‹ Les Problèmes d'Aristote;Chapitre 52 sur 78 · En nous frottant l'œil · texte numérisé non relu

En nous frottant l'œil

Voir la même question résolue de même plus haut, $ 2, et section XXXI, 81. — L'humidité peut transpirer. Cette explication n'a pas de valeur physiologique. — Que de l'abondance du liquide. Ce n'est pas pro-

lui-même. C'est un mouvement instinctif ; et ce frottement fait cesser parfois la démangeaison qu'on ressent dans la membrane pituitaire.

89. Des, autres vents... La question, quoique de bien peu d'importance, est assez ingénieuse, parce que l’éternuement a une place à part, qu'il faut essayer d'expliquer. — La tête, le thorax et le ventre. Ces trois parties du corps sont en effet très distinctes ; et la science

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thorax, le ventre, c’est la tête qui est la plus divine ? Le pet est le vent qui sort du bas des intestins ; et le rot vient du ventre d’en haut, tandis que l’éternuement vient de la tête. C’est parce que cette dernière région est la plus sacrée, que nous vénérons comme sacré le vent qui en sort. N'est-ce pas aussi parce que tous les vents témoignent que les régions qu’on vient de citer sont alors en meilleur état ? Ainsi, quand on n'a pas d'évacuationsalvines, le ventqui sort soulage les patients. Mais l'éternuement soulage la région de la tête, parce que la tête est alors en santé et peut opérer la coction. C’est en effet quand la chaleur, qui est dans la tête, l'emporte sur l'humidité, que l'air se change en éternuement. Voila pourquoi aussi on essaie de ranimer les mourants en leur donnant un médicament qui les fasse éternuer; et 5115 ne peuvent rien en ressentir, on juge alors qu'ils sont perdus sans ressource. Par suite, on regarde l’éternuement comme le signe de la santé du lieu le plus sacré de tout le corps; on le salue comme sacré, et l’on souhaite du bonheur à ceux qui éternuent.

actuelle les distingue comme conservé cette coutume, qui,

l'Antiquité. — La plus divine.

L'observation est très juste. — Du ventre d'en haut. C'est-àdire, de la partie thoracique audessus du diaphragme. — En merlleur état. Parce qu'elles sont en quelque sorte soulagées. — Opérer la coction, de toutes les humeurs qu'elle peut contenir.

— On essaie de ranimer les mourants. Les Modernes n'ont pas

sur des mourants, pouvait être bien dangereuse et hâter la catastrophe. — Le signe de la santé, rendue à l'organe par le soulagement qu'il éprouve. Voir sur l'éternuement considérée comme sacré, l'Histoire des Animaux, livre 1, ch. 9, 8 8. La théorie d'Aristote est en parfait accord avec celle-ci; et c’est un fait à remarquer,

Pourquoi l'homme est-il, de tous les animaux, celui qui éternue le plus ?

N'est-ce pas parce que l’homme est pourvu de larges vaisseaux, par lesquels l'air et le fluide circulent ? Et quand ces vaisseaux sont pleins d'air, l’homme éternue. Ce qui démontre bien la largeur de ces vaisseaux, c'est que l’homme est de tous les animaux celui qui a l’odorat le moins bon; car les vaisseaux étroits et fins donnent des sensations bien plus sûres. Si donc l'humidité afflue en plus grande quanuité, et plus souvent, dans de larges vaisseaux, et qu’elle y cause l’éternuement en se vaporisant, et si ce sont les hommes qui ont surtout des vaisseaux ainsi disposés, il est tout simple qu'ils éternuent d'autant plus souvent que le nez est plus court. Alors l'humidité étant échauffée, peut s’échapper très vite, en se changeant en air, tandis que, dans les autres animaux, l'humidité se refroidit avant de sortir, à cause de la longueur de leur nez.

8 10. Celui qui éternue le plus. Noir la même question pius haut, section X, $$ 18 et 54.

— Pourvu de larges vaisseaux.

Ce peut être vrai; mais cette organisation ne provoque pas l’'éternuement, qui dès lors devrait être constant, et qui est tout à fail passager. — Sont pleins. Ceci n'est pas exact. — Qui a l’odorat le moins bon.

Ceci est exagéré: mais ce qui est vrai, c'est que l'homme ἃ l'odorat moins parfait que d’autres animaux. — Ætrocts et fins.

Il n'y a qu'un seul mot dans le texte. — Plus court. Comparativement, on ne peut pas dire que le nez de l'homme soit plus court que celui de bien d'autres animaux. La zoologie résoudrait facilement la question.

Pourquoi les éternuements sont-ils de mauvais augure à partir de minuit jusqu’à la moitié du jour, tandis que ceux qui ont lieu de la moitié du jour à minuit, passent pour être bons ?

N'est-ce pas parce que l’éternuement semble devoir nous arrêter davantage quand nous commençons quelque chose, et qu'on est au début de ce qu'on fait? Aussi, quand 1] arrive au moment où l’on va commencer une chose, c'est alors qu'il nous détourne surtout de la faire. Mais l’aurore et l'intervalle qui s'écoule à partir de minuit, est une sorte de commencement. Aussi, à ce moment, prenons-nous bien garde de ne pas éternuer, pour n'être pas arrêtés dans ce que nous désirions faire. Au contraire, le soir et jusqu'à minuit, c'est plutôt une fin, et l'opposé du reste du temps; il en résulte qu'on doit prendre la même précaution, mais dans le sens contraire.

8 11. De minuit... de la moitié du jour. Entre tant d'autres

principe que l’éternuement est un présage et un avis venu des

témoignages, ceci prouve que les Anciens étaient beaucoup plus superstitieux que nous.

Pour s’en faire une juste idée, il faut lire le livre XXVIII de l'Histoire naturelle de Pline, où il a ramassé une foule de faits plus ou moins étranges, édit. et trad. E. Littré, pp. 250, 254 et 259. — Devoir nous arréter davantage. L'explication est acceptable, une fois qu'on admet en

Dieux. — Une sorte de commencement. Le jour social commence bien à minuit, si l’on veut; mais à cette heure, où règne l'obscurité, on ne fait rien ; il serait mieux de prendre le lever du soleil pour le point de départ de toute activité. — La méme précaution dans le sens contraire. Le texte estmoins précis ; et ce passage n'en reste pas moins assez obscur,

Pourquoi les vieillards ont-ils tant de peine à éternuer ?

N'est-ce pas parce que, chez eux, les vaisseaux qui donnent passage au souffle sont affaissés ? Ou bien n'est-ce pas que, ne pouvant plus aisément tenir relevées les parties supérieures du corps, ils sont forcés de les dégager violemment en se baissant ?

Pourquoi cesse-t-on d’avoir le hoquet quand on retient son haleine ?

N'est-ce pas parce que le hoquet vient de refroidissement, et que c'est là ce qui fait que la peur et le froid provoquent le hoquet, et que la retenue de la

respiration échauffe tout l’intérieur du corps ?

S 12. Les vieillards ont-ils tant de peine... Le fait ne paraît pas très exact. La vieillesse rend toutes les fonctions plus diffciles, et l'élernuement devient pénible comme tout le reste. — Les vaisseaux qui donnent passage. Cette première raison n'est pas décisive ; et l'appareil respiratoire ne s'affaiblit pas plus particulièrement avec l'âge.

— Tenir relevées les parties supérieures du corps. Le fait est certain ; mais il ne semble pas que ce soit là ce qui doive rendre l'éternuement plus pénible

aux gens âgés. Le texte n’est pas aussi précis que ma traduction ; mais le sens ne fait pas de doute.

ὃ 13. Cesse-t-on d’avoir le hoquet. Voir la même question, δ8 1 et 5. — Vient de refroidissement. Le fait est fort douteux. — Provoquent le hoquet. C'est une certaine altération de la voix plutôt que le hoquet ; on grelotte; et quand on veut parler, la voix chevrotte.—Échauffe, et s'oppose au refroidissement.

— Du corps. J'ai ajouté ces mots,

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Pourquoi la plupart des sourds nasillent-ils en parlant ?

N'est-ce pas parce que le poumon est souffrant chez eux ? Car la surdité n’est que la réplétion de la région pulmonaire. Par suite, la voix n’est pas facilement mue; mais, de même que quand on est essoufflé, ou qu'on est atteint de l'asthme, la respiration s’accumule par impuissance de l’exhaler, de même la voix s’embarrasse chez les sourds. Elle est alors forcée de passer par le nez; et, contrainte comme elle l’est, elle fait par son frottement le bruit du nasillement. On parle du nez quand il se produit un vide dans la partie haute du nez, qui se rend au voile du palais ; la voix résonne alors comme une clochette, parce que la partie inférieure. est trop étroite.

Pourquoi l’éternuement a-t:il ceci de particulier d Ι qu'il ne se produit jamais dans le sommeil, et pour-

$ 14. La plupart des sourds...

Il faut remarquer cette restriction d'un fait, qui en réalité n'est pas général. — Le poumon est souffrant. Cette explication n'est pas physiologiquement admissible. — La surdité n’est que la réplétion… pulmonaire.

La région pulmonaire n’a rien à faire avec la surdité. — La voix s'embarrasse. Le fait est exact :

mais il tient à des causes purement anatomiques. — Quand il

se produil un vide. Ceci fait peut-être allusion à une rupture du voile du palais.— Comme une clochette. La comparaison n'est pas fort exacte. Voir la même question plus haut, section XI, ὃδ 2 et 4.

ὃ 15. L'éternuement.….. dans le sommeil. L'observation est vraie et délicate; c'est là une question qui, sans être fort importante, mérite d'être posée. L'explication qui en est donnée ici, peut

quoi est-ce toujours, pour ainsi dire, dans la veille qu'il a lieu ?

N'est-ce parce que l’éternuement ne se produit aussi que par l’action d’une certaine chaleur sur l’organe où 1] a lieu ? Et c’est là ce qui fait que nous nous tournons vers le soleil quand nous allons éternuer. N'est-ce pas aussi que, quand nous dormons, la chaleur est concentrée et retenue en dedans ? De là vient que, dans le sommeil, les parties inférieures du corps s'échauffent ; et c’est l'air, quand il est retenu en grande quantité, qui est la cause des rêves lascifs. IL est donc tout simple qu’alors on n'éternue pas. Mais lorsque la chaleur ἃ quitté la tête, comme c’est elle qui chasse naturellement l'humidité de cette partie, et comme l'éternuement se produit par la vaporisation de cette humidité, on conçoit bien que cette affection ne puisse plus avoir lieu. Alors, on a plutôt des vents que des éternuements; de même qu'on a plus d’éructations dans le sommeil que durant la veille, parce que, la région du ventre venant à s'échauffer, les liquides qui s’y trouventse vaporisent plus complètement pendant le sommeil ; les liquides ainsi vaporisés se portent

sembler insuffisante ; mais 1] morbides ont encore bien d’auétait bon de l'essayer. — D'une tres causes. — Par la vaporisacertaine chaleur. C'est une sim- on de cette humidité. La théople hypothèse. Nous nous rie est conséquente ; mais elle tournons vers le soleil. C'était n'est pas très exacte, ou plutôt

peut-être une coutume en Grèce; nous ne l'avons pas conservée.

— La cause des rêves lascifs. La chaleur peut y avoir quelque influence ; mais ces accidents

ce n'est qu'une conjecture. — Plus d'éructations dans le sommeil. Ceci ne peut pas être général, et la plupart du temps, le sommeil se passe dans le

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dans les lieux les plus voisins. Ils sont en effet accumulés aussi dans cet endroit par le souffle, tel qu'il se produit durant le sommeil ; car lorsqu'on dort, on retient la respiration plus qu’on n’en exhale. C’est pour cela que la chaleur s’accumule à l’intérieur. Mais quand on retient sa respiration, on la force d'aller en bas. Or, pour l'air, aller en bas, c'est une direction contre nature. Aussi, est-il difficile de retenir sa respiration.

C’est la même cause qui fait que nous dormons. Comme en effet la veille est le mouvement qui met le plus vivement nos sens en action, tout le temps que nous sommes éveillés, 11 est clair que le sommeil nous prend quand nous tombons dans le repos. Mais comme c'est le feu qui met en mouvement tous les organes dont nous sommes doués, et que, durant le sommeil, le feu est concentré à l’intérieur, il abandonne la région de la tête, où est placée la sensibilité ; etalors, nos sens sont dans la tranquillité la plus profonde. Telle est donc la cause qui nous pousse au sommeil.

plus profond repos de tous nos organes. — Dans les lieux les plus voisins. Le texte n’est pas plus précis. — On relient la respiration. C'est-à-dire qu'on aspire plus qu'on n’expire.Ces constatations sont fort délicates à obtenir. — On la force d'aller en bas. Puisqu’on l'empêche de sortir par la bouche, qui est le haut. — Une direction contre nature. Le fait est exact. — C’est la même cause... Cette explication est encore plus difficile que les précédents, et sur la

question du sommeil, nous ne sommes guère aujourd hui plus avancés quel'Antiquité.— Comme c'est le feu. L'hypothèse est assez naturelle; mais la chaleur qui nous anime n’est pas précisément le feu.— 7/ abandonne la région de la tête. Ce n'est pas prouvé.Aristote ἃ fait d’ailleurs un traité spécial du Sommeil et de la Veille. Voir les Opuscules (Parva naturalia), pp. 145 et suiv. de ma traduction, et surtout ch. 3, & 16 et suiv. Ces études sont très sagaces.

Pourquoi frissonne-t-on quand on vient d’éternuer ou d’uriner ?

N'est-ce pas parce que, dans ces deux cas, les veines se vident de l'air chaud qu’elles renfermaient d’abord ? Alors, l’air du dehors arrive dans les veines, plus froid que ne l'était l'air qui, antérieurement, les remplissait; et c'est celui-là qui, en entrant, cause le frisson.

LE

Pourquoi l'éternuement fait-il cesser le hoquet ἢ

N'est-ce pas parce que le hoquet ne vient pas, ainsi que les éructations, de l'estomac, qui reçoit les aliments, mais qu'il vient de l'air qu'on respire ? Il vient surtout du refroidissement que causent la gelée, le chagrin et les remèdes qu'on prend par en haut. En effet,

8 16. Quand on vient d'éter- du frisson est positif; mais

nuer. Voir la même question plus haut, section VIII, ὃ 8. — Ou d’uriner. Voir dans la même section le $ 13, plus spécial à l'urination. — Les veines se vident de l’air chaud. C'est une pure hypothèse. — L'air du dehors. Il est certain que l'air ambiant est en général plus froid que notre température intérieure ; mais il n'entre pas dans notre corps, comme l'auteur semble le croire. Le fait

l'explication est insuffisante.

δ 17. Le hoquet. Ou peut-être, « le sanglot », l'expression grecque ayant les deux sens.

Voir la même question plus haut, 55 1 et5, où elle est exposée avec plus de concision.— Mais.

de l'air qu'on respire. Ceci peut s'appliquer tout aussi bien, soit au hoquet, soit au sanglot. — Les remèdes qu'on prend par en haut. Ce sont les vomitifs, qui en effet causent toujours un

SECTION XXXIII, DU ΝΕΖ, 8 18 397 le lieu où se passe le hoquet est chaud par sa nature; mais quand il se refroidit, il ne peut pas exhaler tout l’air qu'il contient; et alors il produit comme des bulles. Ce qui fait que le hoquet, ou le sanglot, cesse quand on retient son haleine, c’est que, de cette façon, le lieu s’échauffe. Surtout, 1] cesse si l’on avale du vinaigre, qui a la qualité de l’échauffer. La chaleur provenant de cet échauffement et même du cerveau, et les régions supérieures aboutissant au poumon, lequel est également chaud, il en résulte que la retenue du souffle, avant l’éternuement, et la résistance qui vient d'en haut, amènent la solution de la crise.

Pourquoi ceux qui ont les cheveux crépus, ou dont les cheveux sont bouclés, ont-ils le nez camus, plus généralement que tous les autres hommes ?

Est-ce parce que le crépu des cheveux tient à leur épaisseur, et que cette épaisseur est accompagnée de rudesse ? Quand le sang est dur, il est chaud ; mais la

refroidissement très sensible.— Le lieu où se passe le hoquet. 1] aurait fallu désigner ce lieu plus

larynx. — La solution de la crise. C'est l'éternuement même, à la suite duquel on sent un

précisément. — Comme des bulles. La comparaison est juste ; et c'est en effet comme autant

de bulles d'air qui viennent à crever. — Ou le sanglot. J'ai ajouté ces mots. — Du vinai-

gre. Ce n’est plus aujourd'hui un remède qu'on emploie. — La chaleur... échauffement. Cette répétition est dans le texte. — Les régions supérieures. C’est le

soulagement véritable.

ὃ 18. Les cheveux crépus...On peut croire que l’auteur a voulu faire allusion aux nègres, dont souvent le nez est camus.— Ze crépu des cheveux. L'observation est exacte, et les cheveux crépus sont toujours très rudes, et ressemblent à du crin. — Le sang est dur. C’est la traduction exacte de l'expression grecque,

chaleur ne produit pas de résidus. Au contraire, comme l'os ne se forme que de résidus, et que le cartilage du nez est osseux, l’aplatissement de cette partie semble toute naturelle; et la preuve, c’est que

tous les petits enfants sont camards.

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