‹ Les Problèmes d'Aristote;Chapitre 18 sur 78 · Qu'on fait sécher au four · texte numérisé non relu

Qu'on fait sécher au four

Les figues tenaient beaucoup plus de place dans l’alimentation des Grecs que dans la nôtre; et les observations du genre de celles qui sont consi-

les figues contiennent s’évapore par la chaleur, tandis que l'air ambiant, qui les refroidit, empêche l’eau de sortir et de se condenser ? Dans le premier cas, il s’en vaporise davantage. Or, les substances sèches sont dures; et les substances liquides sont molles.

del

Pourquoi, après les aliments d’une saveur àpre, le vin et l’eau paraissent-ils plus agréables, par exemple, si l’on a croqué des glands, du myrte ou des subslances de ce genre ?

Ν᾽ θη est-il pas ici très probablement comme dans beaucoup d’autres cas? Toujours une même chose paraît davantage ce qu’elle est quand on la compare à son contraire; et ainsi, les saveurs des substances contraires sont en quelque sorte opposées entre elles. N'est-ce pas encore qu'il en est ici, comme pour les teintures ? N'est-ce pas que la langue est prédisposée par les saveurs âpres, que les pores s'ouvrent, et que la saveur douce y circule plus aisément ? Et en effet,

gnées ici pouvaient être facilement faites. — Dans le premier cas. Le texte n’est pas aussi précis; mais j'ai cru devoir ajouter ces mots.

8 11. Le vin et l’eau. C'est surtout l'eau qui donne cette sensation, si l'on en boit après avoir mangé certains aliments, par exemple après les dattes.— Des glands. L'expression grecque a bien ce sens spécial; mais elle peut aussi en avoir d’autres, et s'appliquer aux

noix, aux amandes et à des fruits de ce genre. Théophraste, Histoire des Plantes, livre IV, ch. 2, $ 1 et 6, décrit le Balanos comme un arbre d'Egypte, et c'est peut-être le bananier, ou même le dattier. Après qu'on a mangé un de ces deux fruits, l’eau paraît infiniment plus agréable qu'après d’autres aliments. — Comme pour les teintures. La suite explique ce que l’auteur veut dire, bien que ce membre de phrase soit inter-

quand on veut teindre les étoffes, on les trempe d’abord dans des matières astringentes, afin que la substance qu'on ἃ préparée ainsi, prenne mieux la couleur qu’on veut ÿ donner.

Pourquoi les choses qui sont douces au goût semblent-elles moins douces quand elles sont chaudes que quand elles sont froides ?

N'est-ce pas parce qu'alors deux sensations se produisent à la fois des deux côtés, de façon que la sensation de la chaleur fait disparaitre l’autre ? Ou n'estce pas parce que la saveur agréable elle-même est chaude? Alors c’est comme du feu sur du feu, et c’est la chaleur qui empèche de sentir. N'est-ce pas aussi parce que le feu efface les qualités de toutes choses, en les mettant en mouvement ? Lors donc que les choses sont échauffées, elles sont plus près de changer ; au

calé ici d’une facon assez inattendue. — Des matières astringentes. L'art de la Leinture était poussée assez loin dans FAntiquité ; car le procédé qu'on indique dans ce ὃ est encore en usage, comme très pratique.

δ 12. Quand elles sont chaudes. Le fait n'est peut-être pas général, et il y a des choses qu'on ne goûte bien que quand elles sont chaudes et même bouillantes. Nous pourrions citer bien des boissons, comme le thé, par exemple, et le café.

Les Grecs ne connaissaient pas

ces substances: mais ils en connaissaient d’autres du même genre. — Des deux côtés. Le texte est aussi vague; mais la pensée n'en est pas moins claire:

d'une part, la saveur de l'objet, et d'autre part, la chaleur. — Fait disparaitre l’autre. Parce que la sensation de chaleur est la plus forte des deux. — C'est la chaleur qui empêche. C'est à peu pres une simple répétition de ce qui précède.— Elles sont plus près de changer, pour cesser d'être ce qu'elles sont et subir une altération.

150 LES PROBLÈMES contraire, quand elles sont refroidies, elles restent davantage ce qu'elles sont.

Pourquoi la paille fait-elle mürir les fruits verts et ne fait-elle pas pourrir les fruits murs ?

N'est-ce pas parce que la paille est chaude et astrin-

gente ἢ Elle fait mürir les fruits par sa chaleur. Et comme elle est astringente, elle attire l’humidité qui s’est pourrie; et de cette façon, le fruit ne pourrit pas.

Pourquoi les figues, qui sont molles et douces, abiment-elles les dents ?

N'est-ce pas parce que leur viscosité les fait adhérer aux gencives; etqu'entre les dents, les grains pénètrent dans leurs interstices, où, molles et chaudes comme les figues, ils causent bien vite de la pourriture ? C’est peut-être aussi qu'à cause de la dureté des petits pépins, les dents se fatiguent bien vite à les broyer.

$ 13. La paille fait-elle mürir... causent ordinairement cet effet Le fait est bien connu, et au- sur les dents: mais comme sans jourd'hui même on emploie en- doute on en faisait un très core ce procédé très simple, grand usage en Grèce et en Atquoique d'autres procédés en- tique, il est possible qu'à la

core plus eflicaces soient en usage. L’explication qui est donnée ici est peut-être plus subtile qu'exacte. -- Et astringente. Le texte dit Attirante. — Le fruit ne pourrit pas. Le texte n'est pas aussi précis.

8 14. Abiment-elles les dents.

Il ne semble pas que les figues

longue, les dents s'en ressentissent davantage. — Leur viscosité.. Les figues ne restent pas assez longtemps dans la bouche pour y causer ces désordres. — De la pourriture.

L'expression est peut-être bien forte. — À les broyer. Le texte dit : « ἃ les travailler ».

ue je hottes

De la marche du flot suivant la forme du rivage et la force du vent; de la marche et du poids des navires; apaisement des vagues dans certains cas; perte des navires dans des tourbillons; couleur de la mer dans le Pont-Euxin et dans la mer Égée ; température de la mer; sa transparence selon les localités et selon les vents; pesanteur de l'eau salée; rapports des flots et des vents; natation en mer et en rivière; vent de mer ; vent de terre; des vagues dans les bras de mer; eau de mer plus ou moins salée ; trous creusés sur le bord de la mer donnant d’abord de l’eau douce; fonte du sel marin; de la couleur de l’eau agitée ou tranquille; rapports du flot et de la profondeur de l’eau; eau de mer plus douce dans les lieux exposés au midi; rochers sur le bord de la mer; eaux plus salées à la surface ; eaux moins salées près de terre; dessiccation de l’eau de mer; graviers dans les étangs; fécondité des marais desséchés ; salure de la mer; formes arrondies des galets; action laxative de la natation; qualité de l’eau de Pæsa.

Pourquoi la vague ne bondit-elle pas dans les pa-

rages où la mer est profonde, et bondit-elles dans ceux où l’eau est peu profonde et resserrée ?

$S 1. Ne bondit-elle pas. L'expression grecque présente une autre image : « la vague sourit.»

Je n’ai pu conserver cette méta-

phore dans notre langue.— Les parages où la mer est profonde.

Le fait paraît exact. — Peu

profonde et resserrée. Le grec dit précisément « petite et courte ». Il est certain que les

vagues sont moins fortes en pleine mer; elles ne sont pas brisées comme dans le voisinage des terres ; on sait que les attérages sont fort dangereux. L’explication donnée ici n’en est pas moins très acceptable, et il est bien vrai qu'une masse plus grande résiste davantage à l'action du vent. Voir plus loin,

N'est-ce pas parce qu’une petite quantité de liquide en mouvement est plus exposée à être divisée par le vent que lorsque la masse en est très forte ?

ve

Pourquoi les flots se soulèvent-ils parfois avant que le vent ne souffle ?

N'est-ce pas parce que la partie de la mer qui ἃ été soulevée d’abord, à l'origine du vent, pousse à son tour l’eau qui la suit, absolument comme elle ἃ été poussée elle-même ? Mais la mer étant continue, c’est une sorte de coup continu que reçoivent toutes les vagues. Le fait se passe en un seul instant, de telle facon que la première vague et la dernière sont au même moment mises en mouvement. Quant à l'air, s’il n’éprouve pas le même effet, c'est qu'il n’est pas un corps unique et continu. Par suite, il reçoit une foule d'impulsions opposées, qui souvent contrarient le premier et le plus vif mouvement, tandis que ces im-

8 24, la même question un peu plus développée.

S2. Les flots se soulèvent-ils… Voir la même question plus loin, 8.28, et une question analogue, ἢ 12. — Avant que le vent ne souffle. Le fait est réel, et l'explication que l'auteur en donne est tout au moins fort ingénieuse. — À l’origine du vent.

C'est-à-dire au point où le vent commence à souffler. — L'eau qui la suit. C'est la traduction fidèle ; mais il serait peut-être mieux de dire : « la partie de la

mer qui la suit ». La pensée du reste se comprend très bien. — La mer étant continue. Xl y a bien continuité ; mais il faudrait que la mer fût un solide pour que l'impulsion se produisit absolument comme elle se produit instantanément d'un bout à l’autre du bâton.— En un seul instant. C'est un peu exagéré. — Au méme moment. Mèm: remarque.

— Unique et continu. I] l'est autant que l'eau; seulement il est beaucoup plus mobile, étant fluide au lieu d'être liquide.

SECTION XXII, DE L'EAU DE MER, ὃ 4 153

pulsions n’ont pas la même influence sur la mer, la mer étant plus lourde et plus difficile à mettre en mouvement.

Pourquoi les navires semblent-ils plus chargés dans le port que dans la haute mer ? Et pourquoi marchentils plus vite en allant de la mer à la terre que de la terre à la mer ?

N'est-ce pas parce que l’eau, en plus grande masse, leur fait plus d'obstacle que quand ils viennent d'une eau qui est en petite quantité ? Dans la petite quantité, le navire s'enfonce parce qu'il est plus maitre de cette quantité ; le navire pousse en bas l’eau du haut. Dans le port, l’eau est peu profonde; elle l’est au contraire beaucoup en pleine mer. Il en résulte que le navire parait avoir plus de charge dans le port; et il s'y met plus difficilement en marche, parce qu'il enfonce davantage, et que l’eau le soutient moins. En haute mer, c'est tout le contraire pour les deux cas.

Pourquoi, quand on jette quelque chose dans une

δ 3. Plus chargés. C'est-à-dire qu'ils enfoncent davantage à charge égale, et que leur tirant d'eau est plus fort. Le fait est exact, et cette observation a dû se présenter cent fois dans les ports si nombreux que possé-

dait la Grèce. — Marchent-ils plus vite... Autre fait non moins exact. — En plus grande masse.

Il est possible aussi que l’eau

soit moins lourde dans le port qu'elle ne l'est en pleine mer, où elle est plus salée. — Pousse en bas... C'est-à-dire que le navire s'enfonce. — L'eau est peu profonde. Et peut-être aussi plus légère. Septali rappelle la belle expérience d'Archimède, à propos de ce problème; mais Archimède est postérieur de près de cent ans à Aristote.

mer houleuse, par exemple une ancre, l'agitation se calme-t-elle sur-le-champ ?

N'est-ce pas que la mer cède sous l’objet qu'on y lance, et avec lequel l'air s'enfonce dans l’eau ? L'air poussé en ligne droite vers le bas, et s’y enfonçant, entraine, avec lui, la force qui mettait la mer en mouvement sur les côtés. En effet, le flot de la mer ne se dirige pas de haut en bas, mais il n’est qu’à la surface; il suffit qu'il vienne à cesser pour que le calme se produise. On peut dire encore que la mer s’enfonçant dans les parties qui sont divisées par l’objet qui y est jeté, fait un tourbillon ; et le tourbillon se meut circulairement. Mais comme la ligne droite ne touche la partie la plus extérieure du cercle qu'en un seul point, et que le flot ne se porte en ligne droite qu’obliquement, il arrive alors que le flot ne touche qu'en un point le bord le plus extérieur du tourbillon, par la raison qu'on vient de dire, et aussi à cause du mouvement que le tourbillon imprime, et qui pousse le flot en se développant lui-mème. L'endroit de la mer

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