VAE
Pourquoi, lorsqu’à l'époque de l’équinoxe le vent du sud-ouest vient à souffler, y a-t-il de la pluie ?
N'est-ce pas parce que le soleil, selon la région du monde où il se trouve, y produit les vents de cette région ἢ C’est aussi pour cela que la périodicité des vents se règle sur le cours du soleil. Comme l’équinoxe marque la limite réciproque de lhiver et de
mêmes termes. Un des deux textes a été évidemment emprunté à l'autre.
ὃ 26. Les plus forts au moment où ils finissent. Septali trouve avec raison que ce $ est fort obscur ; et l'on ne voit pas bien ce que l’auteur a voulu dire, parce que cette explication n’est pas assez développée. J'ai dû me borner à reproduire fidèlement le sens du grec.
$ 27. Le vent du sud-ouest.
Le nom grec est Lips. Aristote en a fixé la place dans la description qu'il a faite de tous les vents, Météorologie, livre II, ch. 6, $ 7, page 168 de ma traduction. C’est la Rose des vents de l'Antiquité. — Le soleil... produit les vents. L'ac-
tion du soleil sur la production du vent est incontestable ; mais elle n'est pas la seule. — Za périodicité des vents. 1] y a des points de la terre où cette periodicité est absolument régulière, les Moussons par exemple, dans la mer des Indes ; maisil ne paraît pas que les Anciens aient connu ce phénomène. — La limite réciproque. Ceci semble s’appliquer, surtout dans ce passage, à l'équinoxe d'automne; mais l'équinoxe du printemps sépare aussi l'hiver de l'été.
L'influence des équinoxes sur les vents est facile à constater ; car à cette époque, l'atmosphère est toujours plus ou moins troubiée. Il est assez remarquable que l’auteur, parlant des équi-
l’été, quand il arrive que le soleil, paraissant au point que nous prenons pour l'équinoxe, a dépassé de très peu cette limite précise, et qu'il est un peu plus du côté de l'hiver, ilen résulte que les vents qui viennent de ce côté se mettent à souffler. Le premier de ces vents est celui du sud-ouest, qui est naturellement humide. Puis, quand le soleil s'est avancé davantage dans la partie hivernale du monde, et qu'il met en
mouvement les vents qui y sont, tous les phéno-.
mènes de l'hiver s’accomplissent ; et la pluie en est “un. Il faut dire en outre que, l’équinoxe étant un équilibre, mi-partie de l'hiver, mi-partie de l’été, pour peu que quelque chose s'ajoute à l'un ou à l’autre, la déclinaison parait alors bien manifeste. C’est exactement l'effet qu'on voit quand les deux plateaux de la balance sont égaux. Or, le vent du sud-ouest ap-
partenant à l’ordre hivernal, et étant humide de sa .
nature, pour peu qu'il s'ajoute en quoi que ce soit à l’équinoxe, il détermine la déclinaison hivernale et la pluie. La pluie en effet est une sorte d'hiver, qui tient étroitement au vent qui a soufflé.
Pourquoi le vent du midi et le vent de l’est, qui
noxes, n'ait rien dit des sols- naison. Le mot grec ne peut tices. — Qui est naturellement avoir que ce sens ; et la comhumide. C'est aussi la qualité paraison des plateaux de la qu'Aristote, loc. cit., prête au balance confirme cette interpré-
Lips ; mais il aurait fallu dire que c'est sans doute l'évaporation de la mer qui produit cette humidité, le vent du sud-ouest venant de la mer. — La décli-
talion.
S 28. Le vent du midi et le vent de l’est. Ces observations sont spéciales au climat de la Grèce; dans le nôtre, c'est
SECTION XXVI, DES VENTS, ὃ 2ὃ
sont plus chauds que leurs contraires, l’un que le vent du nord et l’autre que le vent d'ouest, sont-ils cependant davantage pluvieux, bien que la pluie vienne de l’air par refroidissement? Mais les nuages ne se forment pas complètement, parce que le vent du nord les repousse loin de cette région ; car le vent d’ouest et le vent du sud-est chassent aussi tous les deux les nuages, l’un et l’autre étant également obliques. Et tous les autres vents chassent aussi les nuages du point d’où ils soufflent.
N'est-ce pas parce que le froid, qui est à l’intérieur du vent du nord, s’y trouve renfermé d'autant plus étroitement que la chaleur du dehors est plus forte ? N'y a-t-il pas aussi quelque influence de la région d'où soufflent les vents, qui les rend sereins? Ainsi, le vent d'est vient de l’orient, tandis que la région où nous sommes est vers le couchant, ainsi que le vent du zéphyre. Mais n'est-ce pas peut-être encore que l'air, qui a été antérieurement échauffé, se refroidit,
surtout le vent du sud-ouest qui amène la pluie. — Vienne de l'air par refroidissement. On
tous les vents en font autant, dans la région où ils soufflent.
— Complètement. J'ai ajouté ce
pourrait traduire aussi: « Vienne du refroidissement de l'air; »
mais cetle traduction serait moins fidèle. — Mais les nuages ne se forment pas. La pensée est insuffisamment expliquée ; et l’auteur aurait dû y donner plus de développement. Il veut dire sans doute que, si le vent du nord est moins pluvieux, ce n'est pas parce qu'il chasse les nuages qui versent la pluie ; car
mot. — Du vent du nord. J'ai également ajouté ces mots, qui me semblent indispensables. — Ainsi, le vent d'est vient de lorient. C'est une tautologie. — La région où nous sommes. Le texte n'est pas aussi précis. — L'air qui a élé antérieurement échauffé. Ceci se rapporte aux vents du midi et de l’est, pour expliquer comment ils amènent une plus grande abondance de
comme les eaux, d'autant plus vite et d'autant plus complètement ? L'air qui vient du vent d'est et du levant est donc chaud, comme celui que le vent du midi apporte de la région méridionale. Quand les vents arrivent dans une région plus froide, ils 50 épaississent bien vite, et ils se condensent en eau. Si c’est surtout le vent d’est qui amène de la pluie, c'est qu'il apporte plus d'air venant du soleil, et que cet air n’est pas moins chaud. Quant au vent du midi, c’est quand il vient à cesser qu'il est pluvieux, parce que le premier air qu’il apporte de la mer est froid ; et que le dernier qu'il apporte de la terre, est à moitié chaud. Mais n’est-ce point là du tout la seule cause, et n’est-ce pas parce que le vent du midi est plus fort au moment où il cesse ? De là vient le proverbe qui s'applique à lui: « Quand le vent du midi commence..... » Plus les vents sont forts, plus ils sont froids, de telle sorte que le vent du midi finit par accumuler les nuages; et n’est-ce pas pour cette raison que ce vent cause, en finissant, plus de pluie que quand il commence ?
pluie. — Le vent d'est qui amène proverbe. Voir plus haut, ὃ 21, de la pluie. Plus encore que le la même citation, un peu plus vent du sud. — Le premier air complète. ToutceS reste obscur,
qu'il apporte de la mer. Par rapport à l’Attique et à la Grèce du continent, la mer est au sud.
L'air apporté de la mer est relativement froid; mais [ἴΪ trouve à terre une chaleur, qui en le refroidissant amène la pluie. — Est plus fort... le
bien que la question soit nettement posée; mais les solutions ne sont pas assez claires, parce qu'elles sont trop concises. Evidemment, cette rédaction n’est qu’une suite de notes que l'auteur semble avoir prises à la hâte.
Pourquoi les vents dessèchent-ils, tout froids qu'ils
sont ?
N'est-ce pas parce que plus les vents sont froids, plus ils empêchent l’évaporation ?
Pourquoi les vents dessèchent-ils plus que le
soleil ?
N'est-ce pas parce qu'ils font disparaitre la vapeur, tandis que le soleil la laisse? Le soleil produit plus d'humidité que le vent, et il dessèche moins.
Se Pourquoi le vent du nord-est est-il le seul des vents à ramener les nuages sur lui-même ? Et de là
$ 29 et 8 30. Ces deux $$ sont réunis en un seul dans plusieurs éditions, et, par exemple, dans celle de Firmin Didot. Il semble bien en effet que le second est la suite du premier; et cette conjecture peut se fortifier par un passage de Théophraste, où les deux idées sont accouplées, Traité des Vents, 8 60, p. 388, édit. Firmin Didot. Je conserve toutefois la division ordinaire, comme Septali le fait dans son texte, bien qu'il réunisse les deux $$ dans son commentaire.
— Dessèchent-ils. Cette formule un peu vague est celle de l’original.
8 30. Les vents. Le texte n’a
qu'un verbe à la troisième personne du pluriel ; j'ai dû reproduire le sujet du verbe. — Plus que le soleil. Le fait est exact.
— Plus d'humidité. Comparativement, l'observation est vraie.
— Il dessèche moins. C’est un fait qu'on peut fréquemment constater sans peine.
8 31. Le vent du nord-est.
Ou, Cæcias. Cette question est la même que celle du $ 1 de cette section ; seulement ici, elle est présentée en termes plus concis. On a vu plus haut qu'elle est prise presque textuellement de Théophraste, Traité des Vents, $ 37 et 39, édit. Firmin Didot. Théophraste croit aussi
vient le proverbe : « Il tire tout à lui, comme le vent de nord-est attire le nuage. » Les autres vents en effet éloignent les nuages du point d'où ils soufflent.
N'est-ce pas parce que le vent contraire au nordest souffle en même temps que lui? Mais n'est-ce pas aussi qu'on ne remarque pas que ce vent a naturellement une marche circulaire ? Si donc les autres vents soufflent autour de la terre, celui-là tourne le creux de sa ligne vers le ciel, et ne la tourne pas vers le sol; de telle sorte que le vent du nord-est, soufflant dans le sens de son principe, ramène les nuages à lui.
Pourquoi le vent de mer, qui souffle le matin, n’estil pas froid, tandis que le vent qui souflle des rivières est froid ?
N'est-ce pas parce que la mer s'étend sur de vastes espaces, tandis que les rivières n’occupent que des espaces resserrés ? Aussi, la brise qui vient de la mer est répandue sur une étendue immense, et par suite, elle est faible ; tandis que la brise qui souffle des rivières arrive avec toute sa masse et a plus de force; et c'est ainsi qu'elle semble plus froide. Mais n'est-ce
que le cæcias ἃ un mouvement circulaire, au lieu du mouvement en ligne droite qu'ont tous les autres vents. — Au nord-est...
que lui. J'ai ajouté ces mots.
— Tourne le creux de sa ligne vers le ciel. Cette observation peut paraître bien douteuse. — Dans le sens de son principe.
Comme la circonférence, dont
la ligne revient à son point de départ.
ὃ 32. Voir plus haut, section XXIII, $ 16, cette question reproduite tout entière, el mot pour mot. Nous toute explication à celles que nous avons déjà données, et que
renvoyons
nous ne pourrions que répéter.
Notre traduction n'offre ici que
SECTION XXVI, DES VENTS, ὃ 33 251
pas là la vraie cause, et n'est-ce pas que les rivières sont froides, tandis que la mer n’est, ni chaude, ni froide ? Or, la brise et le souffle du vent ne se produisent que par un refroidissement, ou par un échauffement des eaux. Selon que l’un ou l’autre agissent sur l'eau, elle se convertit en air. L'eau passant à l'état d'air, l'air ainsi produit se met en mouvement, et alors c’est la brise. La brise qui vient d'eaux froides, doit tout naturellement être froide comme elles ; et si elle vient d'eaux très chaudes, elle se refroidit et finit elle-même par devenir froide. On peutse convaincreque toutes les rivières sont froides, tandis que la mer n’est, ni très froide, ni très chaude. Dans ces conditions, le vent qui souffle de la mer n’est donc pas non plus très froid, parce que la mer n’est pas très froide ; et il ne se refroidit pas non plus très vite, parce qu’elle n’est pas non plus très chaude.
Pourquoi le vent de l’ouest est-il le plus serein et Ï | le plus agréable de tous les vents. et tel que le décrit Ι Ξ 5. 9 τ Ὁ Homère, en parlant des Champs-Elyséens : « Le souffle du Zéphyre y règne sans cesse ? »
N'est-ce pas d’abord parce que ce vent est un mélange d'air bien tempéré? Car 1] n’est pas chaud
des changements très légers et sans importance.
ὃ 33. Le vent de l’ouest. Ou, le zéphyre. Le vent d'ouest n'a pas dans nos climats les qualités qui lui sont prêtées ici; mais le mot Zéphyre a conservé
chez nous le prestige que les Grecs lui accordaient. Le zéphyre est toujours le vent le plus doux et le plus caressant.
— Homère. Odyssée, chant IV, vers 567. — {{ est à la limite.
L'ouest est placé en effet entre
comme les vents du midi ou de l’est, et il n’est pas froid non plus comme ceux qui soufflent du nord; mais il est à la limite des vents froids et des vents chauds, et participe de leur puissance. C’est là ce qui fait son heureux mélange, et c'est surtout au printemps qu'il souffle. Ajoutez que les vents ne peuvent changer qu’en leurs contraires, ou en vents de droite. Soufflant donc après le vent du nord, Borée, puisque son lieu est à droite, 1] paraît doux, comme une personne douce en comparaison d'une personne grossière. Et puis aussitôt après la cessation de l'hiver, 1l se produit d'ordinaire du beau temps; or, le Borée est un vent d'hiver. Quant au vent d’est, bien qu'il soit intermédiaire entre les vents froids et les vents chauds, il participe moins des uns et des autres; car lorsque le vent d'est vient à souffler, 1l suscite les vents qui sont vers le midi. C’est là une transformation qui se produit en lui; mais tout en suscitant ces vents, il ne s’y mêle pas. Le zéphyre, au contraire, est suscité par les vents du midi; et en soufflant, 1] suscite ceux du nord. Et c’est en ce point que se termine la période des
Je nord et le midi. — En vents de droite. Il n’est pas facile de comprendre ce que l'auteur ἃ voulu dire par là, à moins qu'on ne comprenne que le vent d'ouest est à la droite du nord, descendant des hautes régions, vers des régions plus tempérées, au couchant. — Son lieu. C'està-dire le lien du vent de l’ouest.
— Une personne douce... grossière. La comparaison est peu amenée. Le zéphyre ne serait
donc pas si doux par lui-même; mais il le paraïtrait comparativement à Borée, c’est-à-dire au veut du nord. — Quant au vent d'est. Toute cette partie du ὃ jusqu'à la fin manque dans la plupart des manuscrits ; elle se trouve reproduite, mot pour mot plus loin, $ 57 ; etil semble bien que cette répétition est une simple erreur de copiste.
— La période des vents. C'està-dire que l'on ἃ parcouru
SECTION XXVI, DES VENTS, ὃ 35 253 vents. Voilà comment le zéphyre, ayant en lui la fin des uns et le commencement des autres, est à bon
droit très doux, et nous parait l'être.
Pourquoi le vent du midi souffle-t-il durant la canicule ? N'est-ce pas parce que ce vent souffle également au lever ou au coucher des astres, et qu'il ne souffle pas moins sous celui-là que sous les autres ?
Il est donc évident que les vents soufflent surtout dans la canicule et après la canicule. Comme il fait étouffant dans cette saison, il est tout simple que ce soient les vents les plus chauds qui règnent pendant qu'elle dure. Or, le vent du midi est chaud,
BH Pourquoi le zéphyre souffle-t:il le soir, et ne souffle-t-il pas le matin ἢ
N'est-ce pas parce que c’est le soleil qui, en se levant et en se couchant, est la cause principale des
toute la circonférence depuis le vent du nord jusqu'à celui de l'ouest, en passant par l'est et par le sud. Voir le ὃ 57. Septali et l'édition Firmin Didot mettent entre crochets toute cette répétition, qui n’a été admise que par Sylburge.
ὃ 34. Le vent du midi. Voir la même question plus haut, 8 12, où elle n’est pas posée absolument de même. A partir de la fin de ce ἃ 34, il faut emprunter le reste au $ 12. Le
texte est identique de part et d'autre. Mais qu'on place ce morceau à l’un ou à l’autre de ces 88, la théorie n'en est pas moins obscure et difficile à bien comprendre.
8 35. Le soir... le matin. Il faut toujours rapporter ces observations au climat de la Grèce; les phénomènes ne sont pas pareils pour le nôtre. — Le soleil... la cause principale.
C’est une théorie que ne contredit pas la météorologie ac-
vents ἢ Lorsqu’en échauffant l'air, qui est humide, il le divise et le cuit, c’est sous forme de vent qu'il le divise. Si l'air est disposé à être venteux, il se trouve d'autant plus aisément convertien vent par l'influence du soleil. Lors donc que le soleil est au levant, il est loin du zéphyre, puisque le zéphyre souffle du couchant ; et c’est lorsque le soleil va se coucher que le vent se trouve définitivement divisé. A partir du milieu du jour jusqu'a la nuit, les choses sont disposées le mieux pour que le soleil échauffe et divise. C’est là ce qui fait que le vent d'est commence à souffler dès le matin; car l'air qui est sur la terre étant devenu humide durant la nuit, et s’approchant de la terre à cause de son poids, le soleil le dissout dès le matin. Il met tout d’abord en mouvement l'air qui est près de lui; et alors le vent qui vient du côté où le soleil se lève, s'appelle à cause de cela le vent du soleil, ou le vent oriental.
Pourquoi, à mesure que le soleil s'élève, les vents augmentent-ils ou tombent-ils ἢ
tuelle. Le soleil n'est pas la tralement. — Le vent du soleil. cause unique des vents; mais C'est la paraphrase du mot son influence est considérable. grec. — Ou le vent oriental. J'ai
— Il le divise et Le cuit. Ce sont les expressions mêmes du texte.
La division de l'air sous l’action de la chaleur, c'est sa dilatation.
— Disposé à être venteux. Τὶ serait bien difhcile de constater cette prétendue disposition de l'air. — Jl est loin du zéphyre.
Il lui est alors opposé diamé-
ajouté ces mots pour plus de clarté. Voir plus bas, le $ 37.
ἃ 36. À mesure que le soleil s'élève. Cette théorie sur l’action du soleil est aussi celle de Théophraste, qui se sert des mêmes termes à peu près que ceux qui sont employés ici ; voir
le Traité des Vents, ὃ 15, p. 379,
SECTION XXVI, DES VENTS, ὃ 37
N'est-ce pas parce que le vent n’est qu'un mouvement, ou de l'air, ou de l’humidité, qui se répand partout ? Quand l'humidité est plus faible, elle est bien vite absorbée par le soleil; et alors il n’y a pas de vent. Mais si elle est plus considérable, elle est mise en mouvement par le lever du soleil, puisque c’est le soleil qui est la cause de ces mouvements.