‹ Les Problèmes d'Aristote;Chapitre 48 sur 78 · DES OREILLES · texte numérisé non relu

DES OREILLES

Rougeur des oreilies dans la honte; bruissement des oreilles dans l'eau ; précautions des plongeurs pour leurs oreilles ; différence d’audition dans les deux oreilles; rougeur des yeux dans la colère ; toux provoquée par le frottement des oreilles; différence d'audition dans les deux oreilles : effet de l’eau entrant dans les oreilles ; action de l'huile sur l’eau dont les oreillles sont pleines ; effets du baillement sur l'ouie.

Pourquoi les oreilles, qui ont moins de sang que le reste de la face, rougissent-elles le plus vivement quand on ressent de la honte ?

fort aisément ; on ne voit pas aussi facilement ses yeux et ses oreilles. Mais il y a cependant d'assez grandes différences; les yeux ne sont presque jamais d'égale force, et les oreilles n’entendent pas toujours aussi bien l'une que l'autre. — Les éléments simples. Ce sont les

quatre éléments d'Empédocle :

le feu, l’air, l'eau et la terre, avec les quatre qualités: le chaud, le froid, le sec et l’humide. Voir plus haut, ἃ 23.

δ 1. Rougissent-elles le plus...

Voir plus haut, section XXXI, 8 3. La question est curieuse, et l'explication en est difficile ;

SECTION XXXII, DES OREILLES, ὃ ? 313

N'est-ce pas parce que l'humidité étrangére est portée plus spécialement, par sa nature même, dans la partie vide, et que, lorsque l'humidité ἃ été dissoute par la chaleur que ressentent ceux qui rougissent, elle se concentre dans les oreilles ? N'est-ce pas aussi que les oreilles sont rapprochées des tempes, où l’humide s’accumule plus que partout ? Quand donc on a de la honte, l'humidité se réunit dans la face ; et c’est là ce qui fait rougir. Mais, dans le visage, ce sont les oreilles qui ont le moins de profondeur. Par leur nature, elles sont très chaudes et très colorées, quand elles ne sont pas altérées par le froid qui les frappe: Ce sont donc de toutes les parties du visage celles qui ont la couleur la plus vive, de telle sorte que, quand la chaleur y ἃ été τον comme elle est surtout à la surface des oreilles, c’est dans cette partie qu'elle nous rend plus rouges.

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Pourquoi, chez les plongeurs, l'organe de l’ouïe vient-il à interrompre son action ?

mais 16 fait est certain. — ZL'hu-

midité étrangère. C'est la traduction fidèle; mais la pensée reste obscure. Par Etrangère, il faut entendre que le courant vient d’une autre partie du corps, et par l'Humidité 1] ne faut comprendre que le sang.— Dans la partie vide. Les oreilles étant en quelque sorte vides de sang, comme il est dit au début de la question. — Qui a été dissoute, et dispersée. — Elle se

concentre. L'expression grecque est moins précise. — Où l’humide s'accumule. Rien ne prouve l'exactitude de ce fait. — ZL’humidité se réunit. Entendez : « le sang. » — La couleur la plus vive. Les joues sont bien souvent plus colorées que les oreilles.

8 2. L'organe de l’ouie. Le texte dit précisément : « les oreilles »; mais on ne pourrait pas dire dans notre langue que

N'est-ce pas parce que le souffle de la respiration que l’on retient, agit violemment sur les oreilles, qu’elle remplit ? Mais, si c'était là vraimentla cause, ne devrait-elle passe produire également dans l'air ? Ou bien, n'est-ce pas parce qu'une chose qui ne céde pas, est comprimée par une substance qui est dure plutôt que par une substance qui est molle ? Plus la chose est gonflée d'air, moins elle cède. Or, les oreilles, ainsi qu'on vient de le dire, se chargent d'air parce qu'on retient son souffle; et alors l’eau, qui est plus dure que l'air, altère profondément l’ouïe, qu’elle touche.

Pourquoi les plongeurs s’attachent-ils des éponges dans les oreilles ?

N'est-ce pas pour que l’eau de la mer, qui arrive violemment, ne fasse pas de mal aux oreilles ? Par ce moyen, les oreilles ne s'emplissent pas d’eau, comme elles font quand les éponges n’y sont pas.

les oreilles sont rompues par l'eau de mer, comme l’exprime le mot grec. Peut-être faut-il entendre simplement que les oreilles tintent quand on plonge dans l’eau. — Le souffle de la respiration. 11 n'y a qu'un seul mot dans le texte. — Mais si c'était là... Cette phrase pourrait bien n'être qu'une interpolation. — Qui ne cède pas.

L'expression grecque n'est pas moins vague. Il s’agit ici de l'intérieur de l'oreille plutôt que de son extérieur.— Plus la chose est gonflée. Par « la chose»,

il faut entendre « l’oreille ellemême ». — Altère profondément.

Le texte exprime encore ici l’idée de rupture. Dans notre langue aussi on dit familièrement :

« Vous me rompez les oreilles. »

8. 9. S’attachent-ils des épon- 865... Il est bien probable que c'était là une précaution habituelle, que prenaient les plongeurs, contre les accidents de leur rude métier. — Ne fasse pas de mal. C'est de toute évidence, pour empêcher l’eau d'entrer trop vite dans les oreilles.

SECTION XXXII, DES OREILLES, ὃ 5 3 19

Pourquoi la viscosité qui est dans les oreilles estelle d’une saveur âpre et amère ἢ

N'est-ce pas parce que c’est une sueur corrompue ἢ Or, toul ce qui est pourri est d’un goût saumâtre. Et cette viscosité étant salée; elle est d’un goût piquant.

Pourquoi les plongeurs pour éponges s’incisentils les oreilles et le nez ?

N'est-ce pas afin de respirer mieux ? En effet, c’est par ces organes que la respiration semble sortir ; et les plongeurs se coupent ces organes afin de respirer mieux ; Car on dit qu'ils souffrent d'autant plus de la difficulté de respirer, quand leur souffle ne peut plus sortir au dehors. Lorsqu'au contraire, ils se sont en

ὃ 4. La viscosité... Le texte dit précisément : « la saleté. »

C'est ce que nous nommons aujourd'hui le cérumen de l'oreille. C’est en effet une sorte de cire jaunâtre, que sécrète l'organe de l'ouie. — Apre et amère. Il] n'y a qu'un seul mot dans le texte. L'école Hippocralique avait étudié cette humeur spéciale que sécrète l'oreille.

Voir l'Hippocrate de M. E.

Littré, Traité des humeurs, tome V, p. 481, et tome VI, p- 126.

ὃ 5. S'encisent-ils les oreilles

et le nez. Cette coutume existet-elle encore parmi les pêcheurs d'éponges? En tout cas, l’expression du texte ne peut avoir un autre sens, quelque singugulier que celui-ci paraisse; mais peut-être ici, Couper ne signifie-t-il que Boucher le nez et les oreilles. — Afin de respirer mieux. Ceci ne se comprend pas.

Faut-il supposer que les plongeurs se coupent réellement le nez et les oreilles ? Mais il ne semble pas que ces mutilations puissent aider à la respiration.

Cependant, tous les détails qui

quelque sorte débarrassés, en vomissant ce souffle, ils se sentent plus légers. Il ne serait donc pas moins étrange qu'ils ne pussent pas reprendre leur haleine afin dese rafraïichir, puisque cette fonction est encore

plus nécessaire. Ou bien, n'est-il pas tout simple qu'ils

aient plus de peine à retenir leur respiration, quand les oreilles et le nez se sont gonflés et se sont distendus, puisqu'il semble bien que le souffle ἃ un mouvement spontané qui le pousse au dehors ? Mais n’y a-t-1l pas aussi un mouvement qui le porte en dedans, c'est là un point à étudier. Ce serait assez vraisemblable ; car lorsqu’on descend aux plongeurs un vase qu'on renverse, il leur facilite la respiration. Le vase ne se remplit pas d’eau; mais 1] garde l'air. D'ailleurs, ce n'est que par force qu'on le fait descendre dans l’eau; car, comme le vase est tenu tout droit, pour peu qu'on l'incline, l’eau y entre et 50 précipite.

suivent semblent bien confirmer Comment les Anciens pouvaient-

ce fait étrange. — Quand les oreilles et le nez se gonflent….

Parce que ces organes ont été conservés dans leur état natu- ΓΕ]. — C’est là un point à étudier. 11 ne paraît pas que l'auteur ait repris cette étude. — Lorsqu'on descend aux plongeurs... Ces détails sont trop concis pour qu'on voie bien ce dont il s’agit; mais il est clair qu'on faisait passer de l'air aux plongeurs, dans un vase qu'on tenait tout droit dans l’eau, après l'avoir renversé pour que le liquide n'y pût pas pénétrer.

ils obtenir ce résultat, qu'on a tant de peine à obtenir même aujourd'hui? C'est là ce qu'il eût été curieux d'apprendre. — Mais il garde l'air. Ainsi, c'était bien de l'air qu'on faisait passer au plongeur, pour quil püût respirer au fond de l'eau. — Pour peu qu'on l'incline..… Le fait est exact, et c’est là une expérience qu'il est assez facile de répéter ; il faut en effet une certaine force pour faire descendre le vase tout droit, à cause de l’élasticité de l'air qui y est comprimé.

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