‹ Les problèmes de la natureChapitre 5 sur 15 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

On ne saurait extraire du premier terme d'un syllogisme plus qu'il ne contient implicitement : la dia« lectique soulève seulement le voile qui couvre un tableau, mais le tableau lui-même n'est pas son œuvre, et elle n'en peut altérer ni la couleur ni le dessin. Raisonner, en un mot, c'est observer les idées.

D'une autre part, l'observation des faits, l'observation scientifique n'a d'autre but que la découverte des lois générales, c'est-à-dire des fonctions idéales qui rattachent les divers éléments du monde phénoménal. Elle marche au hasard et se condamne à la stérilité quand elle ne s'éclaire point par quelque grande pensée : la méthode expérimentale ne joue point avec les faits comme la main distraite d'un enfant avec du sable ou des fleurs.

A quoi servirait-il d'accumuler, de provoquer les expériences, si l'on ne devait les résumer dans quelque vaste synthèse? quel sens auraient les classifications, si une pensée générale n'en traçait les cadres? C'est pour apprendre à lire qu'on se familiarise avec les lettres d'un alphabet. Ce que je poursuis dans les cornues des laboratoires, derrière les vitrines des musées, sur les feuilles des herbiers, dans les jardins zoologiques, ce sont des idées. Dans tout ce qui m'entoure, dans ce que je vois, ce que je sens, dans les spectacles d'un monde impassible comme dans les agitations passionnées de ma propre

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