Portés davantage au som
meil. 1] est certain que les habitants des contrées marécageuses sont en général lents et peu actifs; ils sont très exposés à la fièvre; mais il n‘est pas sûr qu'ils dorment davantage. — Plus refroidis. Cette influence n'est pas douteuse. — Est une sorte de repos. Ce serait plutôt un allanguissement.
8 12. Les mariniers.…. L’obser-
N'est-ce pas le grand air et le bon air qui en est cause ? L'eau pâlit les gens, quand elle est corrompue; et c’est là ce qu'elle devient quand elle reste sans mouvement. Voilà donc ce qui pâlit les gens qui habi-
tent les marais.
Pourquoi, dans les contrées du Nord, les chaleurs échauffantes de l'été sont-elles si fréquentes, et beaucoup plus fortes que dans les climats chauds ?
N'est-ce pas à cause de l'humidité de l'air? Sous un même degré de chaleur, l’eau devient plus chaude que l'air; et l'air est alors plus humide qu'il n’est chaud. N'est-ce pas aussi que, dans les contrées du Nord, l'air, tout en n'étant pas plus chaud, néan-
vation est exacte; et le teint bronzé des gens de mer tient à la fois au grand air où ils sont sans cesse exposés, et aussi à l'action de l'atmosphère marine.
— Le grand air. J'ai adopté la variante proposée par Septali, et qui consiste dans le changement d'une seule lettre, tout en conservant la même prononciation.
Cette variante n’a pas prévalu, bien qu’elle soit tout à fait rationnelle. La lecon ordinaire n'a pas un sens à beaucoup près aussi satisfaisant. — L'eau pélit les gens. 1] faudrait ajouter :
« Qui la boivent » ou « qui en respirent les émanations. » — Quand elle est corrompue...sans mouvement, Ces observations
sont fort exactes. — Ce qui pâlit les gens. I est facile de remarquer le teint terreux des populations dans les pays de marécages.
ὃ 13. Les chaleurs étouffantes de l'été. Le fait ἃ été signalé bien des fois; mais il ne se produit pas seulement dans les contrées du nord; on peut l'observer aussi dans les zônes tempérées, où il tient à diverses causes. — Qu'il n'est chaud.
Ce sens n’est pas absolument sûr; mais 1l semble mieux d'accord avec le contexte. — Æn n'étant pas plus chaud. J'adopte ici la variante que Gaza, d'après sa traduction, parait avoir eue sous les yeux. Septali l'indique
moins le parait à cause du contraste ἢ C’est comme le soleil qui, en perçant la nue, semble plus piquant, parce qu'il succède à l'ombre.
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Pourquoi les habitants des pays méridionaux ontils plus généralement des yeux noirs ? |
N'est-ce pas que les yeux sont bleus par l'excès de chaleur interne, tandis qu'ils deviennent noirs par le défaut de cette chaleur? C’est du moins ce que dit Empédocle. Ainsi donc, de même que pour les gens du Nord les yeux sont bleus, parce que le froid du dehors empêche la chaleur interne de sortir, de même pour les gens du Midi, l’humide ne sort pas des yeux à cause de la chaleur ambiante. Mais la
sans l’accepter. — Jl succède à l'ombre. Le sens du mot grec est équivoque et douteux. On pourrait traduire aussi « parce qu'il touche encore à l'ombre, d’où il sort. » Voir plus loin, section XXV, $ 6, une question analogue à celle-ci, et qui concerne particulièrement la température variable des régions du Pont-Euxin.
8 14. Des yeux noirs. L'observation est exacte et facile à faire; mais l'explication donnée ici peut paraître bien contestable. Plus haut, section X, ὃ 2, une question qui a quelque rapport avec celle-ci, a été discutée.
— C’est ce que dit Empédocle.
ΤΙ serait difficile de dire dans
quel ouvrage Empédocle avait émis cette opinion; il ne reste de lui malheureusement qu'un très petit nombre de fragments.
Voir l'édition de Firmin Didot, et M. Edouard Zeller. — Les yeux sont bleus par l'excès de chaleur. Aristote a étudié les variations de la couleur des yeux, dans l'Histoire des animaux, livre I, ch. 8, & 3 et suiv.: et dans le Traité de la Génération des animaux, livre V, ch. 1. Il est probable que la chaleur interne des individus n’est pour rien dans la coloration de leurs yeux. La chaleur du dehors ἃ sans doute plus d'influence. — ZL'humide ne sort pas des yeux. 1] serait bien dif-
chaleur sort si rien ne l'en empêche ; et c’est l'humidité restante qui fait que l'œil est noir. La lumière faisant défaut, ce qui reste est sombre. Ou bien, n’est-ce pas que la couleur qui est dans l'œil s’assimile aux couleurs qu’a le reste du corps ἢ De là vient que, chez les gens du Nord, qui sont blancs, les yeux sont bleus, couleur qui se rapproche du blanc, tandis que, les gens du Midiétant noirs, leurs yeux deviennent noirs aussi.
Pourquoi les habitants du Midi sont-ils plus intelligents que les habitants du Nord ?
N'est-ce pas par la même raison qui fait que Îles vieillards ont plus de sagesse que les jeunes gens ? Les uns, à cause du froid de leur contrée, ont beaucoup plus de chaleur intérieure que ne le comporte
ficile de constater un tel fait. — L'humidité restante. Le rôle prêté à la partie aqueuse de l'œil est fort exagérée. — La lumière faisant défaut. Ceci ne paraît pas tenir assez étroitement à ce qui précède; il semble que plusieurs idées intermédiaires ont élé omises. — 14 couleur qui est dans l'œil s'asstmile... Cette explication est encore moins plausible que la précédente.— Qui sont blancs.
bleus. La couleur bleucest presque aussi éloignée de la couleur blanche que le noir peut l'être.
— Étant noirs. 1] y ἃ encore bien des nuances entre les diverses populations du midi.
8 15. Plus intelligents. C'est un fait évident, et cette remarque avait été faite dès longtemps par Hippocrate, qui l'expose dans le traité des Airs, des eaux et des lieux, Hippocrate, Littré, tome IT, pp. 12-93. Aristote lui-même résume cette théorie profonde dans sa Politique, livre IV (7), ch. 6, de ma traduction. Il n'a rien été écrit sur ce sujet de mieux que ce qu'en ont dit Hippocrate et Aristote. Les auteurs modernes n'y ont rien ajouté d'essentiel.
— Les vieillards. les jeunes gens. La comparaison est fort claire; mais elle n’est peut-être pas également juste. — Jnlé-
leur nature propre ; on dirait qu'ils sont ivres. Ils ne cherchent pas à s'instruire; mais ils sont braves et portés à la bonne humeur, Au contraire, dans les climats chauds, on est sobre parce qu'on est froid naturellement. Or, toutes les fois qu'on a peur, on est porté à étudier les choses de près bien plus que quand on est plein d'assurance; par suite, on fait aussi plus de découvertes. N'est-ce pas encore que les races du Midi existent depuis longtemps, et que les autres ont péri dans le déluge ? Il en résulte que les habitants des climats froids sont aux habitants des climats chauds ce que les jeunes gens sont aux vieil-
lards.
Pourquoi les hommes des pays chauds sont-ils
rieure. J'ai ajouté ce mot qui ceptions. — On fait plus de
parait indispensable. — On dirait qu'ils sont ivres. Ceci pourrait, ce semble, s'appliquer mieux aux gens du midi. — À la bonne humeur, où «à l'espérance ».— Parce qu'on est froid.
C'est-à-dire sans doute, « audessous de la température ambiante ». — Qu'on a peur. Cette idée nest pas suffisamment amenée; et il manque ici quelques notions intermédiaires. On suppose que les peuples du midi sont lâches, et qu'ils ont peur de tout. Cette hypothèse n'est pas fausse pour toutes les populations méridionales; mais elle est sujette à bien des ex-
découvertes. Ou « d'inventions ».
— Dans le déluge. La même tradition d’un déluge général se retrouve dans la Météorologie d’Aristote, livre I, ch. 14, ὃ 21, de ma traduction. La science moderne en sait beaucoup plus long que l'Antiquité sur ces phénomènes aussi curieux que formidables; mais au fond, ce sont les mêmes préoccupations; et la science grecque a commencé ces études, qui, de nos jours, devaient faire tant de progrès. — Il en résulte... Cette conclusion sort logiquement de ce qui précède; mais elle n'est pas prouvée,
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lâches, tandis que les hommes des pays froids sont pleins de bravoure ?
N'est-ce pas parce que la nature des habitants est toute différente de celle de la contrée et du climat ? Si les hommes étaient dans les mêmes conditions, ils seraient consumés bien vite, Or, ceux qui ont une nature chaude sont braves; ceux qui ont une nature froide sont lâches. Il en résulte que ceux qui sont dans les climats chauds se refroidissent, parce que leur corps étant desséché, leur chaleur s'échappe au dehors, tandis que les gens des climats froids sont naturellement échauffés, parce que leur chair s’épaissit sous l’action du froid extérieur ; et que, leur chair
étant épaissie, la chaleur se concentre au dedans.
δ 16. Läches.… pleins de bravoure. Voir plus haut, $ 8, des théories analogues; les idées sont les mêmes; mais les explications sont assez différentes.
D'ailleurs, l'expression en est trop générale, et 1] y a lieu de faire bien des exceptions, de part et d'autre. — Jls seraient consumés. Rien ne justifie cette assertion ; mais l'auteur suppose que les habitants du midi doivent être froids de leur nature propre pour pouvoir résister à la chaleur ambiante, et qu'au contraire les hommes du nord doivent être chauds, par la même raison. — Se refroidissent.
C'est une théorie loute gratuite. — Leur chaleur s'échappe au dehors. Physiologiquement, le fait n'est pas exact; mais il est vrai que des sueurs abondantes
et continuelles sont une cause puissante de langueur et d'énervement.— Leur chair s'épaissit.
Ou peut-être : « se durcit ». — La chaleur se concentre. Toute cette théorie peut, au premier coup d'œil, sembler assez hasardeuse; mais elle n’est pas absolument fausse, ni sans quelque fondement. Pourtant, l’éthnologie démontre que la chair de certaines populations noires n'est pas moins épaisse, ni moins dure, que celle des habitants des contrées les plus froides. — Il faut rapprocher plusieurs théories de cette section XIV des théories qu'Aristote expose dans ses traités spéciaux : du Sommeil et de la veille, de la Longévité et de la brièveté de la vie, de la Jeunesse et de la vieillesse ; voir ma traduction des Opuscules.