PA LE
Pourquoi l’eau salée surnage-t-elle complètement, terreuse comme elle l’est, quoique son mouvement naturel fût d’aller en bas ?
N'est-ce pas parce que le vin doux ἃ plus de terre qu’elle? Ou n’est-ce pas encore à cause de la chaleur, qui, comme le sel, est aussi une sorte d’efflorescence ? Mais y a-t-il par hasard une autre cause ἢ Or, s’il n’y en ἃ pas, à plus forte raison n’y aurait-il rien d’im-
insuffisante ; et il aurait fallu dire comment la terre mêlée à l'eau de mer la rend plus salée.
ὃ 26. Versée sur du vin doux.
Il faut entendre par Vin doux celui qui n'a pas encore passé au pressoir, et par Vin pur celui qui y a passé. Quelques commentateurs ont compris aussi qu'il s'agissait de vin fait avec des raisins secs ; et cette interprétation se fonde sur ce
qui suit — À plus de terre.
Ceci se rapporte à la théorie des quatre éléments. — Onc-
lueux. Ou, « visqueux ». —
L'eau salée. Le texte est moins précis ; mais le sens ne peut être douteux. Voir le ὃ suivant, qui tient de très près à celui-ci, et qui le complète.
ὃ 27. L'eau salée. L'expression du texte est indéterminée :
mais il semble bien qu'il s'agit toujours de l’eau de mer, comparée au vin doux. — À plus de terre. Sous-entendu : « que l’eau salée » ; et J'ai ajouté « qu'elle ».
— De la chaleur. Que contient l'eau salée, etquise porte à la surface, comme les efflorescences du sel. — À plus forte raison.
SECTION XXII, DE L'EAU DE MER, ὃ 29 475
possible à ce que le même fait se passàt pour le vin doux, puisqu'il est très chaud ἢ
Pourquoi arrive-t-il dans quelque cas que les flots se soulèvent avant que les vents ne viennent à souffler ?
N'est-ce pas parce que les flots se calment aussi plus tard que les vents? Car le premier vent s’apaise, en quelque sorte, avant le flot qu'il a poussé. Ce n’est pas le flot poussé le premier qui arrive à terre ; mais l'impulsion agit toujours sur le flot suivant et VOISIN.
AE
Pourquoi les plages qui sont les plus battues par les vagues deviennent-elles souvent tellement dures
C'est une objection que l’auteur se fait à lui-même; mais la pensée n'est pas rendue assez nettement; et la solution qu'il indique reste dans l'obscurité.
Si l'eau salée surnage à cause de sa chaleur, 1] paraîtrait tout simple que le vin doux surnageñt plutôt qu'elle, parce qu'il a aussi une très grande chaleur. Mais la question demeure suspendue entre ces deux alternatives, également probables,
ὃ 28. Que les flots se soulèvent. Voir la même question plus haut, $S2 et 12. — S’apaise .… avant le flot. C'est-à-dire que le vent agit d'abord sur un flot
qu'il a soulevé ; et celui-ci agit à son tour, et sans l'intervention du vent, sur la partie du liquide qui l’avoisine. — Suivant et votsin. 1Π n'y a qu'un seul mot dans le texte.
8. 29. Tellement dures. L'observation est curieuse, et l’explication est très acceptable.
L'action des eaux sur le sable, et sur les graviers plus ou moins gros, est exactement décrite ; et ce problème, quoique assez peu important, mérite cependant quelque attention. Septali trouve ce ὃ tellement clair qu'il ne croit pas devoir le commenter. On peut partager cet avis, quoique le texte ne
qu'on dirait qu’elles sont un plancher, et pourquoi, cette terre frappée par le flot se durcissant ainsi, celle qui est éloignée du flot reste-t-elle molle ?
N'est-ce pas parce que le petit gravier ne peut pas être rejeté au loin par la mer, tandis que le gravier plus gros est rejeté plus avant, de même que, quand on lance quelque chose à la main, ce n'est pas le corps le plus léger qu’on lance le plus loin ? Par suite, quand beaucoup de graviers ont été roulés par le flot, les plus petits d’entre eux, en s’intercalant, s’accumulent ; et le mouvement de la vague qui déferle solidifie le tout, et ne le déplace plus. C'est que les oraviers les plus petits, ne pouvant aller fort loin, se tassent fortement ; et comme le mouvement du flot se répète souvent, le gravier se réunit en une masse compacte, sous la chute des eaux, jusqu'à ce que le tout forme un solide assemblage. Le flot finit ainsi par accomplir la construction; et le liquide, arrivant doucement, soude le tout. Au contraire, le gravier qui est plus loin du bord se fend en séchant; et la terre, composée comme elle l'est de graviers plus gros, ne peut plus former de monceau solide.
soit pas sans quelques difhcultés. — On lance quelque chose à la main. La comparaison est simple et très juste. La ténuité des graviers fait que le flot n'a presque pas de prise; ils retombent, tandis que des morceaux plus lourds sont lancés plus loin. — En s'intercalant.
Le texte n’est pas aussi précis.
— Qui déferle. I] semble que
c'est bien la signification du mot grec. — Le flot finit... I y a de l’exubérance dans cette description de l'action des vagues ; mais la pensée resle au fond très exacte. Il est facile de se rendre compte du phénomène, quand on se promène sur une plage bien unie et formée de sable et de gravier. La plage est ferme sous le pied.
SECTION XXIII, DE L'EAU DE MER, ὃ 30 An:
Pourquoi les couches supérieures de la mer sontelles plus salées et plus chaudes que les couches profondes, de même que, dans les puits d’eau potable, la surface est toujours plus salée que le fond, bien que la partie salée dût être l'eau qui est plus bas, la saumure étant plus lourde que l’eau douce ?
N'est-ce pas parce que le soleil et l’air font toujours monter à la surface la partie la plus légère des liquides ? Mais l’eau la plus potable est toujours la plus légère ; et c’est elle qu'on tire toujours davantage des points les plus proches. Il s'ensuit que, pour les parües les plus superficielles de la mer et pour les eaux potables, le résidu doit être plus salé que les matières d'où 1] est monté, et que celles où il n’y a pas d’eau douce, ou bien dans lesquelles il y en a moins. C’est là aussi ce qui fait que les parties supérieures sont plus chaudes, puisque la saumure est plus chaude que
ὃ 30. Plus salées et plus chaudes. Ce n'était que par une longue observation qu'on pouvait s'être posé ces questions.
— La surface est toujours plus salée. C'est l'expression même du texte; mais si l’eau est potable, sa surface ne peut pas être salée, si ce n’est dans une très faible proportion ; ce qu'il aurait fallu dire. — Le soleil et l'air. Cette action est positive ; et c'est surtout le soleil qui agit. — Les plus proches. J'ai conservé l'expression grecque,
T. II
bien qu'elle soit trop vague.
Par « les points les plus proches », l’auteur entend la surface du liquide, qui est en effet plus rapprochée de l'observateur que l'eau du fond. — Le résidu.
Le mot du texte n'est peut-être pas très Juste; mais J'ai dû le conserver, bien qu'il s'agisse de la surface des eaux et non du fond. — Sont plus chaudes. C’est la seconde partie de la question ; la surface est non seulement plus salée; mais encore est elle plus chaude. —
l’eau potable. Aussi, quelques disciples d'Héraclite ont-ils prétendu que les pierres et le sol se sont formés par la dessiccation de l’eau potable, qui se dur-
cit, tandis que, pour l’eau de mer, le soleil fait tout évaporer.
Pourquoi, dans l’eau de mer, les parties voisines de la terre sont-elles les plus douces ?
N'est-ce pas parce qu'elles sont bien plus en mouvement, et que la partie salée devient plus douce en étant agitée ? N'est-ce pas encore que c'est dans les eaux profondes que le liquide est plus salé, et que l’eau près de terre est moins profonde ? C’est là aussi ce qui fait que les eaux encaissées et profondes sont salées et ne sont pas également douces. La cause en est que la partie salée, étant lourde, va davantage au
fond.
Quelques disciples d'Héraclite.
Il est regrettable que ces philosophes ne soient pas nommés. — La dessiccation de l'eau potable. Il y a là comme une conjecture applicable aux grands phénomènes géologiques. — Le soleil fait tout évaporer. Ceci n'est pas parfaitement exact ; et le sel reste toujours, après l'évaporation de l'eau de mer.
ὃ 31. Les plus douces. Le fait est exact, bien que l'explication ne le soit pas peut-être autant.
— Dans les eaux profondes...
le liquide est plus salé. semble
qu'il y ἃ là quelque contradiction avec le 8 précédent ; mais Septali fait remarquer ‘avec raison qu'il s'agit ici des eaux éloignées de terre, comparées à celles quien sont plus voisines.
Le ὃ 30 peut être vrai en même temps que celui-ci. — Encaissées et profondes. L'expression du texte réunit ces deux sens en un seul mot. Il s'agit sans doute des eaux courantes des torrents.
— Également douces. C'est-àdire, « Aussi douces que si elles étaient dans des conditions contraires » ὦ
Pourquoi l’eau de mer est-elle le seul liquide qui se vaporise tout à fait par le feu, tandis que les eaux potables et les eaux de rivières ne se vaporisent pas
autant ?
N'est-ce pas parce que l’eau de mer contient beaucoup de terre, comme le prouve bien le sel qu’elle renferme ? Ou, n'est-ce pas parce qu'elle est grasse, comme le montre l'huile qui surnage sur le sel ?
Pourquoi n’y a-t-il pas du tout de sable dans les lacs, ou y en a-t-il moins que dans la mer et dans les
rivières ?
N'est-ce pas que, dans la mer, il se forme des rochers, et que la terre est très desséchée ? Mais le
ὃ 32. Qui se vaporise tout à fait. Le texte dit précisément :
« qui se brûle ». 1] est clair qu'il s’agit ici, comme plus haut, ὃ 15, de la vaporisation, et non pas de la combustion, comme Septali semble l'avoir cru. — Ne se vaporise pas autant. I] serait peut-être plus exact de dire que l'eau de rivière ne se vaporise pas aussi vite. — Contient beaucoup de terre. C'est la théorie des quatre éléments, appliquée à l'analyse de l'eau de mer. — Comme le prouve bien le sel. La preuve suffisait à la science de l'Antiquité ; la science actuelle est plus exigeante. — L'huile qui surnage.
Ce n'est pas de l'huile à proprement parler; c'est plutôt une sorte de graisse; mais l'expression grecque est bien telle que nous l'avons traduite.
δ 33. De sable. Peut-être vaudrait-il mieux dire: « De gravier », Le contexte semble prouver que c'est bien de gravier qu'il s’agit. — Dans les lacs. L'expression grecque dit précisément : «dans les marais ».
— Il se forme des rochers. I y a des rochers dans la mer; mais c'est une erreur de supposer que la mer forme des roches. — Æt que la terre est très desséchée. Et qu'ainsi durcie, elle forme du gravier; mais
sable n’est que de la pierre émiettée en petits et très :
petits morceaux ; et elle est émiettée par le coup que
les flots lui donnent. Au contraire, dans les lacs, 1] ne ; ,
se forme pas de pierres aussi pures ; et elles ne sont
pas également ballottées, parce qu'il n'y a pas la.
même action des flots. Dans les rivières, il y a plus de
sable que dans les lacs, parce qu’elles charrient de la.
terre, et qu’elles broyent les pierres par le coup dont elles les frappent.
Pourquoi lorsqu'un marais est venu à disparaitre, ou lorsqu'il se dessèche, le blé grille-t-1il davantage dans le champ qui succède? |
Est-ce parce que le liquide du marais se vaporise et qu’il échauffe l'air, de telle sorte que cette chaleur y rend les gelées plus faibles et plus rares que dans les lieux qui sont creux, ou près des marécages?
cette pensée est exprimée insuf- de l'expression grecque est fort
fisamment. — Ze sable. Ou, douteuse. Le mot signifie pro- « le gravier ». — Aussi pures. prement : « Est brûlé ». Cette C'est l'expression même du traduction resterait obscure ; texte. — Plus de sable. Ou, et l'on ne saurait pas si la « de gravier ». — Parce qu'elles moisson de froment, qui succède charrient de la terre. 11 faudrait au marais, est brûlée par la peut-être ajouter: « et en chaleur, ou par le froid. Je me
déposent », pour rendre toute la force de l'expression grecque.
— Le coup dont elles les frappent. Le coup signifie ici le ballottement perpétuel des cailloux par le mouvement des eaux courantes.
8 34. Le blé grille-t-il. Ce
sens n’est pas sûr; et la nuance
suis décidé pour une expression plus nette, qui semble ressortir du contexte. On pourrait peutêtre traduire aussi : « Est plus échauffé ». — Qui succède. J'ai ajouté ce mot qui est implicitement compris dans l'expression du texte. — Est-ce parce que le liquide... C’est une première
. “mp. 1) - : défie
SECTION ΧΧΙΠ, DE L'EAU DE MER, 8 35 181 Ou bien, est-ce parce que les gelées viennent d'abord de la terre, ainsi qu'on le prétend, et qu'elles y pénètrent peu à peu ? Quand donc le marais est desséché, le froid, en s'étendant à une plus grande profondeur et en s’accumulant en plus grande quantité, devient plus fort ; et il enlève davantage de chaleur. Dans les localités de ce genre, les froids viennent bien du fond, ainsi qu'on le croit. Mais, quoique la terre soit chaude en hiver, comme elle est assez humide, la chaleur, qui est à la surface du sol, se refroidit. Le liquide n’est pas tellement loin qu'il ne puisse se congeler, malgré la chaleur que les liquides ont en eux ; et il n’est pas non plus en si faible quantité qu’il ait perdu toute action, parce que la terre est détrempée. Alors le froid devient tellement intense qu'on peut marcher sur la glace et batir des habitations dessus.
STE Pourquoi l’eau de mer est-elle salée et d’un gout si àpre?
N'est-ce pas parce qu'il y a dans la mer une foule de
explication d'un fait, qui d'ail- où elle se trouve est chaude, leurs serait à vérifier. — Ou — Devient tellement intense. Il bien, est-ce... Seconde explica- semble que ces détails sur la tion. — Ainsi qu'on le prétend. formation de la gelée ne tien-
Il eût été bon de connaître nommément l'auteur de cette théorie. — À une plus grande profondeur. Le texte est moins précis; mais le sens parait certain. — La chaleur que les liquides ont en eux. C'est la théorie habituelle d'Aristote ; et la liquidité fait que la substance
nent pas d'assez près à la question posée, sur les conséquences de la disparition d'un marais.
8 35. Est-elle salée. Voir la Météorologie, livre II, ch. 3, sur la salure de la mer. Sur cette question, la science actuelle n’est guère plus avancée
saveurs, et que la salure et l’amertume s’y font sentir à La fois ?
Pourquoi, dans la mer, les coquilles et les pierres deviennent-elles toutes rondes ?
N'est-ce pas parce que les extrémités étant également corrodées, elles finissent par prendre la forme arrondie? Car l'extrémité est pareille dans cette forme ; et la mer, en produisant un mouvement en tous les sens, les y ronge pareillement.
Se Pourquoi, lorsqu'on fait, en un endroit quelconque, un trou près de la mer, l’eau reste-t-elle d’abord potable en quelques endroits, et pourquoi ensuite de-
vient-elle saumitre ?
que la science antique ; et la salure de la mer est un fait à peu près inexplicable; il n'ya qu’à le constater. — La salure et l’amertume. C’est répondre à la question par la question.
Mais sur ce phénomène, il est peut-être impossible de trouver une autre réponse.
8 36. Les coquilles. Le fait n'est pas tout à fait exact; et Septali le conteste pour les coquillages, qui ne sont pas
toujours réduits à la forme ronde par l'agitation continuelle des eaux. — Les pierres.
Ce sont les galets proprement dits, dont les extrémités s'arrondissent en effet dans une
certaine mesure. — ZL'extrémite est pareille. ΤΊ] serait plus exact de dire: «Les deux extrémités ». La forme générale des
galets n'est pas précisément ronde ; mais les deux bouts
s'arrondissent ; et dans cette limite, l'observation est exacte.
8. 37. En un endroit quelconque. Plus haut, $ 21, la même question ἃ été posée; mais elle était bornée aux parages de Libye; elle est ici plus générale. — Un trou près de la mer. Le fait est facile à vérifier. C’est une expérience à faire. — Potable. C’est peutêtre exagéré; el il faudrait plutôt dire que l'eau est moins
SECTION XXIII, DE L'EAU DE MER, ὃ 38 183
N'est-ce pas parce que l’eau vient de la mer ellemême, qui se filtre à travers la terre ? Il est donc tout simple que d'abord l'eau soit douce; car l'eau douce est plus légère que l'eau salée; et la mer contient quelque peu d'eau douce, qui, mêlée à la terre, monte davantage à la surface. Mais la partie salée, qui est lourde et tranchante, se porte en bas. Soit done que la chose se passe ainsi, soit que l’eau douce s'écoule de la terre dans la mer par des rigoles, il est tout simple qu'elle reste à la surface de la mer, ou qu’elle se mêle à elle. Mais ensuite, une fois que les canaux sont ouverts, la partie saumâtre, qui l'emporte en quantité, fait que le tout devient saumâtre ; car alorsil arrive que les canaux supérieurs étant bouchés, il faut que le liquide cherche une autre voie pour s’écouler; mais quand les conduits se rouvrent, c'est l’eau saumâtre qui s y porte complètement. C’est le même phénomène qui se voit dans les veines du corps.
Pourquoi l’eau de la mer, tout en étant plus lourde que l’eau douce, est-elle néanmoins plus transparente ἢ
saumâtre. — L'eau vient de la mer elle-même. Ce n'est pas toujours exact ; il y a quelquefois sur les bords de la mer des sources d'eau douce qui
n'en viennent pas. — Quelque peu d'eau douce. Le fait est exact. — Davantage. Ou peutêtre : «plus vite ». — Tran-
chante. C'est-à-dire qui divise la terre à cause de son poids.
— Ou qu'elle se mêle à elle. On
pourrait comprendre aussi que c'est la mer qui se mêle à l’eau douce. Il suffit, pour ce dernier sens, d'un simple changement d'accent ; l'édition de Firmin- Didot l'a adopté. — Dans les veines du corps. Il est possible que cette dernière phrase ne soit qu’une interpolation.
8. 38. Plus transparente. Le fait est exact; l'explication semble assez acceptable ; mais
Est-ce parce qu'elle est plus grasse ? Or, l'huile, répandue à la surface d’un objet, lui donne plus de transparence ; et la mer ayant elle-même quelque chose de gras, il est tout naturel qu'elle soit plus transparente. Ou encore, ne peut-on pas dire aussi que le corps qui est plus léger n’est pas toujours le plus transparent ἢ Ainsi, l'huile qui est plus légère que l’eau
n’est pas pour cela plus transparente qu'elle. Ou bien
encore, n'est-ce pas que l’eau de mer n’est pas plus transparente réellement, mais qu'elle paraît l'être ἢ Car l'eau potable ne peut venir que de source ou de rivières courantes. Or, la source charrie toujours de la terre en mème temps que de l’eau; et les eaux courantes, qui ne sont jamais très pures, entraînent avec elles de l’eau et de la boue. Et voilà comment l’eau douce est toujours moins transparente que l’eau de la mer.
Pourquoi, lorsqu'on nage dans la mer, a-t-on un flux de ventre ? Si l’on dit que c’est parce que les
il est possible que la science actuelle ne l'admette pas. — Plus grasse. Ce fait n'est pas moins certain. — À la surface d'un objet. J'ai ajouté ces derniers mots qui me paraissent indispensables, et qui ressortent du contexte. — Qu'elle soit plus transparente. Le rapprochement n’est pas juste ; et l'auteur luimême semble le combattre, en remarquant que l'huile n'est pas transparente par ellemême ; seulement, elle donne
plus de transparence à certrins objets, sur lesquels on la répand.
— N'est pas plus transparente.
Elle est seulement plus pure, du moins d'après la théorie exposée ici. — De source ou de rivières courantes. Le texte n'est peut-être pas aussi précis.
— De la boue. À cause des détritus de toute sorte qui y tombent sans cesse. Voir, plus haut, 88 8 et 9, la même question résolue un peu autrement.
δ 39. Un flux de ventre. C'est
SECTION ΧΧΙΠ, DE L'EAU DE MER, ὃ 40 155
nageurs se fatiguent, on peut répondre que ceux qui, à terre, font des courses violentes se fatiguent beaucoup aussi, et que cependant ils n’ont pas un dérangement d'entrailles.
Est-ce parce que ce n’est point précisément toute fatigue qui amène toute évacuation, mais seulement la fatigue qui ne provoque pas une liquéfaction intérieure. Or, quand on reste longtemps dans la mer, on a généralement beaucoup plus d’appétit ; et le ventre se relâche, parce que l'évaporation qui provient de la mer, est à la fois chaude et sèche.
Pourquoi l’eau de l'étang de Pæsa, qui est potable, peut-elle laver et décrasser les vêtements ἢ Or, c'est l’eau douce qui lave; mais c’est l’eau sau-
la lecon donnée par Gaza, et effet de l'eau de mer l’auteur ἃ
qu'ont adoptée presque tous les commentateurs ; cette variante consiste dans le changement d'une seule lettre. — Qui... font des courses violentes. C'est le sens le plus acceptable; il ἃ encore ici une variante qui ne tient qu'au changement d'une seule lettre. — Ziquéfaction intérieure. Cette expression reste obscure : et il serait difficile d'expliquer à quel phénomène physiologique elle fait allusion. — Beaucoup plus d’appétit. Le fait est cerlain. — Chaude et sèche. Ici encore on ne s'explique pas bien quel
voulu indiquer.
$ 40. Pæsa. Ou Pésa. L’orthographe varie ; maison ignore, comme le reconnait Septali, l'emplacement de cet étang ou de ce lac. Ce mot de Pæsa a-t-il quelque rapport au Pæsos dont parle Strabon, livre XIII, ch. 19? Pæsos était le nom d'un fleuve et d'une ville de la Troade, près de Lampsaque ; Homère nomme cette localité dans l’Iliade, chant V, vers 612.
— Laver et décrasser. C'est la nuance qui, ce semble, sépare les deux mots grecs. — L'eau douce qui lave. En ce sens qu'elle
186 LES PROBLÈMES mâtre qui décrasse. Il n’est pas possible que ces deux effets se trouvent à la fois dans la même eau. N'est-ce pas que l’eau ne décrasse pas les tissus en tant que saumâtre, mais que c’est la viscosité seule qui décrasse ? Or, les matières provenant d'issues d’animaux, et les matières mousseuses ont cette qualité ; de telle sorte que les matières amères, qui ont ces caractères, produisent aussi cet effet. C’est là ce qui a lieu dans cet étang, parce que l'amertume de la partie nitreuse est consumée, et qu'il ne reste que la partie graisseuse et la viscosité. L'eau de cet étang dégraisse donc par cette partie visqueuse, et elle lave par la partie douce qu'elle contient.
Pourquoi la partie de la mer qui est calme à la surface parait-elle blanche, tandis que la partie qui s’enfonce parait noire ?
sèche après qu'on l'a employée, tandis que l'eau chargée de sel ne sèche pas. — L'eau saumätre. 11 faut entendre par là, non pas seulement l'eau de mer, mais toute eau chargée de matières détergentes et savonneuses.— Dans la méme eau. J'ai ajouté ces mots. — La viscosité. Ceci se rapporte sans doute au D'issues d'animaux. Le mot grec n'a guère que cette signification d'après l'étymologie; mais ce détail est ici assez inattendu.
— Les matières mousseuses.
Comme le savon, qui sert ἃ nettoyer les vêtements. — Dans
aussi
SAaVOR..—
cet étang. Ou plutôt: « pour l'eau de cet étang». — La partie nitreuse. 1 n'y ἃ pas à attacher beaucoup d'importance à ces détails chimiques. — Dégraisse donc... et elle lave.
Même opposition que plus haut.
δ 41. La partie de la mer qui est calme... Voir la même question plus haut, 8.29. — À la surface. J'ai ajouté ces mots, dont l'idée ressort de tout le contexte. La partie de la surface qui est calme et unie semble blanche et translucide; la partie agitée semble, si ce n'est précisément noire, au moins plus foncée. — Qui s'enfonce. C'est
SECTION XXIV, DES EAUX THERMALES, 81 187 N'est-ce pas parce que ce qu’on voit moins bien parait noir ? Ce qui est agité est toujours moins facile à voir que ce qui est en repos. Ou bien, n'est-ce pas que ce qui est transparent parait blanc, et que ce qui n’est pas diaphane paraît noir ? Or, ce qui est en mouvement a aussi moins de transparence.
Effet de l'huile sur la chaleur de l’eau; chaleur des eaux de puits; chaleur différente de l’eau et du feu; effet de l'eau bouillante sur certaines matières; action du feu sur le fond des vases qu'il touche : ébullition de l’eau, variant avec les saisons : effet de l’eau chaude sur la peau; l'eau chaude ne fait pas d'explosion comme quelques matières; gonflement des matières qu'on chauffe ; effets de l’eau chaude sur la pierre; sensations diverses que causent les bains de pied; effet du soleil sur l’eau qu'il échauffe ; eaux thermales de Magnésie et d'Atarné; eau des bains chauffés par la chaleur solaire; flux alternatif de certaines eaux thermales plus ou moins saumâtres; causes de ces phénomènes; nature saumâtre des eaux thermales en général; eaux thermales variant de nature; odeur de soufre; goût salé; effet de la cendre sur les eaux qui y filtrent.
Pourquoi l’eau chaude qu'on verse sur le corps parait-elle moins chaude, lorsqu'on s’est frotté d'huile, bien que l'huile soit chaude aussi ?
la force de l'expression grecque. Moins de transparence. Le fait — Moins facile à voir. Ou, est exact et facile à vérifier.
« moins visible ». — Transpa- ὃ 1. Lorsqu'on s'est frotté rent. Ou, « diaphane ». — d'huile. Les Anciens faisaient
N'est-ce pas parce que la viscosité de l'huile fait ue l’eau s'écoule et pénètre moins dans la peau 9 P
Pourquoi les eaux de puits deviennent-elles chaudes en été, après midi ?
N'est-ce pas parce qu'à ce moment de [Δ] journée chaleur ἃ dominé l'air ? Avant midi, elle a déjà combattu et fait cesser le froid. Mais le froid ne cesse pas aussitôt que la chaleur l'emporte; il ne cesse que quand elle a déjà duré un peu de temps.
Pourquoi l’eau qui, dans certains cas, est plus
un grand usage de l'huile pour, leurs exercices gymnastiques; nous avons perdu celte coutume, qui ne convient guère à nos climats. — Za viscosité de l'huile. Dans le traité hippocratique du Régime, tome VI, p. 605, édit. et trad. Littré, 1] est fait allusion à cet effet de l'huile, à propos des luttes athlétiques.
8. 2. Les eaux de puits. En général, les eaux de puits restent à peu près à la même température; mais il y a cependant quelques différences, et il est exact qu'elles s'’échauffent un peu plus dans l'après-midi ; l'explication donnée ici est facile à vérifier. Dans la collec-
tion Hippocratique, dans le traité de la Nature de l'enfant, tome VII, p. 525, édit. et trad.
Littré, la même observation est consignée, ainsi que le remarque Septali. — À dominé l'air.
C'est l'expression même du texte, c'est-à-dire que la chaleur agit sur l'eau du puits plus que l'air n'a précédemment agi.
— Déjà duré un peu de temps.
Voilà la vraie raison; il faut que la chaleur ait eu le temps de pénétrer dans le puits.
$ 3. Qui dans certains cas est plus chaude. L'auteur veut sans doute indiquer les brülures cuisantes que l'eau bouillante fait à la peau; mais il semble que le feu ne fait pas de bles-
RC αιδδιιεδιι
chaude que la flamme, ne brüle-t-elle pas le bois, tandis que la flamme le brûle ?
N'est-ce pas parce que la flamme est composée de parties ténues, ainsi que le vent qui en sort, tandis qu'au contraire, l’eau ἃ des parties grosses, de telle sorte qu'elle ne pénètre pas? Mais la flamme et la chaleur produite par les charbons entrent dans les matières, et les dissolvent par leur légèreté.
Pourquoi l’eau bouillante ne liquéfie-t-elle pas les aliments, tandis quel’estomacles digère et lesliquéfie ?
N'est-ce pas parce que la chaleur de l'estomac circule dans les aliments, à cause de sa légèreté, et que l’eau ne circule pas, à cause de son épaisseur ? N’estce pas aussi parce que le liquide empêche que les autres matières ne puissent être digérées ? Car rien des
cruelles. — ÂVe brûle-t-elle pas le bois. La question est assez curieuse ; mais elle peut sembler assez naïve, parce qu'il est de toute évidence que le liquide, tout bouillant qu’il est, ne peut agir comme la flamme. La ténuité des parties est une explication insuffisante. — Le vent qui en sort. C'est l'expression même du texte; dans l’état des connaissances chimiques des Anciens, il n'était guère possible d'expliquer mieux le phénomène.
8 4. L'eau bouillante. l’estomac. Il y a entre l’eau bouil-
sures moins
lante et l'estomac une différence profonde, que la physiologie explique. C'est la vie qui agit dans l'estomac, tandis que l’action de l’eau est purement mécanique. Il ne paraît pas que les Anciens aient connu le suc gastrique et ses fonctions. — Digère et... liquéfie. I n’y a qu'un seul mot dans le texte. — Dans les aliments. J'ai ajouté ces mots pour plus de clarté. — Ze liquide empéche. I] faut entendre ici qu'il s’agit surtout du liquide ingéré dans l'estomac; car autrement, il est certain que le liquide dissout bien des matières de tout genre. — Des ali-
aliments ne se digère dans le liquide. Pour l'estomac, au contraire, le liquide, qui doit descendre dans la vessie, dissout les aliments en les liquéfiant.
Pourquoi le fond des vases ne nous brüle-t-il pas tant qu’il y a de l’eau dedans, et tant qu'elle bout, et comment peut-on alors les porter en les prenant par le fond, tandis qu'ils brülent dès qu'il n'ya plus d’eau?
N'est-ce pas parce que la chaleur qui gagne le fond est éteinte par l’eau ? C’est pour cette raison aussi que les choses fusibles ne se fondent pas, à moins qu'un bruit et un crépitement ne se produisent.
Pourquoi la surface de l’eau ne bout-elle pas aussi
ments. J'ai ajouté ces mots. — que de la première. — Est
Pour l'estomac. Le mot du texte signifie le Ventre aussi bien que l'estomac.
ὃ 5. Le fond des vases... L'expérience semble, au premier abord, assez dangereuse à faire ; mais Septali, qui parait l'avoir faite, atteste qu'elle est innocente. Si le phénomène est exact, l'explication qui en est donnée peut paraître acceptable ; c'est la présence de l'eau qui empêche que le contact du métal, ou de la terre, qui forme le fond du vase, ne soit brülant. — Jls brülent dès qu'il n'y a plus d’eau. Cette seconde assertion est la conséquence logi-
éteinte par l'eau. Qui absorberait alors toute la chaleur du feu, et qui n'en laisserait plus pour le fond du vase.— À moins qu'un bruit. I] n’y a que ce mot dans le texte ; j'ai ajouté le mot de Crépitement. Ceci veut dire sans doute qu'une matière, telle que le plomb, mise dans l'eau, ne commence à fondre que quand l'eau tout entière a été vaporisée par le feu, et qu'un dernier crépitement annonce qu'il n'y a plus dans le vase le moindre liquide. Voir plus loin, ἃ 8.
8 6. La surface de l'eau. C'est la force de l'expression grecque, qui en un seul mot contient les
vivement en hiver qu’en été, non pas seulement quand elle est chauffée au même degré, mais même quand elle l’est davantage et qu'elle devient non pas seulement également chaude, mais bien plus chaude ? N'est-ce pas parce que l’ébullition excessive de l’eau n’est que l'expulsion des bulles d’air ? L'eau elle-même n’est donc pas moins chaude en hiver; mais les bulles ne peuvent pas sortir également, parce que l'air ambiant est froid. Elles s'élèvent ainsi plus petites en grosseur, parce qu’elles sont comprimées par le froid extérieur ; et l’air les crevant, elles retombent bien vite. Dans ces conditions, elles sont à la fois de moindre grosseur et en moindre nombre pendant l'hiver. C’est le contraire en été; car l’ébullition de la surface se manifeste par la quantité et la grandeur de l’écume.
dE
Pourquoi l’eau chaude ride-t-elle la peau, tandis que le feu, tout chaud qu'il est, ne la ride pas ἢ
N'est-ce pas parce que le feu produit de l'air, de manière à gonfler la peau, qui alors se tend tout à
deux idées d’ébullition et de surface. — L’expulsion. L'original dit précisément : « l'élévation ». En effet, les bulles d'air viennent du fond du vase et s'élèvent jusqu’à la surface.
— L'air ambiant est froid. L’explication est très bonne. — L'air les crevant. Il serait peut-être mieux de dire : « crevant dans l’air. » — Elles retombent «et disparaissent ». — L’ébullition de la surface. Ou : « l'ébullition
excessive ». Septali, qui admet la parfaite authenticité des Problèmes, admire beaucoup Aristote, qui s'occupe de détails aussi minutieux et d'observations aussi délicates.
δ. 7. L'eau chaude ride-t-elle la peau.L'observationestexacte; mais l'explication ne l'est peutêtre pas autant, — Produit de l'air. Ceci se rapporte sans doute aux ampoules que causent les brülures du feu ; mais
199 LES PROBLÈMES l'entour? Mais c'est quand la peau se plisse qu'il se
forme une ride.
Pourquoiles fonds des vases où l’on fait chauffer de l’eau, sont-ils plus chauds tant que l’eau qui doit y bouillir, reste froide ? |
N'est-ce pas parce que la chaleur, tant que l’eau est froide, se trouve enfermée et retenue en dedans, et qu'elle ne peut sortir, et que quand l’eau qui est dans le vase vient à s’échauffer, le feu, qui n’est plus comprimé et qui en circulant devient plus faible, fait que le fond du vase devient plus froid, comme on peut le voir aussi dans les bains? En effet les bains sont plus chauds en hiver qu'en été, parce qu’en hiver la chaleur y est plus retenue et concentrée, sous l’action de l’air ambiant, qui est froid.
Si
Pourquoi l’eau qui bout ne fait-elle pas d’explosion, comme en font les purées de pois et de len-
les brûlures de l’eau bouillante n'en causent guère moins. — Se plisse. Le fait est exact.
8. 8. Les fonds des vases. Voir plus haut, $ 5, une question analogue. Sont-ils plus chauds. I] eût été bon de dire par quel procédé on peut s’assurer de ce fait, qui d'ailleurs est vraisemblable. — Qui doit y bouillir. J'ai ajouté ces mots.
— En circulant. Dans la masse de l’eau qu'il échauffe. — Dans
les bains. Les Anciens faisaient usage des bains plus encore que nous. — Aetenue et concentrée. 1 n’y a qu'un seul mot dans le texte.
8 9. Ne fait-elle pas d'explosion. Il semble bien que c’est le sens exact; et le contexte justifie cette interprétation; mais l'ex-
pression grecque n'est pas très |
précise. — Purée de pois et de lentilles. Le fait n’est peut-être pas très bien observé; mais il
tilles, quoique cependant l’eau soit plus légère que ces matières, et que les choses légères soient plus aisément projetées au loin ? L'argent produit le même effet, au moment où on le purifie. Aussi, les ouvriers qui, dans l'atelier où se travaille l'argent, nettoient les creusets, gagnent-ils beaucoup ; car en recueillant les parcelles qui sautillent, ils profitent de tous ces résidus.
N'est-ce pas parce que la chaleur ne produit l’explosion qu'en s’évaporant, et en projetant tout ce qui s'oppose à son mouvement naturel ? L'eau, à cause de sa légèreté et de sa ténuité, ne peut être forcée de sauter du vase. Par suite, la chaleur ne s’y accumule pas en grande quantité ; et avant qu'elle ne s’y rassemble, la chaleur qui survient toujours l'empêche de s’accumuler. Au contraire, les matières qui ont par
y a des matières qui font naturellement une sorte d’'explosion sur le feu, tandis que d’autres matières ne produisent pas cet effet. Quant aux purées de pois et de lentilles, il est possible qu'en les faisant réduire, il s’en échappe de l'air, qui cause l’explosion dont parle l’auteur. — Projetées au loin. L’eau en bouillant peut sortir d’un vase trop petit et trop plein; mais ce mouvement n'a rien d’explosif. — L'argent produit le même effet. Ce détail prouve que la métallurgie de ces temps recu- 165. attirait l'attention des observateurs. — Où on le purifie.
Nous dirions : « Où on le raf-