‹ Les Problèmes d'Aristote; (volume 2)Chapitre 76 sur 82 · SECTION XIII, DES MAUVAISES ODEURS · texte numérisé non relu

SECTION XIII, DES MAUVAISES ODEURS

N'est-ce pas parce que la région du poumon est obstruée, et qu’elle dévie de la ligne droite? L'air n’y circule pas bien, et l'humeur s’y pourrit, de même que le souffle qui y est renfermé se pourrit encore davantage.

ο Pourquoi beaucoup de parfums sentent-ils mauvais quand ils sont expulsés par la sueur, tandis que quelques-uns sont alors plus agréables, ou du moins ne sentent pas plus mauvais ?

N'est-ce pas parce que toutes les substances qui changent par suite d’un mouvement, ou d'une pression, donnent une odeur plus mauvaise, tandis que c'est le contraire pour celles qui ne changent pas ? Et il y a certaines substances de ce genre. Il en est ici comme pour les fleurs, dont on tire des odeurs si agréables. Quand on les fane ou qu’on les échauffe,

générale ; et elle semble désigner les gens qui sont bossus par devant aussi bien que dans le dos. Notre langue n'a pas de mot spécial pour cette difformité.

D'ailleurs, le fait indiqué dans ce ὃ est réel, et l'explication que l’auteur en donne est très plausible. — La région du poumon. Il est certain que la gibbosité gène tout l'appareil respiratoire, en ne laissant pas aux organes leur position naturelle, et l'amplitude nécessaire, — Se pourrit. Ou, « se corrompt ».

δ. 11. Beaucoup de parfums.

L'observation consignée dans ce ὃ est assez délicate ; et elle fait supposer que l’auteur ἃ vécu dans une société où l'usage des parfums devait être fort répandu.

Chez nous, il l'est beaucoup moins. Il est possible du reste que l'observation soil exacte ; et que, dans les conditions qui sont indiquées, l'odeur des parfums varie selon les personnes.

— D'un mouvement ou d’une pression. Voir plus haut, section XII, S5;il est dit que les choses ont plus d'odeur quand on les agite. Voir aussi dans cette sec-

ou qu’on les dessèche, elles sentent mauvais, comme la violette blanche ; d’autres gardent une odeur toujours semblable, comme la rose. Pour les parfums, les uns, composés de ces mêmes matières, changent d’odeur ; d’autres ne changent point; et le parfum de la rose est celui qui change le moins. Chez les gens dont la sueur sent mauvais, les parfums sentent plus mauvais encore, parce que le parfum se mêle à quelque chose qui lui est contraire ; de même que le miel uni au sel, loin d’être plus doux, le devient beaucoup moins.

Pourquoi toutes les substances ont-elles plus d’odeur quand on vient à les agiter ?

N'est-ce pas parce qu’alors l’odeur remplit l'air, et qu’elle arrive plus vite à nos sens ?

tion XIII, ὃ 3, ce quiest dit des fleurs fanées. — Elles sentent mauvais. Ceci ne s'applique pas très bien à la généralité des fleurs. Voir le fragment de Théophraste sur les odeurs, ch. VI (27), édit. Firmin-Didot, p. 368. Voir aussi sa longue étude sur les parfums végétaux, dans le traité des Causes des Plantes, livre VI, ch. 14, pp. 309 et suiv., ibid. — La violette blanche. Ou peut-être, une espèce de giroflée. Théophraste, loc. cit., parle d'un parfum tiré

de cette fleur: mais il ne dit rien de la fleur elle-même, du moins sous Ja dénomination employée ici. — Le miel mélé au sel. C’est une expérience à faire; mais on peut croire à priori que le goût du sel l'emportera sur celui du miel.

S 12. Quand on vient à les agiter. Voir plus haut, section XII, 8 5, la même question, résolue presque de même, quoique en termes un peu diflérents. On peut rapprocher ces deux passages l'un de l'autre.

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