parties des animaux, une belle étude, livre II, ch. 16, 8112:
8 31. On se débat dans l'incertitude. Le mot grec n'a pas un sens bien précis ; et il peut s'entendre de diverses manières.
Il a été employé plus haut, section II, & 26 et 31; et les détails donnés dans ces deux passages peuvent autoriser la traduction qu'on présente ici.
Il est possible cncore qu'il s'agisse simplement de la surexcitation où nous mettent de violents exercices, et spécialement les luttes corps à corps.
Septali a tenté d'expliquer le mot d'où nous avons tiré étymologiquement celui d'Agonie :
tn hf cf
c’est là ce qu'on éprouve, soit qu’on lutte contre soimême, soit qu'on ait peur. Quand le cœur est ainsi agité, ce n'est pas un coup unique qu'on ressent, mais plusieurs coups, comme dans les cordes d’instruments qui sont mal tendues.
Pourquoi dans l'anxiété a-t-on la voix grave, tandis qu'elle est aiguë quand on ἃ peur ἢ
N'est-ce pas parce que, quand on a peur, la région qui environne le cœur se refroidit, et que, la chaleur tombant en bas, on ne met en mouvement qu'une faible quantité d'air ? La force consiste en effet dans la chaleur. Lorsqu'on est dans l'anxiété, la chaleur se porte en haut, comme dans les gens qui rougissent de honte. La honte aussi cause une anxiété ; et quand on rougit, le sang vous monte au visage. La preuve, c'est qu'on devient plus rouge qu’on n’est habituel-
mais il n’est pas parvenu à faire la lumière. — Soit qu'on lutte contre soi-même. L'expression grecque n’est pas aussi précise que la nôtre; mais elle ne contredit pas notre interprétation. — Un coup. J'ai conservé la nuance du mot grec; on pourrait employer aussi le mot de Battement, qui se rapporte plus exactement au cœur. — Dans les cordes... Ici encore, le texte reste obscur, parce qu'il est trop concis, du moins pour nous ; il est possible que les
contemporains de l'auteur comprissent à demi-mol,
ὃ 32. Dans l'anxiété. Le mot grec est ici le même que dans le ὃ précédent. Voir plus bas, $$ 36 et 53, des questions analogues. — A-t-on la voix grave.
L'observation n'est peut-être pas tout à fait exacte; mais elle est assez difficile à faire, parce que ce genre de phénomène est assez rare. — Lorsqu'on est dans l'anxiété... L'original est beaucoup moins développé ; mais le sens n’est pas douteux.
lement. La chaleur alors accumule et épaissit Pair qu'on emploie pour parler; dans cet état, l'air est poussé lentement ; et la lenteur dans la voix, c'est ce
quien constitue la gravité.
Pourquoi entend-on mieux la nuit que le jour ?
N'est-ce pas parce que, le jour, ainsi que le dit | que, )
Anaxagore, l'air, échauffé par le soleil, siffle et fait du bruit, tandis que, la nuit, il esten repos, à cause de la disparition de la chaleur ? Dès lors, on entend mieux,
parce qu’il n’y ἃ pas le moindre bruit. N'est-ce pas aussi qu'on entend mieux dans le vide que dans le
lein ? Dans le jour, l’air est dense, parce qu'il est ἰ Jour, ἢ ]
— Qu'on n'est habituellement.
Même remarque. — Accumule et épaissit l'air. Cette théorie n'est pas acceptable. — La lenteur. la gravité. C'est exact, ainsi qu'on l’a déjà remarqué bien des fois.
8 33. Mieux la nuit que le jour. Cette même question a été déjà posée plus haut $ 5, et elle yaété résolue en quelques mots; ici la réponse est beaucoup plus développée et plus complète.
Les diverses solutions qui en
sont indiquées sont toutes exactes, et elles attestent une observation attentive. — Ana-
æagore. Ce sont les opinions d'Anaxagore sur le soleil qui l'avaient fait accuser devant l'Aréopage. Périclès l'avait dé-
fendu ; mais le philosophe n'en avait pas moins été condamné à une forte amende; etil avait échappé au sort qui attendait Socrate. — Siffle et fait du bruit. La théorie est peut-être exagérée; mais il est certain que la présence du soleil sur l'horizon agite l'air très vivement. — La disparition de la chaleur. C’est cette seule cause qui est indiquée plus haut, 5.
— Dans le vide que dans le plein. La physique moderne a démontré que c'est tout le contraire, et que le vide est un obstacle absolu à l'audition; mais les Anciens ne connaissaient pas la vraie nature du vide; et ce quiest dit ici le prouve de reste. — L'air est
SECTION XI, LA VOIX, ὃ 33 901
rempli par la lumière et par ses rayons; la nuit, il est plus rare, parce que les rayons et le feu, qui sont des corps, en sont sortis et se sont dissipés. N'est-ce pas encore que, dans le jour, les objets extérieurs distraient la pensée de mille façons, et qu’on est peu attentif à bien discerner les perceptions de l’ouïe ? C'est aussi que nous faisons tout ce que nous avons à faire de jour bien plutôt que de nuit ; et que ce sont les oreilles qui nous doivent diriger dans nos actes. Le sens, étant isolé de l'esprit, fait que la sensation est presque inaperçue ; car l’on a dit avec bien de la raison, que c'est l'esprit qui voit, que c’est l'esprit qui entend. La nuit, la vue n'agit pas ; l'esprit est d'autant plus tranquille ; le canal de l’ouïe est plus ouvert que le jour ; il perçoit les bruits et les échos tout aussi bien que dans la journée; mais il les annonce beaucoup mieux à l’esprit, parce que l'esprit n'agit pas alors, et qu'il n’est pas distrait par la vue qui le trouble, comme cela se passe durant le jour.
dense. C’est une erreur. — ZLa du mot. — L'on a dit. 1] aurait nuit, il est plus rare. Autre été curieux de savoir à qui l’on erreur, suite de la précédente. doit rapporter cette maxime si — Distraient la pensée. Ceci vraie. — L'esprit qui voit. est très exact. — Les oreilles. l'esprit qui entend... Nous ne J'ai adopté la correction que saurions dire mieux, pour aflirpropose la traduction Firmin- mer l’unité du principe pensant. Didot; et cette variante est — N'agit pas alors. L'expres-
mieux en accord avec ce qui sionest insuflisante ; et il aurait suit. La lecon vulgaire est fallu préciser un peu plus. — moins satisfaisante. Les deux Qui le trouble. C'est la métalecons ne diffèrent d'ailleurs phore même du texte. Le mot que par une lettre, qui change grec s'emploie surtout pour l'orthographe, mais qui ne exprimer Îe trouble que cause change rien à la prononciation l'ivresse.
Pourquoi les êtres qui n'ont pas de semence, comme les enfants, les femmes, les vieillards et les eunuques ont-ils la voix aiguë, et pourquoi les adultes ont-ils la voix plus grave ?
N'est-ce pas à cause de la faiblesse de l'organe qui met l’air en mouvement ? Ce qui est faible produit un faible mouvement ; mais l'air en petite quantité a un mouvement plus vif; et ce qui a un mouvement plus rapide a un son aigu. N'est-ce pas aussi parce que le premier canal par où la voix se meut, est petit chez les êtres privés de semence, de telle sorte que ce qui pousse l'air hors de ce canal est faible aussi? L'air, qui est en faible quantité, se meut vivement dans le pharynx, qui est large dans sa partie haute. Quand l'être s’est développé et qu'il est adulte et viril, ce canal se distend; et le même phénomène se passe aussi dans les testicules. Alors, l'air poussé est en
8 34. Qui n'ont pas de semence. Cette même question a été déjà traitée plus haut, $ 16, et elle le sera de nouveau plus bas, ὃ 62. Les solutions sont à peu près les mêmes. — Les êtres qui n'ont pas de semence.
la voix aiguë. Il est certain que la voix a des rapports avec l'organisation de l'appareil génital; et la physiologie moderne a fait de longues études sur ces relations ; mais cependant le timbre de la voix, grave ou aiguë, a encore d'autres causes.
— La faiblesse de l'organe.
D'une manière toute générale, l'observation peut être exacte.
— Le premier canal... C'est le larynx sans doute que l’auteur veut désigner; mais rien ne prouve que ce canal soit plus petit chez les eunuques.— Dans le pharynx. C'est l'expression grecque, que j'ai dû reproduire, parce que les Aneiens ne distinguaient pas encore, du temps d’Aristote, le pharynx du larynx.
Cette distinction a été faite par l'école médicale d'Alexandrie. — Adulte et viril. Il n'y ἃ qu'un seul mot dans le texte.
SECTION XI, LA VOIX, 8 36 309 quantité plus grande ; et par suite, allant plus lente-
ment, le son qu'il rend est plus grave.
Pourquoi le bégaiement empêche-t-il de parler à voix basse ?
Le bégaiement ne tient-il pas à quelque obstacle .qui s'oppose à la voix ἢ La force n'étant plus également considérable et le mouvement n'étant plus le même, quand rien n'empêche le mouvement, il faut, si quelque chose vient à l’empècher, faire un effort violent. Or, la voix n’est qu'un mouvement, et quand on y emploie de la force, la voix est plus énergique. Comme il faut nécessairement un effort pour écarter un obstacle, les bègues doivent aussi parler plus fort.
Pourquoi dans l'inquiétude est-on davantage porté à bégayer, tandis qu’on l’est moins dans l'ivresse ἢ
δ 35. De parler à voix basse.
L'observation est délicate; et elle est exacte, ainsi que l’explication. — Quelque obstacle.
Le siège du bégaiement n'est pas, comme on l'a cru, dans les muscles de la langue ; mais il tientau système nerveux qui les met en mouvement. On pourrait donc supposer qu'il résulte plus de causes morales que de causes matérielles; etcela est si vraisemblable qu'on a guéri des bègues en les habituant à parler très lentement.
Voir Béclard, Traité élémen-
taire de Physiologie humaine, 6° édition, p. 800. D'une facon générale, le bégaiement tient à un obstacle, comme 1] est dit ici. — Les bègues doivent aussi... La conclusion est nécessaire après tout ce qui précède.
δ. 36. Dans l'inquiétude.
Voir plus haut, ὃ 32, et plus loin, ὃ 53, des questions analogues résolues à peu près de même. — Dans l'ivresse. L'opposition entre l'inquiétude et
l'ivresse n'est peut-être pas aussi marquée que l'auteur
N'est-ce pas parce qu'alors l'affection d’une des parties intérieures est une sorte d’apoplexie, qu'on ne peut pas mouvoir l'organe, et qu'on en est empêché par le froid qu'on ressent ? Le vin, qui est naturellement chaud, fait davantage disparaitre le refroidissement, tandis qu'au contraire l'inquiétude le produit. L’inquiétude n’est qu'une espèce de peur; et la peur refroidit.
Pourquoi dans les maisons entend-on dehors en dedans, que l’on n'entend du dedans au
mieux du
dehors ?
N'est-ce pas parce que le bruit qui vient du dedans se disperse en passant dans un endroit non resserré, de telle sorte qu'aucune parcelle du son ne peut être entendue, ou qu'elle l’est moins ? Au contraire, quand le bruit vient du dehors en dedans, comme la voix arrive dans un lieu plus étroit, où l'air est immobile, elle y marche en se condensant; et devenant de plus en plus forte, elle y est mieux entendue.
semble le croire. Le bégaiement dans l'un et l'autre cas est très
ne refroidit pas toujours; et quelquefois, au contraire, elle
différent ; le patient est beaucoup plus maître de lui dans l'inquiétude; dans l'ivresse, il ἃ perdu toute domination de soi.
— Alors. J'ai ajouté ce mot, qui se rapporte à l'inquiétude.
— Une des parties intérieures.
Il aurait fallu dire laquelle, plus précisément. — Une sorte d'apoplexie. La comparaison peut sembler exacte. — Par le froid qu'on ressent. L'inquiétude
surexcite la chaleur naturelle ; il est vrai aussi que parfois elle cause ce qu'on appelle une sueur froide. — Une espèce de peur. C'est exact. Voir la section III sur l'ivrognerie.
S 37. Dans les maisons.
L'observation est délicate et juste ; et l'explication n'est pas moins ingénieuse. — Ælle y marche en se condensant. C'est la métaphore même du texte.
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Pourquoi les bègues sont-ils mélancoliques ?
N'est-ce pas parce que la mélancolie consiste à obéir sur-le-champ à son imagination, et que les bègues sont dans la même disposition ? Chez eux, l'impulsion précède la puissance de parler, de telle sorte que leur âme obéit à l'apparence qui se montre à elle, plus vite qu'il ne faut. C’est de même quand on bredouille ; les organes sont alors trop lents à obéir. La preuve, c’est que, dans l'ivresse, on succombe au même défaut, et que l’on éprouve le même effet, en obéissant aux apparences extérieures bien plutôt qu’à l’action du vin.
Pourquoi les poireaux rendent-ils la voix plus claire, de même qu'ils font du bien aux perdrix qui en mangent ἢ