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Pourquoi, lorsque nous regardons certaines choses attentivement, notre vue se sent-elle moins bien, tandis qu’elle se sent mieux de regarder des choses de couleur verte et de la couleur de l'herbe; par exemple, les légumes et autres substances analogues ?
N’est-ce-pas parce que, pour le blanc et le noir, nous ne pouvons pas du tout les regarder fixement, attendu qu'ils fatiguent la vue l’un et l’autre, tandis que les couleurs du genre de l'herbe tiennent une sorte de milieu ? Aussi, la vue se trouvant affectée par elles dans une mesure moyenne, nous ne ressentons aucun affaiblissement dans les yeux, et nous sommes en
rente. — Par son habileté à faire les choses. Le texte est plus concis ; mais le sens n'est pas douteux. — Susceptibles d'impression. Ou « passives ».
La droite et la gauche sont également sensibles.
8 20. Notre vue se sent-elle moins bien. L'observation est vraie, et la couleur des objets agit très différemment sur notre vue. Les Anciens n'avaient pas décomposé la lumière, et ils ne connaissaient pas l'ordre des couleurs dans le spectre solaire,
Mais ils avaient bien remarqué que la couleur verte est celle qui fatigue le moins la vue, et qui la repose le plus. — De la couleur de l'herbe, et des arbres.
C’est pour cela que la couleur verte est la plus répandue dans toule la nature. — Le blanc et le noir, considérés comme les deux couleurs extrêmes; ce qui est vrai, à certains égards. — Tiennent une sorte de milieu. Le vert tient en effet le milieu entre les sept couleurs du prisme, et c'est là ce qui le rend si doux
position de mieux voir. C’est absolument ce qui se passe pour notre corps. Quand nous nous sommes fatigués par trop, nous sommes en assez mauvais état, tandis qu'après un travail modéré, nous nous sentons infiniment mieux. Il en est de même pour la vue. En la fixant sur des choses de couleurs solides, nous la fatiguons ; en la fixant au contraire sur des choses de couleurs liquides, sans qu’il y ait aucune interruption, nous ne la fatiguons pas. Or, les matières de couleur verte sont modérément solides, et 1] y a en elles assez de liquide. Aussi, c’est pour cela qu’elles ne nous font aucun mal, et qu’elles permettent nécessairement à la vue de s’y arrêter, parce que la combinaison de cette couleur est en parfait rapport avec notre vue.
Pourquoi, en toutes autres choses, voyons-nous mieux en regardant des deux yeux à la fois, tandis que, quand nous voulons juger de la rectitude des
à la vue.— Ce qui se passe pour notre corps. La comparaison est juste à bien des égards ; la vue se fatigue comme les mus-
ruption. Le sens est douteux.
— Solides.… liquides. Mème remarque que plus haut. — De s’y arréter. Sous-entendu : « plus
cles, quand elle fait un trop
long effort. — Un travail modéré. Le fait est exact. —- De couleurs solides. Le texte dit simplement Solides. — De
couleurs liquides. Même remarque. On a dû conserver les expressions du lexte, quelque impropres qu'elles soient. — Sans qu'il y ait aucune inter-
longtemps. » — En parfait rapport avec notre vue. Nous ne saurions dire mieux aujourd'hui.
8 21. En regardant des deux yeux à la fois. Ceci contredit l'explication donnée plus haut, δ 4, où l'on affirme qu'on voit mieux avec un seul œil : il est vrai qu'ici le cas que l'on cite
SECTION XXXI, DES YEUX, ὃ 22 365
lignes, nous voyons mieux en approchant de ces tracés un seul œil ?
N'est-ce pas parce que les deux regards, en se confondant ensemble, comme disent les savants en optique, nous causent un certain trouble? Au contraire, en regardant d'un œil seul, nous rapportons les lignes à la vue, qui est droite, et qui nous sert en quelque sorte de règle ; alors, la rectitude de la ligne se montre mieux à nous.
Pourquoi la fumée pique-t-elle surtout les yeux ἢ
N'est-ce pas parce que les yeux sont seuls notre partie la plus délicate ? Car les parties intérieures du corps sont les plus délicates de toutes. La preuve, c'est que le vinaigre et les matières aussi âpres que lui ne piquent pas la peau extérieure, mais qu'ils piquent la peau du dedans, qui est la plus fine du corps, et qui a le plus de vaisseaux. C’est aussi par
est exceptionnel, et qu'en effet pour juger d’un alignement on ne se sert que d'un œil seul, comme on vise mieux un but avec un œil qu'avec deux. — De ces tracés. Le texte dit précisément : « Lettres », au lieu de Tracés. — Les savants en optique. L'étude de la lumière avait beaucoup occupé les Anciens, soit en psychologie, soit en physique. — De règle. La comparaison est fort juste. Voir
plus haut le ὃ 4.
8 22. La fumée pique-t-elle..
Le fait est d'une observation aussi facile que fréquente.— La plus délicate. Le texte dit précisément : « la plus faible ».
Septali traduit, dans son commentaire, par Delicatissimi. — Les plus délicates de toutes.
Même remarque.— Le vinaigre.
Cette action du vinaigre est trop réelle et trop vive pour qu'on pe l'ait pas remarquée de bonne heure. — La plus fine. Le texte dit : « la plus rare. » — Par
certains vaisseaux que la vue s'échappe ; et par suite, c'est le dedans qui, de toute notre chair, est la partie la plus susceptible d’être piquée. C’est par la même raison que l'oignon et les substances du même genre piquent les yeux. Parmi les liquides, c'est l'huile qui a la même action, parce qu’elle est la plus ténue, et qu'avec cette nature, elle pénètre aisément dans les vaisseaux. D'ailleurs, le vinaigre peut, dans tout le reste de la chair, servir de médicament.
Pourquoi l'œil, seul dans tout le corps, ne gèlet-il pas, bien qu'il soit cependant excessivement délicat ?
N'est-ce pas parce que l’œil a de la graisse, et qu'il n'a pas la moindre chair ? Les substances de ce genre ne gèlent pas ; car ce n'est pas parce que la vue est du feu qu'elle résiste à la gelée, puisqu'elle n’a pas de feu au point d’échauffer quoi que ce soit.
certains vaisseaux, ou « pores ».
— C'est l'huile. Ceci n’est pas très exact; l'huile gêne beaucoup l'œil; mais ne le pique pas, comme le vinaigre. L'école Hippocratique ne paraît pas avoir étudié cette différence d'action du vinaigre sur le dedans et sur le dehors.
$ 23. Ne gèle-t-il pas. Le fait n'est peut-être pas très certain ; il est d’ailleurs difficile de le
vérifier. — À de la graisse. Physiologiquement, c'est inexact.
— La vue est du feu. Septali pense que ceci est une réfutation des théories de Platon, qui suppose que la vue est du feu; voir le Timée, trad. de M. V.
Cousin, pp. 145 et 192. — Elle n'a pas de feu... La réfutation n'est pas plus acceptable que la théorie elle-même ; mais c'est là une erreur bien excusable.
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SECTION XXXI, DES YEUX, ὃ 24 367
Pourquoi les larmes sont-elles chaudes, quand c'est le chagrin qui nous les fait verser, tandis que, si nous versons des larmes par suite de maladie des yeux, elles sont froides ? |
N'est-ce KE parce qu'une πος mal digérée est froide, et qu'une matière bien digérée est chaude ἢ Tout allanguissement vient, en général, d’une coction insuffisante, et quand les yeux sont malades, les larmes ne sont pas digérées. Voila comment elles sont froides. C'est aussi pour cette raison que les médecins regardent les sueurs froides comme un symptôme de inde maladie, et les sueurs chaudes, au contraire, comme devant expulser le mal. Quand il y a beaucoup de superfluités dans le corps, la chaleur intérieure n’en peut faire la coction, de telle sorte qu’alors il y a nécessité que ces matières restent froides. Mais quand il yen ἃ peu, la chaleur l'emporte ; or, les indispositions ne viennent que de résidus et de superfluités.
$ 24. Chaudes… froides. I] ne 1] est aussi vague que la tra-
semble pas que ceci soit du tout exact, et tous ceux qui ont eu des ophthalmies savent de reste que, dans ces affections douloureuses, les larmes sont brûlantes. Septali fait une remarque analogue ; mais il essaie de défendre la théorie exposée dans ce ὃ. — Allanguissement. Le mot du texte a bien ce sens, et
duction que j'en donne. — Les larmes ne sont pas digérées.
Elles sont peut-être d'une autre nature; mais elles paraissent formées absolument comme les autres. — Sueurs froides...
sueurs chaudes.Ces distinctions sont réelles. Voir plus haut, section III, ὃ 24, la théorie sur les larmes des ivrognes.
Pourquoi les parties qui sont à droite étant si faciles à mouvoir, est-ce l’œil gauche qui se ferme plus souvent que le droit ?
N'est-ce pas parce que toutes les parties gauches sont plus humides que les droites? Les substances qui sont plus humides se réunissent plus aisément, à cause de leur nature même. Par suite, on peut accomplir mieux ce qu'on veut faire à droite qu’à gauche, bien que le côté gauche, tel qu'il est, puisse aussi le faire.
Pourquoi le myope et le presbyte, quoique affectés tous les deux d’une certaine faiblesse de la vue, l’un approche-t-il de ses yeux les objets qu'il veut voir,
tandis qu’au contraire l’autre les éloigne ?
δ 25. L'œil gauche qui se ferme le plus souvent. Il ne semble pas que ce fait soit exact. L'œil qui se ferme le plus souvent, c’est l'œil le plus faible ; car il est bien rare que les deux yeux aient une force égale. — Les parties gauches sont plus humides. Cette théorie singulière n'est pas fondée, et il aurait fallu dire sur quoi elle s'appuie.
— Se réunissent plus aisément.
C'est vrai, comme on le voit pour les liquides; mais ceci ne tient pas d'assez près à la question. — Tel qu'il est. Le texte n'est pas aussi formel; mais il
ne parait pas que le sens soit douteux.
$ 26. Le presbyte. J'ai pris ce mot dans le sens spécial que lui donne la science actuelle ; mais le mot grec, que le mot de presbyte reproduit, ne signifie que vieillard. Or la vieillesse n'agit pas de même sur tous les yeux; et en général, la vue des myopes ne change pas avec l'âge. — Une certaine faiblesse de la vue. Ceci n’est pas tout à fait exact. La vue n’est faible précisément, ni chez le presbyte, ni chez le myope; mais la conformation de l'œil est un peu
N'est-ce pas parce que la faiblesse de la vue n’est pas la même chez l’un et chez l’autre ? Ainsi, le presbyte ne peut voir les objets là où ils sont placés; il éloigne ce qu'il regarde, jusqu’au point où sa vue peut porter, et qui lui permet de les voir le mieux. Or, c'est à une grande distance que sa vue se réunit. Quant au myope, il voit bien la chose; mais il ne peut distinguer les parties creuses et les parties saillantes de l’objet qu'il voit; et à cet égard, il se trompe; car c'est surtout par leur lumière qu'on voit les creux et les saillies. De loin, il ne peut pas voir, ni discerner, comment la lumière tombe sur l'objet qu'il veut voir; mais, de près, les choses lui deviennent plus évidentes.
ele
Pourquoi l’homme est-il le seul des animaux à être
louche, ou du moins l’est-il plus souvent que tous ?
les autres ?
N'est-ce pas parce qu'il est le seul à avoir des convulsions dans son enfance, ou du moins qu'il en a plus
° imal ? ’estd Ι [91
que tout autre animal ? Car, c est dans les convulsions que tous les animaux ont les yeux de travers.
différente chez l'un et chez détail ne parait pas essentiel à l’autre. — 7 éloigne ce qu'il la question.
regarde. Ceci est exact. — Que $ 27. À étre louche. L'expres-
sa vue se réunit. J'ai conservé l'expression grecque,bien qu'elle soit peu correcte; mais c'est ainsi que la physiologie de ces temps reculés expliquait le phénomène.— Les parties creuses.
saillantes. C'est vrai: mais ce
T. II
sion grecque n'est pas tout à fait aussi précise que la nôtre.
Le fait d'ailleurs est exact, et il est rare que les animaux louchent. — Dans les convulsions.
Le texte dit : « épileptique. »
J'ai pris un mot plus général ;
Pourquoi les hommes sont-ils seuls, parmi [6 reste des animaux, à avoir les yeux louches ?
N'est-ce pas parce que, chez l'homme, l'intervalle des yeux est plus petit que chez tout autre animal, et que chez lui ils sont placés en ligne droite, de sorte que, du moment qu'il y a la moindre déviation, elle est très visible ? Ou bien, n'est-ce pas aussi parce que les yeux des autres animaux sont plus souvent d’une seule couleur ? S'il n’y avait dans l’homme qu’une couleur unique des yeux, il n’y aurait pas strabisme. Ou, n'est-ce pas encore parce que seul, dans le genre animal, l’homme est épileptique? Or, l'épilepsie, lorsqu'elle a lieu, fait tourner les yeux de travers,
mais les convulsions ne sont pas la seule cause du strabisme; et l’auteur lui-même en indique encore d'autres, comme on le voit dans le $ suivant, et plus haut, section X, $ 50.
8 28. Sont-ils seuls. L'auteur ne fait plus ici la réserve qu’il indiquait au $ précédent.
Il est bien difficile de constater le fait réel, et de savoir s'il y a d'autres animaux qui louchent.
— L'intervalle des yeux est plus petit. L'observation est curieuse tout au moins, si elle n'est pas parfaitement exacte. — En ligne droite. Ceci n’est pas très clair, et il semble qu'a cet égard l'homme n'est pas privilégié, et que chez les animaux, les yeux sont placés aussi sur une ligne
droite. — D'une seule couleur.
Le fait parait exact; chez les animaux, les yeux sont de même couleur dans chaque espèce.
Dans l'espèce humaine, ils varient beaucoup de couleur, selon:
les diverses races; mais ils ne varient pas moins dans la même race. D'ailleurs, la couleur des yeux ne fait rien au strabisme.
— Dans le genre animal. L'expression grecque pourrait signifier aussi : « dans l’enfance », et c'est ainsi que l'ont comprise quelques commentateurs, bien que ce sens soit moins régulier.
— Seul... l'homme est épileptique. On peut contester, à ce qu’il paraît, l'exactitude de cette observation. — Fait tourner les yeux de travers. 1 y a bien
comme toutes les autres parties du corps. D'ailleurs, le strabisme vient quelquefois aussi très tard, et par suite de maladie.
Pourquoi, lorsqu'on est en face d’une lampe ou du soleil, y voit-on mieux si l’on met sa main devant ses yeux, pour les protéger de la lumière ?
N'est-ce pas parce que la lumière de la lampe ou du soleil, venant à tomber directement sur nos yeux, les fatigue et les affaiblit par son excès ? Car, les choses les plus conformes à notre nature nous font mal dès qu'elles sont excessives. Circonscrites par notre main, ces lumières ne nous font plus mal à la vue, quoique l’objet que nous regardons n’en reste pas moins éclairé par la lumière. La vue alors agit mieux; et l’objet qu'on regarde n’en reste pas moins visible.
Pourquoi le pied et la main présentent-ils des différences de la droite à la gauche, et pourquoi les oreilles et les yeux n’en présentent-ils pas ὃ
d’autres affections que l’épilepsie qui produisent cet effet sur la vue.— D'ailleurs, le strabisme… L'auteur lui-même corrige sa première asserlion qui était trop générale.
ἃ 29. δὲ l’on met sa main...Le fait est exact, et le mouvement est tout instinctif. — Pour les protéger de la lumière. Le texte est un peu moins développé. —
Les fatigue et les affaiblit. 1] n'y a qu'un seul mot dans le texte. — Conformes à notre nature. C'est la paraphrase du mot du texte, suivant l’étymologie.
δ 30. Le pied et la main... les oreilles et les ÿYeux.La distinction faite ici n'est, ni absolument fausse, ni absolument exacte.
On voit ses mains et ses pieds
N'est-ce pas parce que les éléments simples n'ont pas de différence entre eux, tandis que les composés que forment ces éléments en ont beaucoup ? Or, ces deux sens eux-mêmes sont composés d'éléments simples ; la vue est composée de feu, et l’ouïeest com-
posée d'air.