‹ Les Problèmes d'Aristote;Chapitre 59 sur 78 · SECTION XXXVII, DU CORPS, S · texte numérisé non relu

SECTION XXXVII, DU CORPS, S

quand la chaleur vient à manquer, le corps dépérit et diminue. N'est-ce pas aussi parce que la chair devient plus massive par la chaleur de la nourriture? En effet, ce qui est chaud fait toujours dissiper l’humidité. Or, la nourriture circulant dans la chair est humide ; et plus la chair reçoit de nourriture, à cause de son élasticité, plus elle devient poreuse, et plus elle peut en absorber, comme ferait une éponge. Or, la friction fait que la chair transpire plus aisément et se raréfie ; elle empêche les stagnations de se produire dans le corps; et du moment qu’il n’y a pas de stagnations, les liquéfactions ne se produisent pas non plus; car les atrophies et les liquéfactions viennent de l’amas de matières indigestes. Les matières devenant plus aptes à recevoir l'air, plus rares et plus pondérées, 1] est tout simple que leur volume grossisse de plus en plus. Les organes sont alors mieux disposés à recevoir plus de nourriture ; et ils expulsent plus 81sément les excrétions inutiles. C’est que, pour le bien de la santé, la chair ne doit pas grossir, mais au contraire se raréfier. Car, de même qu'une cité ou une région est saine, quand l'air y circule facilement, et c’est

dire, pour les convertir en vapeurs. — Dépérit et diminue. — Le fait est exact. — Plus massive par la chaleur de la nourriture. L'expression du texte n'est peut-être pas aussi précise.

— Poreuse. Le texte dit précisément : «rare ».— Une éponge.

La comparaison est assez juste.

— Se raréfie. Ou, devient plus poreuse. — Elle empêche les sta-

gnations. C’est bien là en effet le résultat des frictions, qui facilitent la circulation du sang et des humeurs. — Les liquéfactions, qui amènent à leur suite la corruption des chairs.

L'expression grecque répond à ces deux nuances. — /nutiles.

J’ai ajouté ce mot. — De même qu'une cité. La comparaison n’est peut-être pas très bien

encore ainsi que la mer est si salubre, de même le corps, quand il est perméable à l'air, est plus sain que quand il est dans un état opposé. IL faut en effet, ou qu'il n'y ait dans le corps rien de putride, ou que le corps s’en débarrasse en l’expulsant le plus vite qu'il peut. Il doit être dans cette disposition que, s’il reçoit des superfluités, il les rejette sur-le-champ, et qu'il soit toujours en mouvement et jamais en repos. Car ce qui est stagnant se gàte, comme l’eau qui reste immobile. La matière qui se gâte engendre la maladie ; mais la matière qui est expulsée est rejetée avant qu’elle n’ait eu le temps de rien pourrir. Cette expulsion ne se produit pas si la chair s’est épaissie, parce qu'alors les pores sont en quelque sorte bouchés. Mais l’effet se produit quand la chair s’est raréfiée.

Voilà encore pourquoi il ne faut pas aller tout nu au soleil; car la chair se condense, et peu à peu elle se durcit. C’est qu’alors l'humide qui est à l’intérieur du corps y séjourne, tandis que l’humide qui est à la surface se détache, en se vaporisant. De même que les viandes rôties sont plus humides à l'intérieur que les viandes bouillies, de même il ne faut pas non plus se

choisie. — La mer. C'est le mot même du texte ; mais il faut entendre : le séjour sur le bord de la mer, ou les voyages sur mer.

— Perméable à l'air. L'idée n’est pas fausse ; mais l'expression est exagérée. — Rien de putride.

L'observation est juste. — Qu'il soit toujours en mouvement. Ou peut-être: «que tout y soit en mouvement ».— Cette expulsion.

Le texte n'est pas aussi précis.

— Voilà encore pourquoi. C'est en quelque sorte une question nouvelle, jointe à la première.

— Aller tout nu au soleil. Ou peut-être seulement : «la poitrine découverte». — Les viandes rôties… les viandes bouillies. Le rapprochement est inattendu, sans que d'ailleurs la différence entre les deux états

mettre au soleil, le buste découvert, parce que le soleil enlève quelque chose aux parties du corps qui sont les mieux constituées, mais qui n’ont pas du tout besoin qu'on leur ôte quoi que ce soit, et que ce sont les parties intérieures qu'il faudrait plutôt dessécher. Mais quand les matières sont éloignées, il est impossible de les faire sortir sans beaucoup de peine, tandis que, pour celles qui sont davantage à portée, il est plus facile d'en épuiser le liquide.

Pourquoi, lorsque nous avons eu froid, une même quantité de chaleur nous brüle-t-elle davantage, et nous fait-elle plus souffrir ?

N'est-ce pas parce que la chair, épaissie par le froid, repousse la chaleur qui lui survient ? C’est là aussi ce qui fait que le plomb est plus chaud que la laine. N'est-ce pas encore parce que la circulation de la chaleur devient difficile, le corps étant coagulé par le

froid qu'il a subi ἢ

des viandes soit fausse. — Le buste découvert. Physiologiquement, cette recommandation n’a peut-être pas grande importance. — À portée. Le texte dit précisément: «sous la main ».

Voir plus bas le $ 5, et aussi plus haut section I, $ 53, et section V, ὃ 34, la même question, exposée en termes identiques.

δ 4. Lorsque nous avons eu froid. Voir plus haut, section VII, $ 19, la même question, résolue dans les mêmes termes.

Le fait est d’ailleurs fort exact,

et c'est ainsi qu'on réchauffe petit à petitles gens dont les membres sont gelés. — Nous faitelle plus souffrir. On peut avoir fait soi-même cette observation.

quand on se chauffe un peu trop, lorsqu'on a eu une simple onglée.

— Le plomb est plus chaud que la laine. Cette phrase pourrait bien n'être qu’une interpolation.

Le plomb, étant plus dense que la laine, garde mieux la chaleur.

— Difficile. Le texte dit précisément : « violente ».

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