DE LA IIKCIIKRCHË DU MOT POUR LE MOT
il en vint à adorer le mot, qu'il confondit absolument avec l'idée; le mot, « vie, esprit, germe, ouragan, vertu, feu '. ,, Le culte du « pittoresque, » qui réside surtout dans les mots, remplaça celui de la beauté véritable, qui réside surtout dans la réalité et dans la pensée. De là, la recherche des termes « empanachés .. et bruyants, qui laissent dans l'oreille une sorte de bourdonnement confus et dans l'esprit des images incohérentes, sans présenter aucune idée claire. Th. Gautier, doublement fier de son habileté dans l'art des mots et de sa force en gymnastique, aimait à s'écrier : . Moi, je suis fort, j'amène 320 sur une tête de Turc, et je fais des métaphores qui se suivent! Tout est là. .. Des noms aux « triomphantes syllabes, .. sonnant comme des « fanfares de clairon, ,. ou encore des « mots rayonnants, , des « mots de lumière, « voilà, selon Th. Gautier, toute la poésie lyrique'. Quant au roman et au drame, il a besoin d'une autre espèce de mots, ceux qui ofTrent au palais une saveur excitante et épicée. . Les classiques ont pipé les niais de leur époque avec du sucre ; ceux de maintenant aiment le poivre : va pour le poivre î