‹ Les Problèmes d'Aristote;Chapitre 61 sur 78 · DE LA COULEUR DE LA PEAU · texte numérisé non relu

DE LA COULEUR DE LA PEAU

Effets du soleil sur la cire, l'huile et la peau ; teint des marins toujours très bruns; effets des vêtements sur la chaleur du corps ; effet des frictions d'huile sur la personne ou sous les vêtements ; effet du grand air sur la coloration du visage; influence des exercices sur le teint, selon qu'ils sont modérés ou violents ; station au soleil ; exercices en plein soleil; action du soleil et du feu sur la peau ; changements de la peau dans la vieillesse ; action de la farine d'orge et de blé sur le teint des meuniers.

Pourquoi le soleil, qui fait blanchir la cire et l'huile, fait-il noircir la peau ?

— Telles parties du corps. Le

. texte est moins précis. — Plus poreuse. Ou, « plus rare », comme ci-dessus. — À la sor-

lie des matières. Le texte ici est

très vague. — Une répercussion, qui la soulève, et la fait gonfler en la fortifiant.

8 1. Qui fait blanchir la cire et l'huile. Ce phénomène est-il

N'est-ce pas parce qu'il fait sortir l’eau de ces matières qu'il les blanchit ? Car naturellement le liquide est noir, parce qu'il contient une partie terreuse, à laquelle il est mêlé, et qu'il brüle la surface de la peau.

Re

Pourquoi les pêcheurs et les marins qui recueillent la pourpre, et en général les gens qui vivent de la mer, ont-ils des cheveux roux ?

N'est-ce pas parce que l’eau de mer est chaude et desséchante, à cause de la saumure qu'elle contient, et que cette matière rend les cheveux roux, comme la poussière et l’arsenic? N'est-ce pas aussi que les cheveux oùt plus chaud dans leurs parties extérieures et qu'ils ont froid dans l'intérieur, et qu'étant toujours mouillés, les parties qui les entourent sont desséchées

bien certain ? Ce qui nest pas douteux, c'est que l'action du soleil noircit notre peau. — Naturellement le liquide est noir.

C'est une pure hypothèse; mais elle explique que, l’eau sortant de la cire et de l'huile par la chaleur du soleil, ce qui reste devient blanc. — La surface de la peau. L'idée de surface est comprise étymologiquement dans le mot du texte.

ὃ 2. Les pécheurs….. L'observation est assez Juste, quoique la couleur des cheveux tienne encore plus à la race qu'à l’action des causes extérieures. — Des cheveux roux. On pourrait com-

prendre aussi qu'en général les matelots ont le teint bruni. — L'eau de mer. Le texte dit simplement: « la mer ». — Comme la poussière et l’arsenic. I] est difficile de comprendre ce que l'auteur ἃ voulu dire. Parle-t-il de la couleur de la poussière et de l’arsenic ἢ Ou bien veut-il indiquer la couleur que la poussière et l’arsenic donnent à la peau en s'y attachant ἢ — Les cheveux ont plus chaud... Le texte est moins précis; et il pourrait se rapporter à la per-

sonne des marins, aussi bien

qu'à leurs cheveux. — Les parties qui les entourent. Pour

par le soleil ? Or, ces parties étant ainsi éprouvées, les cheveux qui se dessèchent deviennent plus fins et roussissent. C’est là ce qui fait que tous les habitants des régions septentrionales ont les cheveux roux et

plus fins.

de

Pourquoi, lorsqu'on court en gardant son manteau et qu'on s’est frotté d'huile sous son vêtement, prendon un teint animé, tandis que les courses qu’on fait en étant nu vous pälissent ἢ

N'est-ce pas parce que si, la respiration facile vous donne un bon teint, l’essoufflement fait tout le contraire, et que l'humide qui, en s’échauffant, donnerait un bon teint s'il ne se refroidissait pas, produit en ce cas de la päleur ? Au contraire, la sueur, sous le manteau que l’on garde, et la friction d'huile sous le vêtement produisent toutes deux le même effet ; c’est-à-dire que la chaleur se trouve également renfermée. Les courses qu'on fait en étant nu, font pälir par la cause opposée, parce que l’air refroidit les sécrétions inté-

pensée de l’auteur ; il veut dire sans doute qu’on a frotte d'huile

faire cette distinction dans l’organisation des cheveux, il fal-

lait les avoir observés de très près. — Les habitants des régions septentrionales... Ils ne sont pas tous cependant sur le bord de la mer.

8 3. En gardant son manteau.

C’est le moyen de provoquer la sueur d'une facon pius intense.

— Sous son vétement. C'est la traduction fidèle du texte : mais

il est difficile de comprendre la

les parties du corps que le vêtement recouvre, tandis que le visage et les mains ne seraient pas huilés. Les Anciens faisaient un grand usage de l'huile pour tous leurs exercices : nous avons perdu ces habitudes, que notre climat n'exige peut-être pas autant que celui de la Grèce.—En ce cas. J'ai ajouté ces mots. — Que l’on garde. Même remarque.

rieures, qui se condensent, et qu'il emplit le corps de vent. Quant à l'huile en particulier, étant liquide et légère, et bouchant les vaisseaux où elle ἃ pénétré, elle ne permet pas au liquide et à l'air de sortir du corps, ni à l'air du dehors d'entrer à l’intérieur. Par suite, les excrétions liquides, qui sont comme étouf-, fées dans le corps, en disparaissent, et vous donnent la bonne couleur du teint.

Pourquoi le bon air nous fait-il un bon teint ὃ

N'est-ce pas parce que le mauvais teint semble être comme une putréfaction de la peau ? Lors donc que la surface est humide et chaude, la pâleur en est la conséquence, tant que la peau ne s’est pas refroidie et n’a pas expulsé la chaleur.

Pourquoi, quand on vient ἃ suer à la suite des exercices que l’on fait, a-t-on sur-le-champ bonne mine ? Et pourquoi les athlètes sont-ils ρὰ 65 ὃ — Il emplit le corps de vent. Le ont pu

commettre une trop

texte esttrès vague. — La bonne couleur du teint. Le texte vulgaire donne un sens tout contraire ; mais j'ai cru, avec Septali, qu’il y avait, dans cette fin du $, une contradiction flagrante avec le début; et j'ai fait le changement, pour que toutes les parties de l'explication s'accordassent. Il suffit d'ailleurs du remplacement mutuel d'une lettre ou deux ; et les copistes

facile inadvertance.

8 4. Le bon air. Ou peut-être aussi : «la bonne respiration ».

Le mot grec peut avoir les deux sens. La pensée de l'auteur reste obscure, parce qu'elle est exprimée avec trop de concision.

ὃ 5. Les athlètes sont-ils pâles.

L'observation est très juste ; et l'on peut fréquemment qu'à la suite d'un mouvement

voir

N'est-ce pas parce qu'un exercice modéré fait sortir la chaleur et la répand à la surface, tandis que des exercices violents épuisent le corps, abimé de fatigue par la sueur et l’essoufflement ? Lors donc que la chaleur est à la surface, on a de vives couleurs, comme les gens qui ont très chaud ou qui rougissent de honte ; mais quand la chaleur s’en va, le teint s'apälit. Or, les gens ordinaires font des exercices modérés ; les athlètes en font de très violents.

Pourquoi, quand on reste assis en place au soleil, brüle-t-il plus que quand on fait de l'exercice ?

N'est-ce pas parce que, quand on est en mouvement, on est comme éventé par l'air qu’on met en mouvement avec soi, tandis que, quand on ne bouge pas, on ne subit pas cette influence ?

trop violent, on devient pâle ; et par conséquent, il est tout simple que les athlètes, étant continuellement adonnés aux efforts les plus violents, restent pâles, sans d’ailleurs être moins forts, ni moins bien portants, sauf les inconvénients bien conaus du tempérament athlétique.

D'ailleurs, les Anciens avaient bien plus d'occasions que nous de faire des observations de ce genre. — Exercice modéré. exercices violents. Cette explication est très pratique.— Les gens ordinaires. C'est-àdire, qui ne sont pas des athlètes.

Page 1