Dans les régions du nord
N'est-ce pas parce que la mer ἃ sa couleur particulière, quand elle est calme ? Car il y a une partie onctueuse dans l'élément salé. La preuve, c’est qu'il s’en détache de l'huile pendant les grandes chaleurs. Lors donc qu'il fait un temps calme, et que la mer devient plus chaude, cet élément vient en efflorescences à la surface, par suite de sa légèreté. Mais dans les climats du nord, cet effet se produit moins nettement, à cause du froid. D'ailleurs, l’eau est plus transparente que l'huile; car l'huile a sa couleur spéciale; mais l’eau étant évidemment sans couleur, on y voit beaucoup mieux les objets qui y sont enfoncés.
Pourquoi, lorsqu'on se baigne dans la mer, se sèche-t-on plus vite, bien que l’eau de la mer soit plus lourde que les eaux potables ?
N'est-ce pas parce que l'eau de mer est plus épaisse
Gaza ἃ compris, dans sa traduction, qu'il s'agissait ici des vents du nord et du midi, et non des régions. Le contexte lui donne tort, comme le remarque Septali; il est vrai que l'expression grecque est vague et peut se prêter aux deux sens. — À sa couleur particulière. On ne voit pas très bien la force de cet argument.— Onctueuse. Ou «grasse».
C'est exact. — Pendant Les grandes chaleurs. Il semble que Septali a eu un autre texte sous les yeux,puisqu'ilcomprend qu'il
T. II
s’agit de l'extraction de l'huile, sortant des olives. Aucun manuscrit n'autorise cette lecon. — Devient plus chaude.Ceci confirme la lecon vulgaire. — En efflorescences à la surface. Le texte n'est pas tout à fait aussi précis. — Plus transparente que l'huile. C'est généralementexact.
— Sans couleur. C'est peut-être exagéré.
ὃ 10. Se sèche-t-on plus vite.
Le fait est certain ; mais l’explication peut sembler douteuse.
— Les eaux potables. Ou « l’eau douce ». — Plus épaisse. A
et qu’elle est terreuse ? Ayant peu de parties liquides, elle sèche plus vite.
Pourquoi les flots sont-ils si exposés aux vents ἢ
N'est-ce pas parce qu'ils indiquent que le vent va souffler ? Car le vent n’est qu'une impulsion de l'air. N'est-ce pas aussi que ce phénomène des flots se produit parce que les flots ont toujours été antérieurement poussés ? Ainsi, le vent les agite déjà, bien qu’il ne soit pas encore continu; maisil les soulève dès qu'il commence. Le premier flot s’est en quelque sorte éteint, quand un autre flot le pousse, et ramène une nouvelle épaisseur sous laquelle le flot s’éteintencore. Par suite, il est clair que, quand la vague antérieurement poussée reparait, c'est que le moteur qui la pousse revient aussi; car c'est ce moteur qui, bien que commençant, produit cette agitation.
cause de la partie onctueuse qu'elle contient. — Terreuse.
C'est à la théorie des quatre éléments que ceci se rapporte.
S 11. iesu/lois. Noir. plus haut, ὃ 2. — ϑὲ exposés au vent. C'est la traduction fidèle ; mais peut-être faut-il dire :
« Cèdent-ils si aisément à l’action du vent ». La question est obscure ; et elle est exprimée d'une manière insufhisante. — N'est qu'une impulsion de l'air.
Il faudrait ajouter que cette impulsion de l'air se communique au liquide. — Une nouvelle épaisseur. C’est encore la traduction fidèle ; mais le sens ne se comprend pas bien. Estce à dire qu'un second flot poussant le premier fait que la masse du liquide mis en mouvement est plus considérable ?
— Le moteur qui la pousse.
C'est-à-dire le vent, cousidéré comme le premier moteur.
SECTION XXII, DE L'EAU DE MER, ὃ 12 165
Pourquoi l'agitation des vagues se fait-elle apercevoir avant qu'on ne sente le vent ἢ
N'est-ce pas parce que ce n’est pas au même moment que le vent cesse de souffler et que la mer cesse de s’agiter, mais que la mer ne se calme que plus tard 9 Dès lors, il peut se faire que le vent qui ἃ soulevé le liquide s’apaise sans qu'on l’aperçoive, de telle sorte que ce n’est pas la vague qui a devancé le vent; mais c’est qu’on remarque l’un de ces faits, et qu'on ne remarque pas l’autre ? N'est-ce pas aussi parce que les vents ne soufflent pas partout en même temps, et qu'ils soufflent d’abord au point d’où ils partent ? Dès qu'ils soufflent, ils soulèvent l’eau quiest proche de ce point ; celle-ci soulève à son tour la vague suivante; et c'est ainsi que le flot peut se manifester le premier ; car c’est de la mer, et non du vent, que vient le mouvement qui agite plus rapidement l'air ou la mer.
comme 1] arrive
8 12. L’agitation des vagues.
Le texte est moins développé ; mais il semble que le sens donné dans ma traduction est d'accord avec le reste de l’explication. — Avant qu'on ne sente le vent. Même remarque.
— L'un de ces faits. C'est l'agitation des flots. — L'autre.
C'est la cessation du vent. — Soulève à son tour la vague suivante. Et alors, le mouvement du liquide se fait sentir, et se propage d'un bout à l’autre ins-
tantanément, dans un corps continu. On peut du moins supposer que c’est là la pensée de l’auteur. — Le premier. Le vent ne se faisant sentir qu'après le flot. — L'air ou la mer. Ceci ne se comprend pas bien; mais les manuscrits n'offrent pas de variantes.
Il semble résulter du contexte que l'auteur a voulu dire que c'est la continuité du liquide qui fait que le mouvement y paraît plus rapide que celui de l'air.
Pourquoi est-il plus facile de nager dans l’eau de mer que dans l’eau des rivières ἢ
N'est-ce pas parce que le nageur doit toujours nager en s'appuyant sur le liquide ? Mais nous pouvons nous appuyer d'autant mieux que la matière a plus de corps. L’eau de mer a plus de corps que l’eau des rivières ; et étant plus épaisse, elle peut soutenir davantage le nageur qui s'appuie sur elle.
Pourquoi peut-on rester plus longtemps dans la mer que dans l’eau douce ὃ N'est-ce pas parce que l’eau douce est légère, et qu'elle nous essouffle, parce qu'elle pénètre davantage en nous ?
Pourquoi l'eau de la mer se brüle-t-elle, tandis
que l’eau douce ne se brüle pas ἢ
8. 13. Plus facile de nager dans l’eau de mer. C'est un fait que tous les nageurs ont pu vérifier.
L'explication est exacte ; et c'est parce que l’eau de mer est plus lourde qu'elle soutient davantage le nageur. — À plus de corps. C'est l'expression même du texte.
8 14. Rester plus longtemps dans la mer. Il] faut sous-entendre probablement qu'on reste « à nager », plutôt qu'immobile;
mais le mot du texte n'est pas assez précis. — Est légère. Et par conséquent, elle pénètre plus aisément les pores de la peau.
— Nous essouffle. Ou, « nous suffoque ». (Cette explication peut sembler fort douteuse.
ὃ 15. Se brüle-t-elle. Il est difficile de bien entendre ce que l’auteur veut dire par « se brüler », appliqué aux eaux de mer et aux eaux douces. C'est sans doute de la vaporisation
SECTION ΧΧΙΠ, DE L'EAU DE MER, ὃ 16 165
N'est-ce pas que l’eau douce se brüle aussi ? Mais l’eau de mer éteint moins bien le feu, parce qu'elle est plus grasse. La preuve qu'elle est plus grasse, c’est que, du sel, on peut tirer de l'huile. N'est-ce pas aussi que les pores de l’eau de mer ne peuvent pas correspondre aussi bien aux pores du feu, attendu que ses pores sont plus épais ; et que, s'ils le sont davantage, c'est qu'il s'y trouve du sel? De même donc qu'une malière qui est sèche, éteint le feu moins bien que ne le fait une matière liquide, de mème, ce qui est plus sec est proportionnellement plus combustible ; et tel objet agit plus que tel autre s’il est plus près d'être chaud. Ici le plus sec des deux, c’est l’eau de mer, qui remplit davantage ces deux conditions.
Pourquoi le vent du matin, qui vient de la mer
qu'il s'agit. Septali semble croire que l'eau de mer peut s’enflammer, dans certaines conditions; mais ce sens n'est guère admissible. Cetle hypothèse s'est présentée à l'esprit du commentateur, parce que l'expression de l'original est trop vague. — Éteint moins bien le feu. Le fait est exact ; et cela tient évidemment aux matières qui composent l'eau de mer. — Plus grasse. Le fait est très sensible sur les étoffes, qu'on doit passer à l'eau douce pour les débarrasser de l'eau de mer qui les a imprégnées.— Les pores de l'eau de mer...
L'explication est inacceptable
pour la science moderne ; mais elle suffisait aux Anciens. — 7{ s’y trouve du sel. Qui obstrue l'action du feu. — Et tel objet agit plus que tel autre. Le texte n'est pas aussi précis. — Ces deux conditions. De la chaleur et de la sécheresse. Voir plus loin, ὃ 32.
8 16. Tout ce 8 est répété mot pour mot plus loin, section XXVI,S 22. — Le vent du matin.
C'est la brise de mer, qui apporte toujours quelque fraicheur, surtout dans les climats chauds; mais cette brise est peut-être en effet moins froide que celle qui vient des eaux douces. L'explication est ingé-
n'est-il pas froid, tandis que celui qui vient des rivières est froid ?
N'est-ce pas parce que la mer occupe des espaces fort étendus, tandis que les rivières sont resserrées dans des espaces étroits ? Ainsi, le vent qui vient de la mer se répand dans un espace immense, et dès lors 1] est faible; mais le vent venu des rivières s'accumule en masse dans son mouvement; et par là, il a plus de force. C’est là ce qui fait qu'il semble plus froid. Ou bien n'est-ce pas là la cause ? Et n'est-ce pas plutôt parce que les fleuves sont froids, tandis que la mer n’est, ni chaude, ni froide ? Or, la brise et le souffle du vent ne se produisent que par l'échauffement, ou par le refroidissement des liquides. Or, quelle que soit l’action de l’un ou de l’autre que subisse le liquide, le résultat est toujours qu'il se vaporise ; et l’eau étant vaporisée en air, l'air qui est alors produit se meut, et devient la brise, qui se met à souffler. Il est tout simple que le vent qui vient d'eaux froides soit froid aussi, et que celui qui vient d'eaux très chaudes se refroidisse et
nieuse ; maisilauraitfallutenir corriger. — Sont froids. Ce
une certaine
compte aussi du lever du soleil, qui, en paraissant sur l'horizon, change toutes les conditions de l'atmosphère. — 11 est faible.
La raison n'est pas très Juste, puisque la mer, toute vaste qu'elle est, a d'affreuses tempêtes. — Plus de force. C’est vrai, si la rivière est encaissée ; mais elles ne le sont pas toutes.
L'auteur lui-même revient sur sa première hypothèse, pour la
n'est que dans mesure très variable. — M chaude, ni froide. Ce n’est pas très exact: et la mer subit les mêmes phases que les eaux douces, quoique peut-être plus lentement. — Ne se produisent.
Aujourd'hui même, les météorologistes ne sont pas d'accord
sur l'origine des vents. — Le résultat est toujours... Le froid
ne vaporise pas autant que la
SECTION XXIII, DE L'EAU DE MER, ὃ 17 1567 devienne tout à fait froid. On peut donc se convaincre ainsi que toutes les rivières sont froides, tandis que la mer n’est, ni très froide, ni très chaude. Aussi, le vent qui en arrive n'est pas froid, parce qu'elle-même n’est pas froide non plus ; et il ne se refroidit pas non plus très vite, parce que la mer n'est pas davantage très chaude.
Pourquoi, dans les bras de mer plus grands, les vagues s’apaisent-elles plus lentement que dans les bras de mer moins grands ?
N'est-ce pas parce que tout s’apaise plus lentement quand le mouvement ἃ été plus considérable que quand il l’a été moins ? Or, dans les grandes mers, le flux est plus fort que dans [65 petites; et la raison admet très bien qu'une quantité plus grande soit aussi
plus lente à se calmer.
chaleur. — On peut donc se convaincre. La démonstration n'est pas frappante. — Mc très
froide, ni très chaude. Répitition de ce qui vient d'être dit.
Voir plus loin toute la section XXVI, consacrée à la théorie des vents; voir aussi le fragment si curieux de Théophraste sur les vents. La doctrine du disciple se rapproche beaucoup de celle du maître ; mais il fait une part plus considérable au soleil, dans la cause des vents. Voir l'édition de Firmin-Didot, pp. 376 eHIsSuiv.
8 17. Des bras de mer. Le texte dit simplement: « dans
des mers plus grandes ». Septali remarque que l'on doit comprendre que la mer est à la fois plus large, plus longue, et surtout plus profonde. Autrement, l'observation serait moins exacte. L’agitation des eaux tient principalement à la pro-
fondeur où elles ont été soulevées. — Tout s'apaise plus lentement. Le fait est de toute évidence. — Le flux. Ou, « le flot ». — Dans les grandes
mers. Comprenez toujours, dans les mers profondes, — Plus lente à se calmer. Répétition assez peu nécessaire, après tout ce qui précède.
Pourquoi l’eau de mer n'est-elle pas potable quand elle est froide; et pourquoi l’est-elle davantage, soit qu’on la boive toute chaude, soit qu'après l'avoir fait chauffer, on la laisse refroidir ?
N'est-ce pas parce que le changement d’un con- 8 ᾿
traire se fait naturellement en son contraire ? Or, le potable est l'opposé du saumâtre. Échauffée, la partie salée s’absorbe en se cuisant; et quand le liquide est refroidi, elle reste au fond.
Comment se fait-il que, le plus souvent, les eaux qui sont sur le bord de la mer soient douces et ne soient pas saumâtres ἢ
N'est-ce pas parce que les eaux filtrées sont plus
8 18. N’est-elle pas potable. qu'il fallait surtout montrer,
C'est là l’état ordinaire de l'eau de mer ; et même en la faisant bouillir, on ne lui ôte pas son amertume. — Soit qu'on la boive toute chaude... on la laisse refroidir. L'expérience n’est pas difficile à faire ; mais je ne sais pas si le fait est bien exact. Il est probable cependant, d'après ce passage, que les Anciens avaient dû répéter ces essais plus d'une fois. Aujourd'hui, nous parvenons ἃ distiller l'eau de mer, et à en extraire la partie potable. — Le changement d'un contraire. Le principe est vrai dans sa généralité; mais ce
c'est comment il s'applique à l'eau de mer spécialement. — S’absorbe en se cuisant. C'est la force de l'expression grecque.
— Elle reste au fond. 1] est bien vrai que du sel se dépose ; mais l'eau qui reste en contient encore trop pour quelle soit buvable.
8 19. Le plus souvent. Cette restriction était nécessaire, parce que le fait n’est pas constant; voir plus loin, $ 21. — Les eaux filtrées. La raison en est évidente ; et la terre agit alors à peu près comme agjissent nos alambics ; elle sépare
SECTION XXII, DE L'EAU DE MER, ὃ 20 169
potables, et que l’eau qui est près de la mer est filtrée davantage ?
Pourquoi l’eau salée n'est-elle pas fluide et ne court-elle pas ?
N'est-ce pas parce que ce quiest lourd reste en place, et que l’eau salée est lourde? Aussi, pour les eaux salées, il n’y a que celles qui s’échauffent qui coulent bien ; car alors elles acquièrent une légèreté qui l’emporte sur le poids de la salure. Or, le chaud est toujours plus léger. De plus, les eaux courantes se filtrent dans la terre ; et toujours la portion de matière qui est plus épaisse et plus lourde se dépose d'autant mieux dans les liquides filtrés. C’est la matière légère et pure qui s'isole, parce.que la portion salée est lourde ; et que la portion douce est légère. C'est là ce qui fait que les eaux courantes sont douces. C’est encore par le même
la partie potable de la partie saumâtre. — Est filtrée davantage.
Parce que sans doute les particules de la terre sont plus meubles. Voir dans la Météorologie, livre Il, ch 3, ὃ 35, une curieuse expérience pour diviser l’eau de mer, et en tirer de l’eau potable.
8 20. Fluide et ne court-elle pas... Il n’y a qu'un seul mot dans le texte. Septali fait remarquer que lamer, n'ayant pas de pente, ne peut courant, comme les rivières ordinaires. C’est Ἰὰ sans doute la pensée vraie de l'auteur ;
avoir un
mais il aurait pu donner plus de précision à cette pensée. — Reste en place. Ceci s'applique en effet à la masse des eaux de la mer; mais la surface en est fréquemment agitée, et ἃ d'assez grandes profondeurs. — Celles qui s'échauffent. Peut-être vaudrait-il mieux dire : « la partie qui s’échauffe ». — Les eaux courantes. Ou, « Fluides ». — Se dépose d'autant mieux. Plus le poids est lourd, plus le dépôt se forme vite et abondamment.
— Qui s'isole. C'est le sens le plus probable de l'expression grecque. — Les eaux courantes
. , ᾿ ᾽ motit que l’eau salée, quand on la secoueet qu'elle se modifie, devient plus douce ; car le mouvement la rend plus légère et d’un goût moins àpre.
Pourquoi, si l’on creuse un trou près de la mer en Libye, l'eau est-elle d’abord potable ; et pourquoi devient-elle bien vite salée, tandis que ce changement se produit bien moins dans d’autres lieux ἢ
N'est-ce pas parce que la première eau est celle qui se trouve déjà en ce lieu, et qui a été cuite et échauffée par la terre, et que, quelque temps après, l’eau de mer qui s’est infiltrée, parce qu'elle revient de nouveau, rend le liquide plus amer ? Dans d'autres endroits, ou il n’y a pas d’eau ; ou bien l’eau est tellement abondante que l'endroit ne se.dessèche pas.
sont douces. Le fait n'est pas sans exception, bien qu'il soit général. — Quand on la secoue.
On suppose donc que ie mouvement fait que le sel se précipite plus rapidement. — Devient plus douce. Le fait serait facile à vérifier. Toute cette étude prouve une observation bien attentive, quelles que puissent être les erreurs de détail.
S 21. En Libye. Les limites de la Libye n'ont jamais été bien définies ; et généralement, les Anciens entendaient par la Libye tous les déserts situés à l’ouest de l'Egypte. Voir Strabon, livre If, ch. 5, 8.99, p. 108 et suiv.; et passim, édit. Fir-
min-Didot. — Ce changement.
Le texte est plus vague. — Qui se trouve déjà. Et qui sourdit au lieu où on fait un puits, où un trou. — Cuile et échauffée. 1 n'y a qu'un seul mot dans le texte. — Ou il n'y a pas d'eau. Et par conséquent, on creuse vainement sur le bord de la mer, là où iln'ya pas eu d'infiltration. — ΝΕ se dessèche pas. L'expression est insuffisante, quoique l'on comprenne ce que l'auteur a voulu dire. Il faut que le sol soit desséche par la chaleur, pour quel'eau puisse y être filtrée. Voir plus loin, ὃ 87; et, plus haut, ὃ 19, quelques éclaircissements.
Per 2
Pourquoi l'eau de mer fait-elle fondre le sel plus vite que ne le fait l’eau douce ?
N'est-ce pas parce que la liquéfaction consiste en ce que le liquide qui, avec la chaleur, entre dans le sel, le divise, de manière à le rendre lui-même liquide, tandis que les matières qui ne peuvent pas du tout entrer dans le sel, ou celles qui le traversent sans le toucher, ne le font pas fondre? Celles qui y pénètrent trop doucement ne le dissolvent qu'à peine, tandis que celles qui l'attaquent avec force le divisent très rapidement. Or, celles qui ont de trop grosses molécules ne peuvent pas y entrer; car leurs molécules ont trop de grosseur pour les pores du sel; et quant aux matières qui ont des parties plus petites, elles circulent dans le sel sans y toucher. Mais l’eau potable est légère, et l'eau salée est plus épaisse. Par suite, l’eau qui entre aisément à cause de sa légèreté, peut à peine dissoudre le sel ; l’autre liquide y entre aussi, quoiqu'il y entre moins profondément ; mais comme ila des molécules plus grosses, il divise le sel et le force plus vite à se liquéfier.
8 22. Fait-elle fondre le sel.
Le fait paraît exact; mais 1] serait facile de le vérifier : il semble que l'auteur a dû faire lui-même cette expérience. — Sans le toucher. C’est l'expression même du texte : mais elle n'est pas très claire. Peut-être vaudrait-il mieux traduire: «Sans
l’altérer ». — Qui ont de trop grosses molécules. C'est l’eau de mer. — Qui ont des parties plus petites. C'est l'eau douce.
L'explication d'ailleurs est plus que douteuse; et 1] est bien probable que la science actuelle pourrait en donner une meilleure.
DS
Pourquoi l’eau parait-elle moins blanche quand elles est en mouvement, comme il arrive quand elle commence à frissonner ? De là vient qu'Homère ἃ dit: « La mer, quand le vent commence, noircit sous son action. »
N’v a-t-il pas à cela deux causes ? Quand on regarde
l'eau de près, elle nous parait plus blanche, parce que la vue y pénètre davantage, si elle est en repos ; mais quand elle est agitée, la vue n'entre plus en ligne aussi directe. Or, le diaphane parait tout blanc. Quand la vue ne peut pas pénétrer un objet, on dit qu'il est noir. C’est là ce qui fait que, si l’on regarde au loin, l'air parait noir, et que de près, au contraire, 1] semble blanc. Lors donc qu’on est près de l’eau, elle semble blanche; à distance, elle parait bleue et noirätre. Cela tient à ce que la vue est en quelque sorte agitée, et qu'elle est entièrement réfractée vers
8 23. À frissonner. Ou, «à se On dit. Le verbe du texte est à rider ». — Homère a dit. Iliade, la troisième personne du sin-
chant VII, vers 64. Le poète ἃ répété plusieurs fois cette image. Il l'applique également à la terre, noircissant derrière le laboureur, qui la fend, et la retourne avec sa charrue., — Deux causes. Selon que l'objet est proche, ou qu'il est éloigné ; et aussi selon que l'eau est agitée ou qu'elle est en repos.
— La vue. Ou « la vision ». — Le diaphane. C'est le corps au travers duquel on peut voir. —
gulier ; et il semblerait que l'expression indique quelque auteur dont l'opinion est rapportée ici: ou, peut-être ceci s'adresse à Homère, qui vient d’être cité.
— Si l'on regarde au loin. Le texte n'est pas aussi formel. — Elle semble blanche. C'est exagéré ; et la couleur n'est jamais blanche : seulement, l’eau est transparente, ainsi que l'air. — Réfractée vers la lumière. C'està-dire qu'elle percoit la lumière