‹ Les problèmes de l'océanChapitre 25 sur 48 · LES GLACES DE LA MBB · texte numérisé non relu

LES GLACES DE LA MBB

du Groenland, et qui ouTre, à ses glaces, la route yers le sud.

L'amiral Hakharoff estimait à 20 */<> la surface totale des espaces d'eau libres de glaces que l'on peut rencon* trer dans les mers arctiques. Dans ces conditions, si nous admettons même le chiiFre de 1/3 (33 V«) pour la surface moyenne de Teau non congelée; en prenant comme valeur moyenne de la dérive de la banquise 5 milles marins par jour, avec une épaisseur moyenne de 5 mètres de glace, nous trouvons que le volume de glace transporté entre le Groenland oriental et le Spitxberg, au cours d'une année, est 12.700 kitamètres cubes. Le courant polaire qui sort par le détroit de Davis, transporte annuellement 5.000 kilomètrescubes.Enûn, on peut estimer à 2.000 kilomètres cubes la valeur de la glace transportée entre le Spitzberg et la Nouvelle Zemble. La somme de ces trois quantités est, en chiffres ronds, de 20.000 kilomètres cubes de glace qui fondent aunuellement. Dans ce chiffre ne sont pas compris les « icebergs » qui sont de la glace d'eau douce.

Les limites de ces glaces à la surface de l'Océan sont, qaturellement, assez variables, suivant la saison et suivant l'année.

En général, les côtes sud et ouest de l'Islande sont libres de glaces; mais la côte nord-est de cette lie est presque toujours bloquée. Quand le vent d'Est souffle ayec persistance, les glaces sont drossées sur la côte est du Groenland, et la mer peut être libre, au mois de mai, sur la côte nord de Tlslande. Au contraire, avec un régime persistant de vents du Nord, les glaces peuvent être poussées vers l'Est bien au delà de l'île de Jan- Mayen. >

Le détroit de Behring offre un passage trop étroit aux glaces arctiques pour qu'elles puissent, par là, sortir du bassin polaire. Aussi n'observe-t-on dans la mer de Behring que des glaces fraîches, renouvelées chaque année. On observe de forts champs de glace dans la mer

126 LES PROBLÈMES DE l'qCÉâN

d'Okhotsk, an nord de Hle Sakhaline ; jôsqti'exi avril, od trouve des glaces de dérive dans la mer du Japon.

La baie d'Hadson, te gcAfe du Saint-Laurenft aomi des mers où les glaces sont très abondantes» La Baltisque se t^rend régulièrement, de novembre à mai, dans toute l'étendue du g^lfe de Botlmie. Le goi^e de Riga est parfois gelé,' mais il est libre pendant beaucoup d'iiivers. Les belts et les détroits ne sont barr^ que pendant de rar'es semaines au cours d'hivers exceptionniàs. Dans la mer Noire, Tean se prend au voisiaage d'Odessa pendant quelques semaines par an. La merd^Asoff estprise^ généralement) en* janvier et février* En Méditerranée, le Bosphore a été gelé une fois, au moyen â^e ; ce n'est qu'à titre exceptionnel que Ton a vu des glaces sur la lagune de Venise, à Livourne et à Salonique.

i Dans les latitudes australes, la distribution des glaces et des banquises est tout antre. Le caractère insulaire de l'Antarctique assigne généralement à la banquise qui l'entoure une forme vaguement circulaire.

On peut dire que la limite moyenne de la banquise australe est le cercle polaire antarctique. Dans des hivers exceptionnels, cette limite s'abaisse Jusqu'au parallèle 60° qu'elle dépasse même quelquefois.

On rencontre, flottant sur l'Océan, d'autres glaces que les fragments détachés de la banquise, les « floes des Anglais : ces glaces sont les icebergs ou « montagnes de places », qui atteignent des dimensions gigantesques, mais, au lieu de. provenir de la congélation de l'eau de mer, ces icebergs sont formés de glace d'eau douce et proviennent des glaciers qui recouvrent les terres polaires arctiques ou antarctiques,

' Les glaciers des terres polaires : Spitzberg, Groenland, Antarctique, proviennent de l'accumulation des neiges qui, soudées en glace compacte par le phénomène du

> LES GLACES DE LA MEIt i27

« regel >» grâce à llnQoeBee de la preseion, «e moulent «ar le 9ol eous-jaceai dont ils époaseat lee formes et qê'ih reeooTrexvt d'une eovche continue de glace qui Mmd et dépasse répaisseur de nvUle mètres.

Mats ces glaciers, recouvrant ainsi na sol allant e» peste vei» la met^ glissent lentement, eox aussi, vers rOeéan où lenr « front » vient baigner et s^immerger isous la poussée continue des couches eupërieures.

Fi|.'16. — FonBa|Uon dei fcebtrgs.

Formé de glace compacte dont la densité est .ea\iro0 0^917, ii plonge dans Teau de mer de densité 1,037 : il s'y enfonce jusqu'à ce que les 9/ 10 de sa masse soient immergés et le dixième émergé. Alors, sooB rinfli;ience de la poussée hydrostatique qu'il subit de la sorte, sous Tinfluence aussi des ascensions périodiques de la marée, le front du glacier baignant dans l'eau qui le soulève, tend d'abord à se relever (fig. 18) ; des fractures s'y amorcent et, finalement, des blocs s'es détachent pour aller flotter sur la mer : te sont les icebergs*

Oa voit donc,' par le mécanisme même de leur formatioi^ que les icebergs auront, surtout |à leur naissance, une forme généralement « tabulaire ». Cette forme s'olsearve beaucoup dans l'Antarctique où l'on en voit d'inmeoisesy dont les dimensions sont vraiment colossaits. D'après des détermioations faites sur des blocs de .gU:e provenant de glaciers, le rapport de la hauteur

«émergée à la hauteur immergée est voisin de l/8^ La hauteur d'un iceberg « sous ^'eau » est donc 8 fois celle de la partie qui s'élève au-dessus de la surface liquide.

Or, on a fréquemment observé des icebergs dont la hauteur, au-dessus de Teau, dépassait lOO mètres ; Drygalsky en a même observé un de 137 mètres, jD'autre part, ou en a vu dont la longueur, dans le sens horizontal, était de plusieurs kilomètres. Un iceberg de cubique d'un kilomètre de Côté et dépassant Teau de 125 mètres, a un volume (f un kilomètre cube, et sa masse est d*un milliard de tonnes : on comprend le nom de «(montagnes de glace » qu'on leur a donné. ^

Leur structure, formée de strates, de bandes superposées rappelle la structure des glaciers d'où ils provienneit. Leur glace est bleu-verdàtre ; elle est criblée de peti.es bulles d'air encloses et, souvent, leur masse est fdndillée en tous sens. Souvent ils présentent de véritables « grottes » dans lesquelles on' peut pénétrer atec une embarcation. Parfois, on les voit « éclater » avec un »foruit terrible ; cet éclatement provient sans doute des pressions énormes auxquels l'iceberg était soumis qmnd il faisait encore partie du glacier générateur et qui .peuvent se récupérer par le phénomène inverse quand 41 est libéré de la glace qui le. comprimait.

L'équilibre de flottaison de ces blocs énormes est très 'instable. Quand la partie immergée plonge dans un courant dhaud qui la fond rapidement et que la partie émergée est en contact avec de l'air froid, le centn de ^gravité et le métacentre changent à chaque instan; de position ; il arrive un moment où le premier se trouve au-dessus du centre de poussée. Alors, là moindre c;use extérieure, un bruit violei^t, une secousse quelcon(ue, ren provoque le retournement. Etant donnée l'énornité ^des dimensions, ce phénomène peut amener de véritables catastrophes. Leur périphérie est toujmrs «entourée d'une rainure creusée à leur pourtour psr le vdouble mécanisme de l'érosion marine et de la fuspn.

Page 1