INTRODUCTION, XIII
sant un à un les divers éléments de ses investigations, les soumettre à l'analyse et en montrer la fragilité, le côté insaisissable, le point toujours obscur. Je me suis tenu, autant que j'ai j^u, entre ces deux extrêmes; j*ai cherché à faire dans toutes les sciences la part de l'absolu et la part du relatif. Je les ai dépouillées de ce qu'elles ont de tangible pour les montrer dans ce qu'elles ont d'idéal. J'ai ramené l'astronomie, la physique, la chimie à une dynamique universelle, et indiqué la parenté profonde et mystérieuse de toutes les lois scientifiques aujourd'hui connues avec les lois rationnelles et idéales du mouvement.
Quand la science a fouillé le monde entier par la pensée, pesé et mesuré les corps célestes, tracé leurs orbites dans le ciel, ramené à des lois générales Tinfinie variété des phénomènes, et reconnu la corrélation de la gravité, de la lumière, de l'électricité, de la chaleur, du magnétisme, de l'affinité chimique, elle peut admirer dans l'être vivant le conflit dramatique des forces physico-chimiques et de cette force plus mystérieuse qu'elle appelle la vie ; renouer la chaîne brisée entra les formes organiques du temps présent et celles du temps passé; enfin, aborder les problèmes redoutables de l'origine des espèces et de la génération des individus. Mais alors même elle n'a pas encore accompli ses douze travaux, car c'est alors seulement qu'elle arrive au centre du grand