XIV INTRODUCTION
labyrinthe, au problème des problèmes. Jo parle de Fâme et de la pensée. Du fond de Tinfini, elle est revenue à rhomme, et en face de lui toutes ses conquêtes lui semblent inutile^ tous ses triomphes vains. A quoi sert de tout comprendre, si Fou ne se comprend soi-même? de tout savoir, si Ton s'ignore ?
Aussi rien n'est-il plus naturel ni plus légitime que ce retour perpétuel de Tàme sur elle*même : on a beau Tallirer, la distraire, la promener de monde en monde, de merveilles en merveilles, elle laisse là ces vains spectacles, et se contemple elle-même, comme une femme qui, loin des regards, cherche dans un miroir le secret de sa beauté. En nousmêmes est le verbe qui unit l'objet et le sujet, l'action et la passion, l'être et le paraître. La pensée est une flèche qui sans cesse se retourne dans la blés» sure qu'elle a faite.
Mais nous avons beau fermer les yeux sur l'univers, imposer silence aux passions, commander à Tâme l'oubli des choses matérielles, nous plonger dans la nuit sans étoile des contemplations idéales, nous n'échappons jamais à l'action de ce qui nous entoure; et quand nous aurions rompu tous nos liens avec le dehors, nous garderions encore au dedans tout ce microcosme qui compose nos organes, nous sentirions s'accomplir ces fonctions d'où dépend notre existence fragile et que la volonté ne peut un
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