DU NEZ
Effet de l’éternuement sur le hoquet ; le frottement de l’œil diminue l'éternuement; multiplicité des éternuements; effet du soleil sur l’éternuement ; action de l'eau froide sur les saignements de nez ; caractère sacré qu'on prête à l'éternuement ; l’homme éternue plus que les autres animaux; les éternuements ont diverses significations selon les heures de la journée ; peine des vieillards à éternuer : nasillement des sourds ; l’éternuement ne se produit pas durant le sommeil; frisson causé par l’éternuement; forme du nez chez les personnes qui ont les cheveux crépus et
chez les enfants.
Pourquoi l'éternuement arrête-t-il le sanglot, et
n’arrête-t-1l pas le hoquet ?
sans l'intervention de l'air. — L'air qui résiste. C'est la membrane plutôt que l'air.
81. L'éternuement arréte-t-il le sanglot. La question est assez étrange, et il est assez diflicile de vérifer l'exactitude de cette observation, parce qu'il est rare que l’on sanglotte en même temps que l’on éternue. Septali
croit devoir, bien qu'à regret, contredire Aristote : et il substitue une explication nouvelle à celle qui est donnée ici; il appuie sa réfutation sur l'autorité d'Hippocrate et de Galien.
Au point où en était la physiologie au temps de Septali, il est ἃ présumer que sa théorie ne vaut guère mieux que celle qu’il
N'est-ce pas parce que l’une et l’autre de ces affections ne se passent pas dans la même partie du corps? L'éructation vient de l'estomac. Le sanglot est un refroidissement de la région du poumon, et une coction incomplète du souffle et de l’humide. Les lieux qui entourent l’encéphale sont en rapportavec le poumon, ainsi qu'avec les oreilles ; et ce qui le prouve, c’est qu'on est en même temps sourd et muet, et que les maladies de l’oreille deviennent bien vite des affections pulmonaires. Parfois, 11 suffit de se curer l'oreille pour déterminer des accès de toux. Ce qui prouve bien encore que, dans le lieu où se passe l’éternuement, 1] y a communication du nez avec le poumon, cest que la respiration est commune aux deux organes, si bien que, quand ce lieu s’échauffe, on éternue ; et que le lieu inférieur où est le sanglot, est affecté sympathiquement. Or, la chaleur fait la coction ; et voila comment le vinaigre apaise le sanglot, ainsi que la retenue de respiration l’apaise aussi, quand la gorge est agitée. Le souffle qu’on retient vous échauffe, de telle sorte, dans l’éternuement, que
Voir la section précédente, ὃ 13.
— Communication du nez avec
combat. — L'éructation. Ou « le hoquet. » — Vient de l'estomac.
Ce n'est pas sûr, non plus que la définition suivante du sanglot. — En rapport avec le poumon. Anatomiquement, c'est une erreur manifeste, à moins que « par les lieux qui entourent l’encéphale », on n’entende le cou et la gorge. — Les maladies de l'oreille... C'est une autre erreur, d'ailleurs fort excusable. — Se curer l'oreille.
le poumon. Ceci n’est pas absolument faux, puisqu'on respire par le nez aussi bien que par la bouche ; mais la communication du nez et du poumon est bien indirecte. — Le lieu inférieur.
C'est bien vague. — Le vinaigre apaise le sanglot. Ceci veut dire sans doute que de l’eau accidulée apaise le sanglot ; mais ce détail est trop concis,
la retenue de la respiration, qui lutte en sens contraire, produit cet effet. Et alors, arrive naturellement l'expiration de l'air et du lieu supérieur ; car il est impossible d’éternuer sans expulser en même temps la respiration. L’effort qu'on fait chasse donc l'air qui était renfermé ; et c'est là ce qui produit le sanglot.
Pourquoi, au moment où l’on va éternuer, éternuet-on moins fort si l’on se frotte l'œil ?
N'est-ce pas parce que c’est une certaine chaleur qui est cause de l’éternuement, et que, le frottement produisant de la chaleur, et le lieu par lequel on éternue étant proche des yeux, le frottement fait disparaître l’autre chaleur, de même qu’un petit feu est éteint par un feu plus grand ?
Pourquoi, d'ordinaire, éternue-t-on deux fois de suite et non une seule, et même plus de deux fois ?
etilreste obscur. Voir plus loin, cette section XXXIII. Le fait
δ 5. — Qui lutte en sens contraire. Le texte n'est pas aussi développé. — Qui était renfermé. Sans doute, dans le poumon. L'école Hippocratique ἃ étudié l’éternuement et le hoquet, Hippocrate, Aphorismes, édit. et trad. E. Littré, tome IX, pp. 567 et 593.
8 2. St l’on se frotte l'œil. La même question a été traitée plus haut, section ΧΧΧΙ, 81; et elle le sera plus loin, $ 3, de
énoncé ici est à vérifier ; mais il est assez probable qu'il n'est pas faux. — L'autre chaleur.
Celle qui est ia moins forte et qui cause l’éternuement. — Un petit feu... Aristote a répété bien souvent cette observation, qui d'ailleurs est vraie.
δ 3. Deux fois... même plus de deux fois. Ceci est exact ; il est bien rare qu'on n’éternue qu'une seule fois; il y a des exemples de gens qui éternuent
SECTION ΧΧΧΙΗΙ͂Ι, DU NEZ, ὃ 5 985
N'est-ce pas parce que le nez est double, et que, dans chacune des ouvertures, est répandue la petite veine par laquelle doit passer le souffle ?
Pourquoi éternue-t-on davantage quand on regarde vers le soleil ?
N'est-ce pas parce que le soleil meut notre organe en l’échauffant ? C’est le même effet que quand on se touche le nez avec des plumes. De part et d'autre, c'est la même action; car en échauffant l'organe par le mouvement, on fait que l’humide se change plus vite en air ; et c’est la sortie de l’air qui est l’éternuement.
Pourquoi l’éternuement fait-il cesser le hoquet, comme le font cesser aussi la retenue de la respiration, et le vinaigre ?
N'est-ce pas parce que l’éternuement est le déplacement de l'air, qui est en bas, et qu’il agit de même
jusqu'à vingt fois. — Le nez est double. La raison pourrait sembler assez spécieuse, si l'on n'éternuait jamais que deux fois ; mais cette disposition double des narines ne suffit pas à expliquer la multiplicité des spasmes.
δ 4 Quand on regarde vers le soleil. Cette observation est exacte; et l’on peut aisément vérifier soi-même que l’éternuement est provoqué par une
T. Il.
transition subite de la lumière à l'ombre, ou de l'ombre à la lumière. — On se touche le nez avec des plumes. C'est le chatouillement, qui fait éternuer.
δ ὅ. L'éternuement..... fait-il cesser le hoquet. Voir plus haut, $ 1, la même question. D'après les détails donnés ici, Septali croit, non sans raison, qu'Aristote a voulu critiquer ce que Platon dit, dans le Banquet, du hoquet d'Aristophane, guéri par
que les potions que l’on prend par en haut agissent sur le ventre, qui est en bas ? La retenue de la respiration arrête les hoquets quand ils sont faibles, parce que l'impulsion du souffle qui se dirige en haut n’est pas très forte, et que, de même que la toux s'arrête, si on la retient un instant, de même ici l'air, qui sedilate, vous étouffe et se fait jour violemment. Quant au vinaigre, il arrête l’éternuement, parce qu'il convertit en air par sa chaleur l’humide environnant qui faisait obstacle à l'expectoration. En effet, il y a éructation, quand l'humidité qui est dans l'estomac d’en haut se vaporise et subit la coction, tandis que le hoquet se produit quand l’air qui est largement répandu dans la région du poumon, est retenu par l'humidité. Alors, cet air se soulève; et ne pouvant pas dissoudre l'humidité, il produit un spasme convulsif. C’est ce qu'on appelle le hoquet. Aussi, quand on ἃ froid, on est pris du hoquet, parce que le froid produit de l'humidité, qui se mêle au souffle et le condense. Ce qui
Banquet, il est probable qu’on
Eryximaque, qui lui conseille de mettait un peu de vinaigre dans
retenir un instant sa respiration
et de se gargariser avec de l’eau. Ce sont en effet les mêmes moyens qui sont indiqués dans le Banquet, traduction de M.