Des caractères moraux
Voir plus haut, $ 27. — Comme nos actes eux-mêmes. Ces deux sortes de mouvements ne se ressemblent pas; car les pensées et les résolutions du librearbitre ne sont pas des mouvements, dans le genre des ondes sonores qui frappent l'ouie. — Moral... moralité. La répétition est dans le texte.
$ 30. Aypodorien.. hypophrygien. Voir plus loin, $ 48, la même question beaucoup plus développée. Ces deux modulations avaient sans doute quelque
chose de languissantet detendre, qui ne convenait pas à la dignité de la tragédie. On ne sait pas au juste ce qu'elles pouvaient être comparativement aux modes divers que comporte l’art actuel.
Aristote a traité de la musique dans sa Politique, livreV, ch. 2, $ 3, ch. 4, et ch. 5, & 8 et suiv., ch. 7, $$ ὁ et suiv.
Dans tous ces passages, les principes sont les mêmes que ceux qui sont exposés ici; ils sont excellents et peuvent être encore appliqués de nos jours, bien que nous attachions à la culture de la musique moins d'importance que les Anciens. — Ils n'ont pas d'antistrophe.
Voir plus haut, $ 15, ce qui est dit des antistrophes du chœur.
qu'ils ne viennent que de la scène ? Car ils ne sont
qu'imitatifs.
Pourquoi, du temps de Phrynichus, faisait-on sur-
tout de la mélodie ?
N'est-ce pas parce qu'à son époque, c'était la mélodie qu'on employait plus fréquemment que les
mètres dans la tragédie D
Pourquoi prend-on le mot de diapason, et ne diton pas, conformément au nombre réel, par huit, comme on dit par quatre ou par cinq ?
N'est-ce pas parce qu'autrefois les cordes étaient
— El qu'ils ne viennent que de la scène. tmilatifs. C'est la traduction fidèle du texte ; mais le sens reste bien obscur ; et nous ne connaissons pas assez exactement le détail des représentations théâtrales des Anciens pour bien comprendre toutes les allusions de l’auteur.
8 31. Phrynichus. 11 y ἃ plusieurs Phrynichus dans l'histoire grecque ; celui dont il est question ici est sans doute le poète tragique, qui remporta le prix quelques années avant Eschyle. — Les mètres. Ou, sans doute les vers dont se composait le dialogue entre les personnages de la pièce. J'ai suivi
l'édition Firmin-Didot, qui déplace deux mots du texte; et ce déplacement fort simple suflit pour que le sens soit très satisfaisant. Le récitatif était interrompu par des chants ou mélopées.
8. 32. Le diapason.Nous avons conservé dans notre langue le mot de diapason; mais nous ne lui donnons pas le même sens ; il semble qu'ici il ne doit signifier que l'ensemble de la gamme, y compris l’octave, qui est la huitième note. Par quatre, Par cinq, signifiait pour les Grecs la quarte et la quinte ; l'analogie aurait exigé Par huit; mais Aristote explique pourquoi une
au nombre de sept ? Plus tard, Terpandre retrancha la tierce, et ajouta l’octave? De là vient qu'on prit le mot de diapason au lieu de compter par huit. Il n’y en avait en effet que sept seulement.
Pourquoi est-il plus harmonieux de passer de l'aigu au grave que de passer du grave à l’aigu ?
N'est-ce pas parce qu’en effet, on commence alors par où l’on doit commencer ? La note médiale est le chef et le son le plus aigu du tétrachorde, Mais le grave n’est pas le vrai commencement; c'est au contraire la fin. N'est-ce pas aussi parce que le grave
après l’aigu ἃ quelque chose de plus franc et de plus
euphonique 9
autre expression ἃ prévalu. — Terpandre, de Lesbos, passe pour le père de la musique grecque, vers le septième siècle avant notre ère. Il ajouta trois cordes à la lyre, qui n’en avait d'abord que quatre. — Retrancha la tierce. L'expression grecque ne peut avoir un autre sens; mais il est difficile de comprendre comment cette suppression est possible.
ὃ 33. De passer. Ou « de descendre ».— De l'aigu au grave.
Le fait n'est peut-être pas général, et la préférence dépend beaucoup de chaque auditeur.
— Alors. J'ai ajouté ce mot. — Du tétrachorde. Plusieurs commentateurs ont lu : « Du premier tétrachorde »; c’est une lecon empruntée à Gaza. Cette correction semble indispensable, parce qu'autrement la note médiale ne justifierait plus son nom. Au contraire, l'expression devient juste s’il y a deux tétrachordes, l’un en descendant et l'autre en montant. — Le grave.
Le texte n’a qu'un pronom indéterminé. — Vrai. J'ai encore ajouté ce mot. — De plus franc.
Le texte dit positivement : « de plus généreux ».
Pourquoi deux notes, dont l’une est à la quinte ou deux notes dont l’autre est à la quarte, ne sont-elles
pas symphoniques, tandis que les deux notes, le dia-
pason ou l’octave, sont symphoniques ?
N'est-ce pas parce que la quinte n’est pas le redoublement de la quarte, pas plus que la quarte n’est le double de la quinte, et que la quarte reste la quarte, ainsi que la quinte reste la quinte ?
Pourquoi le diapason (ou octave) est-il la plus belle
des consonances ?
$ 34. Deux notes. à la quinte.
Voir plus loin la même question, ἃ 41, plus développée qu'elle ne l'est ici. J'ai adopté la lecon dont parle la préface de l'édition Firmin-Didot. La lecon ordinaire dit : « deux notes aiguës », au lieu de :
« deux notes à la quinte ». Cette dernière lecon semble indispensable, et elle s'accorde seule avec le contexte. — Le diapason.
C'est l'accord de la tonique avec son oclave. — Ou l’octave. J'ai ajouté ces mots pour plus de clarté, — Symphoniques. Ici ce mot ne signifie pas l'unisson, mais l'accord. La tonique et l'octave s'accordent en un seul son, tandis que la tonique et la quinte, ou la tonique et la
quarte ne s'accordent pas de la même facon. On pourrait traduire aussi: Consonants, au lieu de Symphoniques. — Parce que la quinte. I faut faire ici le même changement que plus haut. — La quinte n'est pas le redoublement de la quarte.C'’est le sens qui parait encore le plus plausible. Le texte n'a pas de variante. Le double doit signifier ici la répétition du son à l'octave, soit en haut, soit en bas.
ὃ 35. La plus belle des consonances.Faut-il entendre ici la consonance simultanée des sept cordes, ou l'octave reproduisant la tonique ? 1] semble que c'est ce dernier sens qu'il faut adopter. Les rapports de la tonique
SECTION XIX, HARMONIE, ὃ 35 63
N'est-ce pas parce que, dans le diapason, les proportions sont complètement exprimées en nombres ronds, tandis que les rapports des autres consonances ne se trouvent pas exprimés en nombres ronds ? Ainsi, l’octave est le double de la tonique; et, siloctave est deux, la basse est un, et si la basse est deux, l’octave est quatre, et toujours dans la même proportion. C’est, au contraire, une fois et demie pour la note médiale; car la moitié de cinq ne peut pas être donnée en nombres ronds; et ainsi, le plus grand contient un, qui est le plus petit, par exemple, et sa moitié en sus. Alors, on ne compare plus un nombre rond à un nombre rond; mais il reste encore des parties. Il en est toujours de même pour la quarte; car on peut encore diviser par trois, et ce qui produit quatre, c’est un ajouté à trois. N'est-ce pas aussi parce que le diapason est la consonance la plus parfaite, formée des
et de l’octave sont bien ce que dit le texte. La tonique étant un, l’octave est deux, c’est-àdire que l'octave vibre deux fois plus vite. Les nombres sont ronds de part et d'autre. — En nombres ronds. J'ai pris cette locution familière, qui rend bien l'expression grecque qui dit :
«Nombres totaux, ou complets ».
— L'octave est le double de la tonique. Ceci est parfaitement exact, comme on peut le voir dans tous les traités d'acoustique. — Pour la note médiale.
C'est ici la quinte, dont le rapport àlatoniqueestde 2à 3, c'està-dire une fois et demie, comme
le dit le texte; trois étant d'abord deux, plus la moitié de deux.— 71 reste encore des parties. Cette expression est bien vague ; mais on la comprend.— Pour la quarte. Le rapport de la tonique à la quarte est de trois à quatre; et par conséquent, quatre comprend d’abord trois, plus un. C’est ce qui résulte du texte, qui est d'ailleurs assez obscur: mais c’est surtout ce que confirment les expériences d’acoustique. L'auteur, après l'octave, la quinte et la quarte, aurait pu parler de la tierce, dont le rapport est de quatre à cinq. — ÂV'est-ce pas aussi. Se-
deux notes, et qu’il est aussi la mesure de la mélodie tout entière ? N'est-ce pas encore que le mouvement du mobile est toujours le plus vif dans le milieu, et qu'il est moins vif quand il commence ou quand il finit ? Or, là où le mouvement est plus fort, là aussi le son est le plus aigu de la gamme. C'est ce qui fait que les cordes, quand elles sont bien tendues, rendent un son plus aigu, parce que le mouvement est alors plus rapide. Le son n’est, après tout, que le déplacement de l'air, ou de tel autre corps. Le son qui est au milieu du trajet doit être le plus aigu de tous ; et si ce phénomène ne se produit pas, c’est qu'il n’y a aucun excès de déplacement.
Pourquoi, lorsque la corde médiale est touchée, les
conde explication de la beauté de l’octave.— 7] est. la mesure de la mélodie tout entière. On ne comprend pas bien ce que ceci veut dire. — N'est-ce pas encore. Troisième explication.
Celle-ci n’est pas plus décisive que les précédentes. — Le plus vif dans le milieu. C'est possible; mais on ne voit pas en quoi ceci se rapporte à la beauté supérieure du diapason. — De la gamme. J'ai ajouté ces mots, pour que le principe énoncé ici s’adressât plus particulièrement à la musique.— Rendent un son plus aigu. Ceci est exact. — Le déplacement de l'air. Aujourd’hui nous disons, avec plus de précision, que ce sont les vibra-
tions du corps sonore qui se propagent dans l'air. — Au milieu du trajet. Cette théorie est la continuation de ce qui précède; mais la note la plus aiguë est l’octave, et non la note du milieu. Septali remarque avec raison que toute cette dernière partie du texte ne tient pas assez directement à la question du diapason.
8. 36. La corde médiale...Noir plus haut, $ 20, la même question, présentée un peu autrement. — Touchée. Le grec dit simplement : « Mue, mise en mouvement » ; mais le contexte prouve qu'il s'agit d'une dissonance et non pas d’un simple mouvement ; et alors il faudrait
SECTION XIX, HARMONIE, ὃ 37 6:
autres cordes résonnent-elles en même temps ? Et si celle-là reste immobile, et qu’une des autres cordes soit mise en mouvement, pourquoi la seule corde qui résonne est-elle celle qui a été mise en mouvement ?
N'est-ce pas parce que toutes les cordes doivent être mises d'accord avec la note médiale, selon les rapports qu'elle ἃ avec elles, et que le rang de chacune d'elles dépend de cette note ἢ La cause de l'accord et de la continuité venant à disparaitre, les choses ne restent plus dans le même état. Une seule corde étant en désaccord, et la note médiale restant ce qu'elle est, il est tout simple que le défaut se borne à la corde unique qui fausse; car les autres restent en harmonie avec la corde médiale.
Pourquoi, dans la voix humaine, l’aigu représentant
traduire tout ce passage d'une duit une note fausse. — Toutes manière différente, comme l’ont (Les cordes doivent étre mises fait la plupart des traducteurs d'accord. La raison paraît exlatins, et le rendre ainsi: «Pour- cellente; mais dans notre sysquoi, lorsque la corde médiale tème de la gamme, le rapport est fausse, toutes les autres des diverses notes à la note notes faussent-elles en même médiale ne parait pas aussi temps, tandis que, si celle-là est évident. Il n’y a que notre La juste et qu'une des autres cordes qui pourrait produire un effet
vienne à fausser, celle-ciest-elle de ce genre. — Selon les rapla seule à fausser? » Il semble ports... une seule corde étant en que cette traduction est préfé- désaccord... à la corde unique
rable ; mais le sens des mots du texte ne s'y préte point, puisque le verbe qui est employé pe signifie que le mouvement dans sa généralité, et non pas le mouvement spécial que pro-
T. II
qui fausse. Dans tous ces passages, ma traduction est plus précise que le texte, afin de le rendre plus intelligible.
8 37. Dans la voix humaine.
Voir, plus haut, $ 26, et plus
66 LES PROBLÈMES une petite quantité, et le grave représentant une quantité plus grande, puisque le grave n'est grave que par sa quantité plus grande et que l’aigu n’est rapide que par sa petite quantité, pourquoi se fait-il qu'il est plus difficile de chanter à l'aigu que de chanter au grave ? En effet, 1 Υ ἃ ρϑὰ de gens qui puissent chanter dans les notes hautes ; les nomes qui montent et les nomes aigus sont difficiles à chanter, parce que la tension de voix qu'ils exigent est extrême. Cependant, il y a moins de peine à mouvoir une quantité petite qu'à en mouvoir une grande; et par conséquent, on ἃ moins de peine aussi à mouvoir de l'air. N'est-ce pas encore parce que ce n’est pas du tout la mème chose d'avoir naturellement une voix aiguë, ou de chanter à l’aigu ? Les voix naturellement aiguës ne
loin, $ 46, une question presque pareille. Il y a entre ces différents textes une contradiction évidente, que Septali a essayé de faire disparaitre, en forcant un peu le sens des expressions grecques.— Une petite quantité.
Le texte est encore plus vague que cette traduction. Le fait d'ailleurs est certain; et par exemple, dans les instruments à cordes, la tonique est donnée par une corde qui est le double de celle qui donne l'octave. — Plus difficile de chanter à l’aigu.
Plus haut, $ 26, il est dit au contraire qu'il est plus facile de chanter ἃ l'aigu, et la même assertion sera répétée plus bas, ὃ 46. Les deux passages sont inconciliables avec celui-ci. —
Peu de gens. Cette expression m'a déterminé à restreindre à la voix humaine ce qui est peutêtre dit d'une manière plus générale du son, dans toute l'étendue de ce mot.— Les nomes qui montent. Le contexte semble exiger cette interprétation. Pour les nomes, voir plus haut, S28.— La tension de voix qu'ils exigent. Le texte est moins formel. — À mouvoir de l'air. Sur le mouvement de l'air dans ses rapports avec le son, voir le ὃ 35. — Ce n'est pas du tout la même chose.
On ne voit pas que ceci réponde hien à la question; d’ailleurs, la différence est réelle ; et l’on peut distinguer entre la voix aiguë qu'a donnée la nature, et la voix aiguë qu'on se donne en chan-
SECTION XIX, HARMONIE, ὃ 38 67
sont jamais aiguës que par faiblesse, parce qu'elles ne peuvent, en réalité, mouvoir beaucoup d'air, et qu'elles en meuvent seulement une petite quantité. Or, l’air en petite quantité ἃ un mouvement rapide. Mais au contraire, quand on chante, l’aigu est une preuve de force; car le corps qui a un mouvement énergique ἃ un mouvement rapide; et c'est là ce qui fait que l’aigu est une preuve de force. [Les gens qui sont hectiques ont une voix aiguë]; chanter haut est pénible ; les notes graves sont des notes basses.
Pourquoi nous plaisons-nous, tous tant que nous sommes, au rhythme, au chant, en un mot aux consonances mélodieuses ?
N'est-ce pas parce qu'on se plait naturellement àtous les mouvements qui sont naturels ? Et la preuve, c’est que les enfants à peine nés s’y plaisent aussi. Pour nous, c'est l’habitude qui fait qu'on se plait aux modulations des chants. Le rhythme nous charme, parce
tant. — Que par faiblesse. La physiologie actuelle contesterait peut-être cette explication. — Les gens qui sont hectiques.
Septali n'a pas traduit cette phrase, qui semble en effet n'être qu'une interpolation, D'ailleurs, le sens du mot grec est peu fixé ; et il pourrait vouloir dire à la fois, et les gens qui ont l'habitude de chanter, et les gens atteints d'étisie ou fièvre continue. Le premier sens serait plus d'accord avec le
contexte.— Les notes graves sont des notes basses. Le texte est moins précis.
ὃ 38. Nous plaisons-nous.
L'observation est parfaitement juste, et l'ordre en toutes choses répond aux exigences de notre raison, et est conforme à ses principes. C’est le bien qui est le fond de l’âme humaine.
— Les enfants à peine nés.
Chacun de nous ἃ pu constater ce fait bien des fois. — Pour nous. J'ai ajouté ces mots par
qu'il a un nombre qui nous est notoire, et qu'étant bien ordonné lui-même, il nous émeut d’une manière non moins ordonnée. Un mouvement régulier convient bien mieux à notre nature qu'un mouvement irrégulier, parce qu'il est plus conforme à la nature des choses. La preuve, c'est que, quandon travaille, quand on boit et quand on mange régulièrement, on répare et l’on accroit sa santé naturelle et ses forces, tandis qu'en mangeant irrégulièrement, on la détruit et on la bouleverse. Les maladies ne sont, à vrai dire, que des mouvements qui ne sont pas conformes à l’ordre naturel du corps. Mais ce qui nous plait dans la symphonie, c’est qu’elle est un mélange d'éléments contraires, qui ont entre eux un certain rapport. Le rapport proportionnel est donc l’ordre de ces éléments; et c'est de là précisément que vient le charme conforme à la nature. Tout ce qui est bien mélangé est plus agréable que ce qui ne l’est pas ; surtout, quand il s’agit d’une chose sensible, qui reproduit par portion
opposition à la phrase qui précède. — Un nombre qui nous est notoire. Parce qu'il est conforme à nos instincts naturels.
— Nous émeut..… L'explication est excellente.— À notre nature.
J'ai ajouté ces mots pour distinguer ce qui est conforme à notre nature particulière, et ce qui est conforme à la nature en général. — La preuve... Ces observations diverses sont d'une justesse frappante. — On la détruit. Celte hygiène est bien
ancienne, comme on le voit ; mais on l'applique toujours très peu; et parmi nous, presque personne n'y fait attention. — Les maladies. Voir la définition de la maladie, plus haut, section 1, ὃ 1. — δα symphonie, ou la consonance. — Le rapport proportionnel. La gamme d'abord et toutes les modulations musicales ne sont en effet que des proportions de sons.— Bien mélangé. Le texte n'est pas moins vague.— Par portion
SECTION XIX, HARMONIE, ὃ 39 69
égale la force des deux extrêmes combinés. Alors le rapport de tous deux se trouve dans leur consonance.
Pourquoi l'accord symphonique des voix est-il plus agréable que l'unisson ?
N'est-ce pas parce que le son qui accompagne résonne symphoniquement à l’octave ? C’est ainsi que les enfants, les jeunes gens, les hommes faits chantent d'accord, lorsque leurs voix ont entre elles un timbre aussi distant que l’octave, par rapport à la tonique. Toute consonance est en effet plus agréable qu'un son unique ; et déjà nous avons dit pourquoi. Mais la note la plus agréable de toutes, c’est l'octave, tandis que l’homophone (l'unisson) n’a qu'un son unique. Les instruments à cordes accompagnent aussi la voix, en faisant la symphonie à l'octave. De même que, dans les mètres des vers, les pieds de chaque vers ont des
égale... combinés. Ces expres- chez les Grecs ne faisaient pas
sions répétées sont nécessaires pour rendre toute la force du grec. — Consonance. Ou Symphonie.
$ 39. L'accord symphonique.
l'unisson. Voir pour tout ce problème plus haut, 88 16, 18, 19 et 24. L'accord harmonique ne signifie que le chant à l'octave, au lieu du chant homophone, à l'unisson, qui reproduit exactement la même note, — Un timbre aussi distant... L'observalion est exacte ; et il est facile de la vérifier, surtout sur les voix de femmes ; mais les femmes
de musique ; et voilà comment dans 66 ὃ iln'en est pas question.
— L'octave..…. la tonique. En grec, la nété et l'hypaté.—Nous avons dit. Voir, plus haut, les 88 cités au début de celui-ci. —- L'homophone. J'ai conservé le motgrec,en meltantentre parenthèses le mot d'Unisson, qui lui correspond parfaitement. — Dans les mètres des vers. Le texte dit simplement « dans les mètres »; et peut-être l’expression pourrait-elle s'appliquer aux mètres musicaux, tout aussi bien qu'à la versification et à sa
rapports, soit d'égal à égal, soit de deux à un, ou même tel autre rapport, de même les sons qui composent la symphonie ont entre eux un rapport de mouvements proportionnels. Pour le reste des symphonies autres que l'octave, les finales de l’une des deux sont incomplètes, parce qu'elles s'arrêtent à la moitié. C’est là ce qui fait qu’elles ne sont pas d’égale valeur; et comme elles sont inégales, l’ouïe perçoit la différence, de même que, quand les chœurs se terminent, ils font entendre des sons plus forts que tous les précédents. Ajoutez que la tonique a aussi la même finale que les périodes que modulent les sons; car le second coup que l’octave frappe dans l'air est la basse. Ainsi, finissant de mème, bien que n'agissant pas de même, les deux notes produisent un seul et commun effet, comme il arrive dans le jeu d'instruments qui sont d'accord avec le chant. D'ailleurs, bien qu’on ne tire
métrique particulière. Il est très probable que les Grecs connaissaient la valeur des diversess notes plus ou moins longues, aussi bien qu'on la connaît aujourd'hui. — Un rapport de mouvements proportionnels.C'est ce que l'acoustique de nos jours a constaté de la manière la plus complète. — Pour le reste des symphonies. Ou, Consonances.
Le texte est un peu moins précis que ma traduclion. — Les finales. s'arrétent à la moitié.
La quinte, la quarte, la tierce ne sont que des parties de la gamme.— D'égale valeur. L'intervalle est moins grand, et la
symphonie est moins complète.
— Les chœurs se terminent... On peut voir dans nos opéras que ce même eflet se produit toujours. Quelques traducteurs ont compris qu'au lieu des chants du chœur, il s'agissait ici de ses danses.— Latonique a... la méme finale.C'est-a-dire que la tonique reparaît à la finale, et que c'est sur elle que le chant se termine.
— Le second coup. Le premier coup, c'est la tonique ; et son octave est le second. — Est la basse. Ou, reproduit la tonique avec l'intervalle régulier. —Dans le jeu d'instruments. Le texte se sert ici du mot qu'il a em-
SECTION XIX, HARMONIE, ὃ 40 71
pas de la flûte les mêmes sons, s'ils finissent sur la même note, ils font, par ce final, plus de plaisir à l'oreille qu'ils ne la blessent par les différences qui ont précédé la fin. C’est qu'alors le son commun qui est produit après les différences est très agréable, grace à l’octave. L'accompagnement des instruments se compose de sons contraires; et voilà pourquoi on met les instruments à l’octave.
Pourquoi a-t-on plus de plaisir à entendre chanter des airs que l’on connait déjà, plutôtque des airs qu'on ne connait pas ?
N'est-ce pas parce qu'en entendant ces chants, on sent mieux le talent de l'artiste, qui va toucher le but comme un archer, et que, quand on connait déjà le chant que l’on va entendre, on ἃ d'autant plus de plaisir à l'entendre de nouveau ? Ou bien, n'est-ce pas aussi parce que l'auditeur sympathise avec le chanteur qui lui répète un air connu ? Car il le chante avec lui; or, on ne chante jamais que quand on est en Joie, à moins qu'on ne chante sous la contrainte de quelque nécessité.
ployé plus haut, ὃ 18. — S'ils finissent sur la méme note. Le texte n'est pas aussi formel. — L'accompagnement des instruments. Le texte se sert de nouveau de la même expression qu'au $ 18, pour le magas.
δ 40. Des airs que l'on connait déjà. Voir plus haut, $ 5, la
même question, résolue de
même, mais en des termes un peu différents. — Qui va toucher le but comme un archer. Le texte n’est pas aussi développé.
— L'auditeur sympathise. L'observation est très fine. — À moins qu'on ne chante... Cette réserve n'était pas nécessaire ; et il est possible que cette phrase soit une interpolation.
Pourquoi n’y a-t-il pas consonance par la répétition de deux notes dont l’une est à la quinte, ni par celle de deux notes à la quarte l’une et l’autre, tandis qu'il y a consonance de deux notes à l'octave ?
N'est-ce pas parce que, à la quinte, c'est un rapport d’une fois et demie, et qu'à la quarte, c'en est un deun et un tiers ? Les trois nombres qui se suivent étant un et demi, ou trois et un tiers, les extrêmes ne peuvent avoir aucun rapport entre eux ; car ils ne sont ni des sous-multiples, ni des multiples. Quant à l’octave, comme elle est dans la proportion du double, si la note est répétée deux fois, les extrèmes se trouvent dans la proportion du quadruple. Or, il n’y ἃ symphonie que quand les sons ont entre eux un rapport
841. N'y a-t-1l pas consonance. Noir plus haut, 8 34%, la même question résolue de même, mais beaucoup moins développée. Au lieu de Consonance, on pourrait garder le mot de Symphonie, calqué sur le mot
du texte. — Par la répétition de deux notes... Le grec est beaucoup plus concis. — Dont une
est à la quinte, et dont l'autre est la tonique. Au lieu de : « A la quinte »; le texte dit : « Deux notes aiguës », comme au ὃ 34.
Septali a conservé la lecon vulgaire dans le grec, et adopté l’autre dans sa traduction. — De deux notes à l’octave. Ceci me semble justifier ma traduction.
— D'une fois et demie. Ceci est
exact, et le rapport de la quinte à la tonique est de 2 à 3, de même que celui de la quarte est de 3 à 4. Ainsi, pour la quinte, c'est d'abord 2 plus 1; et par conséquent c'est une fois et demie; pour la quarte, c'est d'abord 3, plus 1, et par conséquent une fois et un tiers. On peut s'étonner que les calculs aient été déjà si justes dans l'Antiquité.— Les trois nombres.
D'abord la tonique, puis la quinte et la tierce. — Les extrémes. C'est-à-dire, la tonique, plus la quinte ou la quarte, — Si la note est répétée deux fois.
Ceci veut dire sans doute qu'il ÿ aurait une double octave ; mais le texte reste obscur.
SECTION XIX, HARMONIE, 8 42 τὸ
régulier. Les deux sons qui ont entre eux un intervalle d’octave sont en rapport les uns avec les autres. Mais ceux qui se répètent par deux à la quarte ou par deux à la quinte, n’ont pas ce rapport proportionnel. Il suit done de ce qu'on vient de dire que les uns, répétant deux fois l’octave, sontsymphoniques, et que les autres ne le sont pas.
Pourquoi la basse (hypaté) seule semble-t-elle résonner lorsqu'après avoir pincé la corde de l'octave (nété), on l’arrèête tout à coup ἢ
N'est-ce pas parce que la note de l’octave (nété), quand elle cesse et qu’elle s'éteint, devient la basse ? Ce qui le prouve bien, c'est qu'on peut aisément chanter cette dernière note, qui est la plus haute en quittant la basse ; et comme si le son de cette note était aussi le son des autres, c’est sur elle qu'on se règle, parce que les notes se ressemblent. L’écho, qui est bien aussi une sorte de chant, n’est que la reproduction du dernier son qui vient de cesser ; et comme
8 42. La basse seule... Voir plus haut, $ 2%. La basse, c'està-dire, la Lonique.— On l’arréte tout à coup. En mettant la main dessus. Cette observation, avectant d'autres, estune preuve de plus de l'attention apportée par les Anciens aux études musicales. — Devient la basse.
C'est peut-être dire trop. Cette corde fait entendre la tonique, sans cesser d'être elle-même ce
qu'elle est. — Aisément chanter.
Le texte est moins précis. — Cette dernière note... Même remarque. J'ai cru devoir faire ces additions pour plus de clarté.
— L'écho... Le rapprochement n'est peut-être pas très exact,
puisque l'écho n'est qu'une reproduction, tandis que la tonique, qui suit l'octave, est
autre chose encore que l’octave, malgré la ressemblance. — La
le son reste le mème que celui de la basse, c'est alors la note aiguë qui semble naturellement, à cause de la ressemblance, mettre la basse en mouvement. Nous savons bien que c’est la note la plus haute qui résonne quand on la touche ; mais en voyant que la basse reste immobile, et en entendant cependant le son qu'elle donne, nous croyons que c’estelle qui fait le bruit. Du reste, c'est là une erreur que l’on commet dans beaucoup de cas, toutes les fois que nous ne pouvons pas savoir précisément ce que sont les choses, ni par le raisonnement, nt par la sensation. Ajoutons que, quand on frappe la corde aiguë bien tendue, s’il arrive que le chevalet résonne et se meuve aussi, il n’y a rien là qui doive nous surprendre ; car du moment que le chevalet est en mouvement, il va de soi que toutes les cordes sont mues en même temps que lui, et qu'elles produisent une sorte d'écho. Par rapport à toutes les autres cordes, le son de l’octave leur est tout à fait étranger, soit qu'elle finisse, soit qu'elle commence, tandis qu'en finissant, elle est identique à
nole aiguë. La nété, ou l'octave.
— Nous savons bien... Pour comprendre entièrement tout ce passage, il faudrait avoir sous les yeux un instrument à cordes, où l'on répéterait l'expérience indiquée ici.— Du reste, c’est là une erreur. Ce membre de phrase est assez inutile ; et l'on pourrait le prendre pour une inter-
reste obscur ; et il est difficile de voir comment le chevalet, où s'appuient les cordes, peut recevoir un mouvement quelconque.
Peut-être s'agit-il d'un déplacement du chevalet, qui change la portée de toutes les cordes, et par suite leur son proportionnel. — Est en mouvement. Ou, « Change de place ».—4 toutes
polation. — S'il arrive que le chevalet résonne et se meuve aussi. 1 n y a qu'un seul mot dans le texte. Le sens d'ailleurs
les autres cordes. Il n'y a qu'avec la tonique que l'octave est en rapport, en la reproduisant à un certain intervalle. — /dentique
SECTION XIX, HARMONIE, ὃ 43 75
la basse ; et quand le son de la basse se joint au mouvement propre de l'octave, 1l est tout simple que le son que la basse produit semble être le son de toutes les autres. Ce son se trouve alors être plus fort que le son commun de toutes les autres cordes, parce que ces cordes n'étant que poussées par la note de l'octave, n’ont qu'un faible son. Mais la note de l’octave est dans toute sa puissance, parce qu'elle est la plus forte de ces cordes. Il en résulte que cette seconde répétition est plus forte aussi que le son des autres cordes, dont le mouvement est d’ailleurs très petit et très court.
Pourquoi ressent-on plus de plaisir à entendre une voix seule accompagnée de la flûte plutôt que de la lyre ?
N'est-ce pas parce que toute chose plus agréable, en se mêlant à une autre chose déjà plus agréable, forme une unité parfaite ? Or, la flûte est plus agréa-
à la basse. Pas absolument la lyre. Les observations con-
identique, mais analogue.— Que la basse produit. Le texte n’est pas aussi formel ; mais le sens n'est pas douteux. — Très pelit et très court. I n'y ἃ qu'un mot dans le texte.
admis Ja
J'ai, d'ailleurs, variante que Gaza semble avoir suivie, et que recommande Bojesen. L'édition Firmin-Didot indique cette variante en note ; elle me parait indispensable. La lecon vulgaire n'a pas de sens,
S 43. De la flüte plutôt que de
tenues dans ce ὃ sont d'une justesse et d'une clarté remarquables. Septali est tellement frappé de ces qualités qu'il croit à peu près inutile de commenter ce $. Il serait à désirer en effet que l'auteur fût toujours aussi intelligible. Aujourd'hui et malgré tous iles progrès des théories musicales, il n'y aurait rien à changer à cette comparaison de la flûte et de la lyre. — La flûte est plus agréable que la lyre. Ceci est incontestable par
ble que la lyre; et par suite, le chant mêlé à la flûte est plus agréable que mêlé à la lyre. En effet, le mélange de deux choses est toujours plus agréable que la chose toute simple, pourvu que l’on ait la sensation des deux à la fois. Cependant le vin seul est plus agréable que le mélange de miel et de vinaigre, parce que les mélanges que produit la nature sont mieux combinés que ceux que nous faisons nous-mêmes. Mais le vin est aussi un mélange d'acide et de saveur douce, comme le prouve la saveur des fruits qu’on appelle les grenades vineuses. Le chant de la voix et les sons de la flûte se mêlent donc très bien, parce qu'ils se ressemblent, en ce sens que c'est toujours le souffle qui produit les sons de l’une et de l’autre. Mais le son de la lyre ne vient pas d’un soufile, et il nous est moins sensible et moins agréable que le jeu des flûtes, parce qu'il se mêle moins bien à la voix. Et comme il produit une différence dans la sensation qu'on éprouve, il nous fait moins de plaisir, ainsi que nous venons de le dire pour les saveurs. Il faut ajouter que la flûte cache beaucoup des fautes du chant
la raison décisive qu'en donne l'auteur. — Le mélange de miel et de vinaigre. C'est là sans doute le sens ; mais en général les traducteurs se sont contentés de reproduire le mot grec sans l'interpréter ; étymologiquement, il signifie du miel mélé à une substance acide. — Les mélanges que produit la nature.
Le vin n'est pas précisément un produit de la nature, puisqu'il
faut que l'homme le fabrique.— La saveur des fruits. Le texte est plus concis. — Parce qu'ils se ressemblent. Ceci était surtout vrai chez les Grecs, qui ne connaissaient qu'un très petit nombre d'instruments ; aujourd’hui, nous en avons plusieurs qui, sous ce rapport, rivalisent heureusement avec la flûte. — Zl faut ajouter. Nouvel argument, aussi délicat que les précédents.
SECTION XIX, HARMONIE, $ 44 x
par l'écho qu’elle produit, grâce à la ressemblance qu'elle ἃ avec la voix humaine. Au contraire, les sons de la lyre, secs comme ils sont et se mêlant moins complètement à la voix, et restant toujours euxmêmes et toujours indépendants, montrent davantage toutes les fautes du chant, dont ils sont en quelque sorte la règle. Du moment donc que l’on commet beaucoup de fautes dans le chant, l'accompagnement de la voix et de la Iyre doit avoir un résultat commun moins agréable.
Pourquoi parle-t-on d'une note médiale sur sept, bien qu'il n’y en ait pas sur huit ἢ
N'est-ce pas parce que jadis les harmonies se faisaient sur sept cordes et que sept ἃ un milieu ? Ajoutez que le milieu seul peut être un principe pour les
— Par l'écho qu'elle produit.
J'ai accepté le mot d’Echo, pour rendre mieux la nuance du mot grec. — Montrent davantage toutes les fautes du chant.
Cette observation est fort exacte, comme toutes les précédentes.
— L'accompagnement de la voix et de la lyre. Le texte est moins précis.
8 44, Sur sept. Gaza supprime ces mots dans sa traduction; et l'édition Firmin-Didot, qui les conserve dans le texte, conseille en note de suivre la traduction de Gaza. Sur sept signifie que l'octave ayant huit notes, on y distingue néanmoins une médiale, quoique huit n'ait pas de
milieu, et comme si la gamme n'avait que sept notes. Mais ce passage reste obscur, ainsi que tant d’autres, parce que nous connaissons trop peu le système de la musique antique. Voir plus haut, $$ 7, 25 et 32, et plus loin, $ 47, la même question. — Les harmonies se faisatent sur sept cordes. Ceci semblerait indiquer que dans la gamme, on se bornaïit à sept notes en laissant l'octave de côté. — Sepl a un milieu, Le milieu est alors le point de départ, soit pour monter, soit pour descendre: et dans les deux sens il y a un tétrachorde, y compris la note médiale, qui
points placés entre les extrèmes ; car le point, qui sert de milieu à deux mobiles se dirigeant vers les extrémités et séparés par une certaine distance, est un principe ; et ici le milieu sera précisément ce principe. Or, comme les extrêmes de l'harmonie sont la haute et la basse (nété, hypaté), et que les autres sons qui se placent entre les deux ont pour principe la note appelée médiale, pour l’un et l’autre tétrachorde, c’est à bon droit qu'on la nomme la médiale ; car pour des choses comprises entre des extrêmes quelconques, c'est le milieu seul qui peut leur servir de principe.
Pourquoi, quand on est plusieurs à chanter, gardet-on mieux le rhythme que quand on est en petit nombre ?
N'est-ce pas parce qu'alors on fait plus d'attention au seul et unique chef que l’on doit suivre, et qu'en allant plus lentement, on obtient plus aisément le même effet ? Quand on se presse, on commet plus
sert aux deux. — Les points ΄ A
placés entre les extrêmes. Ce
sont ici les notes basses ou
bautes. — Æst un principe.
C'est-à-dire qu'on peut partir
de ce point, soit pour monter,
soit pour descendre. — La haute. C'est l'oclave. — La basse. C'est la tonique. — L'un
et l’autre tétrachorde. Quatre en montant, y compris la médiale d'où l'on part; et de même, quatre en descendant.
S Plusieurs à
ἃ 45. chanter.
Voir, plus haut, ὃ 22, la même question, résolue de même, mais avec plus de concision. — On fait plus d'attention. Le texte dit. positivement: «on regarde davantage », c'est-àdire qu'on s'occupe de suivre le coryphée, plus qu'on ne pense à soi-même et à se faire valoir.
— En allant plus lentement.
Selon la mesure qu'un autre vous donne ; mais cette mesure, venant du chef d'orchestre, pourrait être aussi très rapide.
de fautes ; mais quand on est nombreux, chacun fait plus d'attention à son chef. Il n’y ἃ pas un seul des chanteurs qui en s’isolant individuellement brillerait par sa supériorité sur toute la foule. Mais quand on est en petit nombre, quelqu'un peut briller davanage; et, dans ce cas, les chanteurs luttent plus entre eux qu'ils ne luttent contre le chef.
Pourquoi, quand on fait des notes fausses, est-ce presque toujours à l’aigu ?
N'est-ce pas parce qu'il est plus facile de chanter à l’aigu que de chanter au grave ? On chante donc plus volontiers à l'aigu, et l’on se trompe dans le ton sur lequel on chante.
Pourquoi les Anciens, faisant leurs harmonies sur — Sur toute la foule. Dont les
voix réunies couvrent nécessairement la voix d'un seul indi-
sages sont évidemment inconciliables ; et il faut supposer que c’est un lapsus de l’auteur,
vidu. — Dans ce cas. J'ai ajouté ce mot. Ceci doit nous montrer que, dans l'Antiquité, les Tutti devaient s'organiser à peu près comme chez nous.
δ. 46. Quand on fait des notes fausses. Voir la même question plus haut, $ 26 et 37. — Plus facile de chanter à l'aigu. C'est juste le contraire de ce qui est affirmé au ὃ 37. Les deux pas-
ou que c'est l'interpolation de quelque main étrangère. — Plus volontiers. Ou, « plus souvent ».
S 47. Les Anciens... Voir une question analogue, plus haut, ὃ. 7. La solution n'est pas la même tout à fait. Mais l’obscurité estici non moins forte, etil est bien difficile de la dissiper.
— Sur sept cordes. La lyre,
sept cordes, laissaient-ils de côté la basse et non la haute ?
N'est-ce pas parce qu'ils retranchaient, non pas précisément la basse, mais la note qu'on appelle aujourd'hui la sous-médiale, et qu'ils retranchaient l’intervalle d’un ton? Ils prenaient pour moyenne la dernière note qui tendait pleinement à l’aigu; et voilà comment ils appelaient cette note, la médiale. N'est-ce pas aussi parce que cette note était la fin du tétrachorde supérieur et le commencement du tétrachorde inférieur ; et que par conséquent son ton était proportionnel aux extrêmes ἢ
Pourquoi les chœurs dans la tragédie ne prennentils jamais le mode hypodorien, ni le mode hypophry-
gien, pour leurs chants ?
qui n'avait eu d'abord que quatre cordes, en avait recu trois de plus ; et le nombre avait été porté à sept. — δὰ basse... la haute. En d'autres termes, la tonique et l’octave. Mais on ne comprend pas bien comment on pourrait se passer de Ja tonique dans la gamme, si toutefois c'est bien là le sens du texte. Il ne semble pas qu'il puisse être autre. — Mon la basse. Ceci contredit la question telle qu'elle vient d'être posée; mais en même temps, c'est rentrer dans la réalité des choses ; et c’est rendre à la tonique Ja place qu'elle doit avoir nécessairement. — La sous-médiale. Ou,
«la paramèse », si l’on veut conserver le mot grec. — Jls retranchaient l'intervalle d’un ton. Et alors la gamme se trouvait réduite à sept notes, au lieu de huit avec l'octave. — Qui tendait pleinement à l'aigu.
Le texte grec n'est pas luimême plus clair. Cette note médiale était la dernière du premier tétrachorde, et la première du tétrachorde supérieur, où setrouvaient les notes aiguës.
C'est Jà ce que Île contexte semble confirmer, dans ce qui suit. Voir plus haut, le ὃ 44.
8. 48. Les chœurs dans la tragédie.. Voir plus haut, ὃ 30, la
même question, résolue de même,
N'est-ce pas parce que ces deux harmonies n’ont pas la mélodie dont le chœur a surtout besoin? Le mode hypophrygien a le caractère d’une action; et par exemple, c’est sur ce mode que dans le Géryon se font la sortie et l'armement. Quant à l'hypodorien, il ἃ quelque chose de grandiose et de tranquille; aussi est-ce là ce qui fait que cette harmonie est celle qui va lemieux à la cithare. Si, du reste, ni l’une ni l’autre de ces harmonies ne conviennent bien au chœur, elles conviennent, au contraire, parfaitement à ce qui se passe sur la scène. En effet, sur la scène les acteurs imitent les héros, parce que, chez les Anciens, il n'y avait guère que les héros qui fussent des chefs et des rois ; le peuple était le vulgaire des hommes, qui composent le chœur. Voilà comment ce qui convient au chœur, c'est la plainte, c'est le calme de l’âme et le chant ; car ce sont là les dispositions les plus ordinaires des hommes. Quant aux autres harmo-
mais avec moins de développements. — Dans le Géryon.
C'était sans doute une tragédie, bien connue du temps où écrivait l’auteur. Dansla mythologie, Géryon est un géant à trois corps, qui habite dans l'Erythie (Espagne?) Il ἃ un troupeau de bœufs magnifiques. L’enlèvement de ces bœufs et le meurtre de Géryon sont le dixième des travaux qu'Eurysthée impose à Hercule, son frère, né de Jupiter et d'Alcmène.
— La sortie et l'armement.
Allusions probables à diverses péripéties de la tragédie de
Te τ:
Géryon. — À la cithare. Dans les pays slaves d'aujourd'hui, la cithare est fort en usage; c'est, comme nous l'avons déjà dit, une table d'harmonie, sur laquelle sont tendues les cordes
qu'on touche à la main. — Des chefs et des rois. Il n’y a qu'un seul mot dans le texte. — Za
plainte. 1] est vrai que la plupart des hommes sont portés à se plaindre; peut-être, Plaindre s'applique-t-il ici uniquement aux événements auxquels Île chœur assiste, en simple spectateur. Il plaint les infortunes des personnages du drame. —
nies, elles ont bien ce caractère ; mais, entre toutes, c’est le mode hypophrygien qui le représente le moins, parce qu'il est enthousiaste et bachique. Aussi, en ressentons-nous une vive impression ; car les faibles sont plus sensibles que les forts; et c’est là ce qui fait que cette harmonie va si bien au chœur. Nous sommes poussés à l’action par le mode hypophrygien ; ce qui ne va pas du tout au chœur ; car le chœur doit s'intéresser à l’action sans y prendre part. Il ne fait que montrer sa sympathie bienveillante, en face des événements auxquels il assiste.
Pourquoi, dans les sons qui forment un accord, la partie la plus douce se trouve-t-elle dans le son grave ? :
N'est-ce pas parce que la nature propre du chant, c'est d’être doux et reposé, mais que c’est par le mélange du rhythme qu'il peut devenir rude et nous agiter? Le son grave étant doux et reposé, et l’aigu causant une vive agitation, tout en gardant les notes d’une même mélodie, il s'ensuit qu'un son
plus molle »; et cette même
dans
Aux autres harmonies. Qui ne
sont, ni l'hypodorien, ni l'hypophrygien. — Enthousiaste εἰ bachique. Ce sont les deux mots grecs. — Va si bien au chœur composé de gens du vulgaire qui s'émeuvent très aisément.
— Poussées à l'action. Le texte est moins précis.
δ ἀρ, La partie la plus douce.
Le texte dit précisément: «la
expression est répétée tout ce qui suit. Il faut supposer
que, des deux sons qui forment
un accord, l'un est grave et que
l'autre est aigu. La douceur du
grave domine l'acuité; et la
mélodie, tout enrestantlamême, ἡ produit un effet beaucoup plus
doux. Ces suppositions sont fort
acceptables en acoustique.
plus grave doit être d'autant plus doux qu'il est dans une même mélodie, puisque la mélodie qui résulte des deux est également douce.
Pourquoi, deux vases étant égaux et pareils, si Pun est vide, et que l’autre ne soit plein qu'a moitié, l'écho résonne-t-il à l’octave ἢ
N'est-ce pas parce que le son venant du vase qui est vide à moitié, est le double de celui du vase qui est vide tout à fait? En quoi ce phénomène des vases diffère-t-il de celui que présentent les flûtes ἢ De part et d'autre, le mouvement produit un son d'autant plus aigu qu'il est plus rapide. Or, dans des espaces plus grands, l'air circule plus lentement ; ainsi, dans des espaces doubles, il circule deux fois moins vite; et celte proportion se retrouve en tout, selon la diversité des dimensions. Une outre qui est
8 50. L’écho. J'ai conservé le mot grec, qui m'a paru d'autant plus convenable que le son est cencé répercuté d'un vase à l’autre. L'expérience est curieuse, et elle mérite d'être remarquée.
Mais l’auteur n'a pas dit par quel moyen on provoque le son dans les deux vases ; c’est sans doute en les frappant l'un et l'autre. Le son est d'autant plus aigu que le vase est moins plein. L'un étant vide et l’autre à moitié plein, l’octave se forme nécessairement, puisqu'elle est dans le rapport de 2 à 1, comme est ici le rapport
des deux vases. — Ze double.
C'est bien là en effet le rapport exact, du moment que les deux vases sont de forme pareille.— Les flûtes, dont le son est à l’'octave selon leurs dimensions, proportionnelles, ou l’écartement des trous. Voir plus haut, $$S 41 et 42 ; et spécialement pour la flûte, $ 23. — De part et d'autre. J'ai ajouté ces mots pour plus de clarté. — Dans des espaces plus grands. Le texte est moins précis. — Selon la diversité des dimensions.
Même remarque. — Une outre.
Le mot du texte n'a pas d'autre
deux fois plus grande résonne à l’octave, par rapport à une autre qui n’en est que la moitié.
Action de l'eau de mer sur certains légumes ; effet de la menthe qu'on mange; légumes qui ont des fleurs sans fruits ; plantes bouillies, plantes grillées ; plantes comestibles ; vie des plantes plus ou moins longue ; culture du persil, des concombres et des coloquintes ; amertume de certaines graines ; culture du càprier; moyen de faire grossir les raves; procédé pour faire blanchir les concombres et les coloquintes; effet diurétique de certaines plantes odorantes ; croissance plus ou moins grande de certains légumes, selon que la graine est plus ou moins ancienne; culture de la rue greffée; lacune du texte; amertume du thym dans l’Attique; de la floraison artificielle du lys, des oignons et de la menthe; effet de l'oignon sur les yeux ; le myrte écrasé a plus d'odeur ; noyaux de myrte; goût particulier du péricarpe de certains fruits ; plantes poussant hors de terre ; croissance de l'ail et de l'oignon ; effet de l’eau chaude sur certaines plantes ; odeur plus forte de l'ail quand la tige est vieille ; conservation et chute des feuilles de myrte ; marais utiles à la croissance des concombres ; effet des parfums sur l'odeur de la sueur; action de la rue dans les maléfices ; mélange de l'origan au vin ; feuilles des myrtes plus ou moins abondantes, selon que l'arbrisseau est blanc ou
-noir.
Le
Pourquoi l’eau salée convient-elle à lache, qui la supporte, et ne convient-elle pas au poireau ?
sens ; mais ici encore une expli- 81. L’ache. Ou peut-être, un cation de l'auteur aurait été persil de certaine espèce, qui utile, sur le procédé qu'on vient dans les marais salins. — employait pour tirer un son de Au poireau. Cette identification loutre. est plus sûre. L'ache est de la
N'est-ce pas parce que les racinesde l’un sont faibles, et que les racines de l’autre sont fortes ? Et ce qui est plus fort est moins impressionnable.
Pourquoi dit-on: « Ne mange point de menthe pendant la guerre, et n’en plante pas ? »
N'est-ce pas parce que la menthe refroidit les corps, ce que montre bien l’action délétère qu'elle a sur la sécrétion séminale ἢ C’est tout ce qu'il y ἃ de plus contraire à la virilité et au courage, qui sont de genre identique à la force.
famille des Ombellifères, et est cotylédone ; au contraire, le poireau est monocotylédone et de la famille des Liliacées. Je ne sais pas d’ailleurs si l’observation consignée dans ce $ est exacte; il y ἃ des plantes qui vivent dans l’eau de mer ; mais l'ache est-elle une de ces plantes ? Voir le Traité général de Botanique de Le Maout et Decaisne, p. 250 et 591. — Les racines de l’un. C'est le poireau, dont les racines sont des fila-
ments. — Les racines de l’autre.
C'est l’ache, qui ressemble au persil. — Moins impression-
nable. Ou, moins affecté.
ὃ 2. Dit-on. C’est un proverbe que rapporte l’auteur, quisemble admettre que ce proverbe est exact. — Ne mange point de
menthe. Cette propriété antivénérienne de Ja menthe est rappelée par Pline, Histoire naturelle, livre XX, ch. 53, 81, édit. et trad. Littré. « On pense,
dit-il, qu'elle s'oppose à la génération, en empéchant la
coagulation du sperme ». Théophraste, des Causes des Plantes, livre VI, ch. 14. $7, ne parait pas connaître cette propriété de la menthe. — La menthe refroidit les corps. Des médecins et des botanistes soutiennent au contraire que la menthe échauffe, loin de refroidir ; et ils combattent ce dicton rappelé et accepté par Aristote. La menthe est dicotylédone et de la famille des Labiées: voir le Traité général de Botanique de MM.
Le Maout et Decaisne, p. 204.
Pourquoi certaines plantes ont-elles une fleur sans produire de fruits, comme le concombre, la colo-
quinte, la grenade ?
N'est-ce pas que ces végétaux ne sont point sans fruits ; mais ce sont les fleurs qui en sont les fruits ? Ce qui fleurit en eux, c’est leur péricarpe ; ainsi le concombre n'est réellement qu’un péricarpe.
Pourquoi certaines plantes doivent-elles être cuites,
tandis que d'autres sont bonnes à manger crues ? N'est-ce pas parce que les sucs des plantes qu'on ne peut manger sans préparation, deviennent plus doux
8 8. Une fleur sans produire de fruits. Théophraste, Histoire des Plantes, livre I, ch. 13, 8 3, dit à peu près la même chose. Le fait n'est pas bien observé ; et l’auteur le rectifie dans sa réponse. Ces végétaux, après avoir produit des fleurs, ne sont pas sans fruits, parce que c'est le végétal lui-même qui est le fruit. Voir le Traité général de Botanique de MM.
Le Maout et Decaisne, p. 484 et 485. Le grenadier a aussi quelque chose de monstrueux dans sa floraison, ibid. p. 296.
— Leur péricarpe. Etymologiquement, le péricarpe représente les enveloppes de la graine dans la plante. — N'est qu'un péricarpe. Puisque les graines
sont dans son intérieur. Septali s'efforce de justifier l’explication donnée dans ce ὃ. ἃ première vue, elle semble erronée ; mais il est certain que les plantes nommées ici produisent beaucoup de fleurs, d'où il ne sort pas de fruits; 1] sufht que quelques-unes de ces fleurs soient fécondes ; et c'est sans doute ce que l'auteur aura voulu dire.
δ 4. Certaines plantes. Et particulièrement les légumes. Il y a d'ailleurs des plantes que l'on peut manger tout à la fois crues ou cuites, par exemple la chicorée, ia laitue. — Deviennent plus doux. Ou, « plus agréables.» La réponse était trop facile ; et la question ne valait
SECTION XX, ARBRISSEAUX ET LÉGUMES, ὃ 6 87
par la chaleur, quand on les fait cuire, tandis que ceux qu'on mange sans autre apprèt, sont bons à manger, même quand ils sont crus ?
Je
Pourquoi faut-il faire bouillir certaines plantes, et griller certaines autres ?
N'est-ce pas parce que les unes, qui sont plus humides, n'ont pas besoin de l'être autant, et que les autres, étant plus sèches, n'ont pas besoin non plus d'être desséchées davantage ? Toutes les plantes bouillies sont plus humides et plus douces. Quant à celles qui sont moins humides, elles deviennent sèches, si on les met sur le feu.
Pourquoi certaines plantes ne sont-elles pas bonnes à manger, tandis que certaines autres le sont ?
N'est-ce pas à cause des sucs que ces substances renferment ? Toutes celles qui, en étant crues, ont des sucs incapables de coction, et qui ne changent pas par l’action du feu, ne sont pas mangeables. Pour celles
peut-être pas la peine d'être posée.
ὃ 5. Certaines plantes. L’expression du texte est générale, et elle peut s'appliquer à tout ce qui peut être ou bouilli, ou rôti; je l'ai restreinte dans la traduction aux plantes seules, parce qu'il n'est question que d'elles dans toute cette section.
— N'ont pas besoin de l'étre autant. Le texte n'est pas aussi
développé. — Plus humides et plus douces. Et par conséquent, plus comestibles.
S 6. Pas bonnes à manger...
La question est très simple ; mais on ne la résout guère que par la question; car il est bien clair que la différence entre les plantes ne tient qu'aux éléments dont elles sont composées.— 4 cause des sucs. On pourrait traduire aussi: «à cause des
dont le suc, tout en étant mangeable, est trop fort, elles servent d’assaisonnements; car les comestibles qui, sous un pelit volume, ont beaucoup de goût, adoucissent les aliments d’un plus gros volume, auxquels on les mêle.
ie
Par quelle cause y a-t-il des plantes qui vivent jusqu’à ce qu'elles aient porté leur semence, et qui se fanent après l'avoir portée, comme l'herbe et les végétaux qu'on appelle les légumes, tandis que d’autres plantes ne meurent pas et portent de la semence plusieurs fois? Pourquoi la plupart de celles qui portent fruit le portent-elles annuellement, tandis que d'autres ne portent fruit, comme le maceron, que la
seconde année, et meurent après l'avoir produit ἢ N'est-ce pas parce que toutes les plantes doivent
se développer jusqu'à ce
saveurs ».— Est trop fort, pour que ces aliments soient mangés seuls. — Auxquels on les méle.
J'ai ajouté ces mots qui ressortent du contexte.
δ 7. Des plantes qu vivent.
La question est curieuse et vaut la peine quon la pose; mais la solution en est impossible, et notre science ne peut pas aller plus loin que la constatation du fait. L'observation faite ici est d'ailleurs parfaitement exacte. — Le maceron.
De la famille des Ombellifères, comme le persil et le cerfeuil.
Voir le Traité général de Botanique de MM. Le Maout et
qu'elles aient porté leur
Decaisne, p. 250 et 251. Théophraste parle aussi du maceron, - (Hipposélinon); mais il n’a pas noté la particularité signalée dans ce $. Voir l'Histoire des Plantes, livre I; ch94 livre IV, ch. I, 8 3, et les Causes des Plantes, livre 1, ch. &4,$ 6, et livre VI, chi: 41/18M40%er passim. Le maceron est appelé aussi smyrmium olus atrum.— Toutes les plantes doivent se développer. Il y a des plantes, comme les phanérogames où le fruit est apparent; chez d'autres comme les cryptogames, il se montre à peine; mais la loi n'en est pas moins générale. —
fruit ? C’est de même que les hommes se développent jusqu’à trente ans, soiten largeur, soit en grosseur. Mais, quand la plante ne peut plus porter de fruit, comme on le voit dans celles qu'on vientde citer, elle se dessèche et vieillit. Pour d’autres plantes, c’est lentement et peu à peu qu'elles dépérissent. Nous rechercherons ailleurs comment il se fait que la vie des unes est courte, tandis que la vie des autres est longue. Mais, comme pour toutes, le but dernier de leur existence est l’achèvement de la semence, il y a nécessité pour celles qui vivent peu de temps, de ne porter fruit qu'une seule fois, ou un petit nombre de fois; au contraire, celles dont la vie est longue peuvent en porter à plusieurs reprises. Ce sont les plus faibles qui n’en produisent qu'une seule fois; et c’est là ce qui, ensuite, les fait sécher nécessairement. Et parmi ces plantes, il y en ἃ qui ne peuvent fructifier qu’une
De méme que les hommes... Ceci pourrait bien nêtre qu'une interpolation. La croissance est finie chez l'homme longtemps avant trente ans ; mais il peut grossir et se fortifier encore jusqu'à cet âge, et même un peu au delà, avant que la décadence ne commence, — Dans celles qu'on vient de citer. Le texte est un peu moins précis. — Ailleurs. n'ya pas dans les œuvres d'Aristote de traité de botanique ; et l’on sait que le petit Traité sur les plantes est apocryphe. Aristote promet plusieurs fois dans sonhistoirenaturelle de s'occuper de botanique ; il ne l’a pas fait, faute de temps
sans doute ; et il a confié ce soin à son disciple Théophraste, qui s'en est acquitté à merveille, et qui a fondé la botanique, comme son maître fondait la zoologie. — Comment il se fait.
C'est là eucore un mystère, qu'il nous est interdit de bien comprendre ; c'est un fait et voilà tout. — Le but dernier.
Ou « la limite extrême.» — 7/1 y a nécessité. C'est tout ce que nous pouvons dire. — Ce sont les plus faibles. Ceci n'est pas tout à fait exact; etil y a des plantes assez fortes qui sont annuelles, — Comme le maceron.
Repétilion de ce qui vient d'être dit, un peu plus haut.
fois ; d’autres, comme le maceron, ne produisent qu'au bout de deux ans. Ceci s'applique également à des arbres et à de simples plantes.
Pourquoi, si ἃ un pied d'ache on creuse le sol jusqu'aux racines, et que l’on enfouisse autour d'elles de l'orge grillée, en ayantsoin de recouvrir le tout de terre par en haut et de bien arroser les racines, deviennent-elles excessivement grandes ?
N'est-ce pas parce que l'orge grillée, étant ο et spongieuse, retient toute Ἧ nourriture qu'elle concentre, et qu’elle empèche de monter dans le haut de la tige? Comme elle est chaude, elle cuit les racines de telle sorte que le développement en devient considérable.
de
Pourquoi, lorsqu'on recouvre de terre des colo-
8 8. À un pied d'ache. Il est probable qu'il s'agit ici du céleri, qui est une espèce de l'ache de la famille des Ombellifères ; voir le Traité général de Botanique de MM. Le Maout et Decaisne, p. 250. L'horticulture actuelle enfouit encore les pieds de céleri, comme pouvaient le faire les Anciens ; mais il ne parait pas qu'on emploie l'orge grillée. Théophraste, Causes des Plantes, livre V, ch. 6, $ 3, rappelle ce procédé, presque dansles mêmes
termes, en traitant des moyens factices par lesquels on peut augmenter les dimensions des vegétaux, et en particulier des légumes. — βὲέ de bien arroser.
Il est probable que c'était de là surtout que venait une croissance extraordinaire. — L'orge grillée étant chaude. Cette explication n’est guère admissible.
— Dans le haut de la tige. Le texte est moins développé; mais le sens n'est pas douteux.
δ. 9. Des coloquintes. J'ai conservé le mot grec, que la
quintes qui sont encore toutes petites, ou des concombres, ces plantes deviennent-elles plus grandes ?
N'est-ce pas parce que le vent et le soleil, en desséchant ces plantes, leur ôtent toute croissance, et en rendent toujours les rejetons plus petits et plus grossiers ? On peut faire la même observation pour les arbres, selon qu'ils sont dans les lieux exposés aux vents ou qu'ils sont dans des lieux marécageux, et selon qu'ils croissent dans des lieux bas et humides. Les uns alors deviennent grands, mais spongieux, tandis que les autres restent petits et d’un bois très serré. Mais, pour les plantes cachées en terre, comme on les met dans des conditions opposées, elles présentent un résultat contraire. De même encore, de végétaux cultivés dans des pots, et de concombres placés dans des caisses et des vaisseaux qui les cachent, ou de grenadiers et de pommiers mis en paniers, les uns deviennent grands et spongieux ; les autres, restant petits et croissant serrés, ne parviennent pas à la même dimension. Cela tient à ce
plantes, c’est qu’elles sont d’un tissu plus charnu et plus mou.
— Pour les arbres. L'observation est exacte ; et les arbres qui croissent près de l’eau ou dans l’eau, ont un bois moins com-
botanique actuelle emploie aussi.
La coloquinte et le concombre sont, comme le melon, de la famille des Cucurbitacées ; voir Le Maout et Decaisne, Traité général de Botanique, p. 485.—
Deviennent-elles plus grandes.
Ce résultat est encore obtenu par le même procédé, qui est resté en pratique, pour quelques plantes. — Le vent et le soleil.
Le fait est certain: mais il aurait fallu ajouter que, si le soleil et le vent nuisent à ces
pact. — Cachées en terre. C'est la condition indiquée plus haut.
— Cullivés dans des pots. C'est le sens le plus naturel que présente le texte. — Mis en paniers. Même remarque. — Les uns... les autres. La différence tient à la manière dont
qu'alors leur nourriture est plus abondante, parce que la plante n’est πὶ agitée ni desséchée par le vent; car la couverture qui la protège empèche qu'elle π᾿ ὁprouve ces deux effets.
Pourquoi, dans les plantes amères, les graines sontelles plus amères encore que les racines, ou que les feuilles ?
N'est-ce pas parce que, dans la plante, tout vient de la graine, et en sort, et que c’est d'elle que surgissent tous les autres organes, comme s’y trouvant déja compris, ainsi que certains naturalistes le prétendent pour les saveurs et les odeurs ? Et, en effet, il y a dans toutes les graines, dès le début, des odeurs qui leur sont propres. Si donc c'est de la graine que toutes les autres parties tirent leur amertune, il est tout simple que la graine soit plus amère que le reste de la plante.
on traite et dont on nourrit ces plantes. — Cela tient... alors L'expression est insuffisante; et il manque ici quelque phrase intermédiaire, qui aurait expliqué qu'on traite ces plantes d'une
manière différente. Il s'agit toujours de plantes que l’on
soustrait à l'action des agents ᾿ . , »ἬὙὕ
extérieurs. — Qu'elle n'éprouve ces deux effets. Le texte n'est pas aussi formel.
$ 10. Dans les plantes amères.
Toutes les plantes ne sont pas amères ; mais elles ont toutes
un goût particulier. — Que les racines... les feuilles. Il y a, je crois, beaucoup d’exceptions. — Déjà compris. C'est la force de l'expression du texte. — Certains naturalistes. L'auteur aurait bien fait de les nommer.
— Dès le début. Le texte dit précisément : «en même temps», sous-entendu : « qu'ils naissent. » Théophraste a fait un traité sur les parfums ou odeurs tirés des plantes, édit. Firmin- Didot, p. 364. Nous n'avons de ce traité que des fragments.
Pourquoi les petits radis sont-ils plus amers ? N'est-ce pas parce que les gros radis ont subi avec le temps une coction plus complète 9
Pourquoi le câprier ne se plait-il pas à venir dans des terrains cultivés ? On ἃ fait une foule d’essais, en transportant des racines, en semant des graines; et, dans certains lieux, on réussit avec le cäprier plus qu'avec les roses. Mais le cäprier prospère surtout dans des fondrières, où le lieu est le plus inaccessible.
our s'expliquer ce phénomène ien d’autres de P pliq h et bien d
8 11. Les petits radis. L'identification n'est pas certaine. Le radis est dicotylédone, de la famille des Crucifères ; voir le Traité général de Botanique de Le Maout et Decaisne, p. 421. — Petits radis... gros radis.
Peut-être pourrait-on traduire:
« jeunes... et vieux, » — Une coction plus complète. C'est-àdire qu’ils sont arrivés à maturité,
812. Le cäprier. Théophraste fait les mêmes remarques sur la rusticité du càprier ; Histoire des Plantes, livre 1, ch. 3, 86, et livre ΠΤ: ch. 2, $ 1 ; Causes des Plantes, livre I, ch. 15, 8 9 et passim. Il s’agit donc sans doute du cäprier épineux, dont les fleurs en boutons donnent les câpres qui servent de condiment. Voir le Traité général
de Botanique de Le Maout et Decaisne, p. 422 et 423. Le càprier forme la famille des Capparidées, voisine de celle des Crucifères. — On réussit les roses. Cette phrase pourrait bien être une interpolation; peut-être aussi pourraiton traduire également qu'en certains lieux le cäâprier donne plus de profit que la culture des roses. — Dans des fondrières. Le texte dit précisément: « dans les fosses ».
L'édition de Firmin-Didot a une variante qui ne tient qu'à l’omission d'une seule lettre :
« sur les tombes ». Toutes les autres éditions ont la lecon que j'ai adoptée. L'autre lecon peut se comprendre aussi; et elle signifierait que le càprier vit sur les tombeaux, parce que
même genre, il faut se dire que toutes les plantes ne sont pas faites de la même matière, et ne croissent pas identiquement, mais qu'il y a des plantes qui ne naissent que par la corruption d’autres substances, et qui ne grandissent qu'à condition de leur prendre leur principe. Ainsi, les poux et les poils dans le corps ne viennent que de la corruption de la nourriture, et quand le corps devient de plus en plus malade. De même donc que, dans le corps, certaines affections viennent du résidu de la nourriture, et c’est alors une sorte d’indigestion et un désordre que la nature n’a pas pu dominer, les matières les plus voisines se dirigeant vers la vessie et le ventre, et quelques-unes de ces matières donnant naissance à des animaux qui se développent plus particulièrement dans la vieillesse et dans les maladies, de même aussi, dans la terre, 1l y a des plantes qui naissent et s’accroissent par la nourriture bien digérée; d’autres, au contraire, viennent de résidus et de matières toutes différentes. La culture fait digérer la nourriture et la rend féconde ; c’est
personne n'y marche. — Que livre III, ch. 10, et traité des
par la corruption d'autres substances. Ceci pourrait s'appliquer au fumier employé dans la culture des plantes. — De leur prendre leur principe. Le texte ne peut guère avoir un autre sens ; mais celui-là n'est point satisfaisant, et l'expression est trop concise. — Les poux et les poils. Cette observation est assez inattendue ; voir pour les poils la longue étude qu'Aristote en a faite, Histoire des animaux,
Parties des animaux, livre Il, ch. 14; et pour les poux, Histoire des animaux, livre V, ch. 25. — De la corruption de la nourriture. D'une manière générale, cette explication n'est pas fausse. — Certaines affections. Ou, maladies.— De méme aussi. Cette phrase est bien longue ; mais jai dû conserver le mouvement de l'original. — Toutes différentes. C'est-à-dire, qui ont été imparfaitement
elle qui rend les fruits bons à manger. Les plantes qui proviennent de cet adoucissement, sont appelées des plantes douces, parce que l’art de la culture leur ἃ été profitable et a fait, en quelque sorte, leur éducation. Celles au contraire que l'art n’a pu diriger, et qui proviennent de matières dont les conditions sont contraires, restent sauvages et ne peuvent pas pousser dans un terrain cultivé. Car c’est la nature qui adoucit les plantes en les élevant; mais ces autres plantes ne peuvent venir que de corruption. Le câprier est une des plantes de ce genre.
Pourquoi, les navets étant en pleine vigueur durant l'hiver, si on leur ôte leurs feuilles, qu’on les entoure de terre accumulée et qu’on piétine la terre de manière à les garantir de l’eau, deviennent-ils d’une énorme grosseur en été ?
N'est-ce pas parce que le rechaussement qu'on a fait
digérées. — Des plantes douces.
J'ai gardé l'expression du texte, bien qu'elle soit un peu singulière en notre langue ; mais elle est claire. — Leur éducation.
La comparaison est juste. — Le câprier est une des plantes de ce genre. Le fait est exact; et aujourd'hui pas plus que dans l'Antiquité, on ne cultive le càaprier. 1] reste presque à l'état sauvage.
819. Les naveis... La seule difficulté qu'offre ce ὃ, c'est l'identification exacte des plantes dont il est question ici. S'agit-il
du navet ou du radis? La différence nest pas grande, et les mêmes procédés de culture s'appliquent aux deux. Théophraste, Causes des plantes, livre V, ch. 6, ὃ 2, dit absolument la même chose, et dans des termes presque identiques ; il y a eu un plagiat, soit d'un côté, soit de l’autre. Le radis est dicotylédone, de la famille des Crucifères ; l'oignon est monocotylédone, de la famille des Liliacées. Voir le Traité général de Botanique, de Le Maout et Decaisne, pp. 421 et 591. —
les a préservés de pourrir, en empêchant l’eau de croupir à leur pied, et que la nourriture qui se porterait en haut dans la tige retourne à la racine, qui alors nécessairement devient plus grande que si elle poussait, de tous côtés, d’autres racines ? C’est ce qu'on voit dans les oignons; car les oignons, si l’on s’abstient de les émonder pendant un an, et si on les laisse pousser tout l'hiver, se multiplient étonnamment. Or les oignons sont des plantes qui poussent beaucoup de rejetons latéraux, tandis que le navet n’en a pas. Il est donc nécessaire qu'il grossisse, parce qu’il prend alors toute la nourriture à lui seul.
Pourquoi, lorsque l’on a cultivé des citrouilles ou des coloquintes près d’un puits, et qu'on les y dépose quand elles sont à point, en couvrant et en fermant le puits, restent-elles vertes toute l’année ?
N'est-ce pas parce que la vapeur de l’eau, en les
Beaucoup de rejetons latéraux.
C'est la force de l'expression grecque. Tous ces détails prouvent que la culture était plus avancée chez les Anciens qu'on ne le suppose généralement.
$ 14. Près d’un puits.… Ce détail semble ici peu justifié ; mais le texte ne peut avoir un autre sens. C’est aussi la même condition que Théophraste indique, Causes des Plantes, livre V, ch. 6, &$ 4, 5 et 6. Il donre, dans ce passage, une explication identique à celle qui est consignée dans ce Pro-
blème ; il emploie en outre des termes presque semblables; etil est certain qu'un des deux ouvrages est le plagiat et l’abrégé de l'autre. Les renseignements fournis par Théophraste sont à la fois plus complets et plus clairs, bien qu'aboutissant à la même conclusion.— Quand elles sont à point. Ou, « quand la saison est arrivée ». — En couvrant le puits. 11 est peu probable qu'il s'agisse réellement d'un puits ; ce serait plutôt d'un trou en terre ; mais le mot grec n'a pas une autre signification
rafraichissant, les empèche de sécher, et les dispose à pousser ? Cette fermeture du puits les protège, et l'air échauffé les nourrit. Ce qui fait qu'elles restent en si bon état, c'est qu'elles ont la nourriture qui leur est nécessaire, par les racines qu'on leur ἃ laissées. Car, si l’on coupe leurs pousses, après que la plante ἃ porté son fruit, et si, après les avoir coupées, on piétine la terre qui recouvre les racines, elles donnent des concombres hàtifs, parce que les racines ont pu conserver leur force. Naturellement, le concombre n'est pas hâtif; mais, dans ces conditions, les concombres porteront des fruits plus tôt que ceux qu'on aura semés, parce que les racines auront épargné à la nature une partie de son œuvre, tandis que les concombres venus de semence doivent tout d’abord pousser des racines. Au lieu que le rehaussement de la terre a procuré aux autres assez de chaleur pour les préparer, et les mettre en état de pousser leur tige plus promptement, de même, quand on sème en hiver de la graine de concombre dans de petits paniers, et qu'on les arrose d’eau chaude, en les exposant ensuite au soleil, ou en les mettant près du feu, ils deviennent
que celle de puits. — Cette fermeture du puits. Même remarque; le texte du reste n'est pas aussi formel. — Naturellement. J'ai ajouté ce mot, qui paraît indispensable pour marquer la différenceentre les concombres qu'on soigne ainsi, et ceux qu'on laisse à l’état naturel. — Dans ces conditions. J'ai encore ajouté ces mots. — Épargné à la nature une partie de son œuvre.
T. II
La tournure du texte est plus simple que ne l’est cette traduction. Dans tout ceci, il a fallu être plus précis que ne l'est
l'original. — Dans de petits paniers. Ou, « dans de petits pots ». — On les arrose d'eau
chaude. C’est une expérience véritable qu'on faisait; et ce procédé, bien que moins fréquent chez les Anciens, ne leur était pas inconnu. — En les
très hâtifs, si, en les laissant dans leur panier, on les transplante en pleine terre dans la saison convenable.
Pourquoi arrose-t-on de bon matin, ou pendant la nuit, ou à la brune ? ᾿
N'est-ce pas afin que le soleil ne nuise pas aux plantes, en absorbant le liquide ? Ou n'est-ce pas parce que l’eau, quand elle est chaude, nuit aux végétaux qu'on arrose ἢ
Pourquoi les graines, ou les plantes qui ont une bonne odeur, sont-elles diurétiques ?
N'est-ce pas parce qu'elles sont chaudes et de digestion facile ? Or, les substances de cette espèce sont diurétiques ; car la chaleur qu’elles contiennentles rend vite légères, et l’odeur n’a rien de corporel. Celles qui n'ont pas une bonne odeur, comme l'ail, sont diurétiques à cause de leur chaleur ; mais elles sont plutôt
mettant près du feu. C'est un précédent de nos serres chaudes.
— Dans la saison convenable.
C'est-à-dire, quand l'air extérieur est assez chaud pour que la plante ne s'y refroidisse pas.
$ 15. De bon matin. Cette pratique, qu'on observe toujours, est fort ancienne ; et il suffit de la moindre attention pour en constater l'utilité.— Ou n'est-ce pas... Septali préfère cette seconde explication à la première. Les deux cependant sont également admissibles.
$16. Les graines et les plantes.
diurétiques. La même question est posée dans des termes presque identiques, section XII, δ 12. Elle a été posée aussi, mais beaucoup plus brièvement, section 1, ὃ 48. Les solutions
sont les mêmes. — Sont-elles diurétiques. Cette règle est peutêtre bien générale. — Elles sont
chaudes. Celle-ci n'est pas non plus très certaine.—Et de digestion facile. 1] est probable qu’il faut encore d'autres conditions, qui agissent plus directement
fondantes. Les graines à bonne odeur sont chaudes, parce qu'en général l'odeur ne se produit que par une certaine chaleur; mais les substances à odeur mauvaise sont indigestes. Il faut, en effet, que les matières, pour être diurétiques, soient non pas seulement chaudes, mais de facile digestion, de telle sorte qu'en descendant ensemble dans le corps, elles rendent les liquides plus légers.
Pourquoi les légumes poussent-ils plus vite leur
tige quand ils viennent d’une graine plus vieille, par exemple d’une graine de trois ans ou de deux ans,
que quand la graine est plus récente ?
N'est-ce pas parce que, de même que chez les animaux, l'adulte arrivé à toute sa force produit plus vite
sur l'appareil urinaire. — Fondantes. Le sens du mot grec n'est pas très bien défini. — Sont chaudes... Τὶ ne faut pas trop presser ces explications ; d'autant plus que la physiologie et la chimie actuelles seraient sans doute embarrassées de se rendre compte de l'action diurétique de certaines substances. — Sont indigesles. Rien n’est moins sûr ; et l'exemple de certains fromages semble prouver le contraire. — De facile digestion. Répétition inutile. — Descendant ensemble dans le corps.
L'expression du texte a cette force.
ὃ 17. Poussent-ils plus vite leur tige. Théophraste a étudié
la même question dans le traité des Causes des Plantes, livre ΤΥ ἘΠ 5, 88 5,4, 5, p: 247, édit. Firmin-Didot, avec des développements complets. Ici encore, une des deux rédactions a servi de modèle à l’autre. Laquelle est l'original, il serait difficile de le dire. Je ne sais pas d'ailleurs si la physiologie végétale de notre temps accepte ces théories, sur la force germinatrice des graines suivant leur âge.— Chez les animaux. Théophraste, loc. cit., emploie aussi cette comparaison. Dans l'Histoire des plantes, livre VII, ch 6, δ 5, p. 117, édit. Firmin-Didot, Théophraste semble se contredire sur la durée de l'énergie
de la semence, de même, pour les graines, celles qui sont trop vieilles perdent leur force; et les autres sont trop faibles, parce qu'elles contiennent encore des sécrétions qui ne leur sont pas appropriées. D’autres enfin, qui ne sont, ni trop vieilles n1 trop récentes, sont les plus fortes possible, parce que l'humide en a été éliminé ; il en résulte qu'elles portent leur semence plustôt. C’est là en effet ce qu'on entend, pour la plante, par monter en tige ; car c’est de la tige que vient la graine.
Pourquoi la rue devient-elle plus belle et plus abondante quand on la sème dans une plantation de figuiers ? C’est près du tronc de l'arbre qu'on la sème, et on la recouvre de terreau.
N'est-ce pas parce que les racines de la rue ont besoin de chaleur et de fermentation, et que c’est là ce qui fait que, si on lesentoure decendre, elles profitent beaucoup ? Et n'est-ce pas aussi parce que le figuier est
de la faculté germinatrice dans les graines, et les semences.
Les détails dans lesquels 1] entre sont beaucoup plus complets que ceux qui sont donnés ici. — Qui ne leur sont pas appropriées. L'explication, quoique générale, parait très juste.
— Elles portent leur semence plus tôt. Et que leur produit est plus fort et plus beau.
δ. 18. La rue... espèce qui forme à elle seule la famille des rutacées. — Dans une plantalion
de figuiers. 11 semble qu'on ne
peut pas comprendre autrement le texte, qui n’est pas d'ailleurs aussi précis. — Près du tronc de l'arbre. Même remarque. On a dû s’efforcer d'être plus clair que l'original. Théophraste, Causes des plantes, livre V, ch. 6, ὃ 10, p. 274, dit la même chose, mais plus brièvement ; il emploie à peu près les mêmes expressions ; et il est évident qu'ici comme plus baut, un des deux textes a servi de modèle à
SECTION XX, ARBRISSEAUX ET LÉGUMES, ὶ 19 101
chaud ἢ Ce qui le prouve bien, c'est que le suc du figuier est amer plus que tout autre, et que la fumée qu'il produit est très épaisse. Il contient donc autant de chaleur et pas plus d'humidité que la cendre. Mais, si la rue profite beaucoup du contact de la cendre, il faut aussi que le figuier ait grande action sur elle. Cette action est d'autant plus vive que la cendre n’est pas de nature fluente, tandis qu'au contraire, le sue du figuier coule toujours; car l'humidité n’est Jamais épuisée dans le figuier.
Pourquoi, dans certaines plantes, la tige est-elle
toujours creuse ?
N'est-ce pas parce que les plantes qui doivent en produire HNGAUITE 24: 680
l'autre. — Le figuier est chaud.
La science actuelle n'approuverait pas cette théorie; et les preuves sur lesquelles l’auteur s'appuie ne sont guère décisives.
— De nature fluente. Le grec n’est pas aussi formel. — Coule toujours. Le fait est exact. Toujours signifie ici: en toute saison.
Sur la rue et le figuier, voir le Traité général de Botanique de Le Maout et Decaisne, pp. 362 et 515. Il y a une espèce de rue qui a pour nom Péganum. Les rutacés sont des herbes vivaces, qui sont généralement odorantes. Quelques-unes même ont une odeur fétide, à cause de l'huile volatile qu'elles secrètent, à l’aisselle des feuilles et des fruits.
8 19. Toujours creuse. La question est curieuse ; mais lasolution est bien obscure; etil n'y a ici, comme pour tant d'autres phénomènes, qu'a observer la réalité sans pouvoir l'expliquer.
— Qui doivent en produire une autre. 1 y a des manuscrits qui donnent ce$comme inachevé ; et il paraît qu'ils font bien, d'autant plus que Gaza, dans sa traduction, semble avoir eu sous les yeux un texte un peu différent. D'autres manuscrits se sont contentés de la phrase telle qu’elie est, et l'ont trouvée complète. Elle signifierait alors que les plantes à tige creuse sont celles qui doivent en produire une autre. Or, le fait ainsi compris serait manifestement
Pourquoi, dans l’Attique, le thym est-il si amer, tandis que tous les autres fruits sont si doux ? N'est-ce pas parce que le sol de l'Attique est léger et sec, de telle sorte que les plantes n’y ont pas beaucoup d'humidité ? |
Ainsi done, toutes les plantes qui sont douces naturellement, parce qu’elles contiennent une médiocre quantité d'humidité, digèrent facilement ce qui en reste, après que le soleil la leur a enlevée presque en entier. En effet, une forte quantité est plus difficile à digérer ; et au contraire, une petite quantité se digère plus aisément. Dans ce dernier cas, les sucs qui sont naturellement doux deviennent plus doux encore. Mais, dans les fruits qui par nature sont secs et ne sont pas doux, il ne leur reste que leur saveur propre, à cause de la petite dose de leur humide; et ce résidu n’est pas du tout agréable. Car alors le soleil leur en enlève la partie la plus douce et la plus légère, et ces
faux. IL vaut mieux supposer est bien connue. — Après que
que la pensée est suspendue, et qu'il y a ici une lacune.
8 20. Parce que le sol de l’Attique. J'ai adopté la lecon de l'édition Firmin-Didot ; elle est tirée de la vieille traduction latine et de celle de Gaza. Septali, qui ἃ conservé dans son texte grec la lecon ordinaire, mêle les deux lecons dans sa traduction. — Est léger et sec.
Cette nature du sol de l'Attique
le soleil... Théophraste dit à peu près la même chose, Causes des Plantes, livre IV, ch. 12, δ 12, p. 261, édit. Firmin-Didot.
— Digèrent facilement. Ces explications de physiologie végétale peuvent n'être pas absolument fausses ; etil ne paraît pas qu'on leur en ait substitué de plus plausibles, — Dans ce dernier cas. J'ai ajouté ces mots, qui ressortent du contexte.
fruits-là n'ont plus une abondante humidité, comme en ont les autres fruits.
die
Pourquoi le pouliot, les [ys, les oignons, quand on les suspend, fleurissent-ils à l’époque des solstices ?
N'est-ce pas parce que ces plantes renferment de la nourriture imparfaitement cuite, qui, dans l'hiver, ne peut pas être digérée à cause du froid, mais qui, à l'époque des solstices, étant digérée sous l'influence de la saison, devient un élément de croissance ? Puis, comme il n’y a pas de renouvellement d'alimentation, la plante se dessèche bientôt; car n'ayant point en elle-même un principe de nutrition, ni de renouvellement, la plante se flétrit très vite. C'est ce qui se voit bien en Scythie, où la quantité de neige retarde beaucoup le blé, qui ensuite pousse très activement.
8 21. Le pouliot. Espèce de menthe. L'identification n'est pas très sûre. — Des solstices.
Le texte a le pluriel, et il s'agit
tonne de cette singularité végétale, qui se représente encore dans bien d’autres végétaux. — Dans l'hiver... Ceci semble in-
par conséquent des deux solstices, celui d'hiver aussi bien que celui d'été. L'observation du fait ainsi comprise n'est peut-être pas très exacte. Théophraste, Causes des Plantes, ἔσο Ν᾽ Ἐπ. 7; 8 4; p. 172, édit.
Firmin Didot, répète à peu près ce qui est dit ici; et il se sert aussi du mot Solstice au pluriel.
Il nomme également les oignons, la menthe, les lys et en outre les sarments d'olivier. Il s’é-
diquer que plus haut il faudrait comprendre par les solslices le seul solstice d’été.— De la saison. C’est de la saison chaude qu'il s’agit. — De nutrition. J'ai ajouté ces mots. — En Scythie.
La désignation de ces pays était bien vague pour les Anciens.
La Scythie répondait à la région des Balkans actuels. — Retarde beaucoup le blé. Le fait est exact; mais la plante pousse ensuite d'autant plus rapidement,
Pourquoi l'oignon est-il la seule plante qui pique si vivement les yeux (et son nom même dans la langue grecque vient, dit-on, de ce que l'oignon force la pupille à se contracter), tandis que l’origan n’agit pas de même, non plus que d’autres plantes, qui ne sont pas moins amères ἢ Le raifort, par exemple, qui est encore plus piquant, ne fait pas également pleurer, quand on l'approche des yeux, tandis que l'oignon produit cet effet, soit quand on l'approche des veux, soit quand on le mange.
N'est-ce pas parce qu'il y a, dans les plantes qui sont amères, bien des différences, qui produisent chacune leur effet particulier ? Ainsi, le raifort, parce qu'il est plus chaud, peut dessécher aussi davantage la liquéfaction qu'il cause ; mais s’il provoque à pleurer quand on le mange, il n’a plus cette influence, quand on l'approche des veux, parce qu'il n’y a rien de léger qui s'en évapore, et qui soit plus sec et plus chaud.
$ 22. L'oignon est-il. L'oignon est de la famiile des liliacées, et c'est une espèce d'ail, qui a bien la propriété qui est indiquée ici, et que tout le monde connait. — La seule plante.
Presque toutes les éditions proposent de retrancher le mot de Seules, qui contredit en effet tout le contexte, puisqu'on y cite d'autres plantes que l'oignon qui causent le même effet sur les yeux.— Son nom méme dans la langue grecque. L'étymologie que risque l'auteur parait peu
admissible. — ZL'origan. De la famille des labiées ; il est assez commun dans nos climats, et il a en eflet une saveur très amère.
— Le raifort. De la famille des crucifères. C’est un condiment très connu, à cause de sa saveur très piquante. — Bien des differences. L'explication peut sembler bien insuffisante ; car c’est résoudre Ja question par la question.— La liquéfaction. Ou l'écoulement des larmes.— Rien de léger qui s'en évapore. La racine du raifort contient de
SECTION XX, ARBRISSEAUX ET LÉGUMES, ὃ. 23 105
L’origan et les plantes de même espèce sont peu chaudes et peu sèches. Or, pour provoquer les larmes, il faut que la plante soit piquante, humide, visqueuse. C'est ainsi que l'huile fait pleurer aussi, bien qu'elle ne pique que très faiblement. Par sa viscosité et sa léecreté, elle pénètre le corps en y causant une sensation pénible ; et elle amène un écoulement, à la suite de cette sensation. Quant à l'oignon, 11 a cette propriété que son humidité et sa vapeur sont chaudes, légères et visqueuses. Il en résulte que, quand on l’approche du visage, sa vapeur, composée comme elle l'est, et l'humidité légère qu'il exhale, font venir les larmes. Mais quand on le mange, l’évaporation circulant ......... L'ail aussi, quiest chaud et amer, a également de l'humidité ; mais 1l n’est pas visqueux; et voilà comment il ne fait pas pleurer.
Pourquoi les myrtes, quand on les froisse entre les
l'huile grasse en assez grande quantité; mais cette huile n'est pas volatile, — Visqueuse. Le sens du mot grec est très obseur. — L'huile. Le mot du texte n'a pas un autre sens; mais comme l'huile n'a pas du tout cet effet, il y a sans doute ici quelque erreur ; les manuscrits ne donnent pas de variantes. — Sa vapeur. C'est l'huile volatile sulfurée, que contiennent quelques plantes, et l’oignon en particulier. — Cérculant... Il y a ici une lacune que Gaza ἃ
remplie en ajoutant : Produit le même effet. L'édition Firmin Didot a rappelé cette lecon dans satraductionlatine.— Visqueux.
Même remarque que plus haut.
Pour les plantes ici nommées, oignon, ail, raifort, voir 16 Traité général de Botanique de Le Maout et Decaisne, pp. 591 et 421.
8 23. Les myrtes. Les myrtes forment à eux seuls une famille, les myrtacées ; ils contiennent des huiles fixes et volatiles ; voir le Traité général de bota-
doigts, nous semblent-ils avoir une meilleure odeur que quand on ne les froisse pas : ?
N'est-ce pas qu'il en est ici comme pour jé raisins, dont les grappes soumises à la vendange semblent plus douces que les grappes que l’on cueille sur le cep ἢ Déjà, le fruit est naturellement doux; mais les raisins une fois pressés semblent s’adoucir encore; car ils sont déjà pleins de jus par eux-mêmes, et ils en reçoivent aussi du dehors, tandis que les grappes restées sur les ceps n’ont pas autant de douceur. Il en est de même pour les myrtes, qui ont une odeur naturellement agréable et tout intérieure. Ainsi que les grappes de , ils sont remplis d’une celte
raisin, lorsqu'on les écrase douce odeur au dedans ; Ἔ en s'exhalant,
odeur devient plus agréable encore.
Pourquoi, dans les baies de myrtes, les plus petites sont-elles assez souvent privées de pépins, ainsi qu'on le voit sur les palmiers et sur les vignes ..…... ? Et teux.
nique, de Le Maout et Decaisne, — Pour les myrles. Ceci
p. 295. — Quand on les froisse entre les doigts. C'est une expéaire ; des plantes, du moins dans nos
rience facile à mais il ya climats, qui ainsi froissées exhalent plus d'odeur que les feuilles ou les fleurs de myrte. — Que l'on cueille sur le cep. Le texte n'est pas tout à fait aussi formel. — δὲ ἐἰ5 en recoivent... du dehors.Mème remarque. Le sens d'ailleurs ne semble pas dou-
s'adresse surtout aux feuilles.
δ 24. Sur les palmiers et sur les vignes. Cette phrase est empruntée à la vieille traduction et à celle de Gaza; la plupart des éditions la suppriment; celle de Firmin Didot la donne en la mettant entre crochets. On peut l'admettre. En ce qui concerne le palmier, il arrive, dans les régimes de dattes, que les plus petites sont sans noyaux, ou n'en
pourquoi, sur les ceps, les petites grappes, où n'ontelles pas de pépins, ou en ont-elles moins ?
N'est-ce pas parce qu'étant moins développées, elles n’ont pas élaboré la sécrétion nécessaire? Car c’est le pépin qui à la fin contient la semence. Ce qui fait que les graines sont plus petites, c’est qu'elles ne sont que des excroissances et qu’elles sont incomplètes. Aussi sont-elles moins douces que celles qui ont des pépins ; car elles sont moins recuites, et l’on sait que la coction est l'achèvement de l’organisation.
Die Pourquoi, dans les plantes dont les fruits ont une enveloppe, les fruits qui avoisinent la racine sont-ils plus amers, comme pour les figuiers, tandis que, pour d’autres, les fruits les plus amers sont vers le haut de la tige, comme sont les glands ἢ
N'est-ce pas parce que, chez les unes, la nourriture est moins digérée, attendu qu'elle afflue sans cesse
ont que de très petits. Pour la vigne, il y a quelquefois des grains de raisin qui n'ont pas de pépins. — Car c’est le pépin.
Ou « le noyau ». C’est très évident sur les dattes. — δὲ l’on sait. de l'organisation. Le texte est moins développé.
S 25. Dans les plantes dont les fruits ont une enveloppe. Le mot grec est simplement Péricarpe. Le sens n'en est pas très précis. D'après le contexte, je l'ai déterminé davantage, parce que c'est sur ce mot que repose
toute la difliculté de ce ὃ. Étymologiquement, Péricarpe ne signifie qu'enveloppe du fruit.
Les deux exemples du figuier et du gland sont d'accord avec cette définition; car, dans ces deux plantes, le fruit est revêtu d'une enveloppe plus où moins dure. — Les fruits qui avorsinent la racine. On pourrait traduire aussi: «les parties du fruit qui avoisinent la racine (ou la base) du fruit. Le texte est indécis et reste obscur. — Est moins digérée. Ou « moins
vers la racine, tandis que les autres sont naturellement sèches ? La partie douce et bien digérée, étant détournée du sommet, se dessèche; et il ne reste que la partie amère, comme le sel. Le suc étant plus desséché devient de plus en plus amer, comme il arrive pour les olives et les glands, qui prennent de plus en plus d'amertume en vieillissant.
Pourquoi y a-t-1l des plantes qui poussent sans être en terre, el après qu'on les a coupées, tandis qu'il y en ἃ d’autres qui poussent quand on les étale sur le sol, comme les tiges de lys, l'ail, les oignons ?
N'est-ce pas parce que toutes ces plantes conservent de la nourriture en elles-mêmes, sans qu'aucune ne pousse ainsi dans un lieu déterminé ἢ C’est donc un excès de nourriture qui les fait pousser. C’est évident, puisque le même phénomène s'observe sur les oignons de mer et sur les plantes bulbeuses. Chacune de ces
cuite ». On pourrait traduire aussi: « élaborée ».— Les olives et les glands. Le fait parait exact. On pourrait faire des observations analogues sur d'autres végétaux; par exemple, sur le noyer.
$ 26. Coupées.. quand on les élale sur le sol. Le texte semble faire une opposition entre ces deux faits. Il y a en effet des végétaux qui poussentencore quelque feuillage après qu'on les ἃ coupés; d’autres poussent aussi quand on les couche sur le sol.
Cette opposition aurait pu être
marquée plus nettement par l'auteur; on a déjà vu une question presque pareille plus haut, S 21; et celle-ci est répétée plus bas, ὃ 28. — Dans un lieu déterminé. L'expression grecque n’est pas mieux définie.— Ainsi.
J'ai ajouté ce mot. — Orgnons de mer. Ou « seilles »: le mot grec est conservé par la science actuelle. Les seilles font partie de la famille des liliacées, comme l'ail et les oignons en général ; voir le Traité de Botanique, de Le Maout et Ducaisne, p. 590.
Les racines de ces plantes sont
LA