CHAPITRE \l DK l'antacoxis^ie entrk l'esprit scientifique et le
BENTIMEiNT. — ÉVOLUTION DES SENTIMENTS HUMAINS
L'imagination et l'instinct du génie, pour produire, doivent être excités et fécondés par le sentiment : il faut aimer son idée pour éprouver le besoin de lui donner vie; or, entre la science et le sentiment, on a encore établi un antagonisme. Stuart Mill lui-même, dans son espèce de confession morale {Aiitobiography), reconnaît que l'analyse a une « force dissolvante » qui produisit en lui une crise bien connue de désespoir : « L'analyse tue le sentiment. » A cette crise il ne trouva un remède que dans l'art le plus éloigné de l'analyse réfléchie et de Ja réalité positive : la musique. Cette troisième opposition entre l'art et la science est-elle donc plus profonde que les autres?
Ce serait évidemment une erreur de se figurer les sentiments humainr, même les plus primitifs, comme invariables à travers les siècles Us se transforment lentement, mais d'une façon continut^ cl M. Tame Ta très bien montré dans sa Philosophie de l'art. Essayons d'établir, ce qu'il