Pourquot les Anciens
Voir la même question plus
loin, 8 47, où elle est résolue
un peu autrement, — Les Anciens. Sous-entendu : Musiciens. — Ont-ils laissé de côté.
Ceci ne se comprend pas assez.
L'auteur a sans doute voulu dire que la gamme des sept cordes ne répélait pas la tonique à l’octave, et allait jusqu'à la nété, qui représentait sans doute le second Fa. Il semble que le contexte exige la traduction que nous donnons; mais il y a des commentateurs qui ont compris le mot employé ici dans un sens tout différent :
« ont conservé », au lieu de :
« laissé de côté — δὰ note plus
grave. C’est évidemment la tonique, que les Anciens écar-
basse donne plus de résonance que la note aiguë, attendu que, si l’aigu ἃ plus de puissance, le grave se fait entendre plus aisément.
Pourquoi la note grave augmente-t-elle le son de la note aiguë ? j
N'est-ce pas parce que le grave est plus grand ? IL ressemble à un angle obtus, tandis que le son aigu ressemble à un angle aigu.
Pourquoi préfère-t-on entendre un seul instrument, quand la voix est accompagnée de la flûte ou de la lvre, bien que l’un et l’autre instrument jouent le même air, sur la flüte et sur les cordes ? Car, si le même chant devait faire d'autant plus de plaisir qu'il se répéterait, il faudrait aussi qu'on eùt encore plus de plaisir quand les joueurs de flûte sont plus nombreux. LS
taient. — De la plus aiguë.
De la nété. — Plus de résonance.Ou bien: «répond davantage à l'octaye ».
S8. La note grave. Sans doute, la tonique. — Le grave est plus grand. Cette différence est manifeste sur les instruments à cordes: la corde la plus longue donne le son le plus grave. — Se fait entendre plus aisément.
Ceci n'est peut-être pas très
exact. Un son grave exige
autant d'effort qu'un son aigu.
S9. Entendre un seul instrument. Le texte n'est pas aussi formel ; mais la suite autorise cette interprétation, puisque le nombre des instruments étouffe la voix, quon n'entend plus aussi bien. — Sur la flüte.
J'ai ajouté ces mots pour plus de clarté. — δὲ le même chant.
L'expression &u texte est plus générale, et l'on pourrait traduire encore: « Si la même
SECTION XIX, HARMONIE, ὃ 10 43
N'est-ce pas au contraire qu'on atteint mieux son but et que l'oreille est plus satisfaite, lorsqu'il n’y ἃ qu'une seule flûte ou une seule Iyre ? La multiplicité des flûtes ou des lyres cesse d’être plus agréable, parce qu'elle fait disparaitre en partie le chant de la voix.
Pourquoi, si la voix de l’homme est ce qu'il y a de plus agréable, la voix qui chante sans prononcer de paroles, comme lorsqu'on fredonne, n'est-elle pas plus agréable que la flûte ou la lyre ἢ
N'est-ce pas parce que, même pour ces instruments, on n'a pas autant de plaisir à les entendre quand ils n'imitent pas la voix humaine, bien qu'ils soient agréables par les sons seuls qu'ils rendent? La voix humaine ἃ bien plus de charme; mais les instruments sont plus puissants que la bouche ; et l’on aime mieux les entendre que d'entendre fredonner.
chose devait, etc. » — Le chant de la voix. Ou peut-être seulement : « la mélodie ».
$S 10. Ce qu'il y a de plus agréable. Sur ce point, l'opinion n a pas changé; et les Modernes pensent absolument comme les Anciens. — Lorsqu'on fredonne, ou, « Lorsqu'on se contente de sons musicaux sans parole », comme lorsqu'on prélude; et ce qui est aussi le cas dans les exercices de solfège. — Quand ils n'imilent pas. Le texte ne va pas plus loin; j'ai cru devoir
ajouter : «la voix humaine ».
Ce complément semble nécessaire. — À bien plus de charme.
A cause des modulations infinies qu'elle peut produire, et par les nuances qu'elle donne aux sentiments qu'elle exprime. — Plus puissants que la bouche.
Ceci est de nos jours encore plus vrai que dans l'Antiquité, à cause des progrès qu'a faits la fabrication des instruments. Plus haut, la section XI ἃ été remplie presque tout entière par l'étude de la voix humaine.
Pourquoi la voix, quand elle tombe, devient-elle
plus aiguë ?
N'est-ce pas parce qu'elle se rappetisse en deve-
nant plus faible ?
Pourquoi est-ce toujours la plus grave des cordes
qui recoit la mélodie ?
C'est qu'en effet si l’on veut chanter la paramèse, il suffit de la mèse toute seule, pour que le son moyen ne s’en produise pas moins. Mais si l’on chante la
δ 11. Devient-elle plus aiguë.
L'observation parait juste; et la fin d’un discours d'orateur est toujours d'un ton plus élevée que le début. C'est pour cela qu'en commencant à parler, il ne faut pas prendre un ton trop haut, parce qu'on ne pourrait pas soutenir le progrès incessant du diapason. — Se rapetésse. C’est la traduction fidèle; mais l'expression est bien vague.
Septali semble croire que le texte pourrait bien être corrompu.
ὃ 12. Zæ mélodie. Ou, le thème que l’on chante. Tout ce ὃ est obscur, parce que nous ne connaissons pas exactement quel était le système musical des Grecs.Qu'est-ce précisément que la Paramèse et la Mèse ?
Nous ne le savons point; et par suite, le sens des explications données ici par l’auteur nous
échappe. J'ai donc été forcé de conserver les mots grecs, comme l'ont fait tous les traducteurs et commentateurs. Il semblerait que la mèse représente notre Fa, et que la paramèse représente le Sol, si l'on en croit Septali. Le Fa est plus grave que le Sol, puisqu'il est audessous. Le texte pourrait vouloir dire que, si l’on module sur le Sol, on peut entendre le Fa, qui est plus grave, tandis que si l'on module sur le Fa, il faut y joindre le Sol. Cette explication, que je donne pour ce qu'elle vaut, ne s’accorde pas avec les principes de notre musique actuelle. Mais tout ce qu'il importe d'en tirer, c'est que l'auteur reconnait que la note qui est plus grave, doit servir d'appui à une note plus aiguë.
— Le son moyen. En d'autres termes, c'est la mèse. Ce mot
SECTION XIX, HARMONIE, ὃ 14 45 mèse et qu'il faille réunir les deux notes ensemble, les notes ne s'entendent plus isolément. Ou bien, n'est-ce pas parce que le grave est toujours grand; et que l'étendue du grand fait que les deux notes se trouvent dans la note basse ?
Pourquoi, dans le diapason, le grave devient-il la résonance de l’aigu, tandis que l’aigu n’est pas la résonance du grave ?
N'est-ce pas parce que, dans les deux, la mélodie des deux se produit certainement. Mais qu'elle ne se fait entendre que dans le grave, parce que le grave est plus grand ?
Pourquoi, dans le diapason, ne distingue-t-on pas
grec signifiait aussi Moyen. — Ne s'entendent plus isolément.
Parce que le son le plus grave absorbe le son le plus aigu. — Est toujours grand. Ceci se rapporte sans doute aux cordes, dont le son est d'autant plus grave quelles sont plus longues.
— L'élendue. Le sens du mot grec est indécis, comme le mot de ma traduction. — Deux notes.
Ceci revient à dire que l’octave en haut se forme avec une corde qui est la moitié de celle de l’octave en bas.
ὃ 13. La résonance. Le sens du mot grec n'est pas certain ; les traducteurs latins n’ont fait que le reproduire. Il s'agit sans
doute ici de cordes où, en effet, la basse fait entendre d'abord son propre son, puis ensuite l'octave, qui est aiguë par rapport à la tonique. Mais la corde haute, en produisant le son aigu, ne fait pas entendre le son grave de la basse, qui est
à l’octave. — La mélodie. C'està-dire, les deux sons de la tonique et de l’octave. — Elle
ne se fait entendre. Le texte n'est pas aussi formel ; mais le sens parait certain. Voir le $ suivant.
S1%. Dans le diapason. C'està-dire, dans la gamme telle que les Grecs l'avaient; et cette gamme n'était probablement
l'octave, et semble-t-il que ce soit le même son, comme dans l'instrument phénicien et dans la voix humaine? Les notes aiguës ne sont pas précisément à l’unisson ; elles sont seulement à l’octave, et analogues les unes aux autres.
N'est-ce pas que le son semble être le même parce que l’analogie est une égalité pour les sons ? Or, légal est le caractère de l'unité. C’est là aussi d’où vient la même erreur quand on entend des chalumeaux à l'unisson. >
ES
Pourquoi les nomes n’avaient-ils pas autrefois d’antistrophes, tandis que les autres chants du chœur en avaient ?
N'est-ce pas parce que les nomes étaient les chants de gens qui concouraient entre eux, et qui, pouvant
que la nôtre. — Dans l'instru- 8 ment phénicien. Le texte dit