YE
Pourquoi le zéphyre souffle-t-il le soir ἢ
N'est-ce pas parce que tous les vents se produisent par l’action du soleil, qui dissipe l'humidité ? Car 1 brûle l'humidité qui s'était formée, quand la force de sa chaleur s’en approche; et alors le zéphyre souffle du couchant, Il est donc tout simple qu'il souffle le soir, puisqu'alors le soleil se dirige vers la région où est le zéphyre. C’est là aussi ce qui fait que les vents les plus habituels sont le vent du nord et le vent du sud, parce qu’un contraire, vaincu par son contraire, ne peut pas du tout rester en ligne droite, et qu'il dévie en sens oblique. Le vent du sud et le vent du nord
édit. Firmin Didot. — Qui se question est déjà posée. Les répand partout. L'expression du deux solutions sont à peu près texte est plus vague. — Quand semblables, et la répétition ne
l'humidité... C'est le sens qui résulte du passage analogue de Théophraste; mais le mot de l'original est tout à fait indéterminé.— Mise en mouvement.
On pourrait traduire aussi :
« en un mouvement d'autant plus vif que... »
8 37. Souffle-t-il le soir. Voir plus haut le ὃ 35, où la même
semble guère nécessaire. — C'est là aussi ce qui fait... Cette dernière partie du $ ne paraît pas tenir d'assez près à ce qui précède. Gaza en a fait un problème séparé. Théophraste, Traité des Vents, ch. I, ὃ 2, p-377, édit. Firmin Didot, expose des théories analogues sur les vents du nord et du midi. —
soufflent donc surtout des points qui sont de chaque côté du tour du soleil, et les autres vents soufflent plutôt de la partie directement opposée.
Est-ce que le vent sort de quelque source, ainsi que l’eau, sans pouvoir s'élever plus haut que cette source même ? Ou bien, le vent ne sort-il pas d’une source? . Vient-il d'un seul point, ou sort-il de plusieurs lieux ?
Il y a bien ici quelques ressemblances avec ce qui se passe pour les eaux. Ainsi, l’eau, quand elle descend sur un solincliné, y coule plus vite que quand elle stagne sur une surface plane et régulière. Il en est de même pour les vents. Sur les endroits élevés et sur les sommets, l’air est toujours en mouvement, tandis que d'ordinaire il est calme dans les endroits creux ; et alors il n’y ἃ pas un souffle. Quand les montagnes sont excessivement hautes, il n’y a plus de vents : par exemple dans l’Atlas, et dans les lieux aussi élevés que celui-là. La preuve de ceci, c’est queles sacrifices
Les autres vents... Ce sont les vents d'est et ouest, qui souffleraient directement les uns contre les autres, sans dévier, comme les vents du nord et du midi.
$ 38. Sort de quelque source.
Cette hypothèse n'est pas très conforme aux faits; mais au début de la science, elle était toute naturelle. — Ou... de plusieurs lieux. Ainsi que l'ont compris certains commenta-
teurs, on pourrait aussi traduire : « Ou d'un lieu plus vaste ». — Sur les endroits élevés. Ceci semble un peu en contradiction avec ce qui suit.
— Il n'y a plus de vents. Ceci n’est pas exact, et l'exemple de l’Athos n’a peut-être pas été très bien observé. L'Athos a 1,935 mètres de hauteur; c’est peu à côté des montagnes d'Asie, qui ont près de 9,000 mètres. Il est sous le 40e parallèle. — La
SECTION XXVI, DES VENTS, ὃ 39 257 qu’on a offerts sur ces plateaux dans une année antérieure s’y retrouvent, dit-on, à la même place l’année suivante. Il semble donc évident que le mouvement de l’air provient aussi d’une source, d’où il sort. L'air ne peut pas non plus monter en haut; et voilà pourquoi les hauts sommets n'ont pas de vent. Il en est tout à fait de mème pour l’eau; car l’eau torrentueuse, non plus que le vent violent, ne peut pas se trouver sur les lieux élevés.
Pourquoi, par le vent du sud, la mer devient-elle bleue, et par le vent du nord, ténébreuse ?
N'est-ce pas parce que le vent du nord agite la mer moins violemment, et que tout ce qui est moins bouleversé parait noir ?
preuve de ceci. Cette preuve na 886 et 23, des questions qui ont
rien de péremptoire. — Les sacrifices qu'on y a offerts. Ainsi, dès l’Antiquité, le mont Athos semblait comme aujourd'hui un lieu sacré ; il est placé à l'extrémité d'une langue de terre, qui n’a pas moins de trois lieues de long. — Provient aussi d'une source. Ceci n'est pas exact, non plus que ce qui suit. Les ascensions en ballon constatent qu'il y a des vents aux plus grandes hauteurs, dans toute l'atmosphère.
8 39. La mer devient-elle bleue.
Voir plus haut, section XXIIT,
T. II
de l’analogie avec celle-ci. — Ténébreuse. C’estle sens exact du mot grec. On pourrait aussi traduire simplement: « noire ». — Agite la mer moins violemment.
L'observation est sans doute exacte pour la Grèce; le vent du nord y vient de la terre, tandis que le vent du sud y vient de la mer. Aulu-Gelle, Nuits Attiques, livre 11, ch. 50, cite nommément Aristote et l'ouvrage des Problèmes, en traduisant ce ὃ, dont le texte est pour lui exactement ce qu'il est pour nous.
Pourquoi les vents du sud, quand ils soufflent faiblement, n'amènent-ils pas de nuages, tandis qu'ils en amènent quand ils soufflent avec violence ?
N'est-ce pas parce que, quand leur souffle est faible, ils ne peuvent pas réunir beaucoup de nuages? Alors, ils n'occupent en effet qu'un petit espace. Au contraire, quand ils sont forts, ils poussent une masse : de nuages; et alors, ils semblent en charger tout le ciel, qui en est couvert.
Pourquoi le vent du nord est-il si fort à son début et si faible en finissant, tandis que le vent du sud est, au contraire, faible en commencant et très fort en finissant ?
N'est-ce pas parce que le vent du nord est près de nous, tandis que le vent du sud est loin ἢ Ainsi, l’un, dès qu'il commence, nous arrive sur-le-champ, tandis que pour l’autre, qui vient de loin, son principese disperse et n’arrive à nous, dans le premier moment, qu'avec peu de force. Nous sentons la fin de l’un, tandis que nous ne sentons plus du tout l’autre. Il en résulte que l’un paraît faible quand il cesse, parce que
8 40. Les vents du sud. Venant de la mer relativement à la Grèce.
Théophraste dit à peu près la même chose, Traité des Vents, S 7, p. 378, édit. Firmin Didot.
— Charger tout le ciel, qui en est
couvert. Le texte est moins développé.
8 41. Le vent du nord... Noir plus haut, 889 et 10, et plus loin, δὲ 43 et 47. — Est près de nous.
I] faut se rappeler toujours que
SECTION XXVI, DES VENTS, ὃ 12 259 la fin de toutes chose est toujours faible ; l’autre, au contraire, n’est pas faible; mais nous le sentons plus
quand il finit.
D'où vient que, là où il y a des golfes, il y a aussi des sautes de vent, tandis que là où la mer est tout ouverte, il n’y en ἃ pas?
N'est-ce pas parce que, dans les golfes, le vent qui s’y engouffre ne s'y disperse pas, mais qu'il s’y resserre en masse et au loin ? Au contraire, dans les mers ouvertes, les vents de terre se dispersent bien plus dès le début; et à mesure qu'ils continuent à souffler, 115 éprouvent toujours la même dispersion, parce qu'ils peuvent alors s’élancer en tous sens, avec toute leur impétuosité. La saute de vent n’est qu'une réfraction
du vent venu de terre.
la Grèce est dans l'hémisphère septentrional. — Mais nous le sentons plus quand il finit. Ceci se rapporte au vent du nord; et ce n’est qu'une répétition de ce qui précède.
8 42. Des golfes. Ou, « des sinuosités » — Des sautes de vent. Ou, « des vents de retour».
La saute de vent est un terme technique, qui exprime un changement considérable dans la direction du vent, plutôt qu'un retÿur du vent sur lui-même, comme le mouvement des eaux dans l'Euripe. — Le vent qui
s’y engouffre. Il faut entendre que c'est un vent de terre qui souffle dans les golfes, où il est
resserré. C'est là du moins le sens que le contexte semble exiger. — Les vents de terre.
Les vents partis de terre reviennent sur eux-mêmes, si la mer est resserrée comme dans les golfes, tandis qu'ils se dispersent si l'espace est libre devant eux. — Du vent venu de terre. Le texte est moins précis.
Voir Théophraste, Traité des Vents, 8. 26, p. 381, édit. Fir-
min Didot.
Pourquoi dit-on : « Le vent du midi à son début; le vent du nord à sa fin » ?
N'est-ce pas parce que nous sommes sous le vent du nord, et que, notre demeure étant vers l’Ourse, ce vent souffle tout de suite avec force. Car tout aussitôt qu'il commence, il nous arrive ; et voilà comment en, finissant, il est doux, parce qu’alors il est affaibli. Au contraire, le vent du midi, qui nous vient de loin, nous arrive plus fort quand il cesse.
Pourquoi, par les vents du midi, nous autres hommes, nous sentons-nous plus lourds et plus privés de force ?
N'est-ce pas parce que l'humidité, qui était d’abord petite, devient considérable par la liquéfaction que cause la chaleur, et que, d’un vent léger, 1] survient une humidité lourde ? Par suite, notre force se détend et diminue.
$ 43. Dut-on..…… Le même proverbe est cité plus haut ὃ 28, et aussi ἃ 21, et plus loin, $ 47.
La solution qu'on donne ici ne diffère pas de celles qui ont été données précédemment. La différence de force entre les deux vents tient à la distance d’où ils viennent l’un et l’autre. Sous la latitude d'Athènes, on est dans
l'hémisphère boréal, et l'on est plus rapproché du pôle arctique que du pôle opposé.
ὃ 44. Par les vents du midi.
Voir la même question plus haut, section 1, ὃ 22, plus développée, mais résolue de même, par l'influence de la chaleur provoquant la sueur. Ces répétilions sont assez fréquentes.
Pourquoi a-t-on plus d’appétit par les vents du nord que par les vents du midi ?
N'est-ce pas parce que les vents du nord sont plus froids ?
Pourquoi, sur le bord de la mer, le vent du midi ne souffle-t-1l plus dans l'Égypte même, à la distance d’une marche d’un jour et d’une nuit, tandis qu'audessus de Memphis et au delà d’une marche d’un jour et d’une nuit, le vent est si violent? Pourquoi ne souffle-t-1l pas, vers le couchant à une distance d’une marche de deux jours et de deux nuits ? Pourquoi, au contraire, les vents du sud-ouest se font-ils sentir vers le lever du soleil ?
N'est-ce pas parce que la basse Égypte est creuse, et que le vent passe sur elle, tandis que, dans la haute
Égvpte et plus loin, la région s'élève davantage ἢ
ὃ 45. Plus d'appétit. Le fait est exact pour tous les climats.
8 46. Dans l'Égypte méme.
Ceci semble se rapporter à la basse Egypte, que les Grecs connaissaient beaucoup mieux que la haute Egypte, quoique Homère parle déjà de la Thèbes aux cent portes. Tout ce ἃ 46 se retrouve dans Théophraste, Traité des Vents, ὃ ὃ, p. 378, édit. Firmin Didot. Théophraste a l'air de douter de l’exactitude de ce fait ; et il va jusqu'à soupconner de mensonge ceux qui l’affirment. — À la distance d'une marche. Le texte ne paraît
pas pouvoir présenter un autre sens. — Au-dessus de Memphis. La ville de Memphis, à l’ouest du Caire, est à peine à deux degrés de la mer à Alexandrie ; elle est tout au plus à 20 mètres d'altitude. Il est possible qu'il y eût cette différence entre les vents, soit au bord de la mer, soit à 50 lieues de distance. La configuration du sol peut avoir une grande influence sur la manière dont le vent se fait sentir. — Æst creuse. C'est-àdire que les terres sont très basses.— Dans la haute Egypte.
Il faut comprendre par là le
Pourquoi le vent du midi est-il faible à son début et fort à sa fin, tandis que le vent du nord est juste le contraire ? Voilà pourquoi le proverbe dit qu'on navigue bien « Au début du vent du sud et à la fin du vent du nord. »
N'est-ce pas parce que le pays que nous habitons est plus au nord qu'au midi, et que le vent du nord souffle de l'Ourse, tandis que le vent du midi souffle de la région méridionale ? Par conséquent, l’un, dès son début, atteint tout d’abord des lieux qui sont plus voisins de lui, et ensuite il déploie toute sa force dans les lieux où nous sommes. Pour le vent du sud, c’est tout le contraire. Au début il se trouve souffler pour les habitants du midi, et quand il vient à passer audelà, il souffle avec violence pour les peuples voisins du nord.
Pourquoi dit-on : « Si le vent du sud a précédé celui du nord, aussitôt l'hiver arrive ? »
N'est-ce pas parce que le vent du midi peut soulever avec lui beaucoup de nuages et d’eau ? Lorsqu'avec cette constitution de l'atmosphère le vent du nord vient à souffler, comme il trouve là beaucoup de
pays au-dessus du Caire, et de la séparation du Nil en deux branches.
8. 47. Le vent du midi... le vent du nord. C'est la même question que plus haut, ἃ 41;
seulement, les termes sont renversés. La solution est d'ailleurs identique ; et elle est exprimée presque dans les mêmes termes.
Théophraste expose les mêmes théories à-peu près, au début -
SECTION XXVI, DES VENTS, 8 50 263 matière, il la gèle et 11 produit l'hiver. Aussi dit-on encore : « Si Borée surprend de la boue, sur-le-champ l'hiver sévit. » Or, la boue, et, d’une manière générale, les pluies se produisent surtout, ou le plus souvent, par le vent du sud.
Pourquoi le vent du nord survient-il si vite après le vent du midi, tandis que le vent du midi ne sur-
vient pas aussi vite après le vent du nord ?
N'est-ce pas parce que l’un vient de près, tandis que l’autre doit partir de loin ? Car, la région que nous habitons est vers le nord.
Pourquoi les vents du nord sont-ils si froids, bien qu'ils viennent d'une commotion générale de chaleur ?
du Traité des vents, ἃ 5 etK 6, p- 377, édit. Firmin Didot; il y parle aussi de l'Egypte, quoique en termes plus concis, sauf à y revenir dans ce qui suit.
ὃ 48. Dit-on. C'était sans doute un proverbe bien connu.
— 4 précédé. C'est le sens le plus probable du mot grec. — L'hiver. C'est ainsi que Gaza ἃ compris le texte ; Septali veut qu'il s'agisse de tempête ou du mauvais temps, et non d'hiver.
— Il la gèle. Ceci semble prouver que l'auteur veut bien parler de l'hiver.— Dit-onencore. Autre proverbe. — λα boue. D'ordinaire, la boue ne se forme que dans des terrains d’une certaine
espèce. Voir Théophraste, Traité des Vents, $ 7, p. 378, édit.
Firmin Didot.
ὃ 49. Le vent du nord... le vent du midi. Le vent du nord vient de plus près pour la Grèce ; le vent du midi vient de plus loin, selon les théories géographiques de l'Antiquité. — Vers le nord. C'est-à-dire, dans l’'hémisphère boréal.Athènes est, on se le rappelle, au 38° de latitude.
ὃ 50. Les vents sont-ils si froids... Toute cette théorie se retrouve dans Théophraste, Traité des Vents, $$$ 19 et 20, p. 380, édit. Firmin Didot ; et elle y est exposée plus clairement qu'ici. On fera bien d'y
N'est-ce pas parce que le mouvement, même en venant de la chaleur, n’est pas toujours absolument chaud, si, en outre, il ne se produit pas d’une certaine manière ? Ainsi, quand la chaleur se manifeste tout à coup en masse, le mouvement est chaud, et son jet est brülant. Mais si la chaleur passe par un espace rétréci et qu’elle y passe petit à petit, elle est bien chaude elle-même, mais l'air qu'elle met en mouvement, quel que soit son état antérieur, Imprimera au mouvement la qualité qu'il a lui-même. C’est bien là également ce qui se passe dans notre corps ; car on dit que nous pouvons indifféremment souffler tour à tour le chaud et le froid. Mais ceci n’est pas parfaitement exact; sans doute, le souffle qui sort de notre corps est toujours chaud, et la preuve, c'est que, si l’on sent ce souffle de près, on le sent ainsi. Mais la manière dont notre souffle est expulsé a grande importance. Si, en effet, la bouche étant toute grande ouverte, on lance beaucoup d’air, cet air semble chaud, parce que c’est là ce que nous sentons. Mais, si notre souffle, pour devenir plus fort, passe par une issue étroite, il pousse alors l’air qui est proche de notre bouche, et celui-ci
recourir, pour comprendre les détails donnés dans ce ἃ 50.
Théophraste les donne égale-
chaud et le froid. Voir plus loin, section XXXIV, ὃ 7, et aussi le passage de Théophraste.
ment, quoique en d'autres termes. — Æn outre. J'ai ajouté ces mots. — Et son jet est brülant. Le texte n'est pas plus précis. — /mprimera au mouvement. J'ai un peu développé l'original, pour le rendre plus clair. — Souffler tout à tour le
Il semble bien que c'est sa rédaction qui a servi de modèle à notre ὃ 50, et que la copie n'en a pas été très bien faite. On peut supposer aussi que Théophraste, ayant connaissance de cette première rédaction, l'aura perfectionnée, dans la sienne.
pousse à son tour l'air qui vient à la suite de celui-là. Or, l’air étant froid, le mouvement de notre haleine se refroidit aussi. N'est-ce pas là, pour les vents, le même phénomène qui se produit ? Pour eux également, leur premier mouvement ἃ lieu dans un espace étroit ; puis, ce mouvement pousse l'air, et alors un autre air survient. C’est là ce qui fait qu'en été les vents sont chauds, et qu'ils sont froids en hiver, parce que, dans l’une et dans l’autre saison, l'air a préalablement ces deux qualités; car l'air ne se mettant pas de lui-même en mouvement, et ne recevant pas cette direction de la chaleur qui le dominerait, 1] est évident que ce n'est pas seulement parce que l'air a plus de chaleur que les vents sont chauds, mais aussi parce que l’air est porté en haut, c’est-à-dire, dans la direction même du feu. Au contraire, la tendance naturelle du froid est de descendre. Alors, les vents ne peuvent souffler qu'obliquement; car l’un, en effet, est violemment poussé en haut, l’autre est poussé
Voir la Dissertation mise en tête du ὃ ne répond pas à la ques-
des Problèmes. — Un autre air survient. L'original est aussi vague ; le sens d’ailleurs n’a rien d'obseur. — L'air a préalablement ces deux qualités.
Dans cette théorie, le vent ne fait que provoquer le mouvement, sans donner à l'air, ni chaleur, ni froid. — L'air est porté en haut. Ceci ne semble pas tenir assez à ce qui précède ni à ce qui suit. — L'un, c'està-dire, la chaleur. — L'autre, c'est-à-dire, le froid. Cette fin
tion, qui demandait simplement pourquoi les vents peuvent être froids, bien que leur cause soit la chaleur. Théophraste ne s'est pas engagé dans ces derniers détails. Voir plus haut, section XXV,S 1%, le changement que propose Septali, à partir de cette phrase : « Car l’air ne se mettant pas de lui-même... »
jusqu'à la fin du $. Voir aussi les mêmes théories dans Théophraste, Traité des Vents, ἃ 22, p. 381, édit. Firmin Didot.
en bas ; et comme aucune des deux influences ne l’emporte, et que l’immobilité n’est pas possible, 1l faut vraisemblablement que la direction des vents devienne oblique.
Pourquoi, en Libye, les vents du sud sont-ils froids, comme le sont dans nos climats les vents du nord ?
N'est-ce pas d'abord parce que, pour nos climats aussi bien que pour ceux-là, les principes des vents sont plus rapprochés ? Si, comme nous venons de le dire, les vents passent en soufflant par un étroit espace, ils seront d'autant plus froids pour les régions plus voisines, à cause de la violence de leur mouvement. Mais à mesure que ce mouvement se répand au loin, les vents se dissipent, Donc, ce qui fait que les vents du nord sont si froids chez nous, c’est que nous en sommes beaucoup plus rapprochés, et que nous habitons du côté de lOurse.
Pourquoi les vents du midi, quand ils sont secs et sans pluie, causent-ils des fièvres ?
N'est-ce pas parce qu'ils produisent dans nos corps une chaleur qui ne leur convient pas ? Car, de leur
8 51. En Libye. Pour les Anciens, la Libye représentait l'Afrique, moins l'Egypte, qu'ils connaissaient mieux. — Vous venons de le dire. On peut rapporter ceci au ἃ précédent, — Du côté de l’Ourse. C'est-à-dire,
dans l'hémisphère boréal. Voir plus haut, 8 15.
8 52. Les vents du midi... Voir plus haut, section I, 8 23, la même question reproduiteici en termes identiques, sauf la fin du $. — Qui ne leur convient
nature, ces vents sont humides et chauds, et ce sont là deux causes naturelles de fièvre, puisque la fièvre n'est pas autre chose qu'un excès de ces deux éléments. Lors donc que les vents soufflent sans eau, sous l’action du soleil, 115 conservent cette disposition ; mais quand ils soufflent avec de la pluie, l’eau refroidit l'atmosphère.
Pourquoi les vents étésiens soufflent-ils toujours dans Ja même saison, et ne varient-ils jamais d’intensité ? Pourquoi cessent-ils quand le jour cesse, et ne soufflent-ils pas la nuit ? |
N'est-ce pas parce que la neige cesse de se fondre sous l’action du soleil, vers le soir et durant la nuit ? Ils soufflent dans toute leur force, quand le soleil commence à l'emporter et à faire fondre la glace, qui est accumulée au nord. Dèsque cephénomènecommence, ce sont les vents avant-coureurs (du nord-est) qui se produisent; et quand la glace est tout à fait fondue, ce sont les vents étésiens.
Traité des
pas. Le texte dit précisément : de
« Qui leur est étrangère ». — L'atmosphère. J'ai ajouté ce mot pour compléter la pensée; il n'est pas dans le texte, qui peut signifier aussi « que la -pluie refroidit les corps ». On peut voir plus haut, section I, ὃ 1, une définition de Ja maladie analogue à la description de la fièvre donnée ici.
ὃ 93. Les vents étésiens.. Tout ce ὃ semble avoir été emprunté
Théophraste, Vents, ὃ8 11 et 12, p. 379, édit.
Firmin Didot. Mais Théophraste est plus explicite, et encore plus clair. — Les vents avant-coureurs. C’est la traduction exacte du mot grec; on pourrait dire aussi: «Les vents précurseurs ».
(Du nord-est.) Ces mots ne sont pas dans le texte ; mais ils précisent les choses plus que le texte ne le fait. Il nous semble qu'ils sont indispensables.
Pourquoi le zéphyre est-il le plus doux des vents et le plus froid, dans deux saisons surtout, le printemps et la fin de l'automne ? Et pourquoi souffle-t-il vers le soir plutôt que dans le jour, et surtout vers la terre ἢ
N'est-ce pas qu'il est froid parce qu'il vient de la mer, et qu'il passe sur des plaines d’une vaste étendue ? S'il est moins froid que le vent du nord, c’est parce qu'il vient de la pluie, qui a été changée en vent, et non de la neige. Néanmoins, il est froid parce qu'il souffle après l'hiver, quand le soleil commence à peine à l'emporter; et il souffle dans l'automne, quand déjà le soleil ne l'emporte plus. Il ne peut pasalors concentrer de la matière, comme il le fait sur terre ; mais il se disperse et s’égare, parce qu'il agit sur du liquide. C’est encore par la même cause que ce vent est
8 54. Le zéphyre..…. le plus doux des vents. I] faut rapprocher tout ce qui est dit dans ce $ de la théorie de Théophraste, Traité des Vents, K 38, 40 et 41, p- 384, édit. Firmin Didot. Ce sont les mêmes idées et presque les mêmes mots; ici encore, comme dans plusieurs passages, le plagiat est évident, de quelque côté qu'il vienne. Théophraste d'ailleurs se borne à dire que le zéphyre est le plus doux des vents annuels ; il ajoute qu'il est froid ; il n'affirme pas qu'il soit plus froid. Septali, s'appuyant sur les théories de Théophraste, a voulu changer en partie le
texte de ce ὃ; nous avons gardé la lecon ordinaire. — 7 est froid. 11 faut remarquer que le texte ne dit plus comme plus haut: «le plus froid »; et par là, il est conforme aux explications de Théophaste. — Sur des plaines. C'est la surface plane de la mer. — À l'emporter.
C'est la traduction fidèle du mot grec ; le sens est d'ailleurs de toute évidence. — Il ne peut pas concentrer alors de la matière. Il paraît qu'ici le texte a pu être corrompu. Septali essaie de le corriger par celui de Théophraste; mais ces corrections sonttrop arbitraires, pour qu'on
SECTION XXVI, DES VENTS, ὃ 55 269 si doux ; car il ne souffle plus des montagnes, et 1 n’est pas produit par la fonte violente des neiges. Mais il s'écoule doucement, comme s’il passait par un conduit. C’est qu’en effet les contrées situées au nord et au midi sont montagneuses. Mais au couchant, il n’y a ni montagnes ni terre, il n’y a que l'océan Atlantique, de telle sorte que le vent souffle sur terre. S'il souffle vers le soir de la journée, c'est à cause du lieu où il est, et que le soleil s'approche à ce moment de ce même lieu. Et si le zéphyre cesse la nuit, c’est parce que le mouvement du soleil vient à défaillir.
Pourquoi, par un vent d'est, tous les objets semblent-ils plus grands ?
N'est-ce pas parce qu'alors le vent rend l'air très ténébreux ?
puisse les adopter. — Comme s’il passait par un conduit. La comparaison doit sembler assez
S 55. Les objets semblent-ils plus grands? L'observation était sans doute exacte pour le
singulière ; mais il ne semble pas que le mot du texte puisse avoir une autre signification. — Que l'océan Atlantique. Les Anciens connaissaient très peu ces contrées, où presque personne ne s'était alors risqué.
— Le soleil s'approche. Selon l'apparence qui d'abord frappe nos sens, mais que la science a cessé d'admettre depuis Copernic. — Enfin. J'ai cru pouvoir ajouter ce mot.
climat et les contrées où elle était faite. — Rend l'air très ténébreux. Le vent d'est amène souvent la pluie, précédée d'une brume, sur certains bords de la Méditerranée. L’explication du texte est d'ailleurs insuffisante, et la pensée nest pas exprimée d'une manière complète. Mais nous n'avons pas voulu la modifier d'une facon qui aurait été trop arbitraire. Il vaut mieux s'abstenir.
Pourquoi les vents en hiver soufflent-ils le matin et de lorient, tandis qu’en été ils soufflent à la brune et viennent du couchant ?
N'est-ce pas parce que les phénomènes qui, pour nous, sont en été ont lieu en hiver, pour les peuples qui habitent l'hémisphère de la terre opposé au nôtre? Or, chez nous, en hiver les vents soufflent le matin et de lorient, parce que l'air, qui est assez humide durant la nuit, se désagrège le matin, par le mouvement que lui imprime le soleil, et que l'air mis le premier en mouvement est celui qui est le plus rapproché du soleil. Le soleilexerce d’ailleurs cette action même avant son lever ; et aussi, les brises ne soufflentelles pas moins vivement avant qu'il ne se lève. Comme le soleil attire à lui les vapeurs humides, et qu'en hiver il met en mouvement, avant son lever, l'air qui est alors humide dans nos contrées, il est clair qu'il peut les attirer encore à lui, quand il est dans l'hémisphère d'en bas, et que le moment qui est le soir
δ. 56. Soufflent-ils le matin de l’orient..… Toute la théorie de ce ὃ se retrouve dans Théophraste, Traité des Vents, ὃ 47, Ρ. 386, édit. Firmin Didot. — A la brune. C’est l'expression même du texte; on pourrait traduire aussi: «le soir. » Les phénomènes météorologiques qu’on allègue ici se rapportent au climat de la Grèce. — Les phénomènes... L'expression du texte est tout à fait indéterminée,
comme la nôtre ; et elle pourrait également s'appliquer aux vents; mais nous croyons quil vaut mieux la prendre dans son sens général. — L'hémisphère..….
opposé au nôtre. Les Anciens connaissaient la rondeur de la terre, que bon nombre d’observations peuvent révéler à nos sens, ne serait-ce que l'aspect de la mer et des navires qui la sillonnent. — L’'hémisphère d'en bas, C'est l'idée qui devait tout
4 Eng À
= φῶ» «ἡ πο," Loc 2
pour ces contrées, est pour nous le lever de l’astre. Il s'ensuit que l'air qui, pour nous, est attiré par le soleil avant son lever, devient le zéphyre pour les régions d'en bas, et qu'il souffle, le soir, à la brune. Mais les phénomènes qui, pour nous, se produisent en hiver et à l'aurore, se produisent chez eux en été et à la brune. C’est qu'en effet, lorsque l'été règne chez nous, c’est l'hiver qui règne chez eux, et que la brune chez nous se trouve être pour eux la première aube. C'est donc ainsi que chez eux soufflent les brises qui viennent de l'est, tandis que nous avons le vent du sud-ouest par les mêmes motifs que nous avons déjà donnés. En été, les vents d'est ne soufflent pas, parce que le soleil se lève alors dans un air qui, chez nous, est trop sec, attendu qu'il y a trop peu de temps que le soleil s’en est retiré. Si les vents d'ouest ne soufflent pas le soir en hiver, c'est que, dans cette saison, par les motifs que nous venons de dire, il ne souffle pas non plus de vents d'est dans l'hémisphère d'en bas, d’où le soleil, en attirant à lui les vapeurs humides, produit, chez nous, le vent d'ouest.
d'abord se présenter à l’esprit des hommes; mais on sait qu’au point de vue de la rondeur de la terre, l'un n'est pas plus en bas que l’autre n’est en haut.
La loi universelle de l'attraction agit également sur toutes les parties du globe. Les explications données ici pouvaient être fort ingénieuses dans le temps où elles étaient toutes neuves:
elles sont aujourd'hui sans va-
leur. — C'est l'hiver qui règne chez eux. Cette opposition des saisons n'est pas absolument fausse, quoique la science actuelle puisse l'expliquer tout autrement. C'est la position de la terre par rapport au soleil qui en est toujours la cause principale. — Qui chez nous est trop sec. La sécheresse de l'air ne paraît pas être une cause de vent.
Pourquoi le vent d'ouest nous semble-t-il le plus serein et le plus doux des vents ?
N'est-ce pas parce qu'il est sur la limite des vents froids et des vents chauds, et que, voisin de l’un et de l’autre, il participe à leur force, et que c’est pour cela qu'il est si bien tempéré ἢ Le vent de l’est y participe moins, bien qu'il soit dans le milieu des mêmes vents. En effet, quand le vent d'est vient à souffler, il met en mouvement les vents du midi; car c'est en ce dernier vent qu'il se change ; mais tout en les mettant en mouvement, il ne se confond pas avec eux. Au contraire, le vent d'ouest est mis en mouvement par les vents du sud ; et quand il souffle, il provoque les vents du nord. C’est en ce point que finit le circuit des vents; et, de cette facon, le vent d'ouest, ayant en lui la fin des uns et le commencement des autres, c'est une juste raison pour qu'il soit et qu'il nous semble être doux et agréable.
8 57. Le vent d'ouest... Ou, au climat de la Grèce. — Le
« le zéphyre ». Voir plus haut, ὃ 33, une question presque pareille, qui d'ailleurs n'est pas tout à fait résolue de même. — Sur la limite... Ou, « intermédiaire ». L'ouest est en effet entre le nord et le midi. — En ce dernier vent qu'il se change.
Il faut toujours se rappeler que ces observations se rapportent
circuit. Ou, « la période ». Voir la Météorologie, livre II, ch. 6, ἃ 4, où Aristote donne la nomenclature et la position de tous les vents. C'est ce que nous appelons la Rose des vents, comme Je l'ai déjà dit. — Doux et agréable. I] n'y a qu'un mot dans le texte, mais qui implique à la fois les deux sens.
SECTION ΧΧΥ͂Ι, DES VENTS, ὃ 58 213
Pourquoi les vents pluvieux sont-ils différents selon les régions, et que, par exemple, dans l’Attique et dans les îles, c'est le vent Hellespontique qui amène la pluie, et que dans l'Hellespont, ainsi qu'à Cyrène, c’est le vent du nord, tandis qu'a Lesbos, c’est le vent du sud ?
N'est-ce pas parce que la pluie tombe là où il y ἃ accumulation de nuages, et que les nuages s’amoncellent surtout là où ils peuvent d’abord s'arrêter ἢ C’est ainsi qu'il pleut dans les montagnes, plus que partout ailleurs, où le vent peut amonceler une masse de nuages ; car la masse, étant ainsi renfermée, s’y accroit de plus en plus; et c’est là ce qui doit en effet se produire. Dans ces conditions, la pluie est plus forte, même par les temps calmes. Dans l’Hellespont, le vent du nord, qui vient d'en haut, amène beaucoup de nuages, qu'il y accumule. Dans l’Attique et dans les iles, c’est le vent de l’Hellespont, qui y trouve une sorte de matière toute préparée; car presque tous les nuages s’y amoncellent, en venant du
ὃ 58. Les vents pluvieux. Voir été soumise aux mêmes in-
plus haut, $ 7, une question presque pareille, résolue avec plus de concision. — Le vent Hellespontique. Par rapport à l'Attique et aux iles, l'Hellespontias, ou vent Hellespontique, venait du nord-est. — Cyrène.
Il semble que Cyrène est trop loin de l'Hellespont pour avoir
T. II
fluences météorologiques. Située sur la côte septentrionale de l'Afrique, presque à égale distance d'Alexandrie et de Carthage, elle n'était pas exposée aux mêmes vents que l'Hellespont. Il est possible d’ailleurs que ce soit aussi le vent du nord, ou de la mer, qui amène
nord. À Lesbos, ce sont les vents d’est et du sud, qui, arrivant de la haute mer, apportent dans la contrée une masse de nuages. On en peul dire autant des autres vents.
Pourquoi dit-on: « En hiver, ne crains jamais le « nuage venant du continent; mais crains celui de la « mer; en été, crains plutôt le vent qui arrive du noir « continent? »
N'est-ce pas parce que en hiver la mer est plus chaude que la terre, de telle sorte que, s’il s’y élève alors un nuage, il est clair qu'il part d'un principe très fort ? Autrement, 1] serait dissous par la chaleur du lieu. Mais en été, la mer est froide, ainsi que les vents qui viennent de la haute mer. Au contraire, à
la pluie dans ces contrées. — Étant ainsi renfermée. Ajoutez :
« dans l'enceinte que font les montagnes.» — Dans ces conditions. Le texte est moins précis.
— Qui vient d'en haut. C'est-àdire, du pôle boréal. — De matière toute préparée. J'ai ajouté les deux derniers mots. — À Lesbos. Toutes ces observations pouvaient être assez facilement faites ; et il est possible qu'elles soient exactes. — Les vents d'est. Ce détail semble peu exact pour Lesbos, où le vent d'est ne peut venir de la haute mer.
— On peut en dire autant des autres vents. (Cette dernière phrase pourrait bien n'être qu'une interpolation.
8 59. Dit-on. C'était sans doute un proverbe.Théophraste, Traité des Vents, $ 60, ligne 44, Ρ. 388, édit. Firmin Didot, cite aussi ce proverbe, en l’accompagnant de toutes les explications qui se trouvent également ici. La ressemblance est presque complète ; et le plagiat, d'un ou d'autre côté, est évident pour ce passage, comme pour beaucoup d'autres, que nous avons signalés. — Du noir continent.
Comparativement sans doute à la lumière éclatante des eaux.
— Que la terre. J'ai ajouté ces mots. Peut-être le texte veut-il dire aussi qu'en hiver la mer est plus chaude qu'en été ; ce qui serait manifestement faux,
SECTION XXVI, DES VENTS, $ 60 219 ce moment, la terre est chaude, de telle sorte que, si quelque vent arrive de terre, il est parti d’un principe plus fort ; car il aurait été dissous, s’il eùt été
faible.
Pourquoi, dans l’Arcadie, qui est une région fort élevée, les vents ne sont-ils pas plus froids que dans les autres contrées? Et pourquoi quand il n’y ἃ pas de vent et que le ciel est couvert de nuages, y fait-1l un froid aussi rigoureux que dans les plaines unies et marécageuses ?
N'est-ce pas parce que l’Arcadie peut être, elle aussi, assimilée aux plaines marécageuses ? Elle n’a pas en effet d'écoulements pour ses eaux vers la mer; et c'est là ce qui fait que, dans ce pays, il se trouve des gouffres nombreux. Lors donc que le vent y règne,
et en contradiction avec ce qui suit. — Car il aurait été dissous... Répétition.
8 60. Dans l’Arcadie. On sait que l'Arcadie est au centre du Péloponèse, et qu’elle s'étend jusqu'à la rive orientale. La contrée est entourée de hautes montagnes, où les eaux ont de la peine à s'écouler vers la mer.
Les détails donnés ici se trouvent déjà, sous une forme très ressemblante, dans la Météorologie d’Aristote, livre I, ch. 13, ὃ 27, de ma traduction. Les observations sont presque identiques, et les expressions ne le sont guère moins. Seulement,
la Météorologie est beaucoup plus explicite. — Des gouffres.
Le cours d'eau disparaît en terre; et quelquefois reparaît plus loin, comme il arrive dans plusieurs autres pays; par exemple, en France, le Rhône disparaît non loin de sa sortie du lac de Genève ; et il reparait de nouveau à quelque distance.
— Lors donc que le vent y règne.
Pour savoir si cette observation est exacte, il faudrait la faire soi-même en Arcadie. Strabon, livre VIII, ch. 8, 8 4, p. 334, édit. Firmin Didot, donne les mêmes détails sur les cours d'eau de l’Arcadie; et pour
il fait sortir de terre une abondante évaporation, qui est froide. Les vents par eux-mêmes ne sont pas froids, attendu qu'ils viennent de la mer; mais lorsqu'il n’y ἃ pas de vent, l'évaporation qui s'élève de l’eau stagnante produit le froid.